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Full text of "Journal asiatique"

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JOURNAL ASIATIQUE 



CINQUIÈME SÉRIE 
TOME XX 



JOURNAL ASIATIQUE 

RECUEIL DE MÉMOIRES 

D'EXTRAITS ET DE NOTICES 

RELATIFS A L'HISTOIRE, A LA PHILOSOPHIE, AUX LANGUES 

ET A LA LITTÉRATURE DES PEUPLES ORIENTAUX 

' Réoicé 

r 

PAR MM. BAZIN , BIANCHI, BOTTA, CAU8SIN DE PERCEVAL , CHERBONNEAU 

DEFRÉMERT, L. DUBEUX , DDGAT, DULAURIER 

GARGIN DE TASST, «TAN. JULIEN 

MIRZA KASEM-BEG, J. UOHL, S. MUNR, REGNIER, REINAUD, RENAN 

8BDILI.0T, DE SLANE , ET AUTRES SAVANTS FRANÇAIS 

ET ÉTRANGERS 

ET PUBLIÉ PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE 



CINQUIEME SERIE 
TOME XX 




PARIS 

IMPRIME PAR AUTORISATION DU GOUVERNEMENT 

A L'IMPRIMERIE IMPÉRIALE 

M DCCC LXIl 



JOURNAL ASIATIQUE. 

JUILLET 1862. 

PROCÈS-VERBAL 

DE LA SÉANCE ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE , 

TENUE LE 25 JUIN 1862. 

La séance est ouverte à midi par M. Reinaud, 
président. 

Il est donné lecture du procès-verbal de la séance 
de Tannée dernière; la rédaction en est adoptée. 

Est présenté et nommé membre de la Société : 

M. Edouard Pichard, orientaliste. 

Il est donné lecture d*une lettre de M. l'ambassa- 
deur de Russie , qui annonce le renvoi d'un manus- 
crit prêté à M. Schieffner. 

On lit une lettre de M. Mordtmann, à Constan- 
tinople , qui demande que la Société lui serve d'in- 
termédiaire pour la gravure d'un corps de caractères 
cunéiformes. Renvoyé au bureau. 

Le secrétaire donne lecture du Rapport sur les 
travaux du Conseil pendant l'année 1861-1862. 

Il est donné lecture du rapport de la Commission 
des censeurs; les conclusions de la Commission, 
portant approbation des comptes, sont adoptées. 



6 . JUILLET 1862. 

M. Reinaud lit un mémoire sur les rapports poli- 
tiques et commerciaux de TEurope et de l'Asie occi- 
dentale avecllnde et la Chine au moyen âge, d'après 
les auteurs grecs, latins, arabes, persans, indiens et 
chinois. 

On procède au dépouillement du scrutin pour la 
nomination du Conseil de la Société pour Tannée 
suivante. 

Le scrutin donne les résultats suivants : 

Président : M. Reinaud. 

Vice-présidents: MM. Caussin de Perceval, le 

Duc DE LUYNES. 

Secrétaire : M. Mohl. 

Secrétaires adjoints : MM. Bazin, Renan. 

Trésorier : M. de Longpérier. 

Commission des fonds : MM. Garcin de Tassy, 
Landresse, Mohl. 

Membres du Conseil : MM. Régnier, Dulaorier, 
Noël Desvergers, Ddgat, Troyer, Ampère, Barbier 

DE MeYNARD et FODCAUX. 

Bibliothécaire : M. Léon de Rosny. 
Bibliothécaire adjoint : M. Charles de Labartue. 
Censeurs : MM. Bianchi et Guigniaut. 

ouvrages offerts X LA SOCIÉTÉ. 

Par l'auteur. Grammaire hébraïque et chaldaïquc, 
par M. l'abbé Garnier. Leipzig, 1862, in-8°. 
Par les Curateurs de Leyde. Catalogus codicam 



OUVRAGES PRÉSENTÉS. 7 

orientaliam Bibliothecœ academicœ, edidit Jong. Leyde, 
1862, in-8^ 

Par lauteur. De ïinjluence des Phéniciens sur la 
civilisation grecque ^ par M. Éliezer Lambert. Metz, 
1862, în-8^ 

Par la Société. Journal of the Asiatic Society of 
Bengal, n' IV, 1861. Calcutta, l86l,in-8^ 
— Bibliotheca indica, n*** 180 et 18 j, et n" 19-22, 
nouvelle série. Calcutta, 1861 et 1862. 

Par Fauteur. Vendidad Sade, traduit en langue 
huzvaresch ou pehlewie , texte autographié et publié 
par M. Jules Thonnelier. Livraison VIIL Paris, 
1862, in-folio. 

Par la Société. Journal de la Société ^archéologie 
de Saint-Pétersbourg , 8 cahiers. Saint-Pétersbourg, 
1 858- 1861, in-8^ (En russe.) 

Déposé sur le bureau. Les quatorze premières 
feuilles de TAgriculture des Arabes , par Ibn al-Aw- 
wam , traduite en français par M. Clément-Mdllet. 

Par Fauteur. Histoire de la femme, par L. A. Mar- 
tin. Antiquité, première partie, Orient. Paris, 1862, 
în.8^ 



JUILLET 1862. 



TABLEAU 

DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

CORFOanéMEIlT AUX NOMIHATIORS FAITES DAMS L«ASSBMBLBB GBHéRALE 
DU 25 JUIN 1862. 



PRESIDENT. 

M. Reinaud. 

VICE-PRÉSIDENTS. 

MM. Caussin de Perceval. 
Le Duc DE Ldynes. 

SECRÉTAIRE. 
M. MOHL. 

secrétaires adjoints. 
MM. Bazin. 
Renan. 

trésorier. 

M. DE LONGPÉRIËR. 

commission des FONDS. 

MM. Garcin de Tassy. 
Landresse. 

MoHL. 

MEMBRES DU CONSEIL. 

MM. Régnier. Dulaurier. 

Noël Desvergers. Dugat. 



TABLEAU DU CONSEIL D^ADMINISTRATION. 9 

MM. Troyer. Foucaux. 

Barbier de Meynard. Derenbourg. 
Sangdinetti. Dobeux. 

De Saulcy. Pavet de Courteille. 

SÉDILLOT. OpPERT. 

L'abbé Barges. Hase. 

Stanislas Julien. Padthier. 

Perron. De Slane. 

Depr^mery. Le marquis d*Hervey de 

Lancereau. Saint-Denys. 

Ampère. 

BIBLIOTHÉCAIRE. 

M. Léon DE RosNY. 

BIBLIOTHéCAIRE ADJOINT. 

M. De Labarthe. 

censeurs. 

MM. BlANCHI. 

GuiGNIAUT. 

N, B, Les séances de la Société ont lieu le second vendredi de 
chaque mois, à sept heures et demie du soir, quai Malaquais, n** 3. 



10 JUILLET 1862. 



RAPPORT 

SUR 

LES TRAVAUX DU CONSEIL DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE 

PENDANT L'ANNÉE 1861-1862, 

FAIT À LA SÉANCE ANNUELLE DE LA SOCIETE, 

LE 25 JUIN 1862, 

PAR M. JULES MOHL. 



La séance qui nous réunit aujourd'hui forme le 
quarantième anniversaire de la fondation de la So- 
ciété, et nous pouvons à bon droit nous féliciter de 
la durée d'une œuvre qui a survécu à presque toute 
la génération qui la vue naître. Fondée pendant une 
époque littéraire infiniment plus brillante et plus 
confiante en elle-même que la nôtre, et par une 
réunion incomparable de savants qui rendait alors 
Paris le centre incontestable et incontesté des études 
orientales, soutenue, malgré une certaine défaveur 
du Gouvernement, par tout ce qu'il y avait de plus 
cultivé et de plus élevé dans la société française, elle 
pouvait se croire appelée à une carrière plus brillante 
que celle qu'elle a parcourue , mais elle pouvait à 
peine l'espérer aussi durable. On n'avait alors en 
France aucune expérience de ce qu'on pouvait rai- 
sonnablement attendre d'une société savante libre ; 



RAPPORT ANNUEL. Il 

on n avait devant les yeux que les Académies offi- 
cielles, sou tenues par F Etat, et nos règlements portent 
bien des traces de l'influence que leur exemple exer- 
çait sur Tesprit des fondateurs. Mais on dut bientôt 
se convaincre que ce que pouvait faire TEtat était 
d*un côté plus et de Tautre moins que ce qui devait 
être l'ambition d'une société libre. On se tournait 
alors vers Texeraple des sociétés anglaises, qui, sans 
aucun secours de l'Etat, parviennent à un haut de- 
gré de prospérité, parce que les hommes du monde, 
dans ce pays , tiennent à honneur d'être membres 
d'une ou de plusieurs de ces associations scienti- 
fiques, et de servir ainsi de soutiens à des études 
auxquelles, souvent, ils ne peuvent pas contribuer 
par leurs propres travaux. 

Mais les nombreuses sociétés libres qui , à notre 
exemple, se sont formées sur le continent depuis 
quarante ans , et qui embrassent toutes les branches 
des connaissances humaines , ont bientôt ti'ouvé que 
l'appui des gens du monde ne leur était prêté que 
faiblement et temporairement, et elles ont dû cher- 
cher une compensation dans le nombre plus grand 
d'hommes spéciaux qui se sont rattachés à elles, et 
en partie dans les secours que quelques gouverne- 
ments leur accordent, quoique en général avec par- 
cimonie. Ces circonstances ont été après tout, je 
crois, plutôt favorables à la science, en forçant les 
sociétés à se borner au but essentiel de leur fonda- 
tion, à renoncer à toutes les parties de leur pro- 
gramme qui n'étaient que d'agrément et de luxe, »^ 



12 JUILLET 1862. 

simplifier leur administration, h concentrer toutes 
leurs ressources sur la publication des travaux de 
leurs membres et à ne sacrifier en rien le carac- 
tère sévère de ces travaux aux exigences de la popu- 
larité. Toutes, après des expériences variées, ont été 
ramenées à cette voie par une nécessité commune; 
et nous aussi nous avons suivi cette marche et nous 
sommes arrivés au moment actuel, non-seulement 
sans perdre de nos forces, mais avec un accroisse- 
ment de nos ressources presque continu, bien que 
lent. 

La Société a publié jusqu'ici quatre-vingts volumes 
de son Journal , dix-sept volumes douvrages divers 
et cinq volumes de la Collection d'auteurs orientaux; 
ajoutons que les ouvrages qui doivent entrer dans 
cette dernière collection, et dont Impression est 
décidée et l'exécution commencée , forment environ 
douze volumes. La Société peut montrer ces résul- 
tats avec un juste orgueil; ils donnent la preuve 
qu'elle a constamment soutenu en France les tra- 
vaux sur rOrient, et quelle a eu sa part dans le 
renouvellement de toutes les études asiatiques qui 
sont une des gloires scientifiques de notre époque. 
Il n'y a aucune raison de craindre que la Société 
ne puisse continuer ses travaux dans la même me- 
sure; mais il ne faut pas se déguiser que notre tâche 
s'agrandit plus vite que nos ressources et notre 
nombre, que nous sommes, au fond, loin de suffire 
aux besoins de la littérature orientale en France, et 
que nous avons besoin d'aide et d'efforts pour satis- 



RAPPORT ANNUEL. 13 

faire aux exigences de ]a position que nous avons 
prise. Je reviendrai en quelques mots sur ce sujet, 
après avoir parlé d*abord de i objet propre de cette 
séance, le compte rendu des affaires de la Société 
depuis notre dernière réunion annuelle. 

La Société a fait , pendant cette année , quelques 
pertes regrettables parmi les plus anciens de ses 
membres et de ses associés étrangers. M. Freytag a 
été, dès lorigine, un de nos associés étrangers. Il 
était né à Kônigsberg, et vint à Paris, en 181 5, 
comme aumônier dun régiment prussien. Il resta 
ici pour suirre les cours de M. de Sacy jusqu en 
1818, quand il fut nommé professeur à Bonn. Dès 
ce moment, il se dévoua entièrement à renseigne- 
ment de Tarabe et à Tintroduclion des méthodes ri- 
goureuses de M. de Sacy dans les universités alle- 
mandes, où, à cette époque, renseignement oriental 
était généralement assez faible. Il était essentielle* 
ment homme d'école , n ayant aucun besoin de po< 
pularité , préférant écrire ses ouvrages en latin et 
s occupant des historiens et des poëtes arabes , sur- 
tout sous le rapport des matériaux quils peuvent 
fournir pour une plus complète connaissance de la 
langue. Il était dans son vrai rôle , et par ses cours et 
ses écrits il a rendu au savoir en Allemagne des ser- 
vices plus réels que s'il avait ambitionné les gloires 
de la littérature ou de Thistoire. Chacun de nous 
connaît ses publications, et il y en a peu parmi nous 
qui ne se servent plus ou moins souvent de ses prin- 



14 JUILLET 1862. 

cipaux ouvrages, de son édition des Proverbes de 
Meïdani, de son Hamasa et de son édition du Dic- 
tionnaire de GoHus, qui, malgré bien des imper- 
fections, a été un des moyens les plus puissants 
de répandre, de notre temps, l'étude de l'arabe. 
M. Freytag a continué, presque jusqu'à sa mort, à 
remplir la tâche qu'il s'était proposée, et l'on peut 
dire de lui qu'il a tiré de sa vie pour l'avancement 
de la science tout le parti que lui permettaient la 
nature de son esprit et la mesure de son talent. 

Je dois encore dire quelques mots d'un autre des 
plus anciens membres de la Société, que nous avons 
perdu plus récemment encore que M. Freytag, et 
qui était, sous bien des rapports, aussi différent de 
lui que possible; c'est M. le baron d'Eckstein, que 
vous avez tous connu et qui était lié avec beaucoup 
d'entre nous par une ancienne confraternité d'é- 
tudes. J'ai beaucoup connu M. d'Eckstein ; mais . 
comme il parlait rarement de lui-même, je ne pos- 
sède pas de données bien positives sur sa vie assez 
agitée, et je ne désire pas me faire l'écho de rumeurs 
piquantes sur son origine et sa jeunesse, dont je 
ne pourrais garantir l'authenticité. Voici ce qu'il y 
a de certain. Il était né en Danemarck, et avait étu- 
dié dans plusieurs universités allemandes. Il s'en- 
rôla parmi les volontaires de Lutzow, et, après la 
dissolution de ce corps, entra dans l'armée hollan- 
daise qu'on reconstituait alors; il vint à Paris, en 
1817, sur l'invitation de Louis XVIII, y fut employé 
dans la politique et exerça pendant quelque temps. 



RAPPORT ANNUEL. 15 

par suite de circanstances fortuitels, une influence 
peu apparente, mais assez considérable. Toutefois ce 
n était pas là sa vie réelle; son goût et sa vocation 
étaient les lettres et surtout Fhistoire des origines 
de la civilisation, dont il n abandonna jamais Té- 
tude, même dans les temps où la politique i occupait 
le plus, et qui devint, pendant les trente dernières 
années de sa vie , son unique préoccupation. Il avait 
compris de bonne heure que la connaissance du 
sanscrit lui était indispensable; il se jeta dans cette 
étude avec la plus grande ardeur, et les Védas et 
surtout le Mahabharat n'ont certainement pas eu de 
lecteur plus assidu que M. d*Eckstein pendant les 
vingt-cinq dernières années de sa vie. Il y a huit ou 
dix ans, atteint dune maladie quon croyait mor- 
telle, il se fit transporter dans la maison des Frères 
Saint-Jean de Dieu; je Fy vis et n'oublierai jamais le 
spectacle de cet homme, en apparence mourant, 
assis dans un lit couvert de gros volumes du Ma- 
habharat, de dictionnaires, et faisant des extraits 
destinés à servir à son grand ouvrage sur l'Inde an- 
cienne , qui devait contenir le résultat de toutes ses 
études. Les Frères observaient leur malade avec un 
respectueux étonnement et l'entouraient de soins si 
tendres qu'il ne quitta plus leur maison et y mourut 
au commencement de cette année. C'était un esprit 
ardent , généreux , ouvert à beaucoup d'idées et d'une 
curiosité infatigable ; mais il était dépourvu de cri- 
tique et n'avait jamais appris à donner à sa pensée 
la forme et la clarté qui attachent les lecteurs. 



16 JUILLET 1862. 

La tradition antique avait pour lui un attrait in- 
vincible; il la suivait sous toutes ses formes, dans 
la mythologie, dans les poésies primitives, dans 
toutes les traces qu elle a laissées dans Thistoire , et 
il combinait ces indices sous mille aspects pour re- 
constituer un tableau des temps primitifs. Il atta- 
chait la plus grande importance à ce travail, étant 
convaincu que , si Ton parvenait à bien comprendre 
les premiers développements de la nature humaine , 
on jetterait une vive lumière sur toute l'histoire 
postérieure du monde , et son grand ouvrage sur les 
origines de la civilisation hindoue, dont il a entre- 
tenu ses amis pendant de longues années, devait 
être le résumé et la forme définitive de ses idées. 
Tout ce qu'il a publié depuis vingt ans ne forme 
que des fragments et des études partielles détachées 
de son sujet; si Ton veut lire attentivement ses di- 
vers essais , on peut reconstituer le pian et bien des 
détails de Tédifice ; mais Touvrage lui-même n a ja- 
mais été écrit. M. d'Eckstein avait tout ce qu'il fal- 
lait d'initiative et de hardiesse d'esprit pour un 
pareil dessein , et un savoir suffisant pour son exécu- 
tion ; mais la méthode et la forme lui faisaient dé- 
faut, et c'est ce qui a rendu comparativement sté- 
riles les travaux assidus d'un homme intelligent, 
laborieux et parfaitement sincère ^ 

' Il a paru, depuis que ces lignes sont écrites « un ouvrage post- 
hume de M. d'Eckstein , sous le titre d*Histoirc de rascélismc [Ge- 
schichtUches Aber die Ashesis der alten heidnischen nnd der altenjûdi- 
schen fVelt, von Baron von Eclsteîn. FVibourg, 1862, in-S", vu et 



RAPPORT ANNUEL. 17 

Jarrive maintenant aux travaux de votre Con- 
seil. 

Le Journal a continué à paraître aussi régulière- 
ment que le permet îa nature d un recueil qui em- 
ploie des caractères aussi variés, et dont les exi- 
gences produisent quelquefois des retards que votre 
Commission du Journal essaye de restreindre autant 
qu'il dépend d'elle. 

M. Reinaud y a inséré le Mémoire sur le royaume 
de la Mésène et delà Characène, dont il avait donné 
une lecture partielle dans votre dernière séance an- 
nuelle. Il y essaye de préciser la date de l'origine et 
celle de la fin de ce royaume nabatéen, à qui sa 
position sur le golfe Persique donnait une impor- 
tance commerciale très-considérable. Il rattache à 
ce sujet des études nouvelles sur plusieurs parties 
de la géographie et sur l'histoire de la mer Persique 
et des mers de l'Inde, et discute, entre autres, à 
cette occasion , la date du Périple de la mer Erythrée. 

M. Belin nous a donné un travail détaillé sur le 
droit de propriété foncière en Turquie. Il prend 
toute l'histoire de ce droit, selon le rite hanéfite, et 
la suit depuis Muhammed jusqu'au Canon publié 
dernièrement en Turquie, qui fixe le droit territo- 

3 1 8 pages ). Ce petit volume contient un résumé des idées de Tau- 
tcur sur les origines de la religion et du culte, et touche bien des 
questions qui dépassent en apparence le sujet propre du travail, 
mais qui, dans Tesprit de M. d'Eckstein, s*y rattachaient indissolu- 
blement. La conception de Tauteur s'y trouve exposée plus systéma- 
tiquement et en meilleur ordre que dans la plupart de ses écrits anté- 
rieurs. 



18 JUILLET 1862. 

rial actuel de cet empire. Le Journal asiatique a déjà 
publié deux travaux considérables sur le droit de 
propriété foncière chez les Arabes; mais la grande 
importance du sujet exige quii soit exposé sous 
toutes ses formes et dans tous ses détails. 

M. Neubauer a inséré un Mémoire fort étendu 
sur les plus anciens dictionnaires hébraïques, pour 
lequel il s'est servi de matériaux très-curieux qu^il a 
rapportés de Jérusalem. Quand ce travail sera ter- 
miné, il formera une contre-pal'tie et un supplé- 
ment naturel au beau mémoire de M. Munk sur les 
premiers grammairiens hébreux, qui a paru dans 
votre Journal il y a quelques années. 

M. Pauthier a donné ]a continuation de ses re- 
cherches sur le pa-sse-pa, écriture mongole intro- 
duite en Chine par lesDjenguiskhanides et conservée 
dans les inscriptions officielles de cette dynastie. Il 
a publié à cette occasion une inscription en carac- 
tère pa'-sse-pa, dont M. Edkins h Shang-haï a fait 
graver, il y a quelques années , un fac-similé réduit. 
M. Pauthier y prouve le fait singulier que les em- 
pereurs mongols ne se sont pas contentés de l'em- 
ploi du pa'-sse-pa pour la langue mongole, mais 
qu'ils s'en sont encore servis pour publier les édits 
en chinois transcrits en pa'-sse-pa. Cet essai de con- 
vertir les Chinois à l'emploi d'une écriture alphabé- 
tique n'a pas réussi et ne pouvait pas réussir d'après 
la nature des choses; mais c'est néanmoins un fait 
historique des plus curieux. L'Imprimerie impériale 
a saisi cette occasion pour faire graver un corps de 



RAPPORT ANNUEL. 19 

caractères pa*-sse-pa, que Ton trouvera généralement 
correct; je crois pourtant que ia découverte de 
nouvelles inscriptions pourra faire modifier légè- 
rement quelques-unes des lettres; les éléments que 
nous avions à notre disposition provenaient àe 
sources diverses et laissaient quelques doutes. Je 
m'empresse de marquer cette circonstance, parce 
que cest moi qui suis en faute, s il y a eu erreur, 
et que je ne voudrais pas qu'on en accusât d'autres. 
Je ne puis terminer ces remarques sans remercier 
rimprimerie impériale de la libéralité avec laquelle 
elle se prête continuellement aux besoins variés et 
souvent embarrassants du Journal de la Société. 

M. Dulaurier nous a donné la fin de son Mé- 
moire sur l'organisation féodale du royaume de la 
petite Arménie, accompagné de tableaux généalo- 
giques des. rois de ce pays. Enfin, vous aurez re- 
marqué d'autres travaux de moindre étendue sur des 
sujets variés d'érudition orientale , parMM. Woepcke , 
Ch. Lenormant, Gherbonneau, Defrémery et de 
Rosny, et vous en trouverez d'autres par MM. Le- 
clerc , Bréal et Nicolas dans les numéros qui sont 
sous presse et paraîtront avant que ce rapport puisse 
être imprimé, 

La CoUection d^oavra^es orientaux que publie la 
Société, a fait un progrès pendant cette année. Vous 
avez reçu le premier volume des Prairies d^or, de 
Masoudi^ que M. Derenbourg avait commencé et 

' Maçoodl. Les Prairies dor, texte et traduction par G. Barbier 
de Meynard et Pavet de Gourteille, 1. 1, Paris, 1861 , in-8^ (xii et 



20 JUILLET 1862. 

qtie des occupations impérieuses ne lui ont pas per- 
mis d'achever. MM. Barbier de Meynard et Pavet 
de Courteille ont repris l'ouvrage et ont publié le 
premier volume du texte, accompagné d'une traduc- 
tion entièrement neuve; ils ont remis à Timprimerie 
le manuscrit du second volume, dont la moitié à 
peu près est composée, et seront bientôt en mesure 
de livrer le troisième. Votre conseil fera tout ce qui 
dépendra de lui pour obtenir l'exécution rapide et 
suivie de cet ouvrage dont la publication est deve- 
nue, dans l'état actuel des études historiques, un 
besoin pressant pour la science. 

Nous savons peu de chose de la personne de Ma- 
soudi, nous voyons dans son ouvrage qu'il se trou- 
vait l'an 3o4 de l'hégire à Moultan; il devait donc 
être né dans la seconde moitié du iif siècle, dans 
le plus beau temps du développement scientifique 
des Arabes, quand ils étaient le plus accessibles aux 
influences des Grecs et des Indiens. Les écoles et 
la théologie n'avaient alors pas encore fermé l'accès 
à des idées neuves, et la curiosité, qui est le grand 
et unique élément de tout progrès, n'était pas en- 
core bannie par des formules qui prétendaient satis- 
faire l'esprit et qui bientôt après sont parvenues à l'é- 
toufler, au moins dans les pays du khalifat oriental. 
L'histoire, à laquelle les musulmans avaient long- 
temps refusé les honneurs de l'enseignement public 

Ao8 pages), prix 7 fr. 5o c. (Pour les membres de la Société et les 
écoles publiques , qui le feront prendre directement au bureau de 
la Société, 5 francs.) 



RAPPORT ANNUEL. 21 

et le rang d'une science, n avait alors pas encore 
pris chez eux une forme définitive, quoiqu'il y eût 
déjà un grand nombre d'ouvrages historiques, et 
Masoudi a fait ce qu'il pouvait pour introduire une 
forme plus ample et plus libre que celle qui a pré- 
valu à la fin entre les mains des chroniqueurs. Il 
peut paraître ridicule de le comparer à Hérodote, 
et il n'est certainement pas un grand artiste comme 
le père de l'histoire grecque ; il n'a pas sa grâce in- 
comparable, ni l'esprit aussi ouvert et aussi dégagé 
que lui ; mais il n'en est pas moins un historien de la 
même classe, quoique placé sur un niveau infé- 
rieur. Son idée d'une histoire universelle, appuyée 
sur la géographie et éclairée par des voyages et des 
recherches personnelles dans les pays qui lui étaient 
accessibles, était neuve chez les Arabes et lui fait 
le plus grand honneur. Nous voyons par des men- 
tions, souvent accidentelles, dans son ouvrage, qu'il 
avait vécu en Egypte, en Syrie, en Perse et dans 
l'Inde, qu'il avait visité Ceylan, la Cochinchine, la 
Chine, l'île de Java, les côtes de l'Afrique orientale 
et la mer Caspienne, et qu'il avait rapporté de tous 
ces pays de riches matériaux. Il s'en est servi pour 
la composition de deux ouvrages volumineux dont 
l'un parait avoir été l'histoire des peuples et l'autre 
celle des sciences; tous les deux sont aujourd'hui in- 
connus, au point qu'on a douté s'ils avaient jamais 
été écrits, et nous n'avons que le résumé que l'au- 
teur lui-même a composé sous le titre de Prairies d'or, 
résumé assez ample pourtant, car il remplira au 



22 JUILLET 1862. 

moins huit volumes de votre Collection. C'est un 

^ livre très-supérieur par la conception aux chroniques 
ordinaires des pays musulmans, plein de renseigne- 
ments rares et curieux, et il prendra une place con- 

^ sidérable parmi les sources de l'histoire orientale, 
quand la traduction excellente de MM. Barbier de 
Meynard et Pavet de Gourteille Taura mis à la 

^-^ortée de tout le monde. Il est possible que la pu- 
blicité donnée aux Prairies d'or amène la découverte 
de Fun , au moins , des grands ouvrages de Tauteur, 

^'Akhbar al-Zeman, dont on dit qu'un exemplaire 
existe dans une des bibliothèques publiques de Cons- 
tantinople. Mais, quoi qu'il arrive, tous les hommes 

^Ae science vous sauront gré de laide que vous don- 
nez à ia publication de ce que nous avons en main 
de Masoudi. 
,^ Vous vous êtes décidés, il y a un an, à compren- 
dre dans la même Collection une édition de la des- 
cription de rinde, ou plutôt Fexposé des sciences des 
.-Hindous , par Albirouni , et les travaux préparatoires 
de l'édition que vous avez confiée à M. Woepcke 
sont déjà très-avancés. Albirouni était un mathéma- 

^ ^cien arabe qui avait vécu à Moultan et y avait ap- 
pris le sanscrit. On prétend même qu'il a composé 
en sanscrit des ouvrages sur les mathématiques; 

^etle tradition paraît douteuse , mais il est certain 

qu'il était très-versé dans la littérature des Hindous. 

Il s'en retourna à Ghaznin sous le règne de Mahmoud 

^ et y termina son ouvrage l'an io3i de notre ère, 

peu de temps après la mort de ce roi. 



RAPPORT ANNUEL. 25 

II traite en quatre-vingts chapitres , non-seulement 
des sciences des Hindous , mais de bien des parties 
de leur état social. On trouve dans son ouvrage des 
chapitres nombreux et détaillés surlastronomie my- 
thologique et réelle des Hindous, sur leur géogra- 
phie mythologique et réelle, sur leurs sciences ma- 
thématiques, sur leur philosophie, leur religion et 
son influence politique et civile, leurs castes, leurs 
cérémonies, les sacrifices, les pèlerinages, la cha- 
rité, les mariages, les fêtes, le jeûne et la nourri- 
ture, enfin sur toutes les parties de cet immense 
réseau de coutumes et de devoirs dont le brahma- 
nisme enveloppe toute la vie de ses sectateurs. En- 
suite Âlbirouni traite de la littérature hindoue , des 
ouvrages de poésie, de grammaire, de médecine 
et de mathématiques , de l'écriture , des poids et 
mesures et de 1 astrologie judiciaire. Nous ne con- 
naissons son ouvrage jusqu'ici que par le chapitre 
sur la géographie dont M. Reinaud a fait usage, et 
qui a excité à un haut degré l'envie de connaître le 
reste. 
f — Les difficultés de la publication sont fort grandes, 
^a nature et la multiplicité des matières spéciales, 
les milliers de mots sanscrits, transcrits en arabe, 
et la nécessité de refaire tous les calculs astrono- 
miques pour contrôler les manuscrits, exigent des 
connaissances qui se trouvent rarement réunies et 
des soins infinis, d'autant plus que les deux manus- 
crits connus n'en représentent malheureusement 
qu un seul , puisque le manuscrit de la Bibliothèque 



24 JUILLET 1862. 

impériale paraît être une copie de celui de M. Sclie- 
fer. Heureusement celui-ci est d'une grande valeur : 
ilfut copié, Tan 1 1 Sq de notre ère, sur le manuscrit 
même de FauteuQOn peut à peine espérer trouver 
d'autres exemplaires d'un livre qui était en dehors 
des sujets ordinaires des études musulmanes, et ne 
devait jamais être fort répandu. On la recherché 
en vain dans les bibliothèques de llnde, où Ton 
pouvait espérer le rencontrer, et c'est merveille 
qu'une copie ait échappé à la destruction énorme 
de livres que les guerres de Djenguiskhan ont ame- 
née, et qui a tant appauvri les littératures arabe et 
persane. Nous devons nous féliciter du bonheur 
qu'a eu M. Schefer de découvrir le manuscrit qu'il 
a mis entre nos mains, et de la bonne fortune que 
nous avons eue de posséder parmi les membres de la 
Société un homme à qui nous pouvions confier ce 
travail en toute sécurité. 

Notre Société a maintenu cette année ses bons 
rapports avec les autres associations qui poursuivent 
le même but que nous, et qui nous envoient leurs 
publications aussi régulièrement que le permet l'état 
imparfait des communications avec l'Orient et de la 
librairie internationale. 

Vous trouverez sur le bureau un envoi de la So- 
ciété asiatique de Calcutta , qui comprend le dernier 
cahier de l'année 1861 de son Journal ^ et plusieurs 

* Journal oflhe Asiatic Society of Bengal, n° IV» 1861. Calcutta, 



RAPPORT ANNUEL. 25 

numéros de sa Bibliotheca indica. Vous remarquerez 
dans le Journal de curieux travaux sur des inscrip- 
tions sanscrites et bactriennes, par MM. Fitz-Edward 
Hall, le Babou Rajendralala Mitra et M. Bayley, et 
une carte et un mémorandum sur les pays à peu 
près inconnus entre la Chine, Birma et le Thibet, 
par le vicaire apostolique du Thibet. Les numéros 
de la Bibliotheca indica contiennent la continuation 
de l'Histoire de la conquête de la Syrie par le faux 
Wakidi, publiée en arabe par M. Lees^; la conti- 
nuation de l'Histoire de Firouz-schah, parZiaëddin 
Barni , en persan 2; le commencement de la Biogra- 
phie, en persan, de Masaoud le Ghaznévide, par 
Beïhaki ^, préparée par feu Morley et publiée par 
M. Lees; le commencement d'une édition et d'une 
traduction du Kaushitaki-Brahmana-Upanishad , par 
M.|CoweU*; la traduction complète du Chandogya- 
Upanishad du Sama Veda, par Rajendralala Mitra ^; 



* The Conquest of Sjria , commonly ascribed to Waqidi , edited by 
captain Lees. Fascic. 1-8. Calcutta, 1861. 

' The Tcurikhi Ferozshahi of Zian al din Barni , edited by Sayid 
Kban, fasc. i-A. Calcutta, i86i, in-8*. 

^ The Tarikhi Baihaki, containing the life of Masoud, son of 
Sultan Mabmoud of Gbaznin , edited by the latc W. Morley, and 
priuted under supervision of Captain Nassau Lees. Fasc. i-d. Cal- 
cutta, 1861, in-8^ 

^ The Kattshilakl'Brahmana-Upanishad, with tbe commentary of 
Sankarananda , edited witb' an english translation by E. B. Cowell. 
Fasc. 1-2. Calcutta, 1 861, in-8*. 

* The Chandogya Upanishad of tlie Sama Veda , translated from 
tbe sanscrit by Rajendralala Mitra. (Complet en deux cahiers.) Cal- 
cutta, 1861, in-8^ 



26 JUILLET 1862. 

la suite du Sddhanta Siromani (astronomie), tra- 
duit en anglais par M. Wilkinson ^ ; enfin la conti- 
nuation du grand Dictionnaire des termes techniques 
et philosophiques des Arabes, que M. Sprenger 
avait entrepris 2, que M. Wilson avait si malencon- 
treusement interrompu , et que la Société fait ache- 
ver maintenant par les collaborateurs de M. Spren- 
ger, Ce dictionnaire, quand il sera complet, sera 
une des publications les plus utiles de la Société. 

La Société littéraire de Madras a publié le n° 1 1 
de la nouvelle série de son Journal ^, rempli comme 
à l'ordinaire de recherches sur Thistoire, les anti- 
quités et l'histoire naturelle de la présidence de 
Madras. 

La Société asiatique de Bombay a fait paraître le 
n° 2 i de son Journal ^, qui offre surtout de riches 
matériaux pour l'archéologie indienne, contenus 
dans plusieurs communications de M. West sur les 
cavernes de Kanheri, dans l'île de Salsette. M. West 
nous y donne cinquante inscriptions bouddhistes et 
les reproductions de nombreux bas-reliefs trouvés 
dans ces cavernes. Les inscriptions, qui n'étaient 

^ Hinda astronomy. The Siddhanta 5iro7nani, translatée! by thé iate 
L. Wilkinson and revised by Pandit Bapu Deva Sastri. Fasc. i>a. 
Calcutta, i86i, in-8". 

* Dictionary of technical terms in arable, Fasc. 1-19. Calcutta, 
1862, in-4". 

^ Madras Journal oflueratare and science, vol. VI, n° 11 (nou- 
velle série), mai 1861. Madras, in-8^ 

* The Journal of the Bombay Branch oj ihe Royal asiatic Society. 
January 1 862 (vol. VI , n** 2 1 ) ; Bombay, in-S"* ( iv et c , et 286 pages, 
avec un grand nombre de planches). 



RAPPORT ANNUEL. 27 

connues que partiellement, paraissent dater, pour 
la plus grande partie, des premiers siècles de notre 
ère , et donneront certainement lieu à des travaux 
curieux sur l'histoire du bouddhisme dans cette 
partie de Tlnde. 

Nous n'avons rien reçu des Sociétés de Hong- 
kong, de Shanghai, de Batavia et de Colombo, et 
je ne sais si elles ont publié quelque chose, bu si la 
difficulté des communications en a entravé Tenvoi; 
je ne sais pas non plus si le Journal de larchipel 
indien, parla publication duquel M. Logan a rendu 
de si grands services à Thistoire, à la géographie, à 
Tethnographie et à la linguistique des pays malaiç, a 
cessé de paraître, ce qui serait un véritable malheur 
pour les amis des études orientales. 

La Société asiatique de Londres a publié la se- 
conde partie du volume XVIII de son Journal , et a 
décidé que la suite paraîtrait sous la forme d un re- 
cueil trimestriel. Le caractère du Journal n'a été 
changé en rien par cette régularisation des époques 
de publication ^ 

La Société orientale allemande a fait paraître la 
dernière partie du volume XV et la première du 
volume XVI ^ de son Journal, qui se distingue 
comme toujours par le nombre et l'importance des 
recherches qu'il nous fournit sur presque toutes les 

' The Journal of tke Bojal Asiatic Society of Great Britain and 
Ireland, vol. XVIII, p. 2 , et vol. XIX, part. i-3. Londres, 1862, 
in-8'. 

* Zeitschri/t der deulschen morgenlàndischen Geselhchaft, vol. XV, 
cah. 3 et 4 , et vol. XVI, cab. 1 et a. Leipzig, 1863 , in-8". 



28 JUILLET 1862. 

parties de rérudition orientale. M. Mordtmann y 
propose une nouvelle interprétation des inscriptions 
cunéiformes de la deuxième espèce, en attendant la 
publication de son travail sur les inscriptions de 
Van. MM. Zinguerlé, Pohlmann et Land donnent 
des études sur la littérature syriaque. M. Blau et 
M. Lévy fournissent des matériaux pour Tépigraphie 
araméénne. M. Trumpp discute le système gram- 
matical des langues néo-sanscrites. MM. Mûhlau et 
Gutschmid traitent de la chronologie des Arsacides ; 
MM. Erdmann et Graf , de quelques parties de la 
littérature persane. Je ne puis énumérer tous les 
travaux que contiennent ces volumes, qui fournis- 
sent la preuve surabondante de la faveur dont jouit 
la littérature orientale en Allemagne et de la multi- 
plicité des études qu elle provoque. 

La collection de mémoires ^ que la Société orien- 
tale allemande publie à côté de son Journal s'est en- 
richie des biographies des jurisconsultes hanéfites 
dlbn Kutlubuga, publiées par M. Flûgel, et ac- 
compagnées de notes savantes et nombreuses , mais 
sans la traduction du texte, qui naiu*ait pourtant 
pas beaucoup augmenté le volume de la publica- 
tion et l'aurait rendu plus utile. Enfin la Société alle- 
mande a fait paraître le quatrième volume de la col- 



' Abhandlangenfûr die Kande des Morgenlandes » herausgegeben 
von der deutscben morgenlândiscben Gesellschaft , vol. II , n" 3. 
Die Krone der Lebensbeschreibangen ^ entbaltend die Classe der Ha- 
nefitcn von Zein ad-din Kasim Ibn-Kutlubuga berausgegeben von 
Fliigel. Leipzig, 1862 , in-S^ (xvi et 192 pages.) 



RAPPORT ANNUEL. 29 

lection des historiens de la ville de la Mecque \ 
par M. Wûslenfeld , qui contient la traduction des 
textes antérieurement publiés. 

La Société orientale américaine ^ a publié la pre- 
mière moitié du volume VII de son Journal. On y 
trouve deux dissertations de M. Fitz-Edward Hall 
sur les rois de Mandala et de Malava , un mémoire 
de M. Turner sur Tinscription d*Aschmunazzar, un 
savant et curieux traité de M. Salisbury sur la 
science des traditions chez les musulmans, et un 
long mémoire de M. Paspati sur la langue des Bohé- 
miens de la Turquie. 

Enfin, la Société archéologique de Constantine^ 
nous a fait parvenir le cinquième volume de son 
annuaire. Le but de la Société est Texpioration des 
restes nombreux que les dominations carthaginoise, 
numide, romaine et arabe, ont laissés sur le sol de 
cette province, et Ton ne peut assez louer la persis- 
tance et le dévouement qui rendent possible la pu- 
blication de tant de monuments. La partie qui inté- 
resse avant tout les orientalistes est un mémoire de 
M. Judas sur dix-neuf nouvelles inscriptions nu- 
mido-puniques découvertes à Constantine, et re- 
produites en lithographie. 

^ Die Chroniker der Stadt Mekha, gesammelt von Ferd. Wûsten- 
feld, vol. IV. Deutsche Bearbeitung. Leipzig, 1861, in-8°. 

* Journal of the American oriental Society, vol. VII , n" 1 . Ncw- 
Haven, l86l,in•8^ 

' Annucdre de la Société archéologique de la province de Constantine, 
1860-1861. Gonslantine, 1861, in-8°. (A Paris, chez Lcleux, rue 
des Poitevins. ) 



30 JUILLET 1802. 

Je devrais maintenant essayer de vous soumettre 
le tableau des progrès que la littérature orientale a 
faits pendant Tannée passée , en dehors de ce que 
les Sociétés asiatiques ont publié. Malheureusement 
des occupations impérieuses ne m'ont pas permis 
de coordonner les notes que j'avais prises, et je suis 
forcé d ajourner Taccomplissement de ce devoir; je le 
regrette beaucoup, car il a paru un grand nombre 
d'ouvrages importants par les sujets et par le savoir 
des auteurs, dont j'aurais vivement désiré rendre 
un compte , si sommaire et si imparfait qu'il fût. 
J'aurais voulu annoncer les nouveaux travaux, sur 
la vie de Muhammed, surtout les deux derniers vo- 
lumes de sa biographie par M. Muir et le premier 
volume de l'ouvrage de M. Sprenger, auquel le pu- 
blic sa vanta été préparé depuis si longtemps parles re- 
marquables études de l'auteur sur les traditions mu- 
sulmanes; j'aurais désiré parler de la collection de 
ces traditions par Bokhari, que M. Krebi publie en 
ce moment, et demander à l'éditeur de faire suivre 
son texte d'une traduction ; j'aurais eu du plaisir à 
annoncer la publication prochaine de la traduction 
des Prolégomènes d'Ibn Khaldoun par M. de Slane, 
qui, dans peu de jours, va mettre entre les mains 
de tous ce livre remarquable , dont on a tant parlé 
et que l'on connaît encore si imparfaitement; il 
prendra à la fin sa place dans la littérature du monde, 
place moindre peut-être que quelques personnes 
n'ont cru , mais toujours considérable et très-hono- 
rable pour la littérature arabe. Le travail de M. Flù- 



RAPPORT ANNUEL. 31 

gei sur le gnostique Manès y le second volume de la 
traduction du Maimonide, par M. Munk, la Gram- 
maire perse de M. Spiegel et les essais sur le zend, 
par M. Haug, le nouveau volume de larchéologie 
indienne par M. Lassen, lachèvement de la Gram- 
maire comparée de M. Bopp , les lectures de M. Max 
Millier sur la science du langage, les recherches 
de M- Barb sur le verbe persan , lachèvement de 
rédition de Hafiz par M. Brokhaus, les progrès du 
Dictionnaire sanscrit de MM. Boethlingck et Roth , 
de celui de M. Goldstiicker, du Dictionnaire persan 
de M. Vullers,le commencement du Dictionnaire 
arabe-persan-turc de Zenker, les travaux de M. Ra- 
verly sur la langue et la littérature des Afghans , 
l'édition et le commentaire des livres classiques des 
Chinois par M. Legge , et la traduction des poésies 
de la dynastie des Thangs par notre collègue M. le 
marquis d'Hervé Saint-Denys; tous ces ouvrages, et 
bien d'autres, car je ne cite que ce qui se présente 
à l'instant à ma mémoire , marquent l'activité avec 
laquelle toutes les parties de l'histoire et de la lit- 
térature orientales sont soumises graduellement à la 
critique européenne : des branches d'études entières, 
pour lesquelles on n'avait auparavant rien fait, sur- 
gissent et deviennent importantes, sinon pour la lit- 
térature proprement dite, au moins pour l'ethnogra- 
phie et la science du langage , comme les recherches 
sur les langues des aborigènes des Moluques que 
poursuivent les Hollandais, et les travaux sur les 
langues finnoises et sibériennes que le gouvernement 



32 JUILLET 1862. 

russe a encouragés, que Castren, Siôgren et autres 
ont poursuivis avec un zèle admirable, et qui pa- 
raissent dans une série de publications par les soins 
de TAcadémie de Saint-Pétersbourg. 

Tous ces travaux sont d'une haute importance; 
ils sont pour Thistoire universelle ce que les ob- 
servations faites à Taide du télescope et du micros- 
cope ont été pour les sciences naturelles; ils per- 
mettent de remplacer par des faits nouveaux et 
précis les erreurs et i'étroitesse des systèmes qui 
reposaient sur des études faibles et partielles. Toutes 
les sciences historiques, théologiques, philologiques 
et philosophiques en ont ressenti Tinfluence, et 
même la littérature la ressent, quoique moins ra- 
pidement et moins profondément que les sciences 
d'érudition, sur lesquelles un nouveau fait bien éta- 
bli agit irrésistiblement, et qui sont obligées de le 
recevoir quand même il contredit des idées admises 
et favorites, et ruine des systèmes qu'on avait été 
accoutumé à regarder avec respect. Cette impul- 
sion durera aussi longtemps que les études orien- 
tales mettront au jour de nouveaux faits et de nou- 
velles observations; le champ est immense, et nous 
n'en voyons pas encore toute l'étendue, mais les 
méthodes sont trouvées, l'intérêt est éveillé, et la 
science suivra la marche indiquée. 

Mais il ne faut jamais oublier, et jamais se lasser 
de dire et de répéter, que la littérature orientale 
a encore un intérêt, dont l'importance s'accroît de 
jour en jour, et auquel elle ne peut satisfaire qu'en 



RAPPORT ANNUEL. 33 

se faisant accepter non-seulement par les savants, 
mais par tout le public cultivé. Depuis la bataille de 
Hassy, il y a à peu près un siècle, il ne s est pas 
passé une année qui n*ait augmenté la prépondé- 
rance européenne en Asie , et aujourd'hui cette con- 
quête est accomplie, soit actuellement, soit virtuel- 
lement; car il ny a plus un seul État en Asie, 
quelles que soient ses prétentions, qui croie lui-même 
à son indépendance. Nous avons tous vu , il y a quel- 
ques jours seulement, une ambassade du dernier 
empire oriental qui jouissait jusqu'ici de droits véri- 
tablement souverains, arriver en Europe comme une 
preuve vivante que ce puissant Etat se sent vaincu 
par des influences irrésistibles et qu'il cherche à se 
rendre compte du pouvoir réel de ses dangereux 
amis et probablement des moyens de leur résister. 
Le développement ou le dépérissement futur de 
la plus grande moitié de Thumanité dépend de la 
manière dont TEurope exercera son influence sur 
rOrient. Mais sommes-nous préparés pour laccom- 
plissement de la grande tâche que nous prenons sur 
nous? Nous avons toujours dans la bouche les grands 
mots de civilisation et dé religion, et nous agis- 
sons trop souvent comme si Tavidité et lambition 
étaient nos uniques motifs. Voyez la ruine que TEu- 
ropc a amenée sur la Chine par des guerres injustes , 
qui ont désorganisé cet empire et le livrent à la plus 
aflreuse guerre civile. L'action de l'Europe sur 
l'Asie a été presque toujours violente et générale- 
ment destructrice, et souvent destructrice de ce 



34 JUILLET 1862. 

qu'il y avait de mieux. Les exemples surabondent , 
mais c est une longue histoire que je n*ai pas à faire , 
je ne parle que de Tavenir. L'Europe peut détruire ce 
qu'il y a encore de vivant et d'élevé dans l'Orient, ou 
dévelc^per les germes de grandeur qui se trouvent 
dans chacun de ces peuples; elle y est en présence 
de civilisations antiques, nées sur le sol, raffinées 
sous bien des rapports jusqu'à l'excès; elle y trouve 
des sciences ébauchées et interrompues dans leur 
développement, comme étaient les nôtres au moyen 
âge, et de vastes littératures qui ont influencé les 
mœurs et les sentiments, et leur ont donné, sous 
quelques rapports, des délicatesses qui nous sont 
inconnues et qui se traduisent par cette politesse 
exquise qui est l'indice et souvent l'unique reste d'une 
culture ancienne. L'Europe peut donner à ces peu- 
ples la science qui leur manque et l'indépendance 
d'esprit que la recherche du vrai amène toujours; 
mais pour cela il faut qu'elle apprenne à les con- 
naître , eux, leur histoire , la nature et les raisons des 
institutions qu'ils ont créées , les progrès qu'ils ont 
faits autrefois et qui indiquent ceux qu'ils pourront 
faire , qu'elle respecte la fibre délicate de leurs senti- 
ments, qui, sous beaucoup de rapports, valent bien 
les nôtres; il faut qu'elle sache ce qu'Us possèdent, et 
qu'elle rattache à ce qui existe les progrès qu'ils ont 
à faire; il faut que la connaissance de leur passé 
lui inspire une sympathie sans laquelle on ne fait 
que détruire et blesser, même quand on veut cons- 
truire et améliorer. 



RAPPORT ANNOEL. 35 

Ce sont vos travaux qui sont destinés à créer cette 
sympathie, en exposant ce que ces peuples ont fait, 
]a place qu'ils ont su prendre dans Thistoire et dans 
le développement de Tesprit, en montrant quils 
possèdent des facultés égales aux nôtres, et, sous 
quelques rapports peut-être, supérieures aux notices, 
en indiquant les points où ils se sont arrêtés et sont 
restés en arrière de nous , pour que nous puissions y 
rattacher l'enseignement que nous pouvons leur 
donner et les aider à se délivrer des obstacles devant 
lesquels ils ont reculé. Pour cela, il faut que vos 
travaux pénètrent plus avant dans le public intelli- 
gent, et qu'ils ne restent pas la propriété exclusive 
des savants; ce n'est qu'en agissant sur l'opinion pu- 
blique qui gouverne le monde, que nous pouvons 
espérer faire une impression salutaire. Mais il faut 
que les gouvernements viennent en aide à la science, 
bien plus qu'ils ne le font actuellement. L'instinct du 
public s'éveille, mais il a besoin d'être aidé, et c'est 
avec plaisir et espoir que nous voyons de temps en 
temps les corps savants, en France, réclamer la 
création de chaires de sanscrit et d'arabe dans tous 
les centres de l'enseignement supérieur, comme vient 
de le faire, il y a quelques jours encore, l'Académie 
de Nancy ^ à l'occasion de la réception de M. Leu- 
pol. Ce sont des voix précieuses qui indiquent un 
grand progrès dans l'opinion publique; puissent- 
elles être entendues! En attendant, ne nous relâ- 

* Académie de Stanislas. Réponse du Président aux récipien- 
daires, dans ia séance publique dn 3a mai 1 862. Nancy, 1 862, in-S^. 

3. 



36 JUILLET 1862. 

chons pas , notre devoir est devant nous , tout tracé ; 
le but est encore loin, mais il vaut la peine; labo- 
remus ! 



SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 



LISTE DES MEMBRES SOUSCRIPTEURS. 

PAR ORDRE ALPHABETIQUE. 

L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 

MM. Abbadie (Antoine d'), correspondant de l'Ins- 
titut. 

Abd-el^Kader (S. A. rémir), à Damas. 

Agop Effendi, conseiller à l'ambassade otto^ 
mane. 

Ahmed Kiamil Effendi, membre du biu*eau des 
interprètes aux affaires étrangères, à Paris. 

Aivazovski (L. p. Gabriel), Sa Grandeur, ar- 
chevêque arménien diocésain à Théodosie 
(Russie). 

Algober (Vincent), employé au ministère de 
l'intérieur, à Madrid. 

Alekan (Alphonse), à Tunis. 

Amari (Michel ) , professeur d'arabe à Florence. 



LISTE DES MEMBRES. 37 

MM. AMPÈRE, membre de llnstitut, professeur de 
littérature française au Collège de France. 
Ader (Aloïs), directeur de Tlmprimerie impé- 
riale et royale, à Vienne. 
AuMER (Joseph), employé à la Bibliothèque 
royale de Munich. 

Bibliothèque ambrosienne, à Milan. 

Bibliothèque de l'Université, à Erlangen. 

Badichb (Labbé), trésorier de la métropole, à 
Paris. 

Batssac (Jules), interprète au ministère de la 
guerre, à Paris. 

Barb (H. A.) professem:à Vienne. 

Barbier de Mbynard. 

Bardelli , professeur à TUniversité de Pise. 

Barges (L'abbé), professeur d'hébreu à la fa- 
culté de théologie de Paris. 

Barré de Langy, secrétaire archiviste de l'am- 
bassade de France à Constantinople. 

Barthélémy Saint HiLAiRE, membredel'Institut. 

Bazin (Antoine), professeur de chinois moderne 
à l'École spéc. des langues orient, vivantes. 

Beauté fils, à Alexandrie. 

Behrnauer (Walther), secrétaire de la Biblio- 
thèque publique de Dresde. 

Belin, secrétaire interprète de l'ambassade de 
France à Constantinople. 

Bellegombe (André de), homme de lettres, k 
Boulogne (Seine). 



38 JUILLET 1862. 

MM. Bemzon (L'abbé comte), professeur d'hébreu 

au séminaire patriarcal de Venise. 
B^RARD (L'abbé), vicaire de l'église de la Ma- 
deleine, à Paris. 
Berezine, prof, de langues orientales , à Casan. 
Bergstedt, agrégé , à Upsai. 
Bertrand (L'abbé), chanoine de la cathédrale 

de Versailles. 
Bianghi (X.), ancien secrétaire interprète du 

Roi pour les langues orientales. 
Blano , membre de la Société royale asiatique 

de Londres. 
BoiLLY (Jules), peintre, à-Paris. 
BoissoNNET DE LA ToucHE (Estèvc), lîeutcnant- 

colonel d artillerie. 
BoNNETTY, directeur des Annales de philoso- 
phie chrétienne. 
Botta (Paul-Emile), consul général de France 

à Tripoli de Baii)ari6, correspondant de 

rinstitut. 
Bourgade (L'abbé) , aumônier de la chapelle 

Saint-Louis, à Carthage. 
Bri^al, agrégé de l'Université, attaché à la 

Bibliothèque impériale , à Paris. 
Bresnier, professeur d'arabe, à Alger. 
Briau (René) , docteur en médecine, à Paris. 
Brosselard (Charles), secrétaire général de la 

préfecture d'Alger. 
Browjï (John) , chargé d'affaires des États-Unis, 

à Gonstantinople. 



LISTE DES MEMBRES. 39 

MM. Brugsgh (ie ]> Ph. D.), attaché au musée de 

Berlin. 
BucHÀRE (Paul). 
BuHLER (Geoi^e), à Londres. 
Bdllad, interprète de Tarmée d'Afrique, à 

Tizy Ouzou (Algérie). 
BuRGRAFP, professeur d'arabe , à Liège. 
BuRNODF ( Éniile), professeur à la feculté des 

lettres de Nancy. 

Calfa (Ambroise Yousouf Nar Bey), ancien 
directeur du Collège national arménien de 
Paris. 

Calfa (Corene Yousouf Nar Bey), ancien pré- 
fet des études au même collège. 

Cama (Khursedji Rustomji) , négoc. à Bombay. 

Cartwright. 

Caussin de Perceval, membre de llnstitut, 
professeur d'arabe à l'Ecole des langues 
orientales vivantes et au Collège de France. 

Chadli (Sidi-Mohammed), directeur de l'Ecole 
d'instruction supérieure arabe, à Constan- 
tine. 

Chaillet, payeur à Chambéry. 

Challamel (Pierre), artiste peintre, à Paris. 

Charencey (De), à Paris. 

Charmoy, ancien professeur de langues orien- 
tales à l'Université de Saint-Pétersbourg. 

Cherbonneau , professeur d'arabe à la chaire de 
Constantine. 



40 JUILLET 1862. 

MM. Chinaci Epfendi, empioyé supérieur du Gou- 
vernement ottoman. 

Chodzko (Alexandre), charge du cours de lan- 
gue et de littérature slaves au Collège de 
France. 

Cliément-Mullet (Jean- Jacques), membre de 
la Société géologique de France. 

CoHN (Albert), docteur en philosophie. 

GoMBAREL, professeur d'arabe, à Oran. 

Constant (Calouste), à Smyrne. 

CuRETON (William) , chanoine de Westminster. 

Dabry, capitaine au 35* de ligne, à Toul 

(Meurthe). 
Dalsème (Achille), à Paris. 
Dalsème (Maurice), à Paris. 
Dechaux, licencié en droit, à Paris. 
Defrémery (Charles), professeur suppléant au 

Collège de France. 
Delessert (François), membre de l'Institut, 

président de la caisse d'épargne. 
Delitzch, professeur, à Leipzig. 
Derenbourg (Joseph), à Paris. 
Deschamps (L'abbé), à Paris. 
Desvergers (Adolphe-Noël), correspondant de 

l'Institut. 
Devic (L. m.), élève de l'École spéciale des 

langues orientales. 
DiETERici (Ant.), professeur à Berlin. 
DiLLMANN , professeur à Kiel. 



LISTE DES MEMBRES. 41 

MM. DiTANDY (Auguste), professeur de rhétorique, 
à Moulins. 

DiTTEL, prof, à rUnîversité de S'-Pétersbourg. 

Drouin (Edmond), avocat à Paris. 

DuBEDx (J. L.), professeur de turc A TÉcole 
spéciale des langues orientales vivantes. 

Ddghatbllier , à Versailles. 

DuGAT (Gustave), ancien élève de l'École spé- 
ciale des langues orientales vivantes. 

DuLAURiER (Edouard), professeur d'arménien 
à rÉcole spéciale des langues orientales 
vivantes. 

Du Nant (G. Henry), à Genève. 

DiuALYNSKA (M"" la comtesse Edwig) , à Posen. 

Eastwick, secrétaire du ministère de Tlnde, à 

Londres. 
EiGHTHAL (Gustave d'), secrétaire de la Société 

ethnologique. 
Emin (Jean-Baptiste), professeur à l'Institut 

LazarelT, à Moscou. 
Enis Effendi, membre de l'Académie, à Cons- 

tantinople. 
EscAYRAc DE Lautorb (Le comtc d'), membre 

de la Société de géographie. 
EspiNA, agent consulaire à Sfax. 

Feer (Léon), à Paris. 

FiNLAY (Le docteur Edouard), à la Havane. 

FiNN, consul d'Angleterre à Jérusalem. 



42 JUILLET 1862. 

MM. Fleisgher, professeur à TUniversité de Leipzig. 
Flottes, prof, de philosophie, à Montpellier. 
Flûgel , professeur à Dresde. 
FouGÂUX (Ph. Edouard), chargé du cours de 

sanscrit au Collège de France. 
Frangesghi (Richard), chancelier du consulat 

d'Autriche à Scutari d'Albanie. 
Frankel (Le docteur) , directeur du séminaire , 

à Breslau. 
Freund (Siegfried), docteur en philosophie, à 

Breslau. 
Friedrich, secrétaire de la Société des sciences, 

à Batavia. 
Frdhstdckde laFruston (Michel), professeur 

de langues étrangères, à Paris. 
FôRST (Le docteur Jules), professeur à Leipzig. 

Gabalde de Casamajor, ancien secrétaire géné- 
ral de la sous-préfecture deTlemcen , à Paris. 

Gabelentz (H. GoNON DE la), conseiller d'État, 
à Altenbourg. 

Gargin de Tassy, membre de l'Institut, pro- 
fesseur d'hindoustani à l'Ecole spéciale des 
langues orientales vivantes. 

Garnier (L'abbé), professeur au petit sémi- 
naire de Plombières. 

Garrey (Gustave). 

Gayangos, professeur d'arabe, à Madrid. 

Gerson-Lévy, membre de l'Académie impé- 
riale, à Metz. 



LISTE DES MEMBRES. 43 

MM. Gbrvy (L abbé) , à Saulzet, près Gannat (Allier). 
GiLDEMEiSTER , docteur en philosophie., à Bonn. 
Gobineau (Le comte Arthur de). 
GoLDENBLUM (Pb.-V.), à Odcssa. 
GoLDBNTHÂL, profcsscur, à Vienne. 
GoLDSTDCKER, D' cn phîlosophie , à Londres. 
GoLLMANN (Le D' Wilbeim), à Vienne. 
GoBGUOS, professeur d'arabe au lycée d*Alger. 
GoRRESio (Gaspard), secrétaire perpétuel de 

TAcadémie de Turin. 
GoscHE (Richard), bibliothécaire, à Berlin. 
Graff, professeur à TÉcole royale de Meissen. 
Guerrier de Dumast (Le baron) , de TAcadémie 

de Stanislas, à Nancy. 
GuiGNiAUT, membre de llnstitut, à Paris. 

Haight, à New-York. 

Hall (Fitz-Edward), à Boston. 

Hase, membre de llnstitut, professeur de grec 
moderne à TËcole spéciale des langues orien- 
tales vivantes, etc. 

Hassler (Conrad-Thierry), professeur, à Ulm. 

Hauser, professeur de mathématiques au lycée 
Charlemagne. 

Hauvette-Besnault, bibliothécaire à rÉcoie 
normale, à Parb. 

Hermite, membre de llnstitut, à Paris. 

Heryey-Saint-Denys (Le marquis Léon d ), à 
Paris. 

Hoffmann (J.), interprète pour le japonais au 



44 JUILLET 1862. 

Ministère des affaires étrangères des Pays- 
Bas, à Leyde. 
MM. HoLMBoË, conservateur de la bibliothèque de 
Christiania. 
HuREL, ancien élève de TEcole des tangues 
orientales, à Paris. 

Janin-Chevâllier (André), professeur de lan- 
gues sémitiques, à Genève. 

Jebb (Rév. John), recteur à Peterstow, Ross 
(Hertfordshire), 

JoMÂRD, membre de l'Institut, conservateur 
du département des cartes géographiques 
de la Bibliothèque impériale. 

JosT (Simon), docteur en philosophie, profes- 
seur de langues étrangères, à Paris. 

Jddas, secrétaire du conseil de santé des ar- 
mées au ministère de la guerre, à Paris. 

Julien (Stanislas), membre de Tlnstitut, pro- 
fesseur de chinois et administrateur du Col- 
lège de France. 

Kasem-Beg (Mirza Â. ) , professeur de mongol à 

l'Université de Saint-Pétersbourg, conseiller 

d'État actuel. 
Kazimirski de Biberstein, bibliothécaire de la 

Société asiatique. 
Kemal Effendi (Son Exe), ambassadeur de la 

Porte à Berlin. 
Kerr (M"* Alexandre). 



LISTE DES MEMBRES. 45 

MM. Khalil EL KouRi, à Beyrouth. 

Khanikof (Nicolas de), conseiller d'État actuel , 
à Saint-Pétersbourg. 

Krâft (Le baron Alexandre de), à Tripoli de 
Barbarie. 

Krehl, docteur en philosophie, à Dresde. 

Kremer (De), chancelier du consulat d'Au- 
triche , à Alexandrie. 

K6hlk]J(J. ),prof. à FÉcole égyptienne de Paris. 

Labarthe (Charles de), professeur de sciences 
mathématiques, ancien élève deTEcole des 
langues orientales. 

LAPERTi-SENECTÈRE (Lc marquis de), à Tours. 

Langereac (Edouard), licencié es lettres. 

Langlois (Victor), ancien élève de TEcole des 
langues orientales, à Paris. 

Laroche ( Le marquis de) , à Paris. 

Lazareff (S. E. le comte Christophe de), con- 
seiller d'Etat actuel, chambellan de S. M. 
l'empereur de Russie. 

Lebidabt (Antoine de), à l'internonciature au- 
trichienne , à Constantinople. 

Leclerc, médecin major, à Constantine. 

Lecomte (L'abbé), à Vitteaux (Côte-d'Or). 

LiSFÈvRE (André), licencié es lettres, à Paris. 

Legay (Léandre), attaché au consulat d'Alexan- 
drie. 

Leqi}eux, chancelier-drogman au consulat gé- 
néral de Tripoli de Barbarie. 



46 JUILLET 18Ô2. 

MM. Lenormant (François). 

Lettbris, directeur de l'Imprimerie impériale 
orientale, à Prague. 

Levander (H. C), de TUniversité d'Oxford. 

L^VY-BiNG (L.), banquier, à Nancy. 

LiÉTARD (D'), à Plombières. 

LoEWE (Louis), I> en philosophie, àBrighton. 

LoNGPÉRiER (Adrien de), membre de l'Institut, 
conservateur des antiquités au Louvre. 

Ldynes (Le duc de), membre de l'Institut. 

Mâc-Douall, professeur, à Belfast. 

Madden (J. p. a.), agrégé de TUniversité, à 

Versailles. 
Mahmoud ëffendi, astronome du vice-roi d'É- 

gypte. 

Malloop (Nassif) , professeur de langues orien- 
tales au Collège de la Propagande, àSmyrne. 

Martin (L'abbé), curé de Saint Jacques, à la 
Nouvelle-Orléans. 

Martin (L. A.), homme de lettres, k Paris. 

Martin , interprète principal , à Gonstantine. 

Masson (Ernest) , avocat à Nancy. 

Megusl, docteur en théologie, à Cologne. 

Medawar (Michel), secrétaire interprète du 
consulat général de France, à Beyrouth. 

Mehren (D"^), professeur de langues orientales, 
à Copenhague. 

Meignan (L'abbé) , chanoine honoraire , à Paris. 

Merertight-Dadian , à Constantinople. 



LISTE DES MEMBRES. 47 

MM. Menant (Joachim), juge à Lisieux. 

Merlin (R.), conservateur du dépôt des sous- 
criptions au Ministère d'Etat. 

Methivier (Joseph), chanoine d'Orléans, doyen 
de Bellegarde, 

Metz-Noblat (Alexandre de), membre de TA- 
cadémie de Stanislas, à Nancy. 

MiLLiis (D"), prof, de théologie, à Utrecht. 

MiLON, sénateur, à Nice. 

Miniscalchi-Erizzo , chambellan de S. M. Tem- 
pereur d'Autriche, à Vérone. 

MoHL (Jules) , membre de Tlnstitut , professeur 
de persan au Collège de France. 

MoHN (Christian), ancien élève de TEcole spé- 
ciale des langues orientales vivantes, à Naples. 

MoLESWORTH (Le capitaine). 

Mondain , chef de bataillon du génie , à Amiens. 

MONRAD (D. G.). 

MosTAFA BEN Sadet (Thalcb), à Constantine. 
MouRiER, attaché au cabinet du Ministre de 

rinstruction publique. 
MuiR (John), à Edimbourg. 
MuLLER (Joseph), secrétaire de l'Académie de 

Munich. 
MuLLER (Maximiiien), professeur, à Oxford. 
MuNK (S.), membre de l'Institut, à Paris. 

Nedbauer. 

NÈVE, professeur à l'Université catholique, à 
Louvain. 



48 JUILLET 1862. 

MM. NoETHEN (Ch. Maximilien), curé à Berg-Glad- 
bacb. 
Norman (Léon). 

OcAMPO (Melchior). 

Oppert, professeur de sanscrit à FÉcole des 

langues orientales. 
OvERBECK (Le docteur), professeur, à Bonn. 

Pages (Léon), à Paris. 

Parfait , docteur en droit , à Paris. 

Padthier (G.), à Paris. 

Pavet de Courteille (Abel), professeur de 

turc au Collège de France. 
Perétié, cbancelier du consulat général de 

Beyroutb. 
Perron (Le docteur), directeur du Collège 

impérial arabe-français , à Alger. 
Pertazzi, attacbé à l'internonciature, à Cons- 

tantinople. 
Pertsch ( W. ) , docteur, à Gotba. 
PicHARD (Edouard), orientaliste. 
PiLARD, interprète militaire, à Tlemcen. 
Platt (William) , à Londres. 
Port AL,, maître des requêtes, à Paris. 
PRArT(G.W.), à New-York. 
Pratt (Jobn), au collège de Saint-Mary, à 

Oxford. 
Preston (Tb.),Trinity-College,à Cambridge. 



LISTE DES MEMBRES. 49 

MM. Pynappel, doct. et lecteur à TAcad. de Deift^ 

Rauzân (Le duc de), à Paris. 

Régnier (Adolphe), membre de Tlnstitut. 

Reinaud, membre de Tlnstitut, professeur da- 
rabe à VÉcole spéciale des langues orientales 
vivantes. 

Renan (Ernest), membre de Tlnstitut, profes- 
seur au Collège de France. 

Renodard (Lerév. Cecil), à Swanscombe. 

Richard (Franceschi), vice-chancelier du con- 
sulat d'Autriche à Scutari en Albanie. 

RiviER (L'abbé), vicaire à Saint-Thomas d*Aquin. 

Rodet (Léon), ancien élève de l'Ecole poly- 
technique, attaché à la Manufacture des ta- 
bacs de Bordeaux. 

RoNDOT (Natalis), délégué du commerce en 
Chine, à Paris. 

RosiN (De), propriétaire à Nyons, canton de 
Vaud (Suisse). 

RosNT (L. Léon de), à Paris. 

RosT (Reinhold), au collège Saint -Augustin, 
à Cantorbéry. 

Rothschild (Le baron Gustave de), à Paris. 

KovGi (Le vicomte Emmanuel de), membre 
de rinstitut, conservateur honoraire des 
monuments égyptiens du Louvre. 

Rousseau (Le baron Adolphe), consul de 
France, à Djeddah. 

Rousseau (Antoine), interprète principal de 
l'armée d'Afrique. 



50 JUILLET 1862. 

MM. RoussET, ex-chirurgien de la marine impériale, 

à Frasne ( Doubs). 
Rouz^ (Edouard de), capitaine, attaché à la 

direction des affaires arabes à Alger. 
RoYER, à Versailles. 

Sabir (Constantin de). 

Salles (Le comte Eusèbe de), professeur d'a- 
rabe à rÉcoIe des langues orientales, suc- 
cursale de Marseille. 

Sangdinetti (Le docteur B. R.), à Paris. 

Sadlcy (F. de), membre de l'Institut. 

ScHACK (Le baron Adolphe de), à Munich. 

Schefer (Charles), interprète de TEmpereur 
aux affaires étrangères , professeur de persan 
à l'Ecole des langues orientales vivantes. 

ScHLECHTA WssEHRD (Ottokar-Marfa de) , direc- 
teur de l'Académie orientale , à Vienne. 

SCHLESWIG-HOLSTEIN-AUGDSTENBDRG (S. A. le 

prince de), à Paris. 
ScHWARZLOSç, docteur en philosophie, à Berlin. 
Sédillot (L. Am.), professeur d'histoire au 

collège Saint-Louis, secrétaire de TÉcole 

spéciale des langues orientales vivantes. 
Seligmann (Le D' Romeo ) , professeur, à Vienne. 
Seroka, chef du bureau arabe, à Biskara. 
Skatschkoff (Constantin), consul de Russie à 

Tchougoutschok. 
Slane (Mac Guckin de), premier interprète du 

Gouvernement , à Alger. 



LISTE DES MEMBRES. 51 

MM. SoLEYMÂN al-Hâbâiri, secrétaire arabe du con- 
sulat général de France à Tunis. 

SoRET (Frédéric), orientaliste, à Genève. 

STiGHELiN (J. J.) , docteur et professeur en théo- 
logie, à Bâle. 

Stecher (Jean), prof, à TUniversité de Gand. 

Steiner (Louis), à Genève. 

SuMNBR (George), à Boston. 

SuTHERLÂND (H. C), à Oxford. 

ÏAîLLEFER, doctcur cu droit, ancien élève de 
rÉcole spéciale des langues orient, à Paris. 

TcHiHÂTCHEF ( De) , à Paris. 

Th^roulde. 

Thomas (Edward), du service civil de la Com- 
pagnie des Indes, à Londres. 

Thonnelier (Jules), membre de la Société 
d'histoire de France , à Paris. 

Tolstoï (Le colonel Jacques). 

ToRNBERG, professeur à l'Université de Lund. 

ToRREGiLLA (L'abbé de), à Paris. 

Troyer (Le major) , membre de la Société asia- 
tique de Calcutta, à Paris. 

Trubner (Nicolas), membre de la Société eth- 
nologique américaine , à Londres. 

Van der Maelen , directeur de l'établissement 

géographique, à Bruxelles. 
Vandrival, chanoine et professeur au grand 

séminaire, à Ârras. 



52 JUILLET 1862. 

MM. Vanucci (Atto), bibliothécaire, à Florence. 

Veth (Pierre -Jean), professeur de langues 
orientales, à Amsterdam. 

ViLLEMAiN , secrétaire perpétuel de rAcadémie 
française. 

Vincent, orientaliste, à Saint*Maixent (Deux- 
Sèvres ). 

Vlangali-Handjéri (Le prince Midiel), à Paris. 

VoGDiJ (Le comte Melchior de), à Paris. 

Waddington (W. h.), à Paris. 

Wade (Thomas), à Shanghaï (Chine). 

Weil, bibliothécaire de TUniversité de Heidel- 
berg. 

Westergaard, professeur de littérature orien- 
tale, à Copenhague. 

WiLHELM DE WîJRTEMBERG (Lc COmte), à.StUtt- 

gard. 

WiLLEMs (Pierre), Ph. D^ à Hasselt. 

WoEPÇKE, docteur en philosophie, à Paris. 

WoGDE (Lazare), professeur d*hébreu au Col- 
lège Israélite de Paris. 

WoRMS, docteur en médecine, à TEcole de 
Saint-Cyr. 

WosTENPELD, professciu* à Gottingen. 

Wylie, à Shanghaï. 

ZiNGUERLié (Le père Pius), bénédictin, à Me- 

ran, Tyrol. 
ZoTENBERG (D' Th.), à Paris. 



LISTE DES MEMBRES ASSOCIÉS ÉTRANGERS. 53 

II. 
LISTE DES MEMBRES ASSOCIÉS ÉTRANGERS, 

SUIVANT L'ORDRE DES NOMINATIONS. 

MACBRiDE(Le docteur), professeur, à Oxford. 

Bopp (F.), membre de TAcadémie de Berlin. 

Wyndham Kmatchbull , à Oxford. 

Bbiggs (Le général). 

HoDGSON (H. B.), ancien résident à la cour de 
Népal. 

Radhacant Deb (Radja), à Calcutta. 

Kali-Krichna Bahadour (Radja), à Calcutta. 

Manakji-Cdrsetji, membre de la Société asia- 
tique de Londres, à Bombay. 

Court (Le général), à Lahore. 

Lassen (Ch.), professeur de sanscrit, à Bonn. 

Rawlinson (Sir h. C.) , ambassadeur d'Angle- 
terre en Perse. 

Vdllers, professeur de langues orientales, à 
Giessen. 

KowALEwsKi (Joseph-Etienne), professeur de 
langues tartares, à Kasan. 

Flûgbl , professeur, à Dresde. 

DozY (Reinbart) , professeui', à Leyde. 

Brossbt, membre de l'Académie impériale de 
Saint-Pétersbourg. 

Fleischer, professeur à TUniversité de Leipzig. 

DoRN, membre de l'Académie impériale de 
Saint-Pétci^bourg. 



54 JUILLET 1862. 

Weber (Docteur Albrecht), à Berlin. 
Salisbury (E.), secrétaire de la Société orien- 
tale américaine, à Boston (Etats-Unis ). 
Weil (Gustave), professeur à l'Université de 
Heidelberg. 

III. 
LISTE DES OUVRAGES 

PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 

Journal asiatique, seconde série, années 1828-1835, 16 vol. 

in-8', complet; làU fr. 

Chaque volume séparé (à Texception des vol. 1 et II, qui ne se 
vendent pas séparément) coûte 9 fr. 

Le même journal , troisième série, années 1 836-1 84 2 , 

là vol. in-8"*; 126 fr. 
Quatrième série, années i843-i85a, 20 vol. in-8'; 

180 fr. 
Cinquième série, années i853-i86i, 18 voL in -8**; 
225 fr. 
Choix de fables arméniennes du docteur Vartan , en armé- 
nien et en français , par J. Saint-Martin et Zohrab. i8a5. 
In-S' ; 3 fr. 
Éléments de la grammaire japonaise , par le P. Rodriguez , 
traduits du portugais par M. C. Landresse; précédés d*une 
explication des syllabaires japonais , et de deux planches 
contenant les signes de ces syllabaires , par M. Abel 
Rémusat, Paris, 1825, in-S"*. = Supplément à la Gram- 
maire japonaise » ou remarques additionnelles sur quelques 
points du système grammatical des Japonais , tirées de la 
grammaire composée en espagnol par le P. Oyanguren et 
traduites par C. Landresse ; précédées d*une notice com- 
parative des grammaires japonaises des PP. Rodriguez 



LISTE DES OUVRAGES PUBLIÉS. 55 

et Oyanguren, par M. le baron Guillaume de Humboldt. 
Paris, 1826. ln-8; 7 fr. 5o c. 

Essai sur le Pâli , ou langue sacrée dé la presqu'île au delà du 
Gange, avec 6 planches lithographiées et la notice des ma- 
nuscrits palis de la Bibliothèque du Roi, par MM. E. Bur- 
nouf et Lassen. Paris, 1826. In-8°; 9 fr. 

Meng-tseu vel Mengium , in ter sinenses philosophos inge- 
nio, doctrina, nominisque claritate Confucio proximum, 
sinice edidit, et latina interpretatione ad interpretationem 
tartaricam utramque recensila instruxit, et perpeluo com- 
mentario e Sinicis deprompto illustravit Stanislas Julien. 
Lutetiœ Parisiorum, 182 4, 2 vol. in'8; 2^ fr. 

Yadjnadattabadha , ou LA Mort d'Yadjnadatta , épisode 
extrait du Râmâyana, poème épique sanscrit, donné avec 
le texte gravé, une analyse grammaticale très -détaillée, 
une traduction française et des notes, par A. L. Chézy; et 
suivi d'une traduction latine littérale par J. L. Burnouf. 
Paris, 1826. ln-4% avec i5 planches; 9 fr. 

Vocabulaire de la langue géorgienne, par M. Klaprolh. 
Paris, 1827. In-8°; 7 fr. 5o c. 

Élégie sur' la Prise d'Édesse par les Musulmans, par Ner- 
sès Klaietsi, patriarche d'Arménie, publiée pour la pre- 
mière fois en arménien, revue par le docteur Zohrab. 
Paris, 1828. In-8^ à fr. 5o c. 

La Reconnaissance de Sacountala, drame sanscrit et pra- 
crit de Câlidâsa , publié pour la première fois sur un ma- 
nuscrit unique de la Bibliothèque du Roi, accompagné 
d'une traduction française, de notes philologiques, cri- 
tiques et littéraires, et suivi d'un appendice par A. L. 
Chézy. Paris, i83o. In-A", avec une planche; 24 fr. 

Chronique géorgienne, traduite par M. Brosset. Paris, Im- 
primerie royale, i83o. Grand in-8**; 9 fr. 
La traduction seule, sans texte, 6 fr. 

CiiRESTOMATHiE CHINOISE (publiée par Klaprolh). Paris, 
i833. In.8';9fr. 



56 JUILLET 1862. 

Éléments de la langue géorgienne, par M. Brosset. Paris, 

Imprimerie royale, iSSy. In-8'; g fr. 
Géographie d^Arou^lféda , texte arabe, publié par MM. Rei- 

naudetle baron de Slane. Paris, Imprimerie royale, i84o. 

In-4'; 45 fr. 
Radjatarangini, ou Histoire des rois du Kaghmîr, publiée 

en sanscrit et traduite en français , par M. Troyer. Paris, 

Imprimerie royale et nationale, 3 vol. in-S*"; 36 fr. 

Le troisième volume seul, 6 fr. 

Précis de législation musulmane, suivant le rite malékite , 
par Sidi Rhalil, publié sous les auspices du ministre de la 
guerre. Paris, Imprimerie impériale, i855. In-8; 6 fr. 

COLLECTION D'AUTEURS ORIENTAUX. 

Les Voyages d'Ibn Batoutah , texte arabe et traduction par 
MM. C. Defrémery et Sanguinetti. Paris, Imprimerie im- 
périale; à vol. in-8" et i vol. d'Index; 3i fr. 5oc. 

Table alphabétique des Voyages dIbn Batoutah. Paris, 
1869, in.8^ 1 fr. 5o c. 

Les Prairies d'OR de Maçoudi, texte arabe et traduction, 
par MM. Barbier de Meynard et Pavet de Courteille. Pre- 
mier volume. Paris, 1861, in-8'; 7 fr^ 5o c. 

Chaque volume de la collection se vend séparément 7 fr. 5o c. 

Nota, Les membres de la Société qui s'adresseront directement 
au bureau de la Société, quai Malaquais, n** 3, ont droit à une re- 
mise de 33 p. 0/0 sur les prix ci-dessus. 



JOURNAL ASIATIQUE. 

AOÛT 1862. 



MÉMOIRE 

SUR 

LES INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE, 

PAR M. N. DE KHANIKOFF. 



Le Caucase est un des premiers pays situés en 
dehors de la presqu'île arabique où Tislamisuie ait 
été introduit. La nouvelle religion a pénétré dans 
les plaines et dans les montagnes de l'isthme cau- 
casien , non par les armes victorieuses d'un souve- 
rain ambitieux, mais elle y a été portée par de zélés 
fanatiques, profondément convaincus de la vérité 
absolue de leur croyance. Sectaires ardents, ils ont 
presque tous contemplé en personne leur Prophète 
envoyé de Dieu, et ils étaient encore sous le charme 
de sa parole éloquente et chaleureuse. Ce n'est pas 
sur les bancs poudreux d'une école qu'ils ont appris 
les versets du livre divin, mais bien au bruit des 
combats, dans le silence imposant du désert, et sous 
l'influence de tous les incidents émouvants d'une vie 
aventureuse et pleine de glorieux souvenirs. Aussi 
leur propagande était-elle irrésistible, et la foi de 



58 AOUT 1862. 

Mahomet s est répandue avec une célérité naerveil- 
leuse sur toute la surface de Tisthme, partout où 
le christianisme navait pas encore pu pénétrer. 
L'antique religion de Zoroastre, énervée définitive- 
ment par ses luttes avec les chrétiens de TArménie, 
fut impuissante pour arrêter les progrès de la nou- 
velle doctrine que ses adeptes considéraient comme 
infailliblement triomphante; et déjà dans Tannée a i 
de rhégh'e, les Arabes étaient maitres de Derbend. 

Je n'ai pas Tintention de retracer ici toutes les 
phases de l'introduction de l'islamisme dans les 
provinces caucasiennes; ce sujet important pour 
l'histoire de l'Asie a été traité par des orientalistes 
distingués , et je n'ai qu'à nommer Fraehn , d'Ohsson , 
Dorn , Defrémery et Kazembek parmi ceux qui se 
sont occupés de cette matière, pour faire com- 
prendre le peu d'espoir qu'on aurait de trouver, 
dans les monuments littéraires de l'Orient, beau- 
coup de choses nouvelles et inconnues sur cette 
matière. Mais il n'en est pas de même des témoi- 
gnages contemporains du passé musulman du Cau- 
case, xle ses légendes lapidaires arabes et persanes; 
car, toutes nombreuses qu'elles sont, on les a peu 
explorées jusqu'à nos jours. 

Klaproth est le seul orientaliste un peu sérieux 
qui ait visité le Caucase depuis qu'il se trouve sous 
la domination russe ^; encore s est-il contenté d'une 

* Il est évident qu en parlant ainsi je n*ai pas oublié les services 
réels rendus à rarchéologie caucasienne par les laborieuses et sa- 
vantes recherches auxquelles s'est livré M. Brosset, ni ceux que la 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 59 
exploration des provinces chrétiennes de Tisthme , 
d où il n'a rapporté que peu de données archéolo* 
giques. Trois voyageurs éclairés, maïs voués à des re- 
cherches géologiques et physiques, MM. Ëichwald, 
Dubois de Montpéreux etÂbich, ont glané quelques 
légendes intéressantes, et les mémoires de Fraehn, 
sur les inscriptions arabes de Derbend et sur celles 
de la tour des atabeks à Nakhitchévan , ont été ba- 
sés exclusivement sur les copies et les estampés 
rapportées par ces deux premiers savants. Tous ces 
travaux partiels ne faisaient qu'indiquer d'une ma- 
nière générale que le pays est riche en monuments 
curieux ; mais ils ne permettaient guère de formuler 
rien de bien précis sur l'ensemble des faits archéo- 
logiques qu'on était en droit d'attendre de leur étude. 
Feu M. Fraehn m'a spécialement recommandé cette 
recherche lors de mon départ pour le Caucase, en 
18^5, et ayant eu l'occasion d'examiner en détail, 
pendant l'hiver de 18/17 ^ i848, les riches archives 
de la chancellerie du Lieutenant de l'Empereur de 
Russie à Tiflis, j*y ai découvert un dossier qui por- 
tait le titre : « Renseignements sur les endroits ré- 
c vérés par les musulmans du Caucase , et où ils se 
«rendent en pèlerinage. » Ce dossier, compulsé 
dans un but purement administratif, ne contenait 
presque rien d'intéressant pour l'archéologie , si ce 

science est en droit d'attendre du voyage entrepris par M. Dorn ; 
mais le premier de ces savants s^est exclusivement borné à recueillir 
et à discuter les légendes des monuments chrétiens; quant au der- 
nier, il n*a pas encore termine ses investigations, et rien n'en a été 
public. 

5. 



60 AOÛT 18Ô2. 

n*6st une liste précieuse de toutes les mosquées, 
chapelles et cimetières, localités souvent très-péu 
connues et où Ton pouvait espérer trouver des 
monuments anciens. Dans l'année i848, j*ai par- 
couru pendant six mois, lentement et à cheval, 
toutes les provinces musulmanes du Caucase, ainsi 
que le Daghestan, et j*ai pu constater lexactitude 
des données consignées dans le dossier dont je viens 
de parler. Grâce au concours puissant et éclairé du 
prince Woronzow , je me suis procuré àes fac-similé 
exacts de toutes les inscriptions musulmanes plus 
ou moins intéressantes du pays. 

Je me propose de communiquer ici les résultats 
de mes recherches, et, pour plus de clarté, je par- 
tagerai mon mémoire en quatre parties : i" dis- 
tribution topographique des inscriptions musul- 
manes du Caucase; 2** renseignements sur la marche 
de la colonisation arabe dans le Daghestan; 3" ré- 
sultats paléographiques fournis par ces inscriptions, 
et Ix^ enfin, textes et traductions des inscriptions 
historiques. Ces quatre chapitres, malgré la diver- 
sité apparente des sujets qu'ils embrassent, sont in- 
timement liés entre eux, et ne peuvent être séparés 
sans préjudice de la clarté de Tensemble. 

l. DISTRIBUTION TOPOGRAPHIQOE DES INSCRIPTIONS 

MUSULMANES DU CAUCASE. 

Les noms des localités marquantes des provinces 
caucasiennes , d'après les géographes arabes, ne sont 
ni nombreux ni variés. Leur liste, dressée par Mas- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 61 
soudi , diffère peu de celle que fournissent les écrits 
d'Istakhry, d*Ibn-HaucaU de Yacout et même de 
Bakouï. On pourrait croire , au premier abord , que 
cette uniformité provient de la fâcheuse habitude des 
écrivains orientaux de se copier Tun Tautre , sans 
tenir compte des changements apportés par le temps 
dans l'objet de leurs recherches; mais ce doute, 
applicable dans beaucoup de cas, ne Test pas à la 
géographie caucasienne. Le nombre et la position 
des villes musulmanes y ont peu varié dans le cou- 
rant des siècles. Pour vérifier ce fait, j"ai examiné 
les chartes conservées dans quelques institutions 
pieuses du pays , et j'ai parcouru les vies des saints 
révérés par les musulmans du Caucase. Ces docu- 
ments, qui contiennent parfois des détails curieux 
quon chercherait en vain dans les traités d'histoire, 
m*ont fourni quelques indications précieuses sur la 
topographie de ces contrées, maïs jamais je nai pu 
y trouver un nom de ville qui ne fût mentionné dans 
les grands recueils géographiques arabes et persans. 
Cette immutabilité des centres habités tient infini- 
ment plus à la nature du pays quà Tinvariabilité 
de la population ; car dans les climats chauds , oii 
la fertilité du sol est intimement liée à la distribu- 
tion des eaux, on ne crée pas une ville partout où 
Ton veut, et les conditions de possibilité d'existence 
d'une cité y sont beaucoup moins faciles à réaliser 
que dans les zones tempérées. Ceci nous explique 
l'antiquité des villes asiatiques en général, et leur 
tendance à renaître, après une destruction com- 



62 AOUT 1862. 

plète, toujours dans les mêmes endroits. Dans le 
Caucase aussi, nous voyons que, de nos jours, toutes 
les villes mentionnées par les Arabes, telles que 
Berzend, Guerchasif ou Gechtasip, Belakan, Ber- 
daa , Ordoubad , Nakhitchévan , Erivan , Tiflis , Gbam- 
kur, Guendjèh, Kabala, Bakou ou Badkoubeh et 
Derbend existent encore , ou existaient il n y a pas 
très-longtemps, et n*ont disparu que parce que, 
dans leur voisinage immédiat, ont surgi des vUl^ 
nouvelles qui avaient plus de chance de développe- 
ment. Ainsi Berzend , située au sud de la plaine de 
Moughan, ne pouvait se maintenir avantageuse- 
ment dans la proximité d'Ârdébil, et de Lenko- 
ran. Berdaa et Belakan, tombées en décadence par 
suite des invasions des Monghols, nont aoeun 
espoir de renaître de leurs ruines, car Gboucha 
présente trop d'avantages pour les commerçants 
et les ouvriers du Karabagh. Chamkur, village 
situé à vingt kilomètres à ïouest de Guendjèh ou 
Elisabethpol , ne pouvait lutter longtemps contre 
cette dernière ville. Enfm, Kabala a disparu, tant 
à cause de laffaiblissement de la nationalité armé- 
nienne sur le versant méridional du Caucase, que 
par suite de Tinfluence absorbante de Cheki, à 
Touest, et de Chemakha au sud-est. Pour ce qui est 
de Guerchasif, déjà du temps des Chirvanchahs , au 
VI* siècle de ïhégire, elle avait perdu son impor- 
tance par suite du transport de leur capitale à Ba- 
kou , et plus tard elle a été définitivement remplacée 
par Salian qui, sous lesSéfévides, devint le centre 



INSCRIPTIONS MttoULMANES DU CAUCASE. 63 

de pêcheries lucratives, industrie qui acquiert chaque 
année une importance nouvelle. 

Toutes ces villes, contemporaines de l'époque de 
Tinvasion des Arabes, ne portent pas également de 
traces de leiu* domination. Avec le tact administra- 
tif qui caractérisait, dès leur début, les premiers 
sectateurs de Mahomet, ils comprirent que ce n*est 
pas dans les plaines du Caucase qu il fallait cher- 
cher la solution du problème de la domination de 
fisthme; aussi employèrent- ils tous leurs efforts, 
pendant le règne des Ommé'iades, à soumettre la 
montagne. Il parait qu ils ne sont jamais parvenus 
à s'emparer complètement du Daghestan; mais 
ceci doit être attribué plutôt à la courte durée de 
lexistence de la première dynastie des khalifes et 
à ce que, sous les Â'bassides, la conquête de ces 
provinces lointaines du khalifat n a pas été jugée 
assez importante pour être poursuivie avec autant 
d'énergie que sous leurs prédécesseurs. Je suis d'au- 
tant plus porté à émettre cette opinion, que les 
premiers succès des musulmans, parmi les rudes 
montagnards du Caucase, étaient tels que, jusqu'à 
présent, ce pays, exposé pendant mille ans à des 
influences diverses, a conservé des traces profondes 
de la domination des khalifes ; sa religion , sa langue 
écrite et ses poids et mesures sont restés arabes. 
Nous examinerons plus tard les moyens que les suc- 
cesseurs de Mahomet appliquèrent pour arriver à 
ce résultat, et nous nous bornerons à observer à pré- 
sent que ce fait historique permet d'entrevoir l'expli- 



64 AOÛT 1862. 

cation de la fréquence des inscriptions arabes an- 
ciennes dans les provinces du nord-est du Caucase, et 
de leur rareté comparative. dans les provinces du sud- 
est. Ainsi , sur vingt et une inscriptions recueillies à 
Derbend, deux sont en caractères peklevi, quatorze 
en vieux caractère arabe, que je désignerai par coa- 
^^a^, sauf à expliquer plus tard la valeur que j attache 
à ce mot, et cinq en neskhi dit ihoullh. Les inscrip- 
tions coufiques portant des dates sont dés années 
i53, if 5, 465, 469 et 58o; les inscriptions en 
neskhi sont des années 71 i , 81 4 et 866. Dans le 
Daghestan, sur vingt-quatre inscriptions , recueillies 
presque toutes par le général Bartholomaei , trois ins- 
criptions du village de Quaziquoumouq sont eo 
caractères thoulth, des années 677, 877 et 1200. 
Ridja a fourni une légende coufique , munie de points 
diacritiques, de Tan 638 ; et Routoul sept, dont cinq 
coufiques ponctuées, des années 872, 625 et 683^ 
et deux en caractères thoulth, lune sans date et 
Tautre de Tan 910. Les murs d'Akhty ont conservé 
deux inscriptions en caractères thoulth; la pre- 
mière est contemporaine du Chirvanchah sultan 
Khalil OuUah, qui régna entre 820 et 867 de l'hé- 
gire, et la seconde est de Tannée 1039. Le village 
de Zouroglou a fourni aussi deux inscriptions en ca- 
ractères coufiques, munies de points diacritiques, 
lune de Tannée 563, Tautre de 61 5. A Dzakhour 
on a recueilli cinq inscriptions, deux coufiques, 
munies de points, dont Tune porte la date de 636, 
et trois en caractères thoulth, des années 701 , 770 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 65 
et 836. A Ghelmetz, on n'a trouvé que deux inscrip- 
tions; toutes les deux sont tracées en caractères 
coufiques, munies de points diacritiques, une de 
Tannée 55 7, lautre sans date. Enfin, de Loutchek 
ou m*a communiqué deux inscriptions en caractères 
coufiques, munies de points diacritiques, mais sans 
dates. 

Le district de Kouba n'a fourni en tout que six 
inscriptions. Celle qu'on a recueillie sur les ruines de 
la forteresse de Tchiraghkalèh est tracée en carac- 
tères coufiques; elle n'est pas datée, mais elle doit, 
selon toute probabilité, être rapportée à l'époque 
des premiers Ghirvanchahs , au vi* siècle de l'hégire. 
La mosquée du village de Khanaghé conserve une 
inscription en beaux caractères coufiques, de l'an 
kklx- Dans une localité connue sous le nom de 
Chehré, et qui porte les traces d'un village con- 
sidérable , on a trouvé une pierre tumulaire dont 
l'inscription, mal consei^ée, date de 960. Près du 
village Zergherli Pirabad on a découvert une dalle 
brisée, qui porte le commencement d'une inscription 
qui devait être assez longue, et qui a conservé le sou- 
venir d'un*rêve fait, en io3i , par un partisan des 
Séfévides, concernant l'emplacement oublié et ruiné 
de la sépulture d'un des ancêtres de cette dynas- 
tie, cheikh Heider, fils de Cheikh Djouneid. Les 
quatre inscriptions restantes sont : l'une de l'an 1116, 
dans le village de Pirèh Halil; l'autre de Tan 1121, 
près de la route postale entre Davatchi et Kixylbou- 
roun; la troisième de l'an 808, dans le village d'Alek, 



m AOÛT 1862. 

et enfin la quatrième dans le village de Saîad, sans 

date et ne présentant aucun intérêt historique. 

Dans la presquiie de Bakou, qui, pendant trois 
siècles, formait le centre des États des Chirvancfaahs, 
les inscriptions ne manquent pas; mais elles appar- 
tiennent principalement à Tépoque du règne de ces 
souverains ; quant aux inscriptions coufiques propre- 
ment dites, je nai pu en constater, par un examen 
personnel , que cinq, deux dans le village Rômnanny 
et trois dans la ville de Bakou. Les deux premières 
ne portent pas de dates; celle de la tour dite Toar 
de la fille y bâtie au nord -est de la ville, est ausa 
sans indication chronologique, mais probabiement 
elle est contemporaine du gouvernement de TÂrran^ 
par Daoud, fds du septième souverain Seldjoukide 
Mahmoud, comme j'ai tâché de le prouver dans 
une note publiée en langue russe, dans le* Bulletin 
de la Société archéologique de Saint-Pétersbourg. 
L'inscription de la base de fancienne mosquée de 
Bakou porte la date de &71 de Thégire; enfin, la 
dernière des légendes coufiques fait le tour du mi- 
naret de cette même mosquée. Dans un mémoire 
écrit en persan, composé, il y a quelques années, 
par un érudit musulman, Mirza Âbdourrahim, l'o- 
bligeant cicérone de tous les voyageurs curieux de 
visiter les antiquités de Bakou, je trouve men- 
tionnée une septième inscription coufique , qui doit 
être dans la mosquée du village Synikh Kalèh, et 
qui contient le nom du halakouide Khoda Ben- 
dèh Mouhammcd, et une date dont il ne reste que 



V _ 



INSCRffTIÔNS MUSULMANES DU CAUCASE. 67 

lechiffi:e 600; mais comme lesindications archéo- 
logiques du savant Mirza ne sont pas toujours ri- 
goureusement exactes, je rapporte ce fait sous toute 
réserve. Les autres inscriptions que j ai recueillies 
sur la presqu'île sOnt moins anciennes, n^ais sur- 
passent les premières en intérêt historique. 

Celles d'entre elles qui datent de^ 1 époque des 
premiers Ghirvanchahs sont tracées en caractères 
que je n* ai rencontrés qu*ici , sur les monnaies des 
Seldjoukides de TÂsie Mineure et sur quelques ins- 
criptions de Sinope , contemporaines de la prise de 
cette ville par les Turcs; c'est une espèce de neskhi 
très-rapproché , par la forme des lettres, de l'écri- 
tur,e actuelle , mais sans points diacritiques. Telle est 
l'inscription que j'ai trouvée au village de Merdékan , 
portant la date de 5^3, celle du village de Bou- 
zovnan, qui fait mention d'Akhtisan ou Âkhistan, 
fils de Manoulchehr, de l'an 583. Une troisième 
inscription du même genre a été estampée par 
M. Riesse^ sur les murs d'une tour qui faisait jadis 
partie de la fortification de Merdékan; elle est 
de l'an 600 et mentionne le nom du Chirvan- 
chah Ferroukhzad, fils de Manoutchehr. A sept 
kilomètres au sud de Bakou, sur un promontoire 
rocheux et élevé de la côte maritime, on voit une 
ancienne mosquée, dite Bibi-Heibet, construite 

^ M. Rîesse était un jeune orientaliste, Français (forigine, mais 
élevé en Russie, et avantageusement connu par un travail sur 1& 
langue talych, publié dans les Mémoires de la section cauca- 
sienne de la Société de géographie de Russie ; il vient de mourir à 
Tiflis, à la suite d*une Gèvre gagnée dans les marais du Mazanderaiu 



68 AOÛT 1862. 

à Tendroit de la sépulture dune fille de rimam 
Moussa Kiazim , réfugiée à Bakou pour se soustraire 
aux persécutions du khalife Haroun-ar-Rachid. Les 
archives de cette fondation pieuse conservent des 
firmans assez curieux, mais dont le plus ancien ne 
remonte guère qiià Tan 904, époque des premiers 
Séfévides, au temps oh le Ghirvan a été gouverné 
par le beghlerhek Manoutchehr; ce qui prouve, 
entre autres choses , que le règne de Ferroukh las- 
sar, fils de Kbalil Oullah, n*a pu durer jusqu'à 906. 
Les murs de cet édifice portent quelques inscrip- 
tions du temps des successeurs de Chah Ismaïl; mais 
on y voyait encore, en i852, une inscription nuil 
conservée d'un Chirvanchah Ferroukhzad , fils d'A- 
khistan, dans laquelle la date n'était représentée que 
par le nombre 80, et j'ai déjà publié dans le Bulle- 
tin de l'Académie de Saint-Pétersbourg les raisons 
qui m'obligent à supposer que l'Âkhistan en ques- 
tion n'est autre que le contemporain du h^akouide 
Ai^ouhn , mentionné dans la Vie de Cheikh Séfieddin 
d'ArdebiL Le beau palais des khans, à Bakou, parte 
une inscription bien conservée du temps du Chir- 
vanchah Khalil Oullah, de Tan 83 9 , et sur les murs 
d'un caravansérail» dit Sengitchal, situé sur la route 
directe qui conduit de Bakou à Salian , en longeant 
la mer, on voit une inscription tracée par ordre 
du même prince, en 843. Enfin j'ai recueilli ^sur 
les murs du caravansérail de Tanghi, situé sur la 
même route, une inscription de l'an 878, contem- 
poraine au règne du successeur de Khalil Oullab« 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 69 

Les inscriptions du temps des Séfévides ne sont pas 
rares , aussi je ne les ai pas relevées. 

Au sud de Bakou, ni les environs de Guerchas- 
sib, ni ceux de Chemakha, ni même ceux de Ber- 
daa ne m'ont fourni des inscriptions très-anciennes. 

L*endroit précis où fut située la première capitale 
des Chirvancbafas , détruite en 656 de Thégire par 
les Monghols, ne nous est connu que par tradition. 
Les indications que Ton trouve à ce sujet chez les 
géographes orientaux sont trop vagues pour résoudre 
cette question avec certitude; mais elle ne pouvait 
être très-éloignée de Teniplacement occupé actuel- 
lement par Salian, et les indigènes montrent les 
iniines de Guerchassib à sept kilomètres de Salian. 
Dans le voisinage du monticule dit Koarsengua, 
jai trouvé une pierre tumulaire de Tan 782, et 
M. Spassky vient d'y découvrir, en 1 860 , un débris 
de vase avec une inscription cunéiforme. 

Près de Chemakha, entre cette ville et la station 
de poste de Charadil, jai découvert, en i85!2, un 
monument tumulaire de forme hémi-cylindrique, 
semblable aux plus anciennes pierres sépulcrales du 
cimetière de Kyrklar, près de Derbend. Ce cylindre 
creux, taillé dun bloc de granit, porte une inscrip- 
tion coufique sans date, et mentionne des noûis 
barbares tels que Djouneid Ismaq, fils de Quiblit; 
mais la forme des lettres de sa légende me fait pré- 
sumer qu elle peut être contemporaine des pre- 
mières invasions arabes. L'endroit où se trouve ce 
monument a souvent servi de champ de bataille 



70 AOÛT 1362. 

entre les musulmans et les Khazars , et il peut 
bien se faire que ce soit le tombeau de quelque in- 
digène nouvellement converti à la foi du Coran. 

Le Karabagh, centre de TÂrran , est très-pauvre 
en inscriptions. Entre les villages de Maksoudlou et 
de Paroukb, on voit une chapelle funéraire élevée 
en 7 1 4 sur le tombeau d'un Monghol musulman , 
Quitav, fils de Moussa Khodja; et dans le dcûetière 
qui entoure cet édifice, j'ai vu une pierre tumulaire 
de Tan 883. A Berdaa même, il ne reste rien de son 
ancienne splendeur. Cette ville, jadis célèbre, à la- 
quelle Yakout consacre un si long article dans son 
Dictionnaire géographique, ne présente, depuis sa 
dernière dévastation par Nadir Chah, qu'un amas 
de ruines entouré de bois épais, au milieu duquel 
s'élève une tour isolée qui, évidemment, était un 
monument funéraire. Je l'ai visitée en 1 848, et alors 
on pouvait encore déchiffrer sur la corniche quel^ 
ques restes du verset du trône. Au-dessus de la 

porte septentrionale, on lisait : v^' C:^ *^^' «J^ 
jl^ifvJt lûilil, «œuvre d'Ahmed, fils d'Eyoub, Kafiz 
de Nakhîtchevan; » puis venait un hadith, dont il ne 
restait que c^\ Jb, et au-dessus de la porte méri- 
dionale, on déchiffrait avec peine : (s^\ aju» Jt^ i 
AtiUjuAii^ (^j^s^, c'est-à-dire « dans le mois de diav- 
val de Tan 722. » Ces deux portes sont bordées par 
une inscription coufique, qui, ayant fait le tour de 
leurs cadres , se prolonge à droite et à gauche , en 
suivant la base de l'édifice. Cette inscription a été 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 71 

estampée à raa prière par le général prince Tar- 
khanof , et j'ai pu constater qu elle commençait près 
de la porte septentrionale, par le mot Viljj)!, du 
8* verset du chapitre Lxxvni du Coran, dit UâJI '^jy^. 
Les indigènes interprètent doublement la destina- 
tion de ce mausolée; d'après les uns, c'est le toni- 
beau d'un Chirvanchah; d'après les autres , ce serait 
celui d'un parent de Tamerlan. Mais il n'y a pas à 
balancer entre ces deux suppositions, car en 75^2 
Timour n était pas né, et il envahit pour la première 
fois le Karabagh en 788; puis, en 8o3, il hiverna 
dans le voisinage de cette province , dans la plaine du 
Moughan. Ainsi il y vint la première fois soixante- 
six'* ans, et la seconde quatre-vingt-un ans après 
la construction de cet édifice, tandis que la date 
de Tinscription correspond au règne du Chirvan- 
chah Ferroukhzad , fils de Feramourz, ou à celui de 
Keikobad, et, dans tous les cas, coïncide avec l'é- 
poque la plus brillante du règne d'Abou-Said-Khan , 
dernier halakouide persan , qui avait une prédilec- 
tion marquée pour le Karabagh, où il venait chasser 
en été , et où il campait presque chaque hiver dans 
le Moughan. Nous savons par les annales du temps 
que les princes des contrées voisines, vassaux du 
khakan, profitaient de cette occasion pour venir 
lui faire leur cour, et il n'y aurait rien d'étonnant 
qu'un des Chirvanchahs nommés fût mort pendant 
son séjoiu* à la cour du souverain des Monghols et 
eût été enterré à Berdaa. 

Au fur et à mesure qu'on se rapproche de l'Araxe , 



72 AOÛT 1862. 

les monuments anciens deviennent plus fréquents. 
Ainsi, non loin des ruines de Belokan des Arabes, 
que les habitants actuels du pays désignent par le 
nom de Mil, à cause dun minaret isolé qui seul 
reste debout dans une plaine aride et brûlée par le 
soleil , j*ai découvert en 1 8^9, sur les bords du ca- 
nal de Geourarkhii réparé par Timour en 8o3 , une 
pierre tumulaire de Tan 3o8 avec une belle inscrip- 
tion coufique. Sur la rive gauche de TAraxe, dans 
le village de Babiiy, le général ChoddLO a recueilli 
sur les ruines dune mosquée une inscription de 
Tan 670. Dans le cimetière d'Ordoubad, M. Arkhan- 
gelsky a estampé, en i85i, une dalle sépulcrale 
avec une inscription coufique de Tan 227. La mas- 
quée de la ville a conservé un firman de Chah A'bbas 
de Tan 1016, gravé sur une immense dalle. La mos- 
quée du village de Nasmous ofire une belle ins- 
cription de répoque du règne d'Abou-Saïd Khan de 
Tannée 730. Enfin, sur remplacement des ruines 
étendues dune ville, ou plutôt d'un grand village, 
que les habitants appellent Ghilan, j ai copié une 
inscription de Tan 71a. Au village d'Azy inférieur, 
on voit une tour dont le constructeur, portant le 
nom peu commun de Djeich, fils de Djouhannah, 
maître maçon de Nakhitchevan , a fait tracer son nom 
en caractères coufiques. Cette construction est pro- 
bablement du VI* siècle de Thégire; mais la plus an- 
cienne pierre sépulcrale du village ne porte que la 
date de 892. Sur les murs de la mosquée du village 
de Vanand, on lit une légende pleine de détails 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 75 

tions. Depuis 638 jusqu'à 670, les monuments 
manquent compiétement; entre 670 et 782, nous 
les trouvons au nombre de onze; puis ils disparais- 
sent de nouveau jusqu'à 770, ou plutôt jusqu'au 
commencement du ix" siècle de l'hégire, durant le- 
quel ils sont encore très-fréquents. Dans le x^siècie, 
ieur nombre baisse rapidement , et il ne se relève 
guère dans les siècles suivants. Or, il est facile de 
voir que ces dates ne sont pas amenées par le simple 
hasard, mais qu'elles correspondent à des époques 
remarquables de l'histoire des provinces musul- 
manes du Caucase, qui méritent d'être signalées. 

Après k première secousse sérieuse éprouvée par 
le khalifai de Baghdad, non sur les limites de ses 
domaines, comme au temps des Sofarides et des 
Samanides, mais dans le cœur même de l'empire, 
par l'invasion des Seldjoukides au v* siècle de l'hé- 
gire, la puissance des khalifes n'a jamais pu se réta- 
blir dans les provinces caucasiennes. Leurs rudes suc- 
cesseurs, à demi nomades, se lassèrent bientôt des 
soucis administratifs, et à l'ombre de leurs trônes 
surgirent beaucoup de petites principautés : celle de 
Seif-eddin, à Derbend ; celle des Chirvanchahs, entre 
les villes actuelles de Ghemakha , de Salian et de Ba- 
kou; les Gheddadiens, à Guendjèh et à Ani; enfin 
celle des atabeks de l'Aderbeidjan , sur les deux rives 
de l'Araxe , et j usqu'à Hamadan , au sud. Ge morcelle- 
ment de pouvoir contribua au développement du 
bien-être dans ces lointaines dépendances du khali- 
fat; les princes souverains rivalisèrent entre eux pour 

6. 



74 AOUT 1862. 

recueilli, en ]848, une inscription coufique de 
ian 507; tout près de là, à Ani, j'ai copié une ins- 
cription du Gtieddadien Kei Sultan, de ian SgS, et 
un firman du sultan Abou Said. 

Enfin, la mosquée de Tifiis a conservé sur ses 
murs le texte dun firman de Chah A'bbas le Grand, 
mais l'inscription elle-même est de Ian 1 ]3o« Je 
ne dis rien de la porte en fer conservée dans le 
couvent de Ghelati , car son inscription est ^8$et 
connue par les recherches de Fraehn. 

Les districts de Lenkoran, de Guendjèh et de 
Noukha ne présentent rien d'intéressant sous le 
rapport archéologique. A vingt et un kilomètres de 
Guendjèh, à l'ouest, dans le village de Chamkur, 
on voyait, il y a une trentaine d'années, une tour 
ornée d'une belle inscription coufique; mais en 
1845 il n'en restait qu'un monceau de ruines, ce 
minaret ayant été renversé en 1 836 ou 1837 P^^ 
un tremblement de teiTC. 

Ainsi nous voyons que toutes les provinces mu- 
sulmanes du Caucase nous ont fourni quatre-vingt- 
cinq inscriptions, dont deux antéislamitiques, deux 
du II'' siècle de l'hégire , une du IIi^ une du iv\ trois 
du V, douze du vi% dix du vn*, dix du vin*, onie 
du ix', trois du x*, trois du \i\ six du xii% et deux 
du xm^ série où nous n'avons admis que les inscrip- 
tions à dates certaines. Pour faire mieux apprécier la 
valeur historique de ces chiffres , nous remarquerons 
que , depuis 5 o 7 j usqu'à 636, presque chaque période 
de dix ans nous fournit des monuments à inscrip- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 75 

tions. Depuis 638 jusqu'à 670, les monuments 
manquent complètement; entre 670 et 782, nous 
les trouvons au nombre de onze ; puis ils disparais- 
sent de nouveau jusquà 770, ou plutôt jusqu'au 
commencement du ix® siècle de Thégire, durant le- 
quel ils sont encore très-fréquenls. Dans le x* siècle, 
leur nombre baisse rapidement , et il ne se relève 
guère dans les siècles suivants. Or, il est facile de 
voir que ces dates ne sont pas amenées par le simple 
hasard, mais quelles correspondent à des époques 
remarquables de Thistoire des provinces musul- 
manes du Caucase, qui méritent d'être signalées. 

Après k première secousse sérieuse éprouvée par 
le khalifat de Baghdad, non sur les limites de ses 
domaines, comme au temps des Sofarides et des 
Samanides, mais dans le cœur même de 1 empire, 
par l'invasion des Seldjoukides au v* siècle de l'hé- 
gire, la puissance des khalifes n'a jamais pu se réta- 
blir dans les provinces caucasiennes. Leurs rudes suc- 
cesseurs, à demi nomades, se lassèrent bientôt des 
soucis administratifs, et à l'ombre de leurs trônes 
surgirent beaucoup de petites principautés : celle de 
Seif-eddin, à Derbend ; celle des Chirvanchahs, entre 
les villes actuelles de Ghemakha, de Salian et de Ba- 
kou; les Gheddadiens, à Guendjèh et à Âni; enfin 
celle des atabeks de l'Aderbeidjan, sur les deux rives 
de l'Araxe, et jusquà Hamadan, au sud. Ge morcelle- 
ment de pouvoir contribua au développement du 
bien-être dans ces lointaines dépendances du khali- 
fat; les princes souverains rivalisèrent entre eux pour 

6. 



76 AOÛT 1862. 

rehausser i'éclat de leurs cours respectives , et la 
protection qu'ils accordaient aux arts et aux lettres 
a eu pour résultat la construction de beaucoup de 
beaux monuments et lapparition de tant de poètes 
célèbres , tels queNizami de Guendjèh , Âboul-0*ula , 
Haqani, Watwat, Mudjir-eddin , Féiéki, etc. Mais 
cet état de choses» tout en étant profitable à la ci- 
vilisation, ne rétait guère à la conservation de Tin- 
dépendance politique de ces petits États, et aucune 
des faibles parties constituantes du corps déjbile du 
khalifat ne put résister au choc des Monghols dans 
la première moitié du vu** siècle. Le Caucase éprouva 
le sort commun , et ii n est pas étonnant que ia ten- 
dance des princes régnants à élever des monuments 
ait eu un point d'arrêt pendant trente-deux ans , entre 
638 et 670. A cette dernière époque, le pouvoir des 
halakouides s'est solidement établi en Perse , et leur 
domination fut faiblement contestée au Caucase. 
Les atabeks disparurent; mais les Chirvanchahs, s*é- 
tant reconnus les vassaux des successeurs des khalifes, 
gardèrent un pouvoir presque indépendant. Le re- 
tour de la sécurité publique ramena le goût des 
constructions , et il se maintint pendant tout le temps 
de la durée de la dynastie de Halakou. En ySa , les 
perturbations qui suivirent la mort d'Âbou Said 
Khan mirent fin à l'empire des Monghols en Perse. 
Les Chirvanchsdis conservèrent leur autonomie; 
mais les révolutions sanglantes qui étouQè^nt les 
derniers germes des forces vitales dans les provinces 
de la Perse, voisines de leurs États, ne leur lais- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 77 

saient que peu de loisir pour songer à doter ieurs 
résidences souveraines de nouveaux monuments, 
et ce n est qu après la seconde visite du Caucase 
par ie terrible souverain de Samarcande que nous 
voyons renaître cette occupation pacifique. Khalil 
Oullah et son fiis furent les derniers princes indé- 
pendants du Caucase musulman. Les contrées 
transcaucasiennes, enlevées par les Turcs aux der- 
niers Timourides, et ramenées sous le joug persan 
par les Séfévides, ne furent jamais, pour ces grands 
rois de la Perse, que des provinces étrangères, 
presque hostiles, et trop éloignées de leur splen- 
dide capitale, Ispahan, pour mériter quelque at- 
tention sérieuse. Les beghlerbeks du Chirvan n'é- 
taient que des employés subalternes, souvent révo- 
qués de leurs fonctions, et n'ayant aucun intérêt à 
perpétuer le souvenir de leur court séjour dans un 
pays qu'ils tâchaient d'exploiter au profit de leur 
bourse , peu soucieux de l'état où ils le remettraient à 
leurs successeurs. Chah Â'bbas le Grand lui-même, 
cet infatigable constructeur de chaussées et de ca- 
ravansérails en Perse, ne créa au Caucase aucune 
voie de communication nouvelle; et, si l'on excepte 
quelques faibles donations pieusesy, il n'y laissa après 
lui que des ruines et le souvenir de sa barbarie. 

Ainsi les débris de la malheureuse Djoulfa, dont 
les morts seuls échappèrent à la tyrannie du con- 
quérant persan, témoignent jusqu'à nos jours de sa 
froide cruauté à l'égard de ses sujets chrétiens. 

Nous voyons donc que sur quatre-vingt-cinq 



78 AOÛT 1862. 

inscriptions arabes et persanes recueillies dans le 
Caucase, beaucoup plus de la moitié (cinquante et 
une) appartiennent à Derbend, au Daghestan et au 
district de Kouba. Dans ce nombre , il n'y a que 
deux inscriptions pehlevies et trois persanes» les 
autres étant arabes, et pour la plupart du temps, elles 
sont tracées en caractères coufiques. Par leur con- 
tenu, elles présentent aussi beaucoup plus de va- 
riétés que les légendes estampées dans les autres 
provinces transcaucasiennes. Ce fait, assez étrange, 
de la prédominance de la langue arabe dans les 
inscriptions d*un pays resté si longtemps en dehors 
de Imfluence directe des khalifes, ne peut être 
expliqué par des considérations tirées de Thistoire 
générale; mais nous en trouverons la solution en 
étudiant la marche de la colonisation arabe dans le 
Daghestan. 

II. RENSEIGNEMENTS SUR L'ÉTABLISSEMENT DU POU- 
VOIR DES ARABES DANS LE MORD DU CAUCASE. 

Sans entrer dans beaucoup de détails sur la con- 
quête du Caucase par les Arabes, je croi3 devoir 
rappeler en peu de mots les principaux événements 
qui signalèrent Vi^troduction définitive de Tisla- 
misme dans ce pays , ne fût-ce que pour trouver des 
points d appui aux déductions qui feront le sujet de 
ce chapitre. 

Nous ne nous occuperons pas des efibits tentés 
par les Arabes dans le i""^ siècle de Thégire pour as- 
seoir leur domination à Derbend; nos inscriptions 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 79 
ne remontent pas si haut d'une manière authen- 
tique, et nous n'avons quà mentionner quelques 
faits du commencement du n* siècle. 

En 1 10, Maslamah, frère de Hicham, entra avec 
une grande armée dans le Chirvan, et prit de nou- 
veau aux Khazars le Bab el-Abvab ou Derbend. Mais 
cette conquête n'était pas solide, car, en 112, le 
khalife dut envoyer Haréchi avec une autre armée 
contre les Khazars. Il rencontra Tennemi dans 
les environs de Belokan, et le défit Maslamah, 
nommé une seconde fois commandant des troupes 
arabes dans le Caucase, marcha sur Derbend, et 
s'en rendit maître; en même temps il subjugua 
les princes du Chirvan , du Tabasséran, le Filanchah 
et le prince de Mascate, et établit près de Derbend 
une colonie de quatorze mille Syriens. L'an 1 13, un 
échec subi par Maslamah, dans une rencontre avec 
les troupes du khakan, fut le prétexte de son rappel, 
et c'est Mervan , fds de Mouhammed , qui le rem- 
plaça. Pendant douze années de suite, il fit la guerre 
aux montagnards, et n'abandonna son poste pé- 
rilleux que pour monter sur le trône des khalifes, 
d'où il fut précipité par Abou Mouslim de Merv. 
Yakout cite dans son article sur le Bab el-Âbvab 
une pièce de vers où la vie incessamment active 
et pleine de péripéties guerrières des défenseurs 
de cette limite septentrionale des pays soumis à 
l'islam est peinte avec vivacité. 

Ce passage ne se trouve pas dans la traduction 
de M. Barbier de Meynard, et je me permettrai 



80 AOUT 1862. 

de le transcrire ici , d'après le manuscrit de Mos- 
soûl : 

C'est-à-dire : a Sarâqet, fils d'Amr, dît à propos de 
ceci : Que tout homme qui demandera de mes nou- 
velles sache qu'en vérité je suis dans un pays d'où 
le repos a fui , 

((Dans la ville turque munie de portes, et dont 
les (habitants) dévastent les pays environnants. 

« Nous repoussons leurs hordes loin de nos biens, 
et nous les exterminons pendant la dernière nuit 
de la lune. 

(( Dès que nous voyons s'élever la poussière, nous 
barrons, en nous opposant à l'ennemi , tous les dé- 
filés. 

((Leurs montagnes, la chaîne du Caucase, nous 
fournissent notre nourriture, et nos habitations sont 
devenues voisines des leurs. 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 81 

u Dès que la flamme de la guerre se répand , nous 
assaillons Tennemî dans chaque sentier, afin de 
nous emparer de ses dépouilles. 

« Chaque jour, montés sur nos chevaux , nous 
combattons. Nobles <50ursiers, les dromadaires ne 
pourraient pas les atteindre. » 

Tels sont à peu près les faits peu nombreux que 
nous trouvons dans Tbistoire écrite de cette époque; 
mais la tradition , religieusement conservée jusqu'à 
nos jours dans les vallées des montagnes, y ajoute 
beaucoup de détails, et comme elle n est quen partie 
reproduite dans quelques citations instructives du 
Derbend-Namèh, de M. Razembek, ouvrage plein 
de renseignements importants et solides sur le passé 
musulman du Caucase , je crois devoir les compléter 
par un passage tiré dun petit mémoire arabe inédit, 
rapporté du Daghestan en 18/12 par le prince 
Gr. Gagarine, et quil a eu Tobligeance de me com- 
muniquer. 

L'auteur anonyme de ce mémoire, rédigé en 1 1 gS 
de riiégire (1 780-1 781 A. D.), commence par expo- 
ser les détails connus de la fondation de Derbend, 
énumère les expéditions arabes dans le Chirvan, et 
termine en donnant la généalogie et la liste des 
descendants d'Abou Mouslim, que la tradition po- 
pulaire s'obstine, malgré l'histoire, à imposer pour 
chef aux conquérants arabes des montagnes du Cau- 
case. Nous ne nous attacherons qu'à cette dernière 
partie du mémoire en question , surtout à cause des 
indications géographiques qu'on y trouve sur les 



82 AOÛT 1862. 

endroits où la soi-disant postérité d'Âbou Mousiim 
s'est fixée après son départ. Ces derniers détails 
rendent ce document infiniment plus instructif que 
beaucoup d'écrits du même genre circuiaht dans le 
pays, et dont iun des plus intéressants, coniposé 
par Moullah Rafi, a été publié par M. Kazemibek. 
Généralement les auteurs de ces généalogies se bor- 
nent à établir, par une série plus ou moins longue 
de noms, la filiation du chef du soulèvement abjbas- 
side qui le rattache aux familles les plus distin- 
guées des tribus arabes. Ils admettent comme pla- 
cée hors de doute sa participation à l'introduction 
de l'islamisme, dans le Caucase , et nous laissent 
dans une ignorance parfaite sur le sort ultérieur des 
Arabes colonisés dans le Daghestan. Au contraire 
fauteur anonyme dont je parle, tout en consacrant 
une bonne partie de son ouvrage au développement 
de la même fiction , nous permet au moins de suivre 
sur la carte les points successivement occupés par 
les Ai^abes, descendants ou non d'Abou Mousiim. 
Or, comme la liste des localités dont il fait mention 
coïncide avec les points du territoire daghestanien 
qui ont fourni le plus d'inscriptions arabes, j'ai 
tout lieu de croire qu'il s'agit ici de quelque chose 
de réel, et non d'un ensemble de renseignements 
stériles , presque sans valeur pour l'intelligence du 
passé de ces contrées. Je commence par transcrire 
le texte : 



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INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 83 
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84 AOÛT 1862. 

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INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 85 

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J^^*^<a' S-?y^ Î^J^ u'O *^-> J' |^-i**dt^l 4--b^S3 {j\^j^ 

iiJ^iUtfUU JUJLJI3 2l>^' t^y jj^' *^ J^ *^i^' 

^-X <| ^ ^Liwi ^L«w(ji ^^^ «^JV ^;)^ W^* I[>âJC«»» ^^I 
0^4>Jtj^idb v.ÂAM^ 0t?*>Ji uUai» Jk^i**^ jj 0J3 vli^Un 

^Ub p^U^Jj^j^^ ^j,U^J fjjày^ p^U^^J ytjO^ 
4^ JJli> Jv&aJ (^jJI i'iJs^l aM|^5^ ^UxIaJt^ySTt 

3^ ç^^..^^ *«X^A^ «•liMb^wJt (Ji^^^^^ (lUift^ If^ c:>U^ 



86 • AOÛT 1862. 

Â^ A i»^^^ i^3 ^j *^ A *>^-5 zb^ ^ ** ^' 
<^ ^j)LîL*û (j^^ >jy-s Arf^ d «SWJ'^ uW-fel? Jm**1' 

A-^H» A <^^j^-^^ tf^i-' *^:^* A <>^^ j*^ £4r* *<x* 

A 4>C#^ g^J iLijJà à (jIj^^ Jy^ i^;* d «éi^j 
i£'^^'^3 is^'^3 0^-^J Ob^-5 j'y c^ <i'-> (:)i^^j-49 



TRADUCTION. 



«Les historiens rapportent ainsi la généalogie 
d'Abou Mouslim -, que Dieu tout-puissant soit con- 
tent de lui ! Son nom est Âbdourrahman , fils de 
Seïd, et son prénom est Aziz, fils de Seïd Djouneid, 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 87 

fils de Moiinsir, fils de Noufil, fils d'Abdôul Moiit- 
talib; que Dieu soit content d'eux! Amen. Dans la 
légende en prose rimée de son cachet, on lisait t 
«Au juste, la royauté; à l'oppresseur, la destruc- 
trtion. » Il portait une hache d'armes du poids de 
vingt mens. Son père Seïd assembla huit mille guer- 
riers , et fit la guerre à MeiTan , pour venger Hus- 
sein, fils d'Aly; que Dieu soit content d'eux! Seïd 
fiit tué par Mervan. Abou Mouslim, âgé de quatre 
ans, resta orphelin dans la ville de Makhan, située 
dans le district de Merv-Chah-Djihan, et fiit élevé 
par sa mère Salamah. Ayant atteint Tâge de pu- 
berté, il dit un jour k sa mère: «O ma mère! 
«ai-je jamais eu un père?» Elle répondit : «Oui, 
«mais il périt dans la guerre qu'il fit à Mervan pour 
«venger Hussein, fils d'Aly, fils d'Aboutalib;» que 
Dieu soit content d'eux! Alors il dit : «O ma mère! 
« mon père avait-il quelque ami sincère dans la ville 
« de Merv? » La mère lui répondît : « ô mon enfant ! 
« en vérité , il y en avait un , Khourdek , surnommé le 
«maréchal ferrant, à cause du métier qu'il exerçait; 
«il était ami de ton père. » Après cela, Abou Mous- 
lim alla à Mei'V-Chah-Djihan , et trouva Khourdek, 
le maréchal ferrant. Il le questionna sur son père ,, 
et Khourdek lui raconta son histoire; il lui mit entre 
les mains une hache d'armes qui pesait vingt mens , 
et lui en fit cadeau. Abou Mouslim partit de là, et 
fit pendant dix-huit ans la guerre à Mervan. Il y 
avait sous les ordres d'Abou Mouslim trois cents 
émirs, dont chacun portait le titre de gouverneur- 



88 AOÛT 1862. 

Dieu tout-puissant Tassista contre Mefvan , et ce der- 
nier fut tué dans la ville de Damas, en Syrie. Âbou 
Mousiim y construisit une mosquée cathédrale, et 
fut le premier qui y récita le khotbeh. Il partit de 
Damas avec une armée, et, faisant la guerre sainte^ 
aux infidèles, parvint à Chirvan. Là il combattit les 
émirs de Chirvan , et les tua. Puis il fil la guerre 
dans le Daghestan pendant sept ans, et s'établit 
entre les deux fleuves^ au pied du mont dit Chah-M- 
bourz. Chaque printemps il portait ses armes contre 
les habitants de Bah oul-Abvab, qu'on nomme 
Derbend. Puis il construisit une mosquée dans le 
village de Koula-Kourèh, et y établit son fils Mihter- 
Sindjab; il bâtit une autre mosquée dans le vil- 
lage d'Àkhty, et y établit sa sœur avec son mari, 
Ishaq Kundi Chiken, et la signification d'Âkhty est, 
« ayant rapport à la sœur (Oukhtiy).^} Après la mort 
de sa sœur, Abou Mousiim l'enterra dans la mos- 
quée d'Akhty; puis il construisit la mosquée de 
Ridja et de Maqa, et y établit l'émir Hamzèh, fils 
de son oncle. Son propre fils Sultan Ibrahim, son 
lieutenant dans le Chirvan, homme très-renommé, 
fit la guerre sainte avec ses troupes dans les pro- 
vinces de Qouniouq, d'Awar et dans d'autres parties 
du Daghestan. Dieu tout-puissant lui accorda la vic- 
toire, et il extirpa de ce pays les infidèles et ceux 
qui admettent des égaux de Dieu. Il dit : « La vérité 
« s'est manifestée, et le mensonge a été anéanti; car, 

V Le mont Gbalbouz, comme on Tappelle aujourd'hui, est situé 
entre les rivières Samour et Koussar tchai. 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 8^ 

« en vérité , le mensonge est périssable. » Ainsi la 
lumière de Tislamisme se répandit dans ces contrées 
à Taide de savants versés dans leur science. Ibrahim 
y construisit beaucoup de mosquées, et, après avoir 
fondé celle de Qazi-Qoumouq , il retourna dans le 
Gbirvan, et s y fixa sous le nom de Cbirvan Chah; 
son prénom était Bourhaii-eddin. Abou Mouslim 
vînt aussi dans le Cbirvan, et y confirma son fils 
Ibrahim comme walî du Cbirvan et gouverneur en 
son nom, après quoi il retourna dans sa patrie. La 
marche d'Abou Mouslim , de Damas dans le Daghe- 
stan et le Cbirvan , a eu lieu en 1 1 o de Thégire. Abou 
Mouslim resta sept ans dans le Daghesrtan; il avait 
quatre fils:Ramazan, Ibrahim, Youssouf et Mihter 
Sindjab., La famille de Mihter Sindjab comptait sept 
fils; ils s'établirent, après le départ d'Abou Mouslim , 
dans son patrimoine, dans le village connu sous le 
nom d'Oussough , situé entre deux les rivières au pied 
du mont Chah-Albourz. Il surgit une inimitié et une 
guerre entre eux et les habitants du village Mikrakh, 
et ils émigrèrent dans d'autres villages jusqu'au pays 
des Allans, où ils s'établirent de père en fils. Les 
noms des enfants de Mihter Sindjab, fils d'Abou 
Mouslim, sont : Seif-eddin, Youssouf, Nacir-eddin, 
Djemal, Â'bdouUah, Hamzèb et A'ii Berkhout. 
Dieu les aida à réduire des provinces à l'islamisme à 
cause de leur foi et de l'évidence de la lumière de 
cette religion, et de même à anéantir l'infidélité. Le 
Dieu tout-puissant fit périr les ennemis de la reli- 
gion. Puis Seif-eddin construisit une mosquée dans 



90 AOÛT 1862. 

le village Mikrakb; il sy établit victorieux et y mou- 
rut. Il défit les troupes de Samsam, et détruidt les 
villes des infidèles. Or, pendant une nuit soaibre, 
Samsam prit la fuite avec les émirs qui étaient à 
son service, et Mikrakb resta au pouvoir de Seif- 
eddin. Youssouf s établit dans le village de Qou- 
rouz; Nacir-eddin etRamazan se fixèrent à Khnow 
et à Routoul, et Mohapimed à Gbinaz; Djemal, 
dans la province de Qoubbèb , et Kalban Â'bdoul- 
lah s'établit à Qarah ; Hamzèh , dans le village de 
Ridja, et Â'ii Beikhout dans le village de Maqa. 
Youssouf avait quatre fds , dont un , nommé Âgha 
Djan, résidait dans le village de Tcbitoul, et les 
autres étaient à Qourouz. Un de leurs descendants* 
Cha'aban, s'établit dans le village de Kbachnèh; 
Kalban, dans le village de Kbnow; Seif-eddin, 
dans le village de Fouï; Ramazan, dans le village 
de Dikèh; Youssouf, à Atchouq; Ali, à Pitchgal; 
Halid, à Outcbkbour; Djemal, à Mourough, et 
O'mar et IMoubammed, dans le village d'Akhty; 
Khorazm se fixa à Alek; A'bdouUah, à Khaltoun; 
Redjeb, à Tigh; Kbalifèb, à Tcbitoul; Raipazan, à 
Oussougb; Moubammed, à Alek; d'autres se disper- 
sèrent dans Qoubbèb, Gbirvan, Tabasseran, dans 
les villages des Avares , dans ceux des provinces de 
Qoumouq, Qaitaq, Koubetcbi, Hacbt, Cbinar, Dza- 
kbour et Djar-ou-talèb. Tous ils sont du nombre des 
amis de Dieu et des justes , et ils sont descendants 
d'Abou Mouslim; que Dieu soit content de lui!» 
Avant de tirer toutes les conclusions qui peuvent 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 91 

être déduites du passage que je viens de traduire, il 
serait bon de déterminer la valeur historique des 
renseignements qu'il nous fournit, et pour cela, le 
peu de faits chronologiques et les détails que donne 
notre auteur inconnu sur la généalogie d'Abou 
Mouslim nous suffisent complètement. 

Il dit qu*Abou Mouslim vint dans le Daghestan 
en 1 1 o de rhégire, qu'il y resta sept ans, et retourna 
à Damas en 1 1 7 ou 1 18. Or, même si nous ne sa- 
vions pas positivement que ces mêmes années cor- 
respondent à répoque des guerres de Maslamah et 
de Mervan dans le Caucase, nous aurions un moyen 
certain de prouver que la chronologie citée par 
notre auteur n a rien de sérieux et doit être attri- 
buée tout simplement à son désir de donner une 
forme savante h la transcription d*une tradition po- 
pulaire. 

Abou Mouslim est un personnage trop marquant 
dans rbistoire de TOrient pour que la mention de 
ses hauts faits n ait pas laissé beaucoup de traces dans 
les annales musulmanes. Mais si lensemble des évé- 
nements de sa carrière nous est assez bien connu , 
il n'en est pas de même des détails. Ainsi l'époque 
de sa naissance ne peut guère être fixée avec préci- 
sion. Ibn-Khalican le fait naître en l'an 100 de 
rhégire; Rachid-eddin rapporte qu'en 128 Abou 
Mouslim avait été envoyé par l'imam Ibrahim dans 
le Khorassan, étant âgé de vingt ans, ce qui rap- 
porterait la date de sa naissance à l'an 108 *, enfin, 
dans le roman historique Kisseï Abou MoasUm, dont 



92 AOÛT 1862. 

nous donnerons plus loin quelques détails, il est 
raconté que ce chef du soulèvement abbasside 
avait quatre ans au moment de rextermination des 
Seïdes dans Ispahan par Hudjadj. Or, ce persécu- 
teur énergique de la race du Prophète est mort, 
d après la traduction persane de Tabari, en gS de 
rhégire : donc la naissance d'Âbou Mouslim doit 
être reculée au moins jusquà Tannée 90. Nous 
pourrions augmenter à volonté le nombre de ces 
citations; mais nous nous contentons de ees trois 
indications, car elles représentent assez exactement 
les deux limites extrêmes et la valeur moyenne de 
cette date. Ainsi nous voyons que, selon que l'on 
se conforme à Tune des trois sources indiquées, 
il y aura toujours une incertitude de dix-huit ans 
pour le chiffre de Tannée où naquit Abou Mouslim. 
Mais cette incertitude n'aura aucune influence sur 
les résultats que je me propose d'obtenir, car il est 
évident que , même en acceptant la date la plus re- 
culée de la naissance du chef du soulèvement ab- 
basside , il est impossible de supposer que les Om- 
meiades lui eussent confié, à Tâge de dix-huit o» 
vingt ans , le commandement de toutes les troupes 
arabes dans les provinces caucasiennes. Donc, sous 
ce rapport, il me semble bien établi que la chrono- 
logie de notre auteur manque de fondement. 

Les historiens orientaux sont tout aussi peu d'ac- 
cord entre eux concernant la généalogie d*Abou 
Mouslim. Tabari, après avoir rapporté le bruit po- 
pulaire qui fait de ce chef khorassanien un esclave 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 93 

noir, acheté pour Aoo dirhems par Iça, fiis de 
Mekil , se borne à dire que « plusieurs autres pré- 
tendent que Abou Mouslim n'était pas esclave, mais 
que son père était sellier à Koufa et qu'il n'était 
qu'un serviteur d'Iça. » Ibn-Khalican commence 
la biographie du célèbre Mervien par ces mots : 
«Abou Mouslim A'bd-our-Rahman , fils de Mous- 
lim , nommé aussi O'thman le Khorassanien , est le 
chef du soulèvement abbasside. On l'appelait aussi 
Ibrahim , fils d'O'throan , fils de lassar, fils de Sou> 
douze, fils de Djoudarn, un des descendants de 
Bouzadjoumihr, fils de Bahtadjan, de Fars. » M. Ka- 
zembek a publié (p. 2 o5 de sa traduction du Der- 
bend Namèh) un mémoire historique de Moullah 
Rafi, que nous avons déjà eu l'occasion de men- 
tionner. Abou Mouslim y est nommé fils de Mou- 
hammed , de Youssouf et de Cheikh AbouHMouslim ; 
donc nous voyons qu'aucune de ces listes ne res- 
semble guère à celle de notre auteur, qui, par con- 
séquent, a dû puiser la sienne ailleurs. 

Parmi les documents plus ou moins historiques 
que la littérature orientale possède sur Abou Mous- 
lim, l'un des plus remarquables par la richesse de 
ses détails est un roman écrit en persan, et intitulé 
J|b4Mb« ^1 MJA» , dont j'ai rapporté un exemplaire de 
Boukhara en 18 Ad. Ni l'époque ni l'endroit où ce 
roman fut composé ne sont connus; mais depuis 
très-longtemps déjà c'est un des livres les plus popu- 
laires à Boukhara. Il y est tellement considéré , que 
l'on a fait sur son compte les deux vers suivants : 



94 AOÛT 1862. 

Tous ceux qui YwoniAboaMouslim, fût-ce même une femqie , 
accompliront des faits héroïques. 

Ainsi tout fait supposer que ce n'est pas un ou- 
vrage récent, ce qui est, du reste , corroboré par son 
style plein de locutions anciennes. En Perse, on ne 
le connaît presque pas, et ce nest qua Hérat que 
j'ai coiïimencé à trouver quelques personnes qui en 
ont entendu parler, ce qui, joint aux tournures des 
phrases de son texte , éminemment khorassaniennes , 
me fait supposer qu'il a été composé dans la partie 
orientale de cette province, notamment àMerv, et 
qu'il a été introduit à Boukhara par les nondsreuses 
familles des premiers Mervîens transférés de force 
sur la rive droite de l'Oxus par les khans Ouzbeks, 
qui dévastèrent la Perse orientale à l'époque du 
commencement de la dynastie des Séfévides. Dans 
ce roman , Âbou Mouslim est appelé Émir Â'bdour 
Rahman, fils d'Assad, fils de Djouneid, fils de 
Chehab, fils de Menzar, fils de Noufil, fils de Qout- 
nan, fils d'A'bdoul Moutalib, fils de Hachim, fits 
d'A'bdoul Menaf. Cette liste généalogique ressemble 
tellement à celle de notre mémoire historique , que 
je ne doute pas qu'elle n'ait été puisée dails le 
roman ou dans une source commune aux deux ou- 
vrages. La première supposition est d'autant plus 
probable, que beaucoup d autres dëtaib, tela que 
la conversation d'Abou Mouslim avec sa mère » sa 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 95 

visite au maréchal ferrant de Merv, le cadeau qu'on 
lui fit de la hache d'armes de son père, la légende 
de son cachet, etc. se retrouvent dans le roman; il 
serait assez difficile de sattendre à rencontrer ces 
mêmes incidents ailleurs. Gomme ce roman n a pas 
encore été Tobjet dune notice spéciale, je me per- 
mettrai une digression pour donner une idée suc- 
cincte de son contenu. 

Les premières scènes de cette longue épopée se 
passent dans TArabie Heureuse. Le père d'Abou 
Mouslim, guerrier renommé pour sa bravoure, 
mais aussi pauvre cpie courageux, devient éperdu- 
ment amoureux de la fille dun chef d'une riche 
tribu voisine. Rebuté par l'orgueil des parents de 
la belle, dans Tespoir d'obtenir légalement sa main, 
il se décide à l'enlever. Énergiquement poursuivis 
par les serviteurs du père, les amoureux fuient de 
retraite en retraite, et finissent par s'établir en paix 
à Ispahan , où ils coulent des jours heureux jusqu'au 
moment où Hudjadj , enflammé par sa haine contre 
les descendants du Prophète, se décide à les ex- 
terminer tous. Ge massacre des Se'ides est raconté 
en détail et d'une manière saisissante. Le père 
d'Abou Mouslim tombe en défendant ses proches, 
et sa femme parvient à se soustraire avec son fils, 
âgé de quatre ans, aux recherches actives des san- 
guinaires serviteurs de'Hudjadj. Enfin elle se décide 
è chercher refuge à Mahan, village du district de 
Merv, où elle v^ut ignorée, se livrant à l'éducation 
de son unique enfant. A l'âge de quinze ans, Abou 



96 AOUT 1862. 

Mousiim questionna sa mère sur son passé , et , en- 
flammé par les récits des hauts faits de son père et 
par les détails émouvants de sa mort trî\gique , il jura 
de le venger, et alla à Merv trouver Hourdek, qui lui 
remit la hache d armes de son père et lui révéla 
Texistence du véritable imam. Les détails sur la secte 
des fidèles à la descendance d'Ali, sur leurs l'ap- 
ports avec Timam Ibrahim, fils de Mouhammed, 
fils d*A'li , fils d'A'bdoullah , fils d*Abbas , sont pleins 
d'intérêt et, sans le moindre doute, ne manquent 
pas de vérité. Envoyé plusieurs fois par les chefs de 
sa secte auprès de Timam , Abou Mousiim traverse 
trois ou quatre fois la Perse, la Mésopotamie et la 
Syrie ^ et le roman , en décrivant les incidents de ces 
voyages, rapporte beaucoup de faits curieux et ins- 
tructifs sur l'état où se trouvaient à cette époque les 
populations de ces contrées. L'imam, ayant reconnu 
les qualités éminentes d'Abou Mousiim, l'envoie, 
muni de ses pleins pouvoirs, dans la Transoxiane 
pour enrôler des adhérents à sa cause , et la partie 
du roman qui décrit les incidents de cette mission 
présente même beaucoup d'intérêt géographique, 
car les localités de ces pays peu connus, situés entre 
Karchi, Chehri-Sebz, Samarcande, Khodjend et 
Boukhara, y sont exactement décrites. Les pre- 
mières amours d'Abou Mousiim et la description 
de ses campagnes contre les troupes ommëîades 
dans le Khorassan sont remplies de détails romar 
nesques et fabuleux; mais la relation de sa der- 
nière campagne contre Mervan , la relation de ses 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 97 

rapports avec Âboul Â*bbas SalTah , de même que 
la scène de son assassinat, sont pleines de vérité et 
mériteraient d'être traduites. 

On ne doit pas beaucoup s'étonner de retrouver 
dans le Daghestan les traces d'un livre répandu à 
Boukbara et presque inconnu en Perse; car les rap- 
ports entre la Transoxiane et les montagnards du 
Caucase sont plus fréquents qu'on ne serait tenté 
de le croire d'après la distance qui les sépare. Ainsi 
par exemple le maridisme est venu chez les Lez- 
ghiens de Boukhara, et c'est un murcJiide ou pro- 
fesseur de cette ville qui enseigna à Qazi Moidlah les 
principes de cette doctrine. 

Pour revenir à notre sujet, il me semble incon- 
testable qu'Abou Mouslim n'a jamais été dans le 
Caucase, et que la tradition populaire Ta confondu 
avec Maslamèh , qui aussi , si l'on en croit Taban , 
commencerait sa carrière dans le Khorassan. Mais 
que ce soit lui ou un autre Arabe qui s'établit dans 
le Daghestan , les détails rapportés par l'auteur de 
la notice citée sur l'occupation successive des diffé- 
rentes parties de cette province par sa famille et par 
ses descendants sont instructifs, car ils nous per- 
mettent de suivre sur la carte la marche de la coloni- 
sation arabe dans les montagnes. Il résulte de cette 
tradition : i"" que les premiers conquérants musul- 
mans du Caucase ont su très-bien apprécier la valeur 
stratégique de la vallée du Samour, car ib l'occu- 
pèrent en premier lieu; 2'' que ce n'est pas autant 
par la force des armes que par des immigrations 



98 AOÛT 1862. 

puissantes quils ont su imposer aux rudes monta- 
gnards la religion de leur Prophète , leur langue et 
leur influence politique ; 3"* enfin , qu'il est ainsi très- 
naturel de rencontrer dans cette partie du Caucase les 
plus anciens comme les plus nombreux monum^ats 
musulmans , car pendant plus d*un siècle les Arabes 
n*ont reculé devant aucun sacrifice pour introduire 
dans le Daghestan leur religion et y asseoir ferme- 
ment leur pouvoir. 

m. RÉSULTATS PALÉOGRAPHIQUES FOURNIS PAR LES 

INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 

L*ancienne paléographie arabe a occupé beaur 
coup de savants orientalistes. Les uns , comme Âdler, 
Wahl , Pococke , etc. basaient leurs déductions sur 
les renseignements qu'ils trouvaient dans les histo- 
riens orientaux et dans les plus anciens manus- 
crits arabes. D'autres, comme Fraehn et Casti- 
^ione , se bornaient à considérer les changements 
éprouvés par les caractères de récriture arabe sur 
les nombreux représentants de Tart monétaire fournis 
par les diverses dynasties princières des pays soumis 
aux khalifes abbassides. Enfin d'autres , comme Mar- 
cel , Lanci , etc. tiraient leurs conclusions de l'examen 
des légendes lapidaires des monuments funéraires 
et autres trouvés en Egypte ou conservés dans les 
musées européens. Ce n'est que M. Silvestre de 
Sacy qui basa ses recherches lumineuses sur ^cette 
matière difficile et pleine d'incertitude, en sétayant 
par sa vaste érudition littéraire, sa grande expé- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 99 
rience archéologique et numismatique, et par un 
don d'beureuse perspicacité qui lui était particulier, 
et qui la guidé presque toujours infailliblement 
daus ses recherches nombreuses et variées. Aussi 
les résultats auxquels il est parvenu dans son savant 
mémoire «Sur quelques papyrus écrits en arabe, 
et récemment trouvés en Egypte»» restent-ils jus- 
qu'à présent, pour ainsi dire, comme la dernière 
expression de la science à cet éga^d. Tout récem- 
ment, cette matière a été reprise par un jeune 
orientaliste allemand, le I> Nôldeke, dans un ou- 
vrage consciencieux et érudit, intitulé Geschichte 
des Korans, couronné par l'Académie des inscriptions 
et belles^lettres. Quoiqull ne traite qu en passant la 
question paléographique, il donne des détails cu- 
rieux sur les secours que la paléographie peut tirer 
de lorthographe des manuscrits; mais il avoue» 
page 3o2 : «Nous n'avons jusquà présent, autant 
que je sache, aucun indice positif pour juger de 
lancienneté d'un nranuscrit coufique. » Ce résultat 
négatif est malheureusement assez exact; mais tout 
de même je crois que lauteur aurait rendu ses au- 
tres recherches à ce sujet beaucoup plus claires et 
surtout plus précises, s'il s'était donné la peine 
d'expliquer nettement ce qu'il entend par «cou- 
fique pur {Rein kajisch);}} car, après les recherches 
de Silvestre de Sacy , il me semble qu'on n'a pas 
le droit de dire, comme le fait M. Nôldeke (p. 2o3) : 
(cIl résulte de la comparaison des monnaies et des 
inscriptions coufiques, ainsi que d'autres faits de 



100 A.OÙT 1862. 

l'histoire de récriture arabe, que le caractère cou- 
fique s est conservé pur depuis Tépoque de Mahomet 
jusqu au iv® siècle de Thégire , mais qu'à partir de 
ce temps il commence à se déformer; en sorte 
qu'après l'an Aoo il nest pas facile de le rencontrer 
dans sa forme parfaite ancienne. » Une pareille asser- 
tion est d'autant plus étrange , que les recherches de 
l'illustre orientaliste français mirent hors de doute 
(p. 8, loc. laud.) «que le caractère que Moramèr 
avait introduit chez eux (les Arabes) y éprouva sans 
doute quelques changements successifs, et que ces 
diverses sortes d'écritures reçurent différents noms, 
indiquant les lieux où chacune d'elles avait pris 
naissance, ou dans lesquels elle était d'un usage 
plus ordinaire. » Plus loin il dit : « C est sans doute, 
avais-je ajouté, ce qu'il faut entendre par ces mots: 
mekki, médéni, basri et coaji, c'est-à-dire caractère 
de la Mecque, de Médine, de Basra et de Goufa. » 
Cette observation est d'autant plus exacte, que la 
ville de Goufa étant fondée à peu près cinquante ans 
après la mort du Prophète, il est évident qu'il ne 
peut être sérieusement question d'écriture inventée 
dans cette localité ni pendant sa vie ni à l'époque 
de ses premiers successeurs. Plus loin (p. 83), Sil- 
vestre de Sacy cite l'observation importante de Cas- 
tiglione, que (d'ancien caractère arabe, comme le 
syriaque, duquel il est dérivé, avait une figure ar- 
rondie et moins angulaire que celle qu'il a acquise 
plus tard sous la dynastie des Âbbassides. » Ce rai- 
sonnement, comme l'on sait, a été corroboré par la 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 101 
découverte de deux passe-ports de Tan i33 de Thë- 
gire, qui fournirent à Siivestre de Sacy Toccasion 
de publier son savant mémoire , qu'il termine par 
ces mots importants et remarquables par leur pru- 
dente modestie : « Peut-être faudra-t-il même réfor- 
mer tout à fait nos idées sur la chronologie des 
différentes écritures arabes, et reconnaître que 
le caractère neskhi^ dont on fixait Tinvention au 
m* siècle de l'hégire, existait^ à peu près sous la 
forme actuelle, avant que les Arabes du Hedjaz 
reçussent d'Ânbar ou de Hira celui qui a donné 
naissance au caractère coufique. Ne nous hâtons 
pas cependant d'adopter cette conjecture, et sa- 
chons seulement douter, afin de n'opposer aucun 
préjugé aux nouvelles découvertes que pourront 
nous offrir d'heureux hasards , tels que celui auquel 
nous devons les papyrus qui ont été l'objet de ce 
mémoire. » 

Avant de passer à l'exposition des résultats pa- 
léographiques fournis par les inscriptions arabes du 
Caucase , je fais observer qu'il me semble impossible 
de donner à l'écriture arabe, la plus ancienne après le 
himiaryte,ie nom de neskhi; car Siivestre de Sacy lui- 
même a contribué plus que tous ses devanciers à ap-» 
puy er sur des citations exactes le fait de la découverte 
de ce genre d'écriture dans le m* siècle de l'hégire , par 
Ibn^Mokla ou par son frère Abou A'bdallah Hassan, 
mort en 338. De plus, le nom même de ce carac- 
tère vient du verbe ^ , dont la signification princi- 
pale est : révoquer, annuler, abroger, abolir, effacer. 



102 AOÛT 1862. 

détruire , biffer, etc. et récriture en question n'a été 
nommée neskhi que comme devant abolir le carac- 
tère coufique, généralement accepté à cette époque. 
Ainsi la fameuse découverte dlbn-Mokla se réduit à 
peu de chose, car au fond il parait n'avoir rien in- 
venté du tout; mais il a eu le bon esprit d'arrêter les 
abus calligraphiques auxquels la manière arbitraire 
inhérente au coufique semblait devoir conduire ré- 
criture arabe, et il la ramena à Fancien caractère, 
entièrement oublié, moins joli de forme, mais in- 
finiment plus précis comme système dç signes 
phonétiques. 

En examinant attentivement le^ inscriptions dont 
nous donnons ici les fac-similé, on verra que les 
caractères du n"" i , où je n*ai pu déchifibrer que la 
date : isîU^ (j^tMm^s ou (:3v*A-k«3 ^jtJf *Â4i» i , c'est-à- 
dire aen Fan i-f 5, » ressemblent à ceux des passe- 
ports de Tannée 1 33 , autant que des caractères gra- 
vés sur pierre peuvent ressembler à des caractères 
tracés sur papier. Qu on lise Tannée de Tinscription 
d'une façon ou dune autre, elle doit être rapportée 
au règne du khalife Haroun ar-Raschid, à peu près 
à Tépoque où il se fit représenter à Derbend par 
Djeioun, fils de Nedjm, Rebia el-Baheili, Hazimèh, 
fils d'Omar (voy. Kazembek, Derbend Namèh, 
p. lay et suiv.}. On voit qu'alors le ^ ne dépas- 
sait pas les autres lettres, comme, par exemple, 
dans le mot fdJéé.^ du passe-port A. Le ^ , conune 
dans le mot qui précède celui de aju» de Tinscrip- 
tion , était représenté , sur la pierre comme sur le 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 103 

N' 1. 




papyrus, par un crochet semblable en tout à celui 
dont on se sert encore de nos jours. Le :>, comme 



104 AOUT 1862. 

dans lavant-dernier mot de la seconde ligne de Vins- 
cription , que je lis «x^, a une forme moins angu- 
leuse que celle qu*on lui a donnée depuis. Le ^^ final 
du passe-port dans le mot dUs Jt et dans le mot <& 
de Tinscription sont presque identiques et s'éloi- 
gnent peu de la figure qu on donne à cette lettre 
actuellement. Toutes ces ressemblances sont encore 
plus frappantes quand on compare les caractères de 
l'inscription n'' i avec ceux des deux cachets des 
passe-ports. 

N" 2. 



ms^âm-o^ 












L'inscription n** 2 est du commencement du 
IV* siècle; je l'ai trouvée sur l'emplacement de Belo- 
kan. Je la lis ainsi : 






INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 105 

C'est-à-dire : u Au nom de Dieu clément et mi- 
séricordieux ! Ceci est ce qui a été construit par 
Mouilah Sefer, fils de Boud, à Tintention de la ré- 
compense de Dieu et du refuge dernier; que Dieu 
le gratifie dans les objets de ses désirs! Édifice (élevé) 
par les deux mains de Mouhammed, fils de Dja'far, 
dans Tannée 3o8. » Dans cette inscription , Tune des 
plus anciennes légendes du Caucase , car elle est d une 
époque antérieure à Tinvasion des Russes à Berdaa, 
ville voisine de Belokan , événement rapporté par 
Massoudi approximativement à Tannée 3oo de Thé- 
gire, mais ayant eu lieu, comme Ta prouvé Fraehn , 
en 332, nous trouvons quelques particularités paléo- 
graphiques qu'il est bon de signaler. Elles nous mon- 
trent que déjà dans le iv* siècle les formes anguleuses 
du caractère coufique commençaient à s'introduire 
de plus en plus dans le caractère arabe, les liaisons 
entre les Vi^^s ii>, les (j**, les J, sonttoutêsà angle 
droit; les ^ et les ^ , semblables au *i), commencent 
à dépasser la plupart des autres lettres , mais ils sont 
encore bien loin de la forme qui leur est commune 
avec le même signe alphabétique dans Técriture cou- 
llque du v"* et surtout du vi* siècle de Thégire. Le ^ a 
encore à peu près la forme du 6 grec; mais le :> et 
le i prennent déjà la forme quils ont dans Técriture 



106 AOÛT 1862. 

coufiqiie de cette époque. Une particularité remar- 
quable (le cette inscription est que »j de la fin du inot 
ïjÂ.\ sont liées , comme cela se fait dans fécriture cur- 
sive de nos jours, usage complètement abandonné 
par les scribes de Bagbdad, et qui néanmoins doit 
être très-ancien , car nous le retrouvons sur le papy- 
rus B de Silveslre de Sacy dans le mot ijj^. Mais il 
est évident que toutes ces déductions doivent être 
acceptées cum grano salis; car non-seulement sur les 
monnaies abbasides du iv* siècle nous trouvons le 
coufique anguleux déjà complètement établi, mais 
des inscriptions tumulaires, lune d'Abi Mouham- 
med A'bdoullah, fds de Mehdi, de fan aSg, lautre 
d'A'bdouUah, fils d'Omar, de fan 2 45 de fbégire, 
publiées par fabbé Lanci dans son ouvrage Degli 
Monumenti sepulcrali, etc. prouvent que, même 
dans la première moitié du iif siècle, ce genre de 
coufique a été d'un usage commun dans la partie oc- 
cidentale du khalifat. Une inscription de fan 3oo de 
l'hégire, que M. Victor Langlois a estampée à Tar- 
sous, et qu'il reproduit exactement à la page 33o 
de son Voyage en Cilicie, s'éloigne encore plus du 
caractère arabe arrondi. Cette inscription tumu- 
laire, intéressante au point de vue paléographique, 
a déjà été publiée par M. l'abbé Barges dans la 
Revue archéologique; mais néanmoins je crois de- 
voir la transcrire ici de nouveau, car je la lis un peu 
différemment , de la manière suivante : 

J:>UaJL J:>W ouCT Ii>l l^Jst f(S^J\ ^j^J\ 4^1 ^ç^ 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 107 
\UL#I dOL^ ii\ J..JJLÂ^\ jJkAi\ l«Xi6 ^U Jj^^jAi^U 

C'est-à-dire : « Au nom de Dieu dément et misé- 
ricordieux! Dieu! quand tu convoqueras tes ser- 
viteurs pour ton dénombrement, réveille ton ser- 
viteur (en lui) pardonnant (ses péchés) par ta 
clémence, (quil soit) préservé de ta colère, et 

piace-le dans ton paradis Mouhammed, que 

Dieu lui soit propice et clément! Sois miséricordieux 
envers celui qui sera miséricordieux envers lui. n 
On voit encore quelques traces de lettres au haut 
du cadre qui fait le tour de Tinscription ; je nai pu 
distinguer que «uXS «trois, » du côté gauche, et 
ibU « cent , » du côté droit. L'absence du nom du dé- 
funt ne doit pas étonner; cette omission a souvent 
lieu sur les monuments funéraires des musulmans, 
et provient soit de l'humilité du défunt qui déclare 
en mourant ne vouloir conserver que son seul titre 
de serviteur de Dieu, soit de ce que l'inscription 
n'est pas complète. Très-souvent le monument qui 
marque l'endroit de la sépulture d'un musulman est 
composé de trois pièces : d'une dalle placée à la tête 
du mort, d'une autre qui indique la direction dans 
laquelle il est enterré, et enfin d'une troisiènrie pla- 
cée à ses pieds. Si le sarcophage est fait d une pierre , 
alors des légendes tracées sur les faces des monu- 
ments, correspondant à la position de la tête, du 

8. 



108 AOUT 1862. 

corps et des pieds du défunt, remplacent les dalles. 
Dans ces deux cas , le nom n'est généralement men- 
tionné que sur lune des dalles ou dans rinscription 
d'une des faces, et il se pourrait très-bien que la 
tablette de marbre conservée au consulat anglais, à 
Tarsous, ne fût qu'une partie d'un monument funé- 
raire jadis complet. 

Plus nous nous éloignons à Test du centre de la 
civilisation arabe, plus nous sommes sûrs de ren- 
contrer des légendes comparativement modernes 
tracées en caractères arrondis et présentant beau- 
coup d'analogie avec ceux de notre inscription de 
l'an 3 08. Ainsi dans la planche annexée au mémoire 
de Fraehn « Sur trois monnaies du x* siècle frappées 
chez les Bulgares du Volga [Drei Mûnzen, etc.), » 
publié dans les Mémoires de l'Académie de Saint- 
Pétersbourg, nous retrouvons, sur une monnaie 
frappée en 366 sur les rivés du Volga, presque abso- 
lument la même forme de lettres que sur la pierre 
de Belokan. Les monnaies des Samanides donnent 
lieu aux mêmes observations. 

Ainsi, dans l'application des principes paléogra- 
phiques déduits de la forme des lettres à la déter- 
mination de l'âge d'une inscription ou d'un manus- 
crit, il faut nécessairement avoir en vue 1 endroit 
où ce manuscrit, où cette inscription ont été tracés, 
car il est hors de doute que les modes et les cou- 
tumes de Baghdad se répandaient plus facilement à 
l'occident qu'à l'orient de cette ville. La raison en 
est toute simple : les pays qui séparent la Mésopo- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 109 
lamie de la Mecque étaient visités forcément chaque 
année par les habitants de Baghdad, obligés d'ac- 
complir le pèlerinage des deux temples, tandis 
qu'ils ne venaient que rarement et dune manière 
accidentelle dans les dépendances éloignées du kha- 
lifat, situées à des distances considérables au nord 
et à Test de la capitale de l'empire musulman. 

Les monuments du Caucase qui nous ont con- 
servé des légendes du v** siècle de l'hégire nous prou- 
vent que pendant tout ce siècle il y avait une lutte 
entre l'ancienne écriture ronde et le coufique angu- 
leux. J'en donne ici quatre spécimens : les n*" 3 , 4, et 
Ix bis, de Derbend, et le n"* 5 , de Bakou. 



N*» 3. 




110 AOUT 1862. 

Je déchiffre dans la première inscription ce qui 
suit : 

Au bas on lit le symbole de l'islamisme ; puis on 
voit quelques mots indéchiffrables, parmi lesquels 
je naî pu discerner que ^y>i) «>^JV, et à la fin le 
mot 1^^; enfin, à langle du côté droit, on lit iUJû 

aMI. Le tout pourrait êti'e traduit par : «Au nom de 
Dieu clément et miséricordieux, ceci est Tœuvre 
de Lulf Oullah , fds de Bou Hassan , et d'Ahmed , 
fils d'Abou A'iî, fils de lounous, et de lemen, fils 
de Be'ad (Noman), au mois de redjeb, dans fan- 
née 465.» 

Les inscriptions à et 4 his sont tracées sur les 
deux bouts d'une longue pierre sépulcrale de forme 
cylindrique qu'on voit à cent cinquante pas de la 
quatrième porte du mur méridional de Derbend, 
et qu'on désigne encore aujourd'hui, comme du 
temps d'Olearius, par le nom de tombeau du Padi- 
chah Djoum-Djoum. Je la lis ainsi : 

C'est-à-dire : «Oh Dieu! quand tu assembleras 



15^ INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 1 1 1 

N" 4. . 




N*» 4 his. 




les premiers et les derniers, pardonne à ton servi- 
teur indigent le possesseur de ce tombeau. Que la 
miséricorde de Dieu soit sur lui! Lan 469. » 



112 



AOUT 1865 
xV 5. 




L'inscription n** 5 est tracée sur une pierre faée 
dans îa base de l'ancienne mosquée de Bakou. 
Je Ja lis ainsi : 

G'esl-à-dire : «Au nom de Dieu clément et misé- 
ricordieux , celte construction est une mosquée éri- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. IJ3 
gée par ordre du maître maçon Rechid, fils de 
Mouhammed, fils d'Abibekr, dans Tannée Ayi.» 

Au commencement du vi* siècle , les monuments 
du Caucase ne présentaient plus nulle part de 
traces de l'ancienne écriture arabe arrondie. Les 
formes anguleuses du coufique régnent exclusive- 
ment, Les^, les ^ et les d)sont d'égale longueur, 
dépassent toutes les autres lettres, et ne se dis- 
tinguent que par de légères différences dans la 
brisure des traits qui servent à les former. Les |# 
du commencement ou du milieu des mots sont 
ou triangulaires ou pentagones, et ce nest qii*à la 
fin des mots qu'ils ont une forme un peu arron- 
die. Le » du commencement et du milieu des mots 
est représenté par deux triangles qui se touchent 
par leurs bases, et à la fin des mots par un seul 
triangle. Les :> et les i ne sont presque pas à dis- 
tinguer les uns des autres, sauf que quelquefois 
le ^ est muni dans sa partie supérieure d'un petit 
crochet. Le ^ et le <3 sont identiques, de même 
que Icj et le j, etc. C'est aussi dans ce siècle que 
les enchevêtrures et les ornements arbitraires 
n'ayant aucun sens grammatical commencent à 
s'introduire dans les légendes lapidaires du Cau- 
case. Un beau monument architectural de l'année 
582, la tour des Atabeks, à Nakhitchevan , ayant 
la forme d'un prisme dodécagone, nous a conservé 
une preuve à peu près unique que le persan même 
était écrit à celte époque en caractères coufiques. 
Notamment sur le pourtour de la corniche du 



114 AOÛT 1862. 

prisme , dont les faces 4,5,6,7018 sont tombées ♦ 
i\i. Fraehn encore a déchiffré, d après la copie de 
cette inscription , rappoltée par M. Dubois de Mont- 
péreux , la phrase arabe suivante : 

àju^Aj (^jJl fjfi.^ j^] jy^AxX] «x^^t J^UJI yêSUJl 

iwjtaft (jjjJt^ La^jJI J^^ ^ (j^^^l^ |»^Uii^t 

JUs ^1 l^-^ U^^ iU^^ Cijv^^t^ P^Um^I 

qui était suivie d'une assez longue inscription , que 
ni Fraehn ni personne ne parvenaient à déchiffrer, 
parce que Ton s efforçait de la lire en arabe, comme 
il était assez naturel de la supposer écrite. Enfin, 
après un long examen du monument en question, 
je me décidai à la lire en persan, et j'ai constaté 
que par ce moyen on triomphait de toutes les diffi- 
cultés de cette lecture, car elle contient des vers 
usités assez souvent sur les monuments de la Perse, 
n*^ 6 et 6 bis : 

Ainsi le tout peut être traduit par : «Au nom de 
Dieu clément et miséricordieux, ordonna la cons- 
truction de cette chapelle de martyrs le roi sage, le 
juste, Taidé par Dieu, le victorieux, le grand, le 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 

N'' C. 



115 









N** 6 bis. 




)iA^Mâ 







soleil de la religion, Taide de Tlslam et des musul- 
mans, Dj{ihan Pehlevan, sobriquet connu de l'Ata- 
bek Abou Djafar Mouhajnmed, fils dlldiguiz, cons- 
tructeur de cette tour) la gloire du monde 

et de la religion conservatrice de Tlsiam et des mu- 
sulmans, Mouminèh Khatoun; que Dieu tout puis- 
sant lui soit clément! Nous passerons, mais le temps 
durera. Nous mourrons, et que ceci reste comme 
un souvenir jusqu'au jour de la rupture du cercle 
de lactivité humaine. » Dans toute la Perse et dans 
toutes les parties de l'Asie Mineure que j ai visitées, 
je nai vu qu'un seul monument qui présente ia 
même particularité : c'est le caravansérail dit de 
Halakou, situé à moitié chemin entre Djoulfa, sur 
l'Araxe, et Marand. Au-dessus de la porte d'entrée, 
très-ruinée déjà en iSSy, on voyait une inscrip- 
tion coufique qui reproduit évidemment une pièce 



116 AOÛT 1862. 

de vers en persan, car la rime :>\tysJ^ y revient 

plusieurs fois. 

Il est assez singulier que le véritable caractère 
neskhi reparaît aussi vers la fin de ce siècle , mais 
exclusivement sur les monuments du littoral occi- 
dental de la mer Caspienne, tandis que dans les 
autres parties de l'isthme^ telles que le Daghestan 
et TArran, le coufique se conserve pendant tout le 
vu* siècle et pendant presque toute la durée du 
vui* siècle de l'iiégire. 

Sur Je mur méridional de Derbend, près de la 
porte orientale de ce mur, se trouve fixée une pierre 
qui porte Finscription ci-contre (n® 7), évidemment 
incomplète et ne présentant que la fin d^une lé- 
gende. Je la lis ainsi : 

f^Jf^ f^ i:)^ ^^ i^ v.Â^>! (^ ^># t^' *>^ 
Et plus loin : 

Cest4-dire : « Mahmoud , le scribe Ghilanais , au 
mois de mouharrem de Tan 58o. » Ceci a d'autant 
plus le droit de nous étonner, qu'une inscription 
de la même année, que j'ai recueillie à Ourmiah, 
en Perse, sur un monument, dit Ségoumbez, 
presque entièrement détruit bientôt après par un 
tremblement de terre en i856, nous présente un 
spécimen en caractère anguleux dans toute sa pu- 
reté. Je la reproduis sous le n** 7, et la lis ainsi : 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 117 

N" 7. 




^1 



iMJiJ» »^ *Uw^l jfl>»^l ty^pî M\ ^j 



118 AOÛT 1802. 

La iégende du milieu est : 
et au-dessous , on lit : 

Cesl-à-dire : «Au nom de Dieu clément et misé- 
ricordieux, ordonna la construction de cette cou- 
pole rémir, le spahsalar, lelevé, le grand, l'aidé 
par Dieu , le victorieux , l'ordonnateur du monde et 
de la religion, la gloire de Tlslam et des musul- 
mans, l'aide des opprimés, le descendant des rois 

et des sultans dans le mois de mouharrena 

de l'an 5 80.» Les inscriptions du milieu veulent 
dire, celle d'en haut : uPar la clémence de Dieu, 
Mansour, fils de Moussa, ordonna la construction, » 
et celle d'en bas : « Œuvre du serviteur impuissant, 
Mansour, fils de Moussa. » Malgré la multiplicité 
d'épithètes pompeuses prodiguées dans cette ins- 
cription au constructeur, il est évident qu'il devait 
être quelque employé subalterne de l'Atabek Abou- 
DjafarMouhammed, qui gratifiait souvent les person- 
nages de sa cour du titre d'émir, comme nous le 
voyons dans celui de Noureddine, son moutawalU, 
chargé de la construction de la tour de Nakhitche- 
van. Quant au texte de l'inscription , il prouve que 
cette légende n'a pas été composée par un profond 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 119 
arabisant, tant par Tenaploi du mot cjli.U;, qui est 
persan (si toutefois il s'y trouve), que par la forme 

Ml 

étrange du commencement ou aM 1^, qui n*est évi- 
demment amené que pour rimer avec les mots amara 
bina, de même quavec le nom Mansour bini Moussa. 

' N' 8. 




120 AOUT 1862. 

Le n° 8 reproduit rinscription d'un monument 
de Nakhitchevan , connu sous le nom de Goumbezi 
Ata-baba ; il se distingue par Tintroduction de quel- 
ques enchevêtrures, dont on va faire dans le siècle 
suivant un abus si considérable. Une autre particu- 
larité de cette légende consiste en ce que les élifs 
sont remplacés quelquefois par des traits horizontaux 
gravés au-dessus des mots dans lesquels cette lettre 
est omise. Je la lis ainsi : 

Jl^ g;Uo ..,..j^^^ vjU|^ gUU poou p:>u»^t 

C'est-à-dire : « Ceci est le lieu du martyre du Khodja ^, 
du grand réis, du pur en religion, de l'ornement 
de l'islamisme, du directeur des moines, Youssouf, 
liis de Kebir. .... Dans le mois de chawal de 
ian 557. » 

L'introduction du caractère neskhi sur un monu- 
ment de Derbend de la fin du vi* siècle n'est pas un 
fait fortuit et isolé, car depuis lors ce caractère 
remplace le coufique dans toutes les inscriptions 
des monuments de Bakou, et Tune des plus eu- 

' Le mot fjffMk^ manque dans festampe; mais j ai la certitude 
qu'il existe, car je Tai vu moi-même à plusieurs reprises. 

^ Dans beaucoup d endroits de TAsie centrale, on désigne par le 
titre de khodja les descendants des quatre premiers khalifes nés des 
femmes prises en dehors de la famille du Prophète* 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 121 
rieuses de ce genre est, sans contredit, la légende 
de la tour de Merdékan, n° 9. 



G* 

o 
2: 




122 AOÛT 1862. 

Celte inscription est assez fruste; néanmoins voici 
ce que j'ai pu y lire : 

js^^t UM jj jjLi) duat pCiiiôaiJi \xj\ùub 

Cijv-U-N^ï^ (:r^3Jl^ Ui4XJtjii .....jjyâ4t jÂlâJLl 

S*^*^^ (^^^^-^^^^y if ^j" ^'^ (2^ ^1 u< » a»»mIi»w%j 

aI^SJI .....jJ^t Js^;^l ^\ J^lj^Uw^^JLiM tflxMi 

C'est-à-dire : « Ceci est ia fondation du château élevé 

dans le temps du grand roi aidé, victorieux, 

conquérant gloire du *monde et de la reli- 
gion et des musulmans Guerchasib , 

fils de (Ferroukhz) ad , fils de Manoutchehr et Nassir 

Lidin, possesseur des troupes Spehsalar (?),< 

le grand, le savant \ l'aidé, le solide pour 

rÉtat et la religion Ishaq , fils de que 

Dieu éternise à jamais son assistance. Dans le mois 
murdad de l'an 600. » 

La multiplicité des noms propres contenus dans 
cette inscription présente une difficidté historique 

^ J'avoue qu'il est assez (^.trange de voir classés ensemble Tépi- 
ihète le, qu'on ne donne qu'aux ecclésiastiques, et le titre de speh- 
salar; aussi je ne suis guère sûr d'avoir bien lu ce dernier mot, 
et je l'ai adopté uniquement à cause de ce que nous trouvons dans 
son orthographe le plus grand nombre de lettres que Ton déchiffre 
avec certitude dans cet endroit de l'inscription. 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 123 
d*autant plus sérieuse que le passé de la dynastie 
des Ghirvancbahs, à Taide duquel on pourrait es- 
pérer la vaincre, malgré les savants travaux de 
M. Dorn , est encore fort obscur. Par un témoignage 
de Haqani que j*ai publié dans le Bulletin de TAca- 
démie des sciences de Saint-Pétersbourg, on sait 
quÂkbistan ou Âkbtisan, fils de Manoutchebr, né 
en 5oo de Thégire, et mort après 583, ne laissa pas 
d'héritier mâle. Donc le nom qui précède les mots 
«fils de Manoutchebr» ne pouvait être ni le sien ni 
celui de son fils , mais bien plutôt celui de quelque 
fi'ère puîné dont le nom na pas été conservé dans 
les annales écrites. Heureusement la numismatique 
de la dynastie des Ghirvancbahs vient, dans ce cas, 
à notre aide , et permet , à ce qu il me semble , de 
rétablir ce nom avec beaucoup de probabilité. 
Nous avons vu que le mot j^a^yu (^ est précédé , 
dans rinscription, de deux lettres, que je lis ^t, mais 
qui, à la rigueur, pourraient être lues ^, comme ter- 
minaison des noms Féribourz ou Féromerz , assez 
usités dans cette famille; mais au-dessus nous lisons 
vç^A^Lû^ et immédiatement après le nom de Ma- 
noutchefar, (j^«xJ^^b^, ce qui, étant admis, nous 
oblige de combler la lacune qui précède le nom de 

Manoutchebr par les mots ^l>^j^ (^ ; car, parmi 
les monnaies du musée asiatique de Saint-Péters- 
bourg, décrites dans le t. I**, p. àoà, des œuvres 
posthumes de Fraehn , nous trouvons une monnaie 
en cuivre qui porte d'un côté la légende : ^JmII JlUI 



124 AOÛT 1862. 

j-^^y^ (iX^ ^brr* C:^^ <-^^^Um^-^>, et de Fautre : 
(j^v^^l jjL«l aMI ^*xJ j-ioUIt. Quoique cette pièce ne 
soit pas datée, nous savons que le khalife qui y est 
mentionné régna depuis SyS jusqu'à 622 de Thé- 
gire, en sorte qu'il était contemporain d'Akhistan, 
de Ferrouchzad et de Guercbasib, et par conséquent 
la présence de ces noms sur une pieiTe gravée en 
600 de rhégire n a rien d'improbable. Quant à fa 
restitution et à l'interprétation des autres noms ef- 
facés ou à demi conservés sur la tour de Merdékan , 
il est évident quil serait téméraire de vouloir le 
faire, et nous terminerons nos observations sur 
cette inscription en signalant ce fait curieux, que 
sous la dynastie des Chirvanchahs, aussi tard qu'en 
600 de rhégire, les noms des mois qui étaient en 
usage dans la Perse antéislamitique étaient encore 
employés, comme le prouve le mois murdad, très- 
distinctement gravé sur la pierre. 

Pendant que l'écriture coufique était complè- 
tement abandonnée sur la côte occidentale de la 
mer Caspienne, plus accessible que les autres par- 
ties du Caucase aux voyageurs et aux commerçants 
des parties centrales du khalifat, dans les montagnes 
du Daghestan on est resté fidèle aux formes angu- 
leuses de l'écriture inventée à Coufa, comme on 
pourra s'en convaincre en examinant rinscription 
de Tan 638 reproduite sous le n° 10. Jai déjà pu- 
blié cette inscription dans le Bullelin de l'Académie 
des sciences de Saint-Pétersbourg; mais comme je 
n'avais alors à ma disposition qu'une copie faîte par 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 125 



N'' 10. 




moi-même à h main et très à la hâte en 1868, il 
sest glissé quelques erreurs dans mon interpréta- 



126 AOUT 1862. 

tion, que je vais corriger ici sur une réduction 
exacte de cette légende faite au ipoyen du panto- 
graphe dun estampage que je dois à l'obligeance du 
général de Bartholomaei. Je la lis ainsi : 

j\i\àjS^ As^- «Xi 4Mt M\ aMI f^j^\ {^^^^ ^^ f^*^ 

*** 

fi 

JtH^ (j^ *4^' c^^^;^-*»' i uW^ {^ S^^ iUAXJl ««K^ 

C'est-à-dire : « Au nom de Dieu clément et miséri- 
cordieux ! Dieu ! Dieu ! Dieu ! en vérité , les troupes 
maudites des Tatares, que Dieu les confonde I ar- 
rivèrent à Babilquist, Ridja, dix jours avant la fin 
du mois rebbi-el-awel. Les habitants de Ridja leur 
firent la guerre jusqu'à la moitié du mois rebbi-el- 
akhir de Tannée 63 7. Après cela, Sabadj, fils de 
Souleiman, ordonna la construction de cette forte- 
resse au mois zilbidjèh, lun des mois de Tan 638. >» 
Dans ma première interprétation de cette ins- 
cription, je nai point fait attention aux points dia- 
critiques qui se trouvent placés sous le mot v^ » ^* 
je fai lu 4^ «piller, » et j'ai traduit le mot k«Mûî 
par « district ; » mais ayant terminé depuis un travail 
sur les articles du dictionnaire de \akout concernant 
le Caucase, jai été frappé de la phrase suivante : 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 127 

iui^L vlf^ ^^t v^3 uLr^^l vl^^ u^' vlf^ «Jy^t 

C est-à-dire t «Aboubekr Ahmed, fils de Mouham- 
med Hamdani dit : Bab el-Âbvab sont les embou* 
cbui*es des défilés du mont Qabaq (Caucase); il y a 
là beaucoup de forteresses , telles que Babissoul , Ba- 
biallan, Babickabran, Babilaziqqèh , Babibariqeh, 
Babisamesben, BabisaIiibiserir,Babifilancbab, Babi- 
tarouthan, Babitabarseranchah etBabiiranchah. nOr 
il se trouve que la route qui conduit du Quomoukh 
au pays des Quistcs, peuplade à demi chrétienne, 
occupant jusqu'à nos jours une partie des vallées de 
la chaîne du Caucase, débouche précisément près 
du village fortifié Ridja, et qu'ainsi le nom de Bab- 
il-Quist lui appartient de droit. Du reste, nous 
avons vu que l'auteur inconnu du mémoire histo- 
rique dont nous avons cité un passage donne ce nom 
nu village de Ridja. 

Cette inscription a une valeur historique incon- 
testable, car elle comble une lacune fâcheuse des 
annales russes du xni* siècle. Elles parlent d une dis- 
parition subite des troupes tatares commandées par 
Batou Khan, après sa première tentative infinictueuse 
de prendre Kiew ; mais elles n'expliquent pas où il est 



128 AOUT 1862. 

resté jusqu'à sa seconde apparition sous les murs de 
cette ville , tandis qu à présent nous retrouvons , grâce 
à cette inscription, ses traces dans le Daghestan. 
Cette légende aurait aussi un grand intérêt paléo- 
graphique par la présence des points diacritiques , si 
Ton pouvait être sûr que ces points n ont pas été 
ajoutés après coup, par quelque érudit de village, 
pour faciliter la lecture de Tinscription. 

Dans le vin'' siècle de Thégire, le coufique est 
encore généralement employé dans les inscriptions 
des monuments du Caucase; mais évidemment il 
est considéré déjà plutôt comme ornement que 
comme caractère alphabétique. Aussi les enchevê- 
trures et les modifications arbitraires des lettres 
n ont plus de bornes. Chaque graveur n'est guidé 
que par les inspirations de sa fantaisie , et à partir 
de ce siècle Tétude des inscriptions où ce genre 
d'écriture est employé ne présente plus aucun in- 
térêt pour la paléographie. Pour justifier ce que je 
dis, je me borne à donner ici un seul spécimen 
d'inscription de cette époque , n° i i , que je lis ainsi : 

^ LJy .Jintr i> yù\ «Xift^l ^^uàJl «X^àmJLI «K^ AjkJ^ jjA 

C'est-à-dire : « Ordonna la construction de cette cha- 
pelle de martyr le cheikh, l'anachorète. .... Abou 
Yaqoub , fils de Saad Que Dieu lui soit clé- 
ment! dans l'année 670.)) 

Ainsi il résulte de tout ce qui vient d'être dit : 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 129 




i" Que les trois caractères de récriture arabe, le 
caractère rond , le coufique anguleux et le coufique 



130 AOÛT 18Ô2. 

enchevêtré, improprement nommé karmatiqae, ont 
laissé des traces sur les monuments musulmans du 
Caucase; 

2** Que le premier de ces caractères, tout en 
constituant un mode d'écriture parfaitement distinct 
du coufique, et plus ancien que lui, ne peut être 
nommé neskhi, car ]e neskhi nestqu*un retour vers 
i ancien système d'écriture, avec quelques modifi- 
cations de ce dernier qui lui sont propres ; 

3** Que dans le Caucase l'introduction de ces 
différents modes d'écritures a suivi une marche 
beaucoup plus lente que dans les autres parties du 
khalifat, et que surtout le passage de l'écriture ar- 
rondie au coufique s'est fait avec difficulté, et que 
ce dernier genre d'écriture, purgé d'enchevêtrures, 
ne s est maintenu que tout au plus pendant un siècle , 
de la fin du v° à la fin du vi® siècle de l'hégire ; 

/j° Enfin que l'écriture enchevêtrée , acceptée fran- 
chement comme élément d'ornementation , s'est con- 
servée très-longtemps. 

IV. INSCRIPTIONS HISTORIQUES 00 REMARQUABLES 

PAR LEUR FORME LITTÉRAIRE. 

A un kilomètre au nord de Derbend, sur la route 
qui conduit à Temirkhan Choura, on a trouvé une 
pierre longue de i mètre 6 décimètres, et large 
de 9 décimètres; elle est gravée avec beaucoup de 
soin , et porte l'inscription suivante en beaux carac- 
tères coufiques, et dont le sens permet de croire 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 131 

qu elle a été composée du vivant de celui qui la des- 
tinait pour sa tombe. 



N» 12. 




132 AOÛT 1862. 

Je la lis ainsi : 

J^lj JUu W<>^i 

C est-à-dire : « Chose étonnante que celui dont ceci 
est la demeure puisse jouir de la vie dans les jardins. 
toi qui es tranquille , songe qu'en mourant c'est 
le cercueil!. . . Les hommes et les choses ne sont que 
des dépôts, et il est inévitable le jour où ce dépôt doit 
être restitué. Fais dans ce monde les préparatifs 
pour la route, car, en vérité, tu devras voyager. . . » 
Je n'ai pas besoin de remarquer que sur cette pierre , 
comme sur celle de Tarsous, le nom du défunt est 
omis par humilité. A l'est de Derbend, se trouve 
un petit village connu par un riche mausolée érigé 
en l'honneur d'un émir Isfendiar, dont je n'ai pu 
retrouver la trace dans les annales du Caucase, mais 
dont le tombeau mérite d'être décrit. Il porte trois 
légendes tracées en caractères ihoalih, La première 
est une inscription arabe : 

j.-HS-«^t jLx^' aMI îL^j JI Jcw>t^{ Osji^lJt JuuuJt 

ii^UAJl^ «^U^JI CA^UâJl p;^»^! ^y\ jUû^l j^l 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 133 

«M W 

ioWUr^ (^^vJûAM^ AJÛM ajLm ^jl>' ti 

Cest-à-dire : «Ceci est le tombeau du martyr odo- 
riférant et le mausolée du défunt pardonné, du 
bienheureux martyr, de celui qui a été gratifié de la 
miséricorde de Dieu tout-puissant, du grand émir, 
de rélevé, du savant, du bienfaisant, possesseur de 
la largesse et du courage, guide des émirs élevés, 
émir Isfendiar, fils de feu Hamzèh Agha. Dans Tan- 
née 866. » 

Puis vient une élégie persane, que je lis ainsi : 

(jfL.d[^w«t (jy-^ (S'j-^ cK-i?-! ^-aJ c^ lï 
(jfwiiÇ^ {jy^ f^j ^ i^i^^K^j «NV^ (jy^ Ocâi ^ 



134 AOÛT 1862. 

Cest-à-dire : aÔ ciel! n'as-tu pas honte au moment 
où Ton verse le sang ! Jusques à quand souffriras-tu 
que le glaive delà mort soit maculé de sang? Tu n'as 
qu'à devenir aveugle , car dorénavant tu ne verras 
plus un guerrier de trente lustres. Quand l'ennemi 
apercevait soudain son éperon dans le combat, l'eau 
de sa bouche devenait du poison, et le sang séchait 
dans son corps. Hélas! ce Mouhammed Hamzèh et 
cet Isfendiar, et le cheikh Âbou Ishaq, avec vingt 
serviteurs, où sont-ils? Celui dont le sabre était pour 
l'ennemi semblable à Zonlfiqar, celui qui au jour du 
combat possédait la force de Heidar, et ressemblait 
dans la bataille à Guive, à Roustem et à Goudarz, 
souverain déçu dans son espoir, Isfendiar, pourfen- 
deur de rangs, est tombé sous le glaive des ennemis, 
ayant mis son âme en jeu. Le deuxième jour de la 
semaine, 16 du mois de zilqaadeh, dans la 866* an- 
née de l'ère du Prophète, Isfendiar devint martyr 
avec vingt compagnons. » 

Le verset du trône fait le tour du sarcophage, et 
aux deux faces qui correspondent à la tête et aux 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 135 
pieds du défunt, on a gravé les deux hadith sui- 
vantes : 

W «M M W 

^Uj^ U^;UJ iuL«w f»lA^ tf^l^b^ vl^ ^ (}F^^ W' /^ 



C'est-à-dire : a Le prophète de Dieu , que la miséri- 
corde divine soit sur lui! a dit : Celui qui meurt 
jeune et au commencement de sa vie, sans avoir 
(jamais) identifié quoi que ce soit à son Créateur, 
peut espérer d'occuper une place élevée dans le pa- 
radis de grâces. Si son décès arrive au commence- 
ment de sa jeunesse, cela couvrira ses péchés, et ils 
lui seront pardonnes, de même qu'à tout homme 
qui visitera son tombeau en priant pour lui. Il sera 
accordé (à ce dernier) une grâce égale à celle qu'on 
mérite par la prière et le jeûne de tous les jours 



130 AOUT 1862. 

d'une année entière, de niême que celle qui récom- 
penserait celui qui reste éveillé (pour prier) toutes 
les nuits d une année. Le prophète de Dieu , que la 
miséricorde divine soit sur lui! a dit : Tout homme 
qui aura obtenu dans la voie de Dieu (c est-à-dire dans 
la guerre sainte) une part du butin se crée par ce fait 
un degré dans le paradis. De même à tout homme 
qui décochera une flèche dans la voie de Dieu, cet 
acte sera compté à Tégal de la libération dun serf. 
Celui dont la barbe blanchira dans la voie de Dieu 
verra (cette blancheur) se changer en lumière le 
jour du jugement dernier. Il dit : Tout homme mort 
à l'étranger meurt martyr; or, tout vrai croyant ici- 
bas est étranger. » 

Les variantes des tournures littéraires employées 
pendant les premiers siècles de Tislamisme au Cau- 
case dans les légendes funéraires ne sont pas nom- 
breuses, et, pour en donner une idée, je citerai 
encore quelques inscriptions qui n*ont rien d'histo- 
rique. 

A Loutchek, lé* général Bartbolomaei a estampé 
rinscription suivante, tracée sur une pierre fixée 
dans le mur extérieur d'une maison particulière : 

C'est-à-dire : « Vous construisez ce que vous n'habi- 
terez pas. Vous thésaurisez ce que vous ne con- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 137 
sommerez pas. Vous désirez des choses que vous 
n'obtiendrez jamais. Ainsi l*habit que Ton use ne 
s embellit pas par ce fait. Ceci est écrit par Aly, fils 
de Ghibiit.» 

Sur les murs de la mosquée de Routoul , le même 
savant a recueilli Tinscription coufique suivante : 

UijJl UiJsJ! e)jy-*^-*J' Unît j^I J^I^JI 4M yiiSU 

^^^^-l^^L (^y^^\ (5^t J^li'^A^:Jl *X-?S^I !J^ 

Ajul^ ^jyl^ €>U^I IJS^ ""^ <S^ ^y^ (J^ M\jJAJ *X^ 

«H )) *" ^ 

Lcy^ M\ »^j ^ |<vLw 

Cest-à dire : « La souveraineté est à Dieu , Tunique 
et le conquérant. O vous qui construisez pour ce 
monde, (sachez) que ce monde est périssable, mais 
que la vie future est éternelle 1 Les hommes de ce 
monde se basent sur des mensonges ; mais ceux qui 
atteignent le but reçoivent des houris en cadeau. Il 
est connu que ce monde est semblable à une cons- 
truction élevée sur la neige; et quand la neige a 
fondu , le bastion tombe en ruine : de même pas- 
sera ce monde. Le constructeur de cette mosquée 
élevée est Kiamil fils d'Akhou , fils de Yamir- 



138 AOUT 186S. 

lamou , fils de Mouhammed. Que Dieu vienne en 

aide à celui qui construisit cette mosquée et 

à celui qui Ta agrandie! Que Dieu leur pardonne 
leurs péchés et qu'il leur rende la santé! Cette pierre 

est gravée par Mohammed Seiim et Que Dieu 

soit miséricordieux envers eux deux 1 » 

Dans le même village , M. Bartholomaei a es- 
tampé rinscription tumulaire suivante en caractères 
coufiques : 

i V ^ î'= »!-' J ^. ^ y J ^At 

...«Xxm» UJI ^UUwi^ f(SJ^\^^ UjJkikltï^ C3/>-VI 4^1^ 

A»t c;>iy^ OC^ ^t ijJt 

C'est-à-dire : « La vie se raccourcît , le temps se renou- 
velle. Le serviteur pèche, et ses péchés s accumulent. 
Je te vois nageant dans la mer des erreurs. Dieu a 
l'œil ouvert, et le gardien (éternel) est témoin. 
L'écrivain <le ces caractères est le khatib Ibrahim, 
et le maître maçon Seîd Que Dieu soit dé- 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 139 
ment envers celui qui priera pour obtenir son par- 
don! Un seul ordonna, le li du mois béni, la 
construction de ceci , et la commune par sa permis- 
sion Que Dieu préserve des malheurs! Ceci fut 

terminé Tan 626 de Thégire du prophète Mouham- 
med. Que Dieu lui soit clément! » 

Ce n'est pas seulement sur les édifices publics et 
les pierres tumulaires que Ton rencontre dans le 
Daghestan des inscriptions coufiques. M. Bartholo- 
maei a découvert sur une maison particulière du 
village de Routoul Finscriptibn suivante : 

Cest-à-dire : (iCeci est la maison de Foughan, fils 
de Sabi. Elle fut construite par le maçon Djatou, 
fils de Mesat, au mois ziihidjèh de Tannée 5y 2. )> Je 
ne puis m*empêcher de faire observer, à loccasion 
de cette inscription , que malgré l'état de guerre qui 
a toujours désolé le Daghestan caucasien, on y 
trouve des maisons de simples bourgeois qui pen- 
dant sept cents ans se transmettent tranquillement 
de père en fils , exemple d'ancienneté de possession 
dont il serait difficile de trouver un second, o^ême 
dans les familles souveraines de l'Europe. 

Comme dernier exemple de la forme littéraire 
des inscriptions du Caucase, je citerai celle qui a été 
recueillie par un habile arpenteur, M. Tverdokhlé- 
bof, sur les ruines du fortin Tchiraghkalèh, dans le 



140 AOÛT 1862. 

district de Kouba. Elle est tracée en caractères cou- 
fiques : 

(j^4>JI j;^! çji. <^ ^ 

Cest-à-dire : « Au nom de Dieu clément et mbéri- 
cordieux! Enlevé par le bras de Seif-eddin (glaive 
de la religion). Quand on le dégaine pendant le 
combat, la religion est afifermie. » Cette inscription 
ne porte aucune date; mais, d'après la forme des ca- 
ractères , on peut la placer dans le vi* siècle de Thé- 
gire , et dans ce cas il devient très-probable que le 
Seif-eddin dont il est question dans ces vers est le 
chef de Derbend, contemporain de Haqani, auquel 
ce poëte a adressé une qassideh où il lui donne le 
titre de 4XJb;:> Jl^ é^\ JXt. 

En sus des inscriptions historiques recueillies 
dans le Daghestan, et mentionnées dans le chapitre 
précédent, nous n avons à citer que deux autres lé- 
gendes estampées, lune à Dzakhour, et Tautre à 
Akhty. La première est ; 

iuJiJt 5<X^ ^LU i^jj^ aJuçLê^ (i^^ï-aJJ^ cul» JuLkJ 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 141 
iUikS jy.^\j jJiétàS> (7^1^ àsJi^ Je^t (j^ vfJ^jJtjX^x 

«>^>t3 '^ (:JiAi^ ^^^^**^ aS^KJ ftis^ <;^•<>J «Xj^ c:>lj^^ 

C*est-à-dire : «Au nom de Dîeu clément et miséri- 
cordieux! J'implore son aide. En vérité, cette forte- 
resse a été construite , d'après la prédestination de 
Dieu et par sa puissance, au commencement du 
mois de mouharrem de Tan 836. Cause de la cons- 
truction de cette forteresse. Il arriva trois armées , 
deux armées turques et une armée de Routoul. Une 
des armées turques avec i armée de Routoul vinrent 
du côté de la plaine; lautre armée turque, du côté 
des montagnes. L'armée de Dzakhour leur livra trois 
combats, et ces trois armées perdirent deux cents 
hommes, et l'une d'elles prit la fuite précipitam- 
ment. Ceci est connu et notoire. Ce combat eut- 
lieu le U du mois de zilkhidjèh de l'année susmen- 
tionnée. » Au-dessus de cette inscription , on a gravé 
à l'envers : u Cette pierre fut apportée par le zèle du 
maçon Vakhouh Kerim eddine; l'écrivain gratuit de 
ceci est Issa , fils de Mamai , de Dzakhour. » 

Dans une histoire anonyme du sultan Chahroukh , 
qui fait partie maintenant de la collection du musée 



142 AOÛT 1862. 

asiatique de Saint-Pétersboui^, j'ai retrouvé les 
traces de cet événement, qui y est raconté avec 
beaucoup moins de détails. J'ai publié ce passage 
en original dans la Gazette du Caucase; mais, n*ayant 
ni le manuscrit en question sous la main , ni rarticle 
du journal, je ne saurais reproduire cette citation. 
Pour terminer ce que nous avons à dire sur les 
inscriptions historiques du Daghestan , nous n*aurons 
quà en citer une, recueillie par M. Bartholomaei 
sur les murs d'Akhty : 

Cest-à-dire : «Possesseur de la forteresse, Chirvan- 
chah Khalil OuUah. » Quoique la date de cette ins- 
cription soit omise, il ne peut y avoir aucun doute 
que le prince qui y est mentionné ne soit le con- 
temporain du Timouride Ghahroukh Khalil OuUah, 
qui régna entre 8îio et 867 dé l'hégire. Cette lé- 
gende est intéressante sous ce point de vue qu'elle 
prouve que, grâce aux conquêtes de Tamerian, au- 
quel les Cbirvanchahs ont eu le bon esprit de se 
soumettre sans contestation, ils élargirent leur do- 
mination vers le nord jusqu à la vallée dû Samour. 
On aura déjà remarqué que sur les inscriptions 
du Daghestan, avec les noms musulmans usités, 
apparaissent des noms Iczghis ou monghols, tels 
que : Sebadj, Mamai, etc. Nous en citerons encore 
quelques-uns mentionnés dans les inscriptions q[ue 
nous ne reproduisons pas ici , mais qui sont remar- 
quables par leur forme inusitée , tels que : DJerkes , 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 143 
fils de La mou (^ (^ ,^^)'i Usseider [;«Xjui»!); 
Zalkhi (<5^i)-, Sartan(yl>>io);Tasdji(^,^^vt); Abal- 
ghar (jUU^), fils d'Abtek {^\); Atr (j3\); Ilkhas 
((jNbâAsj); Badir, fils d*Anmar {J<4ss> ^^ j^ii) , et Qui- 
blit (oJ^). 

Ayant déjà publie la plupart des inscriptions de 
Bakou dans le Bulletin de TAcadémie de Saint-Pé- 
tersbourg, je ne m'arrêterai pas ici à en reproduire 
le texte, et je me bornerai à indiquer sommaire- 
ment les services que ces témoignages écrits , con- 
temporains aux Ghirvanchahs, ont rendus à l'histoire 
peu connue de cette dynastie caucasienne. 

Gomme Ton sait, M. Dorn est le premier qui ait 
publié une histoire suivie des anciens souverains du 
Ghirvan. Il a puisé les rense^ements qu'il a réunis 
dans son savant mémoire dans les différentes sources 
historiques persanes et arabes qui pariaient de cette 
famille royale , et il a souvent corroboré et redressé 
des faits rapportés avec peu d exactitude dans ces 
sources par les indications que lui fournissaient les 
monnaies assez rares de cette dynastie. 

La liste des Ghirvanchahs, d'après M. Dorn, est : 

i"* Âboul Mouzaffar Manoutchehr, fils de Kesrou, 
sans indication de date; a*" Akhistan, fils de Ma- 
noutchehr, sans indication de date; 3"* Ferroukhzad 
Guechtassib, fils de Manoutchehr, sans indication 
de date; ^'^ Feramourz, fils de Guechtassib, sans in- 
dication de date ; 5*^ Ferroukhzad , fils de Feramourz , 
sans indication de date; 6"* Keikobad , fiils de (?), vivait 
en 7&9; j"* Kaous, fils de Keikobad, mort en 776; 



144 AOUT 1862. 

S"* Houcheng, fils de Kaous, règne depuis 77 A jus- 
qu'à 784; 9*^ Émir Cheik Ibrahim, fils d*Éinir 
Mouhammed, de Derbend (784-820); 10** Sultan 
KhalilouUah (820-867); 1 1** Ferroukhïassar, fils du 
précédent (867-906); Behrambek (906-907); en- 
fin le treizième et dernier, Ghazibek (907-908), J'ai 
trouvé depuis la publication de M. Dornuiie seconde 
liste des rois de cette dynastie dans l'ouvrage de Zei- 
nelabeddin de Ghirvan intitulé le Jardin des voyages. 
Elle est beaucoup moins complète que celle de 
M. Dorn pour l'époque qui s'étend entre les règnes de 
Manoutchehr et de Kaous, fils de Keikobad; mais, à 
partir de ce roi , elle est conforme à la première. Nous 
y trouvons en sus l'indication du lien généalogique, 
vrai ou faux, mais accepté dans le Ghirvan, qui relie 
la dynastie des chahs de cette province auxSassanides; 
la voici : Nouchiivan (u'it^^y)» Hurmouz (^-^), 
Mezuman (e)^>*)» Tchoun (y>^)» Zeïd (*>^)» Sa- 
lar [j^\m), Féramerz (jj^t;i),Ufridoun (^j^^ji\)^ 
Guerchassib ( wos^l-ûjS") , Ghehriar (jl^;^), Kaous 
(cr^l^), Kesran {(jI)-*^)' Après Ghazibek, Zeine- 
labeddin cite Gheikh Ibrahim, connu sous le nom 
de Gheikh Ghah , qui se reconnaît vassal de Ghah 
Ismail et de Ghah Tahmassib, et meurt en 980; 
puis son fils Sultan Khalil, assassiné par ordre de 
Tahmassib en 96 2. Son successeur est Ghahroukh, 
fils du sultan Ferroukh, fils de Gheikh Ghah, qui 
perd son trône en 9^5; après quoi le chah envoie 
ses beghlerbeghis dans le Ghirvan. 

Pour épuiser la matière, nous pouvons y joindre 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 145 
les maigres renseignements fournis par Khaqani : 
i" Que le règne de Manoutchehr ne dura que dix- 
huit ans; 2^ que la naissance d*Akhistan a eu lieu 
en 5oo de Thégire; 3* que sous son règne, les Russes 
firent une expédition dans le Ghirvan, que ce roi 
parvint à repousser; 4" qu*il fit la guerre aux mon- 
tagnards du Caucase, 5" et enfin qu'après sa mort 
violente il ne laissa pas d'héritier direct. 

Dans la Vie du cheïkh Sefi eddine, j'ai trouvé le 
nom dun Ghirvanchah nouveau, Âkhistan ou Âkh- 
tisan II , contemporain du Halakouide Ârghoun. 

£n vue de ces données incomplètes fournies par 
l'histoire écrite, on ne pouvait guère espérer trou- 
ver dans les inscriptions beaucoup de faits nou- 
veaux; mais on avait le droit d'y chercher quelques 
dates qui nous permettraient d'asseoir la chrono- 
logie de celte dynastie, à l'époque de son origine, 
sur des bases plus solides, et en cela les légendes 
des monuments de Bakou n'ont pas trompé mon 
attente. 

L'inscription incomplète de Bouzovnan a prouvé 
qu Âkhistan I** régnait encore en 583. L'inscription 
de Merdékan, que nous avons reproduite, prouve 
' qu'en 600 de l'hégire le trône de Bakou était occupé 
par Ferroukhzad, fils de Guerchassib, frère d' Akhis- 
tan , et fils de Manoutchehr. L'inscription de la mos- 
quée de Bibiheibet a établi qu'en 680 le trône des 
Gbirvanchahs était occupé par Ferroukhzad, fils 
d' Akhistan II, fils dé Ferribourz Nassir. Ainsi les 
règnes des quatre Gbirvanchahs, d' Akhistan I", de 



146 AOÛT 186S. 

Ferroukhzad, de Feribourz (Feramourz de la liste 
de Dorn) et d'Âkhistan II, ont pu être rangés entre 
les années 53o, 600 et 680; en sorte que les trois 
derniers rois ont régné pendant ies quatre-vingts 
premières années du vu* siècle de i*hégire. 

Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai rapporté dans 
le premier chapitre sur les inscri[ftions de Salian, 
du Ghirvan et du Karabagh ; mais le district d*Qr- 
doubad me fournira quelques légendes curieuses 
que je ti^nscrirai et traduirai, en les rangeant dia- 
prés leur ancienneté respective. 

La mosquée du village de Nasmous a conservé 
Tinscription suivante : 

S3 o^^i i ^^ ^>^ 4)w>*um ^t A.fju ;^i jb 

c;a^U^ tfjj-ft-^ i^^«^ b u>i.A'«-^ d*)^ ^î OOtyir 
G*(îst-à-dire : « Le Prophète , que la paix de Dieu 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 147 
repose sur lui! a dit : Les mosquées sont sur la terre 
des maisons de Dieu ; elles envoient la lumière aux 
habitants du ciel à Tinstar des astres qui envoient la 
lumière aux habitants de la terre. Dieu! il n'y a 
pas de Dieu excepté Dieu, et Mouhammed est son 
Prophète. Cette mosquée fut construite pendant le 
règne du roi de Tislam Âbou Saïd Bahadour Rhan , 
que Dieu éternise sa domination ! par les mains de 
récrivain , du serviteur faible , implorant la miséri- 
corde de Dieu tout-puissant, Sadr, fils de Sarim , fils 
d*Ardan^ fils de Sendjer, fils d'Âdin, Texécuteur des 
hautes ceuvres de TAtabek. Ceci fut écrit le lundi 
Ix ramaxan de Tan 7 2 o. Qu* il soit béni ! Que Dieu par- 
donne à celui qui récitera : Que ce serviteur faible 
soit aidé par Dieu dans ses prières et dans sa fin. 
Amen. Aboubekr, Omar, Othman, Aly. Que Dieu 
soit content d'eux! » 

Dans le cimetière d'Ordoubad, à lest de la ville, 
près de la roche calcaire, remarquable par la dis- 
position des veines noires qui la traversent en tous 
les sens, et qui forment la phrase <^ L, on lit sur 
une pierre sépulcrale : 



/ 



]48 AOÛT 1862. 

i » -.V^* trt> c^*>^-^*-*- ^ ^ ^jt) /^t i>>ljà ^^-^fi^ 

^l^j â»^â^ «X» ^j^ u<M-j u*'^^!/^ j^ ^ ^^^ (2il4X^l^ 
^ JuL^ ix^ jUm ftlb ^U. àUumI (|)^y( àU-m»! Jl» 

C'est-à-dire : « Dieu! Au nom de Dieu clément et 
miséricordieux ! Dieu ! Ceci est le tombeau du cheîkb 
oui islam , instructeur du peuple , marchant à la tête 
des cheikhs de ia vérité, diadème de ce monde et 
de la religion, Al y Meitham, cheikh Abou Saîdi, 
septième descendant du cheikh Abou Said Aboid 
Khair, le Khorassanien. Que Dieu sanctifie sa noble 
âme ! La construction de cet édifice fut ordonnée par 

le grand roi le plus noble, fémir, le haut placé 

par Dieu, par le monde et par la religion. Que Dieu 
rende victorieux les aides de son royaume , lui étant 
à sa tète! Date : le jeudi septième (jour) du mois 
mouharrem, à midi, fan de Thégire 700 et Sg en 
sus , Tâme du cheikh Bou Saïdi quitta ce lieu resserré 
et rempli de poussière, et alla se placer au paradis 
à côté de fâme de son aïeul. Ceci est l'œuvre du 
maçon Omar, fils du maître maçon Hadji Penab, 
et de Tarchitecte Mouhammed Bek, fils de Hadji 
Bek. Que Dieu leur vienne en aide! » 

Le chcïkh Aly, enterré à Ordoubad, n'a pas laissé 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 149 
de traces dans Thistoire; mais son ancêtre, dont il 
est question dans cette inscription , est le fameux 
cheikh Abou Saïd, enterré à Sérakhs, oii Burnes 
a encore vu son tombeau, très-vénéré par les Tur- 
comans. Il vivait au commencement du v* siècle de 
l'hégire, et était contemporain du célèbre médecin 
Abou Aly Sina, qui, pour répondre à une question 
naïve de ses disciples, qui lui demandèrent lequel 
des deux, lui ou le cheikh, était le plus savant, fit ob- 
server modestement que tout ce qu il savait , le cheïkh 
le voyait. Nous savons par la biographie du cheïkh, 
écrite par Férid eddine Attar, que j ai publiée en ex- 
trait dans le Journal du Caucase, en 1 85o, que son 
fils s est établi à Baghdad après la mort de son père; 
mais probablement sa famille émigra sur les bords 
de TAraxe lors de la chute du khalifat. Les noms 
des quatre premiers khalifes mentionnés dans Ims- 
cription précédente, de même que celui d*0'mar, 
reproduit dans la dernière, nous prouvent que, jus- 
qu'au temps des Séfévides, les Sunnites étaient ré- 
pandus dans TArran. Timour, zélé hanéfite lui- 
même, n avait évidemment aucune raison de les 
molester. Quant à Gharoukh, très-favorablement 
disposé envers les Chiites, qui constituaient la majo- 
rité des habitants du Khorassan , oii il établit sa ca- 
pitale , il professait le rite sunnite et protégeait ses 
coreligionnaires dans TAderbeidjan et dans TArran. 
Ainsi la haine qu'on manifeste jusqu'à nos jours 
dans ces provinces envers les sectateurs de la Sonnah 
est d'origine moderne , et n'a pris naissance que sous 



150 AOÛT 18ÔS. 

le règne de Chah Ismaïl, s étant très-vite dévelop- 
pée depuis lors, comme nous en trouverons une 
preuve dans un firman gravé au-dessus de la porte 
de la mosquée cathédrde d'Ordoubad, document 
où le Chiite le plus orthodoxe ne trouvera rien à 
redire. Il est ainsi conçu : 

^yS^ à^ Ù \^^\ {^\Lj^\y LIWI 4^ty <>wjl 

^UmJUI ^ AMt l fl îLo Àlf^:»;) A^^H^ A^4^tâi (^Um^ 

^U^l^ jA^3 ^ f 'j-*'3 ^yf ^à^\j^ ylAÎU* <4^jM9Af 

A^^iJUkâJ A-A^ui^ nikjêàXjmy C«^ (J^^Aet c^W^^^mmJIs» 
'^ (>î;'>-^-> Jj^-J »:^\j^t3 «i»lHi*^3 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 151 
2»;3p^ jl^ «>s^3j..â> tflJLXiÉi.» (^Lj^I^M «:;>y^jl^ «X^ 
TOui ft«XÂft lyi^ (^lyiAÂ3 ijjifyi ^^ ùdst «XaÎ Ujt^ 

C'est-à-dire : « Louange à celui qui nous comble de 
dons, bénédiction au Créateur de l'univers visible! 
Le but du présent écrit est que, vu la vérité de 
l'attachement et de i'afiection cordiale des grands et 
des petits, des pauvres et des indigents de la for- 
teresse pure d'Ordoubad, à la dynastie du lieute- 
nant du khalife, du chah semblable à Djemchid, 
(chef) des armées d'anges et refuge des musulmans, 
Bahadour Khan; que Dieu tout-puissant maintienne 
sa souveraineté jusqu'au jour (du jugement der- 
nier), jusqu'à ce que les neuf cieux s'élèvent au- 
(dessus de nos têtes), et que leurs axes soient inébran- 
lables. Dans le temps où TAderbeidjan se trouvait 
sous la domination des ennemis, ses habitants 
étaient opprimés, massacrés et emmenés en capti- 
vité. Eu égard à cela, et en récompense de leur 
fidélité, commune à tous, mais prouvée surtout par 
l'illustre famille de Nassir Toussi et par les étu- 
diants , le chah les gratifie de sa bienveillance sponta- 
née. A partir de l'époque où le pays susmentionné 
est rentré sous la domination victorieuse du chah , 
les impôts et les taxes du susdit bourg, prélevés sur 



152 AOÛT 1862. 

les objets travaillés, sur les maîtrises des artisans, 

sur les prairies , sur les dons de piété sur lea 

transferts, de même que le logement des gens de 
guerre et les impôts extraordinaires, sont abolis. 
Nous lacceptons, nous y agréons, et nous l'établis- 
sons pour toujours. Cette rémission et cet allége- 
ment sont accordés au nom de Dieu tout-puissant 
et pour mériter son contentement. Les redevances 
susmentionnées ne figureront plus, ni dans les re- 
gistres du fisc de TÂderbeidjan, ni dans ceux de 
rÉtat en général. Cette insigne faveur a été accordée 
pour réternité en guise de récompense et de don à 
la commune pauvre. Que cela soit toujours en vi- 
gueur! Lan 1016 de fhégire. » 

Les murs de la mosquée du village de Vanand nous 
ont conservé une inscription non moins curieuse, 
qui prouve que trente ans après ce firman, en dépit 
de la protection spéciale accordée par les souve- 
rains de la Perse à cette partie de leurs États, le sort 
des habitants de la province d*Ordoubad ne s'est 
guelfe amélioré. 

A^ 1»^ dlXt c;^LL^ uy^ f^^J^ B4ykr^j, k pst^j> 



INSCRIPTIONS MUSULMANES DU CAUCASE. 153 

êU^mk^^ j\Jl^^ ( mhMt»Jty^ jij^ J^J^ j\ y^!*^3 jW^ «XjkâJCA^ 

c' ^^l ^ j, j kjLMàm) ik.^'^jJSkjè jMuLs^t (^^^^rûî ^^Vjo \j)^ji 
àS^ ^yi J^J^^ J^j3j J^^Jiâ*»l g>Â^ c^^3 J^ j' fH^^ 
<,>i'^b jl^a»- S^3 «XJu^ A^ Aa3^ Aaw JUw dL> {Jsj^ J^ 

*i^W 3-^ (jj-il x5"jLji-A»..i C:5^<^3 i\y>ijb\à à\S^^ j\ 

C'est-à-dire : « Dans le temps qui aura une bonne 
fin, a répoque où Ton a entrepris la construction de 
cette noble mosquée, avec lassistance du roi omni- 

XX. 11 



154 . AOÛT 1862. 

scient, il régnait une grande famine et une exces- 
sive cherté. Un men de blé coûtait 4oo dinars; le 
riz, 800; le beurre, 2,800; le miel, 3, 200; le rai- 
siné, 2,400 ; le fromage, 1,600; le raisin sec, 2,4oo; 
lorge, 35o; les prunes communes, 800; Toignon, 
800; l'ail, 3,200; le coton, 4,000; les graines de 
pastèque, 5, 000 dinars. Cest au poids tilany que 
toutes ces denrées se vendaient à raison des prix 
indiqués. C'était un enfer à cause de la famine et de 
la cherté. La vie était d'autant plus insupportable, 
que dans le courant d'une année le village de Va- 
Yiand et ses environs ont été pillés et dévastés trois 
fois , et beaucoup de musulmans , hommes et 
femmes, furent massacrés ou emmenés en capti- 
vité; d'autres serviteurs de Dieu eurent recours à 
l'émigration , passèrent l'Araxe , et s'établirent dans 
les villages de la rive droite. Dans ce temps de per- 
turbation , les portes du commerce étaient fermées. 
Nous espérons que la puissance indestructible du 
Seigneur Très-Haut allégera et éloignera de tous les 
États des musulmans et des vrais croyants de pareilles 
infortunes. Amen. Dieu! exauce cette prière en fa- 
veur du plus grand des prophètes! Ceci est de l'in- 
digent, de l'humble, du pécheur Mouhammed Riza, 
fils du défunt MouUah Mouhammed Moumin Va- 
nandi. Qu'ils soient pardonnes tous les deux en faveur 
du Prophète et par son entremise ! Année 1 1 45. » 

Pour faire mieux ressortir le prix des objets qui 
paraissait si exorbitant à fauteur de cette inscrip 
tion , nous ferons observer que le men tilany corres- 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 155 

pondait à peu près à 6 livres 1/2 de France, et que 
1,000 dinars équivalaient à 1 franc 20 centimes. 
J'ai comparé sur place les prix actuels des denrées 
mentionnées dans cette inscription avec ceux de 
répoque dont se plaint son auteur, et j'ai constaté 
que le prix normal de la plus grande partie des ob- 
jets qui sont mentionnés dans cette légende dépasse 
la valeur de ce qui, en 1 1 ^5 , paraissait d'une cherté 
excessive. 

Ayant publié dans le Bulletin de l'Académie des 
sciences de Saint-Pétersbourg et dans le Voyage de 
M. Brosset les résultats que m'a fournis l'examen 
des monuments de Nakhitchevan et d'Ani, je crois 
avoir épuisé tout ce que j'avais à dire sur les mo- 
numents musulmans du Caucase. 

3 juin 1861. 



NOTICE 

SUR CODAMA ET SES ÉCRITS, 

PAR M. DE SLANE. 



Abou'l-Feredj Codama iUlJa, fils de Djâfer, fils 
de Codama , fils de Yezid, appartenait à une famille 
chrétienne qui habitait la ville de Basra. Il fit pro- 
fession de l'islamisme entre les mains du khalife ab- 
bacide Ël-Moktefi billah, qui monta sur le trône 
l'an 289 de l'hégire (902 de J. C. ), et qui mourut 



156 AOÛT 1862. 

Tan 295 (908 de J. G.). Godama remplissait à Bagh- 
dad une place élevée dans radministration , et s'était 
particuHèremëfit distingué par ses connaissances 
dans les sciences de la co/nptabilité et de la logique 
{mantec). La pureté de son style et Télégance de sa 
diction le mirent au premier rang parmi les philo* 
logues de lepoque. 11 mourut l'an 33 7 de Thégire 
(9/18-9/19 de J. G.). Il composa un grand nombre 
d'ouvrages dont voici les titres : 

^IjiL Lj\x^ , le Livre de l'impôt, en huit sections 
(litt. stations, menazil), auxquelles il en ajouta plus 
tard une neuvième. 

iuUâi iCftUo , l'Art da commis rédacteur, « Ge traité, 
dit El-Moterrezi , le commentateur des Séances de 
Harîri, est partagé en sept menazil et renferme une 
foule de notions jusqu'alors éparses, et de renseigne- 
ments dont les hommes de bureau et les personnes 
qui cherchent à se faire un beau style ne sauraient 
se passer. Gelui qui le lira ne manquera pas de 
reconnaître le grand mérite et le profond savoir de 
l'auteur. » 

Godama paraît avoir fondu cet ouvrage en un 
seul avec le précédent, car le manuscrit que j'ai 
eu entre les mains porte, à la tête et à la fin de 
chaque section , les mots [sic) IM^y , slr^ v< ir ^Ti 
Ajlxfil , Livre de l'impôt et art da commis rédacteur. 

]b\ii^] Lj\x^:>j le Livre des mots; apparemment 
un traité philologique. 

j^o^Jy^), les Fleurs du printemps; traité histo- 
rique. 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 157 

^UmI ^$sài (j^ J^^l AÎUlt , le Premier livre du traité 
De Pkysica Auscaltatione d'Aristote. 

(►*J' U^^i l^ Détersif da chagrin,qui traite de la 
logique. 

J JsJL iC^lju0 , Traité des topiques, 

yl*xXJl 4-^1x^9 , le Livre des pays. 
jjusJ] JOLj, Choix des poésies; ouvrage dont El- 
Moterrezi parle avec le plus grand éloge, 

xmUmJI lAx^s , Traité d'administration politique. 

pU Ul ^ v<-^ Lçi (1. jXmU) ^\ ^\ ^ ^ji\ , 
Épitre renfermant la réfutation des reproches faits par 
Ibn el'Motezz à Abou Temmam. Ibn el-Motezz était 
célèbre comme poëte et comme littérateur. Il fut 
mis à mort Tan 296 (908 de J. C.) , par l'ordre du 
khalife Al-Moctader, contre lequel il avait conspiré. 
Abou Temmam jouissait dune grande réputation 
comme poète, mais à présent on ne le connaît que 
comme 1 auteur du recueil de fragments d'ancienne 
poésie intitulé le Hamaça. 

^^) Oj^ , qui chasse les soucis. 

^:2>^ •*'^^, qui dissipe le chagrin, 
j^^ oly^ . iû Thériaqàe contre les tristes réflexions. 

jMuJi^ Uu». 3^âN>. , Falcimentum prœcordiœ sodalis. 

Lj^iJiJ] Ai5jj , les Délices des cœurs. 
jJLêJ^ ^\j , les Provisions du voyageur. 

Ces six derniers traités étaient probablement des 
recueils d anecdotes amusantes. 

Son père, Djâfer, comptait au nombre des hommes 
de plume les plus instruits, dont il fut aussi un des 
doyens. G*est à Abou Bekr Ibn el-Khatib , 1 auteur de 



158 AOÛT 1862. 

THistoire biographique de la ville de Baghdad , que 
nous devons ce renseignement ; mais Ibn-en-Nedim , 
1 auteur du Fihrest, déclare que ce fut un homme 
de nulle considération. Quoi quil en soit, D|âfer, 
père de Godama, composa plusieurs ouvrages, et 
quelques écrivains lui ont attribué celui qui, porte 
le titre de VArt du, commis rédacteur; mais on sait 
positivement que ce traité a été publié sous le nom 
de son fils ^ 

De tous les écrits de Godama, rien ne reste 
excepté le second volume de Touvrage intitulé 
Livre de l'impôt et art da commis rédaciewr; il existe 
encore à Gonstantinople, dans la bibliothèque de 
Kuprîli. Sur les huit sections qui composent l'ou* 
vrage, les quatre dernières seulement se trouvent 
dans ce volume. La liste des chapitres qui forment 
ces sections, et que je donne ici, fera connaître les 
matières traitées dans le second volume ; mais au- 
cune indication ne s y rencontre qui puisse aider à 
déterminer le contenu du premier volume. Il est 
toutefois permis de supposer que, dans cette partie, 
lauteur s'étendait sur les connaissances nécessaires 
aux écrivains employés dans les bureaux du gou- 
vernement , et traitait aussi du style , de l'expression 
des idées et de questions grammaticales et philolo- 
giques. 

Le manuscrit de Gonstantinople est asses bien 

1 Les sources que j'ai consultées sont le Dictionnaire bibliographiqug 
de lladdji Khalifa ; ie Fihrest; Idrici, dans rintroductioa À sa géo- 
graphie; le commcutaire des Séances de Hariri par Ël-Moterreii , 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 159 

écrit et parait dater du vu* siècle de Thégire. Il est 
cependant très-fautif : le copiste a souvent négligé 
de mettre les points diacritiques sur les lettres; 
quelquefois aussi il les a placés à faux; il a même 
supprimé et changé des lettres, surtout dans les 
noms de lieux, et altéré quelquefois ces noms au 
point de les rendre méconnaissables. L'auteur avait 
toujours eu soin d'écrire en toutes lettres les énon- 
cés des chiffres qui figurent dans les tableaux de 
l'impôt; mais cette précaution ne lui a pas servi, le 
copiste s'étant permis d'y faire des changements que 
rien ne justifie. D'ailleurs, il a altéré le texte en 
plusieurs endroits, en supprimant des phrases et 
peut-être même des paragraphes entiers. 

J'ai fait de nombreux extraits de cet ouvrage, 
auquel j'attache une grande importance ; je les ai 
traduits aussi exactement que cela me fut possible, 
et je soumets maintenant aux lecteurs du Joamal 
asiatique une partie de mon travail. Si je publie ces 
fragments avec toutes leurs imperfections , c'est dans 
lespoir de porter les orientalistes et les voyageurs 
à la recherche d'un exemplaire complet du livre de 
Codama sur Timpôt, de son Kitab el-Kharadj. 

LISTE DES CHAPITRES RENFERMES DANS LES QUATRE DERNIERES 
SECTIONS DU LIVBB DE L'IMPÔT, 

SECTION V. 

Gh. I. Sur le bureau (diwan) de la guerre. 

OIS. de la Ribl. imp. ancien fonds, n* 1589, fol. 43 verso; le No- 
djoiun d*Aboul-\fehacen; la Géographie d'Abidféda, traduite par 
M. Retnaad, introduction, p. lx. 



160 AOÛT 1862. 

Ch. II. Sur le bureau des dépenses publiques (néfecat). 

m. Sur le bureau du fisc (beît el-mal). 

IV. Sur le bureau des dépêches (reçaîl)» 

V. Sur le bureau des décisions impériales (taoukîây. 

VI . Sur le bureau du sceau ( pour Texpédition des pièces 

officielles). 

VII. Sur le bureau du descellement (^ai,poar ie dé- 

pouillement de la correspondance). 

VIII. Sur les monnaies, les étalons et les poids ;sar le 

bureau de la monnaie. 

IX. Sur le bureau d*appels à la justice du souverain 

(medhalim), 

X. Sur Tinscription des cavaliers de la police et des 

recrues*. 

XI. Sur le bureau de la poste ; sur les relais (sikek) et 

les routes , tant celles qui se dirigent vers rorient 
que celles qui mènent à Toccident. 

SECTION VI. 

I. Que Ton doit à Tastronomie la plupart de ses con- 

naissances au sujet de la terre. Gomment celte 
science nous a fait connaître la forme de la 
terre, sa grandeur, ses dimensions, sa position 
et ses parties habitables. 

II. Sur la manière dont on divise (en sept climats) la 

partie habitable de la terre. 

III. Sur remplacement des grandes mers , sur leur éten- 

due et les îles qu* elles renferment. 

* Ces décisions étaient des réponses faites par les souverains aai 
plaintes et aux requêtes qu*on leur avait présentées. (Voyez la Ckres" 
tomatkie arabe de M. de Sacy, t. I , p. 1 33. ) 

* Le texte porte ottX^'^fL «iv-iJI juhi^j. Le motoiO^^t 
est employé par les historiens arabes des croisades pour désigner 
des recrues, des nouvelles levées; mais je soupçonne qu'il porte ici 
une autre signiiication et que le mot JuoyjSi a un sens particulier 
dont j'ignore la juste valeur, Dans un passage des Annales d'Ibn cl- 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 161 

Ch. IV. Sur les monlagnes de la terre habitée, sur leur 
nombre et sur la grandeur (^loJ>[) de celles qui 
sont le mieux connues. 

V. Sur les fleuves, les sources et les lacs (^U2j) qui 

sont dans la partie habitable de la terre; sur 
leur nombre, leur étendue et leur grandeur. 

VI. Sur Tempire musulman ; les provinces dont il sç 

compose et leurs revenus, 
vil. Sur les frontières du territoire musulman ; sur les 
peuples et les monlagnes qui les entourent. 

SECTION VII. 

I. Indication collective des diverses sources du revenu 

de rÉtat (wodjouh el-mal). 

II. Sur le butin (feî) , c'est-à-dire le pays conquis par 

la force des armes. 

III. Sur les pays conquis par capitulation. 

IV. Sur les terres de dîme. 

v. Sur la mise en culture des terres vagues, et sur 
leur fermeture au moyen des clôtures. 

VI. Sur les concessions à jouissance temporaire (cataîâ) 

et à perpétuité (?) (Llio). 

VII. Sur la répartition (mocacema) des impôts et sur 

leur assiette («jU^j) \ 

VI II. Sur la capitation payée par les indigènes qui pro- 

fessent un culte toléré par la loi. 

IX. Sur la dîme aumônière (sadacat) prélevée sur les 

Athir, an 267, on lit que Saîd Ibn Daledj fut alors employé à Basra 
comme administrateur des l^yîJL i^uJU oîcX^^I* Or comme 
le mot c>U^ désigne la capitation imposée sur les juifs, les deux 
autres termes indiquaient très-probablement d^aulres espèces d'im- 
pôts. Le motofo^^I signiGe innovations; d*après un passage d'En- 
Noweïri, cité dans ma traduction de V Histoire des Berbers d'ibn 
Khaldoun , 1. 1 , p. 4 1 4 , la taxe appelée o F Jc^ F devait servir à payer 
les percepteurs des coalributions. 

* Peut-être faut-ii rendre ce mot par contributions extraordinaires. 



162 AOUT 1862. 

troupeaux de chameaux , de bœufs et de mou- 
tons. 
Ch. X. Sur remploi des quints du. butin. 

XI. Sur les mines, les trésors cachés et l'aident enfoui . 

XII. Sur les objets retirés de la mer. 

XIII. Sur les sommes que les marchands doivent payer 
f en passant auprès d'un (bureau de) percepteur 

de dîmes. 

XIV. Sur les objets perdus et ramassés , et sur les ani- 

maux égarés. 

XV. Sur les successions ah intestat, 

XVI. Sur les boissons (<->^ )• 

XVII. Sur les choses défendues (f^y^)- 

XVIII. Sur l'emploi de largent provenant de la dîme au- 

mônière. 
XIX. Sur les ( conséquences légales des) diverses manières 

dont on conquiert des territoires et des villes \ 

SECTION VIII.' 

I. Introduction à la section. 

II. Pourquoi la nourriture est nécessaire à l*homme, 

III. Pourquoi les vêtements sont nécessaires à Thomme. 

IV. Pourquoi Thomme est porté à propager son espèce. 

V. Pourquoi les hommes ont besoin d'avoir des vflles 

et de s'y réunir. 

VI. Pourquoi les hommes ont besoin d*or éi d'argent, 

et pourquoi ils se servent de ces métaux dans 
leurs transactions commerciales, etc. 

VII. Pourquoi les hommes établissent des souverains ou 

des imams à la tète de la communauté. 

VIII. Que l'étude de la science du gouvernement est un 

devoir que les rois et les imams ne doivent pas 
négliger. 

^ Dans les pays et les villes qui capitulent , les habitants conservent 
la possession de leurs immeubles et peuvent en disposer à leur gré. 
Dans les villes et pays conquis par la force des armes, tous les im- 
meubles deviennent la propriété de rÉtat. 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 163 

Cu. IX. Sur les qualités personnelles qu'un souverain doit 
posséder. 

X. Sur les qualités que les serviteurs du souverain et 

ses parents doivent posséder. 

XI . Sur la nature des rapports qu'un souverain doit en- 

tretenir avec ses sujets, afin de pouvoir accroître 
le bien qu'il leur fait, éviter des reproches et 
raffermir son pouvoir. 

XII. Sur le choix d'un vizir ; sur les qualités que les rois 

doivent rechercher dans leurs vizirs , el sur les 
privilèges qu'ils doivent leur accorder. 

EXTRAIT N° I. 

SECTION VI. — Chapitre vi. 

SUR LES REVENUS DE L'EMPIRE MUSULMAN. 

Voici d'abord les contributions fournies, de notre 
temps , pai' le Seouad. Nous prenons pour exemple 
celles de Tannée 2o4 (819-820 de J. C), la plus 
ancienne dont on trouve les comptes dans les re- 
gistres conservés à la capitale (Baghdad). (On sait 
que) les bureaux (du gouvernement) avaient été 
brûlés Tan 2o3 , pendant les troubles qui eurent lieu 
dans cette ville, sous Tadministration ^ de Témir que 
Ton désignait par le sobriquet dlbn Zobeîda^. L'ordre 
suivi (dans ce tableau) est celui des lieux, à partir 
de la limite occidentale de Flrac. 

' Litt. dans les jours. 

* En Fan ao3 de Thégire, Ibrahim Ibn el-Mehdi, qui avait été 
proclamé khalife pendant Tabsence de son frère El-Mamoun , s'en- 
fuit de Baghdad, à la suite des troubles que ses adversaires avaient 
excités dans cette ville. On lui donnait le sobriquet d'Ibn Chikla* 



164 



AOUT 1862. 



El-Anbar et le canal conna (sons le nom 
de Nehr Eïça) ci^/tlt y^îj ^Uiûff. . 
Le canton de Meskin ^JCL» «r «^ * * * 
Le canton de Gatrebbol JljJaÀ ^jjj^> 
Le canton de Baderaya Ln^L ^r t-*^ ' * * 

Le canal de Ghir vyw >AJ * 

Er-Roomecan (^Uuj| Jf < 

Koutha v3^-i^ 

Le canal de Derkît L^^^ vAJ 

Le canal de Djouber vi*^ yû 

Barousma UuunL et la rivière Malek 

Les trois Zab «uJUt ^fj|^( 

Babel et Khatarnia <>J Ji^* JljL 



CORES» 


GORES 


DIBlé. 


]>>OB«l. 


11,800 


6,4oo 


3,000 


1,000 


2,000 


1,000 


3,5oo 


1,000 


1,700 


1,700 


3,3oo 


3,3oo 


3,000 


a,ooo 


a, 000 


s, 000 


i,5oo 


6,000 


3,5oo 


4,000 


i,4oo 


7,aoo 


3,000 


5,000 



4 00,000 
i5o,ooo 
3oo,ooo 
1,000,000 
i5o,ooo 
s5o,ooo 
35o,ooo 
soo,ooo 
i5o,ooo 
ils,ooa 
25o,ooo 
35o,ooo 



parce qu'il avait eu pour mère une négresse nommée Chikla. C*est 
de ce prince que Codama veut parler ; mais , en le désignant sous le 
surnom d76n Zoheîda, il la confondu avec le khalife El-Amîn , fils 
de Haroun er-Rechid et de Zobeîda, qui fut tué qoatre ans avant la 
révolte dont il s'agit ici. 

* Selon Tauteur du Camoas, le korr ou core d'Irac éqaiYalait à six 
charges d'âne ou à soixante aifîz. Or, puisque le c<ifiz contenait douze 
saâ, et que chaque saâ pesait cinq livres de douze onces, le core 
de grains devait peser 3,6oo livres de douze onces. 

' Je conserve toujours Forthographe du manuscrit, qu'elle soit 
bonne ou fausse ; dans la transcription française , je donne les bonnes 
leçons quand je les trouve dans d'autres ouvrages. 



NOTICE SUR CODAMA ET 


SES EC 


RITS. 


1Ô5 




CORES 


CORES 


DIRHEMS 


LIEUX. 


Di ^\À. 


D'OnCB. 


D'ARGKHT. 


El-Fdloudja-la-haute LIiJI «vabjJiif 


5oo 


5oo 


70,000 


El-Felloudja-la-basse (sic) jiJI *s^JjJ\ 


2,000 


3,000 


280,000 


Le canton de Nehreîn ^ybi ^y*^ * * * 


3oo 


4 00 


45,000 










^t 


3oo 
i,5oo 


4oo 
1,600 


45,000 

1 5o,ooo 


Le canton de ojjï Ty^ 


Soiira et . • • . . Lajd». i* 1% ..«m. m ,*.,.■,■,* ■, 


i,5oo 


4i5oo 


25o,ooo 


El-Birs supérieur et Ei-Birs inférieur /j»y^l 








, U^^L ,jLii^[ 


5oo 


5,5oo 


1 5o,ooo 




J^'^L oly>* 


2,000 


2,5oo 


62,000 


Le canton de ^^^s^^i^t ry^ • • • 


1,000 


i,5oo 


44*000 


.. r ...... . et Heronr ^«^J^* . \L*<L*^t.j2 


5oo 


5oo 


20,000 






2,200 


2,000 


3oo,ooo 


T^^' 


2,5oo 


2,000 


204,800 


Les districts de Keslcrydi^^y^ fournis- 








saient, dit-on, dans les temps anciens, 








90,000 dirhems, ils fournissent main- 








tenant 


3o,ooo 


20,000 


270,000 





Voilà pour les districts du Seouad situés sur le 
bord occidental du Tigre. Nous allons indiquer 
maintenant ceux qui se trouvent sur le bord oriental 
du même fleuve, et nous les donnerons dans Tordre 
où ils se présentent, à partir du Tigre supérieur. 



1Ô6 



AOÛT 1862. 



LIEUX. 



Canton de ... Sabour ^^Lm^sJ^ p- Jiv\* 

Canton de Radaneîn ^^I^L f^^J^ 

Canton du canal de Bouc ^^ yLi r- ,^t^ 
Ralouadha et le cand de Bin ybj^ ^^IJo 

OS^ 

\^i^ et Ei-Medînat ei-Atica {l'an- 
cienne viUe) 

Roustoc-Badh ^Uâa^»^ ^ (sic) 

Djeioula et X^^J X^^ 

os^y 

Ed-Deskira «yCLjJl 

El-Bendendjîn ^jjvj^jJuJl (sic) 

Canton de s^J\ nÎu 

En-Nefarouan supérieur (j^^t (jkybjjf. 

En-Nehronan central Iz^^ûfl (:)|»-f-^'' * 

Baderaya et Bakosaya Li ^Lj LU^U . 

Le district du Tigre jJU. ^ o^ «^d'après ie 
rôle de Tan 236 JLjJiL^ <fim ùy^ (J^ 
<J^ L»« ; (je lis : cv^ 'iX*»* oy^ ^^ 
t)S^ U. (;)Sj)\iL»j 

Le canal de ^JLoJI , qui passe auprès de la 

ville de. . . . o^uJI tyXi 

En-Nehrouan inférieur JoiJff (:)N>-(jJf 



[sic). 



GORES 

Dl BlA. 



2,5oo 
4,800 

200 

1,600 
1,000 

1,000 
1,000 

1,900 
1,800 
600 
3,000 
1,700 
1,000 
4,700 



900 



1,000 



1,700 



GORES 

DHAGB. 



2,S0O 
4,800 
1,000 

i,5oo 

i,5oo 
i,4oo 
1,000 
i,3oo 
1,4 00 

5oo 
5,100 
1,800 

5oo 
5,000 



4,000 
3,iao 
i,3oo 



DIRHEMS 

D>ABGSVT. 



3oo,ooo 
3oo,ooo 
1009O00 

33o,ooo 

a4 0,000 

246,000 

100,000 

4o,ooo 

60,000 

35,000 

12 0,000 

35a«ooo 

100,000 

33o,ooo 



43o,ooo 
59,000 
53,000 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 167 

De là résulte que la somme totale des contribu- 
tions f lj^;l fournies par le Seouad , sans compter les 
sommes prélevées à Basra, à titre de dîme aumô- 
nière (sadacat), monte à 117,200 cores de blé, 
99,721 cores d*orge et 8,096,800 dirhems^. 

Montant q^ de la valeur des grains estimée au 
taux moyen , c'est-à-dire en assignant à un core de 
blé et à un core d'orçe pris ensemble la valeur de 
soixante dinars d'or monnayé, le dinar valant quinze 
dirhems: ioo,36i,85o dirhems. 

Ce qui, ajouté au montant de largent perçu, 
fait 108,457,650 dirhems. 

Le montant de la dime aumônière perçue à Basra 
la même année : 1 ,000,000. 

Somme totale des produits des contributions du 
Seouad , d'après ladite estimation ^^-aju-jJI (jvj U ^ 

iull4')î 1 1 4,457,650 dirhems. 

Ayant fini avec le Seouad et les districts dont il se 
compose, nous allons passer à EI-Ahouaz, province 
qui le suit immédiatement du côté de lorient. 

El-Ahouaz jly^^l renferme sept districts dont le 
premier, à paitir de Basra, est celui du Souc (^y^ 

^ L*addilioD des chiffres des deux tables donne en réalité un total 
de 1 16,000 cores de blé, 122,400 cores d'orge, 8,655,8oo dirhems. 
Les sommes y sont cependant écrites en toutes lettres. C'est sans 
doute à la négligence du copiste que nous devons attribuer ces erreurs. 
Quoi qu'il en soit, je regarde comme exactes les sommes totales don- 
nées par l'auteur; cela me parait démontré par les additions qui 
vont suivre. 



168 AOÛT 1862. 

(ou marché) d*El-Àhouaz; puis, du côté d*El-Me- 
dharjt^xJlî , vient le district de Nehr Tîri ^^^^ j^^ 
(5Îc) ; puis celui de Toster yé»»â ; puis ceux d'Es- 
Sous (jm^mJ( , de Djondi-Sabour j^^ (^<>^^^ » de 
Ram ^owcLOzy^j^ ^j et de Souc el-Atîc (^aamI^ ^y^ 
[$ic\ En prenant le terme moyen et approximatif 
des contributions en monnaie d argent ^^^ fournies 
par ces districts, on obtient 18,000,000 dedirhems. 

D'El-Ahouaz passons au Fars (^m^U , province qui 
se compose de cinq districts, dont le premier, à 
partir de la frontière d'El-Ahouaz, est celui d*Er- 
Reddjan [j^j^i ; ensuite viennent ceux d*Ardechîr, 
de Darabguird, dlstakher, de Saboiu*, et les con- 
trées du littoral du Fars (lesquelles sont) : Mihrou- 
ban t)l*3j-^ , Siliibra c:jvXw , Djennaba l^Ua»-, Taouedj 
^y et Sîraf 61/^^. Les contributions du Fars se 
payent en argent monnayé et montent à a 4, 000,000 
de dirhams. 

Après le Fars vient le Kerman, dont les villes 
principales sont : Es-Sirdjan (jW^/mJI , Djireft cui^ 
et Bemm ap. Son port de mer est Hormoz^^^ [sic). 
Le montant des contributions est de 6,000,000 de 
dirhems. 

Ensuite viennent les villes du Mekran qui dé- 
pendent du Sind «xâaaJI JUt (^. Le Mekran payait 
chaque année une mocatéâ iU^Uu (ou redevance^) 
de 1,000,000 de dirhems. 

^ Je crois que le terme mocatéâ sert à désigner la rente annnelle 
que Tusufruitier d*iine concession ictâ était tenu de payer au sou- 
verain. 



NOTICE SUR GODAMA ET SES ÉCRITS. • 1Ô9 
Après le Fars, du côté du nord, se trouve Isba- 
ban , qui forme Un district à part et qui paye , cbaquè 
année, la somme de io,5oo,ooo dedirhems. 

A Test du Kirman est le Sidjistan , dont la caseba 
(ou capitale) s'appelle Bouzendj. D'après son traité 
de capitulation , il paye une contribution (annuelle) 
de 1,000,000 de dirhems. 

Ensuite se trouvent les districts du Khoraçan. 
Ceux qui confinent au Sidjistan et dont les noms 
sont Necef, Rokkhadj gj et Kabul JoK', ont été 
rangés quelquefois parmi les districts du Sidjistan , 
parce qu'ils touchent à cette province. Les districts 
du Khoraçan sont : Necef, Rokkhadj g , Kabul , 
Zabolîstan ^jLJj)j [sic), Et-Tabs (j-JJaJt, Dehestan 
^IkMb^^, Herat ftly^, Et-Talecan, situé à côté de ces 
deux derniers districts Uy^Mc». , Badghis (>h^ «xJ^ , 
Bouchendj ^>^yi , Tokharistan , Et-Taberan ^jl^^UiIl , 

Balkh, :»j^\ p^» Ed-Dameghan, Oue- 

lachguird ^j^^^, Bokhara jU?, Tous, El-Fariab 

^lyUJl, Ebrechehrj4i4«^l, j^, Sâmarcand, 

Es-Ghach , Fergbana , Osrouchna , Es-Soghd , Kho- 
djenda, Kbouarzem, Isfîdjab (Jl:a<Am\, Et-Termid, 
Neça, Abiouerd, Merv, Koms (j^X, En-Nouchdjan 
JL^jjJ\ , . . . |CwA> , Kharoun {jjfjj^\ et Necef. Les 
contributions payées par le Khoraçan, Fan 2a 1 
(836 de J. G.), à la suite de la répartition faite par 
Abd-Allah Ibn Taher aWI *>y^ xjj^ ^^y yK' U ^ 
j^^ (^y jointes aux sommes provenant de la 
vente des captifs, du butin et des toiles(?) (jM-^I^Jii^ , 
montaient à 38, 000, 000 de dirhems. 



170 • AOÛT 1862. 

Après avoir parié du Khoraçan, (province) de 
l'orient, dans laquelle sont situées les places fron- 
tières (qui protègent le pays contre les attaques) des 
Turcs, et qui forme l'extrême limite du territoire 
musulman de ce côté-là, nous passerons aux pro- 
vinces de l'orient qui, par leur position, se trouvent 
écartées de»la direction septentrionale , et nous com- 
mencerons par Holouan. 

Le district de Holouan lut réuni d'abord à ceux de 
rirac, mais ensuite il fut adjoint à ceux d'Ei-Djebel , 
dont voici les noms : Mah el-Koufa, Mah el-Basra, 
Âdherbeïdjan, Hamadan, El-Eîghareïn, Comm, 
Macébédan ^l«XJU»U et Mihredjan-Gadec ^j\.^j^ 
^4>w«. Ces districts se rattachent à (la province d') 
El-Djebel et payent chacun leurs contributions à 
part Juuâixit ^ \ys\À3j\^. (On les classe ainsi: ) Mah 
el-Koufa et ses casehas, c'est-à-dire, Ed-Dinaouer, 
caseba (chef-lieu) des cantons supérieurs ^^.juW^Jt 
JLp^I, et Garmacin, co^^&a des cantons inférieurs. 
Le Mah el-Koufa a pour limites, à l'ouest, les pro- 
vinces de Holouan; au sud, les provinces de Macé- 
bédan ; à l'est , les provinces de Hamadan , et au nord , 
les provinces de l'Adherbeïdjan. Ses contributions, 
estimées au terme moyen, montent à 5,oob«ooo de 
dirhems. 

Mah el-Basra et ses casebas, Nehaouehd «XJ»^ [sic) 
et Beroudjerd ^j^x^. Ses contributions, estimées 
au terme moyen , sont de 4, 800,000 dirhems. 

Hamadan; ses contributions, au terme moyen, 
sont de 1 ,700,000 dirhems. 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 171 

Macébédan et ses villes (j<>mi, Es-Ghirouan ^j^^j^S 
et Âdherbeîdjan; ses contributions montent à 
1,100,000 dirhems. 

Mihredjan-Gadec (i^j^j-f^ [sic) et ses casebasy 

Es-Seïmera «^^h^I et ^ Ses contributions, 

estimées au terme moyen, sont de a,aoo,ooo dir- 
hems. 

El-Eîghareïn , terres situées dans divers districts , 
ont pour casebas El-Keredj ^i^l et El-Meredj 
^^1. Lem*s contributions, année moyenne, sont de 
3,100,000 dirhems. 

Comm et Gacfaan. Leurs contributions se payent 
en argent monnayé et peuvent être estimées, au 
terme moyen, à 3,ooo,ooo de dirhems, 

Âdherbeîdjan , le district d'Ardebîl , Merend , Djo- 
rouaan {j^^j^ et Ouadnan ^1^1^ ont pour caseba la 
ville de Meragha a^^. Leurs contributions, au 
terme moyen , sont de A,5oo,ooo dirhems. 

Er-Beî forme un district à part. Il est situé du 
côté de Torient et touche aux limites du Hamadan. 
Denbaouend 4>u3l^d lui est annexé. Ses contribu- 
tions montent à 20,200, 000 dirhems. 

Le district de Gazouîn paye , d après le rôle »j^ 
de Tan sSy (85i-852 de J. G.), la somme de 
1,628,000 dirhems. 

Goumis est situé au nord d'Er-Rei.Ses villes sont 
Ed-Dameghan et Sidjistan. Les contributions sont 
de 1 , 1 5o,ooo dirhems. 

Djordjan est situé au nord-est de Goumis. (Il a 

^ Le nom est omis. 



172 AOUT 18Ô2. 

pour chef-lieu) Djordjarï-la-caseba. Ses contributions 

montent à 4, 000,000 de dirhems. 

Taberistan est la plus septentrionale (de ces pro- 
vinces)* Ses villes sont Amol et Saria. D'après le 
rôle de Tan 2 34 (848-8/19 de J- C.) il paya en con- 
tributions la somme de 1 , 1 68,070 dirhems. 

Immédiatement à Torient de Taberistan se trouve 
le Darend <x^ des Turcs ; au nord sont situés . . . 
jmJ\ et Et-Taïleçan 1. 

Ayant maintenant traité des provinces orientales , 
nous en reviendrons aux provinces occidentales. 
Les premières, à partir de TEuphrate , sont Tekrit, 

t) W*^' ♦ Es-Sinn (^^1, et El-Bouazîdj. 

Leurs contributions, estimées au taux moyen, sont 
de 1,700,000 dirhems^ 

Immédiatement après viennent Mosul et ses dé- 
pendances. Autrefois, Ghehre2our, ..... (jU et 
. , . âUtjb en faisaient partie, mais elles en furent 
distraites pour former chacune un district à part. 

Chehrezour, . * • . . [sic) ^j\xA*ai\ et ^Ll;^, 

dépendances de Mo^ul, fournissaient une contribu- 
tion ouedMfa qui montait à 2,780,000 dirhems* 

Les provinces situées sur la rive occidentale (du 
Tigre) et qui dépendaient de Mosul étaient celles 
d'El-Djezîra, de Ninive, d'El-Merdj et le territoire 

de iSj"^"^' Celles de la rive orientale étaient 

El-Hadîtha , Harra «j*, ^ù^ , El-Hilla ÀLtfJt , 

... ijy^j^, Ea-Hannana ioUîl, UJI, Ed-Di- 

^ Uimpôt n est pas indiqué. 

* Le manuscrit porte 700,000,000. 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 173 

naouer, . . • ^\j et Ouacit. Elles fournissaient une 
contribution de 6,3oo,ooo dirhems. 

Immédiatement au nord de la province de Mosul 
se trouvent celles de Ferîda iS^^j* ^t Berîda 4^*>^j, 
Dans (celle-ci (?)) est situé le Djebel el-Djoudi (TA- 
rarat) , montagne sur laquelle vint s'arrêter Tarche 
de Noé. Elle a deux casehas , àont l'une s appelle Dje- 
zîra Béni Omar, et l'autre, Masourin (yjj^k Dans 
celle-ci se fabrique tout le sel qui se transporte en 
Irac dans des bateaux. Les contributions de ces 
provinces montent, année moyenne, à la somme 
de 3,200^000 dirhems. 

A côté de ces provinces se trouve le Dîar Rebià, 

qui se compose des districts suivants : Beled, 

\»\àjS^jM^ Nisîbîn, Dara, Mari^în, Kefr-Toutha, le 
tell (ou colline) appelé Sindjar, Ras el-Aïn et El- 
Khabour. Cette province paye en contributions , y 
compris les ihtisabat i;^[f\.jmj:^\ ^, une somme qui 
monte à Zi,635,ooo dirhems. 

Immédiatement au nord de Dîar Tlebia se trouvent 
les districts d'Erzen et de Meîafarekin. Ils four- 
nissent, année moyenne, une contribution qui 
monte à 4, 100,000 dirhems. 

Ensuite se trouve le pays de Toroun {j^j^t qui 
forme une des provinces de l'Arménie. Le seigneur 
de ce territoire paye une mocatéa (ou redevance) 
annuelle de 1,000,000 de dirhems. 

Derrière Toroun , du côté du nord , est situé le 
pays d'Arménie. Il renferme les districts suivants : 

* Je ne connais pas la nature de cet impôt. 



174 AOÛT 1862. 

Hasran {j^jy^y Deibo] <>a>3, Rerzend ^^jy^ Siradj 

z\y^y crJ^^jli)-*J^. Ardjîch oS^«»^t, Kbalat, 

Es-Sisedjan ^^l^»^A*J^ , (jLt, Galicala et . . . 

^l'w^^uJl ^ dont la caseba se nomme Necheva ^^jJS^. 
Les contributions de TÂrménie se payent en mon- 
naie d'argent et forment, année moyenne, la somme 
de 4,000,000 de dirhems. 

Viennent ensuite les districts de Dîar Moder. A 
loccident se trouvent Ër-Roha, Harran, Seroudj, 

(jw«>04xXi , ^^^' » Tell-'Maouzen, le 

Axjlt^ des Béni Temîm, les villes d*El-Forat, 

sur le bord de TEuphrate et ^C^^t puis, 

sur la rive occidentale de TEuphrate, les districts 
(des rivières) Ël-Heni ^^1 et El-Meri isjiA* Les 
contributions de Diar Moder sont, au terme moyen, 
de 6,000,000 de dirhems. 

Réunissons les noms des districts occidentaux, je 
veux dire, de ceux qui ne sont pas situés vers le 
nord , mais vers Touest. Le premier est Hit , puis 
Aana,Er-Raheba, Kirkiciya et d'autres qui se trouvent 
dans la même direction, jusqu'à la limite de Diar- 
Moder. C'est là ce qu'on appelle les Districts de la 
route de VEaphrate. Leurs contributions montent à 
2,700,000 dirhems. 

Après Diar-Moder et du côté de l'occident, sont 
situés les districts du Djond de Kinnisrîn et des 
Aouasîm , qui font partie de la Syrie. Les villes de ces 

^ Selon ie dictionnaire géograpbiqae intitulé MeraciéUtUItdM, ce 
nom doit ft'éerire ^l:^!£uo • Je ne sais comment il faut le pro* 



noncer. 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 175 

districts sont Âlep, Ântakiya et Menbedj. Leurs con> 
tributioDS se payent en or monnayé et montent à 
36o,ooo dinars (somme qui équivaut à 5,4oo,ooo 
dirhems. ) 

Immédiatement à côté de ces districts sont ceux 
de Hims (Émesse) en Syrie. lis payent en contri- 
butions 1 18,000 dinars (1,770,000 dirhems). 

Puis se trouvent les districts du Djond de Damas 
enSyrie. Leurs contributions montent à 1 20,000 di- 
nars (1,800,000 dirhems). 

Elnsuite viennent les districts du Djond du Jour- 
dain eoSyrie. lis payent en contributions 1 09,000 di- 
nars ( 1,635,000 dirhems). 

Ensuite se trouvent les districts du Djond de 
Fiiistin (la Palestine) , dont les villes principales sont 
Er-Ramla et Beît el-Macdis (Jérusalem). Leurs con- 
tributions se payent en monnaie d'or et montent à 
195,000 dinars (ce qui équivaut à 2,91)5,000 dir- 
hems). 

Passons aux districts et cantons de Aiisr (le Vieux- 
Caire) et d*Ei-Iskenderiya (Alexandrie). Ceux que 
Ton r^arde comme faisant partie du Said (la haute 
Egypte) sont El-Feîoum , Minf , Oucim t^u,^ , Ës-Gher- 
kiya, Delas, Bou-Sir, . . , i:^^j^^ Ahwas j-^UJI, 

. . . AjùuUl, Behnesa omul^JI , ^^muuJI , Taha, 

El-Ochmounein, (S'^^9 *^.^^i Ansina 

UiAit, Soyout, <^JsiAw, Gahcaoua »jj^. Ikh- 

mim, Ed-Deir, Âbchaîa «^UJ(, Gaou tf^U, Kina <^, 
Dend^a (?) «jL^, Manfelout (?) t)^-*^, LuxorjjuajM , 
Erment, Assna (S:^j, Adfou tf^t et Osouan. Geux 



176 AOÛT 1862. 

de la Basse-Terre (la basse Egypte) sont : Sakara 

1^, Iblîl Jua>3 »j[Mi\jJu, Et-Tour j^JaJl, 

. .. A)ot ub^» ••• ^^^» "'j^. El-Fa- 

rema U^l, . . . l^^^, Dimyat (Damiette) Tinnîs, 
Menouf oy^, Touwa »jio, Sakha Uâr, Tîda »«Kx>, 
El-Afrahôun (jr^^V^^t , Nakîza ù^^oo , El-Arîch, . . . 
Ua^3 , El-Caïs (j^\ , . . • Jl»^;3 , Ed-Doyourj^*3Jl, 

. , . Ikuj, . . , ^;>*►, Marîout, . . , J*«, 

(j*#^JiUI , . . . c^l^ , , . . CAJ^ , Âkhnou^^A^I , Rechîd 
(Rosette) JU»;, et. .. . t>5^^-»*o. Les contributions de 
tous ces districts se payent en or et montent à la 
somme de 2,5oo,ooo dinars (ce qui équivaut à 
87,600,000 dirhems). 

Au delà de Barca se trouve El-Cairouan^. 

Il nous reste à mentionner d'autres contrées dont 
nous n'avons pas encore parlé , celles qui forment 
les provinces du sud. Ces contrées sont: Tlrac, le 
Nedjd, le Hidjaz, la Mecque, Médine et les pro- 
vinces du Yémen; puis, du côté du sud-est, les pro- 
vinces d'Oman, d'El-Yemama et d'El-Bahreïn. 

Le Nedjd commence à la limite méridionale de 
rirac, limite marquée par (le lieu nommé) El- 
Odheïb u^iXjJt , et se prolongeant en ligne droite 
jusqu'à El-Ghour. Du côté de l'occident, la limite 
(du Nedjd) commence à Es-Semaoua, qui est le 
marché du Yémama. La plupart des districts dont 

^ L^impôl n>8t pas mentionné. Il est très- probable qu'à cette 
époque la dynastie des Aghiebides, qui régnait à Gaironan, nen 
payait pas. L'Espagne ne payait rien ; elle formait alors un empire 
indépendant gouverné par lés Omeïadcs. 



NOTICE SDR CODAMA ET SES ÉCRITS. 177 

se compose le Nedjd sont inhabités. Dans cette pro- 
vince se trouvent les deux fameuses montagnes de 
Taï et les sources appartenant à la tribu qui porte 
ce nom. Le Ghour marque ensuite la limite du 
Nedjd (laquelle s'étend) jusqu'à la frontière du Té- 
hama. (Le Nedjd) renferme des cantons dont les 
uns s'appellent des mikhlafs et les autres des ards 
{Jojs>. Tels sont Lîna , El-Amc, Nedjran, ... y^ El- 
Menazil, Okadh, Et-Taïf, Bicha, Djorech {j»»y^t 
Tebala, . . . ajm5", Es-Cherat, les Ard {Jo\js^ de 
Médine, (ville) dont les districts et cantons sont 
sains et fertiles, Yathrib, Teïma, Doumet el-Djen- 
del, El-Forâ j/^l, Dhoui-Meroua, Ouadi'l-Cora, 
Medyen, Kbaïber, Fedek, Cora-Oraïna xxj^ ^^J3, 
. . . x>U , Rohat i^Uî^, Es-Seïala *lluJ!, Er-Rakhma 
x^i^yt , Ghorac \^)y^, El-Ak-hal. Toutes ces localités 
réunies s'appellent El-Hareméin ; leurs contributions 
montent. à 100,000 dinars (somme équivalente à 
i,5oo,ooo dirhems). 

Au sud de cette province se trouvent les districts 
et mikhlafs du Yémen , savoir : le mikhlaf de Sanâa , 
celui de Saada, celui de Chaker »;5\w, Ghom- 
dan(?) (jl4X4, Soda ^^J^, Djofî ^^ju^, Aden, Ma- 
reb, Hadramaout, Khaoulan, . . . ^j-^U Es-Selif, 
El-Maafir, Yahsab, Zebîd, Akk Jl^, Djazan (?) U, 
Michâr^lA*^, El-Amloul, Tîmar jUw, le mikhlaf 

des Béni Amer, c'^^' «-j»^^*^, Hemdan, 

Es-Chiher, Ces districts fournissent, en monnaie 
d'or, une contribution de 600,000 dinars (qui équi^ 
valent à 9,000,000 de dirhems). 



178 AOÛT 1852. 

El-Babreïn renferme les cantons de Ak^ jJt , 

de Djoatha Ll^»-, d'El-Khatt, d'El-Calîf, de 

jyXmS\, de • . . ^yné.de jJUJt, d'Ëd-Dareîn 

et de ajUJI. Les contributions fournies par le 

Yemama et le Bahreïn, telles qu'elles se trouvent 
inscrites sur l'état ^K*^ dressé par Ibn el-Modebber 
pour Tan aSy (85 1-862 de J. C), se payaient en 
monnaie d'or et montaient à 620,000 dinars (ce 
qui équivaut à 7,800,000 dirhems). 

Le mocatéâ d'Oman se payait en or monnayé et 
montait à 3oo,ooo dinars (4,5oo,ooo dirhems). 

Toutes ces provinces font partie de l'empire 
musulman , et nous en avons indiqué les contrîbu- 
tioDs en les estimant au terme moyen. Si, de nos 
jours, certaines localités fournissent des contributions 
dont le montant est inférieiur à celui d'autrefois, il 
ne faut pas y faire attention , ni en adopter le chiffre 
comme base (de calcul). Ces différences proviennent 
du défaut d'exactitude et du manque de fermeté (de 
la part des percepteurs). Pour les autres localités qui 
ne sont pas indiquées ici , on a refusé de nous com- 
muniquer les chiffres de leurs contributions; mais 
ils doivent être analogues à ceux déjà indiqués^. 
Nous réunissons ici toutes ces sommes afin de per- 
mettre au lecteur de les examiner plus facilement. 

^ Le mot J^ se trouve employé avec cette signification dans les 
Prolégomènes d'Ibo Khaldoun , page 221 de la première partie de 
Tédition de Paris. 

' Ici je traduis par conjecture le passage très-obscur dont voici 
ie texte et la traduction littérale: \ô^^^ ÀJua &«Ju6^4 JfWt 
Lâ^ [ <vJU^4w et le reste, (fuon empêche (de votr)» suit la même voie. 



NOTICE SUR CODÂMA ET SES ÉCRITS. 179 

II y ad*abord en monnaie d*or 6,920,000 dinars^ 
ce qui &it, en estimant le dinar k quinze dirhems, 
la somme de 73,800,000 dirhems. 

RÉCAPITULATION. 

Diriienw. 

LeSeouad' ' ioo,o3o,ooo 

EI-Ahouaz a3,ooo,ooo 

Le Fars a4iOoo,ooo 

Le Khoraçan 87,000,000 

Ifah d-Koufa 5,ooo,ooo 

Ifihredjan-Cadec ciji^La»^ (51c) * 3, 100,000 

Gmim et Gachan 3o,ooo,ooo 

Er-Rei et Denbaouend o^^^y {sic) ao,o8o,ooo 

Coumb i,o5o,ooo 

Le Taberistan 4*280,700 

Chehresour et (jLjuLâJt 2,760,000 

Diar Rebiâ 9,635,ooo 

^LLj et Toroun 100,000 

Amid 2,000,000 

Les cantons de la route de FËuphrate 2,700,000 

Le Djond de Hims, 2,018,000 dinars 30,270,000 

Le Djond de Filistin, 2,o5g,ooo dinars 3o,885,ooo 

Les HaremeÎQ, 100,000 dinars i,5oo,ooo 

Oman, 3oo,ooo dinars â«5oo,ooo 

^ Je ne tronye que 4,382, 000 dinars. Au reste, le manuscrit ne 
BOUS fournit pas Taddition des dirhems. 

' Dtas cette récapitulation, la liste des provinces. Tordre des 
noms et les chiffres des contributions ne s'accordent pas avec les 
indications déjà données. L'auteur paraît Tavoir substituée par roé- 
garde à celle qu'il avait eu l'intention d'offrir à ses lecteurs , ou bien 
le copiste rama altérée avec une hardiesse inexcusable. 

' Le copiste, en écrivant cette somme, a mis dinars au lieu de 
dirhems, 

* Le copiste a écrit ajUiL à la place de jgjlj. 



180 AOUT 1802. 

(Le nom manque) aoa»ooo 

Le KermaQ 1,000,000 

Holouan 700,000 

Masébédan i,aoo,ooo 

Ël-Eïgharein 3,8oo,ooo 

L'Adherbeidjan 4»5oo,ooo 

Lr>/^ O^) ^* Abher i,8a8,ooo 

Djordjan 4»ooo,ooo 

Tekrît, . . . (jUyJJI Es-Senn et El-Bouaitdj. 900,000 

Le district de Mosul 6,3oo,ooo 

Erzen et Meîafarekîn 4»aoo,ooo 

L'Arménie â.ooo.ooo 

Dîar-Moder 6,000,000 

Kinnisrin elles Aouasim, 3 60,000 dinars* . . . 5,4oo,ooo 

Le Djond de Damas, 1,600,000 dinars a,4oo,ooo 

Misr et Alexandrie, 2,5oo,ooo dinars ....... 37,600,000 

Le Yémen , 600,000 dinars g,ooo,ooo 



La capitation payée par les individus de la capi- 
tale, Dar es-Selam (le séjour du salut, Baghdad), 
qui appartient à lun ou à l'autre des cultes tolérés, 
entre pour quelque chose dans ces contributions. 
Elle rapporte 200,000 dirhems. 

On raconte que Kisra-Pervîz (Ghosroès II) fit 
établir la statistique de son royaume aa^L ^ m ^t 
AxlCtf, dans la dix-septième année de son règne 
(619 de J. G.). Il possédait alors les districts du 
Seouad et toutes les autres provinces que nous avons 
nommées, celles de loccident exceptées. De ce 
côté, (la ville de Hît) marquait la frontière de son 
empire. Les provinces occidentales dont nous avons 
donné les noms étaient alors au pouvoir des Grecs. 



NOTICE SUR CODAMA ET SES ÉCRITS. 181 

Les impôts recueillis par Kisra se composaient de 
720,000 mithcals (dinars) en or monnayé, et 
600,000,000 de dirhems en argent. 

Je crois, dit Godama, que ces pays sont encore 
aujourd'hui dans le même état où ils étaient (Fan 
de l'hégire 2 o4); le sol en est encore fertile, et la 
population n'en a pas disparu ; mais pour les bien 
administrer, il faut un homme qui ait toujours la 
crainte de Dieu devant les yeux et qui se distingue 
par son instruction , son esprit d'équité et son dé- 
sintéressement. 



PIN DE L^EXTRAIT. 



Voici les renseignements les plus importants que 
nous pouvons tirer de ce document : i"En Tan 6 1 9 
de Jésus-Christ, le montant des impôts payés par 
Fempire persan à Chosroës II dépassait trois cents 
millions de francs; a** En Tan 820 de Jésus-Christ, 
sous le règne d'El-Mamoun , le revenu du khalifat 
de rOrieht dépassait un milliard de francs. 

M. G. DE S. 



182 AOÛT 1862. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 

SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 



PEOCÈS-VERBÂL DE LA SÉANCE DU 11 JUILLET 1862. 

La séance est ouverte à huit heures par M. Reinaud, pré- 
sident. 

n est donné lecture d^une lettre de M. £. Pichard, en re- 
merciment de sa nomination comme membre de la Société. 

Le Conseil procède au renouvellement de la Commission 
du Journal; les membres actuels sont réélus. 

OUVRAGES OFFERTS À LA SOCIETE. 

Par Tauteur. Catalogo de hs CocUces arabigos adquiridos 
en Tetuan por el gobierno de S. M. formado pordon Epailio 
Lafuente y Alcantara. Madrid, i86a , in-il^ 

Par Fauteur. Sur quelques monnaies houlagouides, par 
M. Fr. SoRET. (Tirage à part du Journal de la Société orien- 
tale allemande.) 

Par Tauteur. Lettre à M. Chalon sur les médailles inédites 
ou peu connues de la Mésène, par M. Victor Langlois. 
Bruxelles, 1862, in-8^ 

Par Tauteur. Le pays de Tanduc et les descendants du prêtre 
Jean, par M. G. Pauthier. Paris, 1862, in-8*. 

Par rinstitut. Bijdragen tôt de Taal- Landr en Volkenkunde 
van Nederlandsch Indiê. Vol. IV, cah. 3,4,5, Amsterdam, 
186a, in.8^ 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 185 

Coup d*obil sur les monnaies musulmanes, par Djevdet-Éfendi 
(traduit sur le texte turc, par M. Barbier de Meynard). 

Le fragment dont je présente la traduction est tiré d*un 
ouvrage en cours de publication à Constantinople S et qui est 
dû k l'initiative éclairée de feu Reschid-Pacha. Djevdet-Éfendi, 
Fauteur de ce livre, un des membres les plus instruits du 
conseil supérieur de Tinstruction publique , s'occupe depuis 
dix ans d'écrire l'histoire de l'Empire Ottoman , à partir du 
traité de Kaînardjeh jusqu'à la destruction des janissaires 
par Sultan Mahmoud (i8a6). Toucher k l'histoire contem- 
poraine est une entreprise délicate, et souvent périlleuse dans 
tous les pays, k plus forte raison en Turquie, où les préro- 
gatives du trône , le fanatisme religieux et des préjugés sécu- 
laires créent mille entraves au libre examen. Djevdet aborde 
ces difBcidtés avec une habileté , et , on peut le dire , une fran- 
chise dignes d'éloges. Écartant respectueusement la personne 
même des sultans , c'est à leurs vézirs et à leurs conseillers , 
et, comme on dit en Turquie, au ma-bein, qu'il demande 
compte des actes dont les conséquences ont été si souvent 
désastreuses pour son pays. Nous n'avons pas à apprécier ici 
la valeur de son livre; mais pour quiconque a parcouru les 
sèches annales de Naima et de Vaçif , l'introduction de la 
critique, dans l'histoire ottomane, est une heureuse innova- 
lion, qui mérite d'être saluée comme un progrès véritable. 
Souhaitons que l'œuvre de la civilisation européenne ne se 
borne pas à ce résultat. L'étude des antiquités musulmanes, 
et surtout des médaiUes , due à la même influence civilisa- 
trice, n'est encore qu'un essai timide chez les Osmanlis; 
mais, encouragée par le Gouvernement, elle ne pourrait que 
se développer et coopérer utilement aux recherches du monde 
savant. Peu de personnes sans doute, même à Constanti- 
nople, soupçonnaient l'exislence de la collection de Subhi- 
Bey, dont Djevdet nous décrit les richesses. Plusieurs mé- 

^ Nous avons publié déjà un extrait de la chronique de Djevdet dans ce 
recueil, numéro de juin 1862, p. 5o5 et suiv. 



184 AOÛT 1862. 

dailles de cette collection sont, il est vrai, connues en Europe 
depuis longues années ; toutefois les explications données par 
Tauteur sont de nature à fixer la lecture des monnaies cou- 
fiques ou d*autres pièce» des premiers siècles de Tislam; 
enfin, sa description rapide, mais complète» delà fabrication 
monétaire en Turquie, est une page à ajouter à THistoire 
de Hammer. 

G*est ce qui m*a déterminé à offrir la traduction de ce 
passage aux lecteurs du Journal asiatique, en regrettant que 
la publication si récente de Touvrage ne m*ait pas permis 
d'y joindre le texte , que j*ai d'ailleurs suivi d'aussi près que 
possible. 

«A la naissance de Tislam, les Arabes, vivant encore à 
Tétai nomade et dans toute la simplicité de la loi religieuse^, 
ne s'occupèrent pas de la fabrication des monnaies ; celles 
qui étaient alors entre leurs mains continuèrent à circuler 
comme par le passé , et leur valeur dépendait surtout de leur 
poids. Les dirhems et les dinars , qui avaient cours à cette 
époque, étaient à l'effigie des rois perses, des mages ou des 
souverains de l'Inde et de Byzance. Sous les quatre premiers 
khalifes , et au commencement du règne des Oméyades ; les 
soins de la conquête et de la guerre sainte firent encore né- 
gliger l'art de battre monnaie. Cependant quelques-uns de 
leurs agents et de leurs gouverneurs dans les provinces orien- 
tales de l'empire firent fabriquer des pièces d'argent avec 
une légende arabe , mais analogues , quant à la forme i aux 
médailles pehlevies des Sassanides , c'est-à-dire portant sor 
l'une des deux faces leur nom en lettres arabes , et dans une 
légende concentrique les prières besmeleh et tehlil*. J'en ai vu 
un grand nombre, et je citerai ici les plus anciennes parmi 
celles que j'ai examinées : 

^ Djevdet^Éfendi ne fait que copier ici un passage des Prolégomènes 
dlbn Kfaaldoun (section m, p. 127, de Tédition de Boulai), dont SilVesbre 
de Sacy a donné la traduction dans le tome II de sa ChrestomathU arabe, 
p. a8i. 

* Voyez l'explication de ces deux formules dans le Tableau de VEmpire 
Ottoman , de Mour. d*Ohs8on , t. Il , p. 1 7 et 1 1 3. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 185 

1** Une monnaie confique, frappée à Hertek (c^yt), 
chef-lieu d*un district du Tabareslan, dans Tannée 28 de 
rhégîre (6^8-649) • ^^^^ ^^ légende circulaire portait fu^ 
X\ ^U Au nom de Dieu, mon maître. 

2' Une monnaie coufique de Tan 07 (657-658), sous le 
khalife Ali, dont la légende circulaire était àxjf (Jj, Vomi de 
Dieu. 

3' Deux monnaies coufiques de Tan 38 et 39 (658-66o) , 
ornées de la légende circulaire du n** 1 : Au nom de Dieu, 
mon maître. 

4* Une pièce frappée à Darabguerd, Tan 60 (678-680), 
et une autre à Yezd , Tan 6 1 , avec les mots coufiques hismil- 
lah, tracés circulaîrement, et sur Tune des faces, en lettres 
pehlevies ,^)AJ»^^t ywof saj; ^jj\ Awt iXac» Abd Allah, fils de 
Zobeîr, prince des croyants. 

b" Plusieurs pièces coufiques, frappées à Bessa en 78 
(697), portant sur le champ le nom de El-Haddjadj ben 
Youçef, et en légende circulaire : ojc^^ amI jl <Jf ^ iLl auj 
m\ Jj^\ 0^ 1 Au nom de Dieu; il n'y a d'aulre Dieu ^ue 
Dieu l'unique : Mohammed est l'apôtre de Dieu, 

6* Trois pièces de Tan 122, 124 et 127 (de 739 à 7^5), 
portant en caractères coufiques le mot ^, Omar, nom d'un 
sipehbed, c'est-à-dire d'un chef des troupes préposées a la 
garde des frontières dans le Tabarestân. 

7* Une pièce , la plus moderne de toutes , frappée l'an 1 37 
(754-^755), avec le nom en lettres coufiques de Suleîmân, 
qui était un des émirs du Tabarestân. 

Toutes ces monnaies appartiennent à un amateur distin- 
gué , mon ami Subhi-Bey-Éfendi , qui possède une curieuse 
collection d'antiquités, et principalement de monnaies orien- 
tales. C'est chez lui que je les ai examinées une à une, et que 
j'ai déchiffré les caractères coufiques de leurs légendes. Mal- 
heureusement le millésime et le nom de la ville où elles ont 
été frappées sont en caractères pehlevis. Ne connaissant pas 
XX. i3 



186 AOÛT 1862. 

cette langue , j*ai dâ consulter quelques personnes dont Tex- 
périence à cet égard est généralement reconnue. Dans la 
pièce n** U, par exemple, c^est d après leur autorité seule- 
ment que j*ai traduit par Ahd Allah ben Zobeîr, etc. les deux 
lignes peUevies de Fexergue. 

Les pièces de ce genre ne peuvent pas être considérées 
comme la monnaie olBcielle des musulmans k cette époque ; 
elles doivent leur origine , je le répète , à des gouverneurs de 
province qui les fabriquaient pour faciliter les transactions 
commerciales. Les savants s'accordent à reconnaître que la 
première émission d^une monnaie ayant cours dans tout 
Tempîre remonte à la dynastie des Oméyades, et a pour 
auteur El-Haddjadj. Cet émir, ayant été nommé gouverneur 
dellrak par le khalife Abd el-Mélik, y fit fabriquer de la 
monnaie, en vertu des ordres du kbaiife^Tan 76 (6g4) selon 
les uns \ Fan 76 selon les autres. Cette monnaie ne tarda 
pas à être reçue dans tous les États musidmans; cependant, 
jusqu*à ce jour, je n*en ai jamais vu avec Tune des deux 
dates précitées. Les plus anciennes monnaies oméyades qu'il 
m*a été possible d'examiner sont : 

8" Une pièce d'or, portant sur l'avers, en lettres cou- 
fiques : Il n'y a de Dieu que Dieu, V unique; il na pas d'associé 
(formule du Scfiehadet); en légende circulaire : Mohammed 
est V apôtre de Dieu; c'est Dieu qui Va envoyé avec la direction 
et la vraie religion pour la manifester au-dessns de toute autre 
(Koran, ix, 33) ; au revers : Au nom de Dieu, ce dinar a été 
frappé Van 18 [691-698). 

Des amateurs d'antiquités m'ont affirmé que Ton possé- 
dait, au cabinet des médailles de Florence, une pièce (Tor au 
millésime de l'an 77 de l'hégire. Il est, je crois, impossible 
de trouver une pièce d'or musulmane plus ancienne que cette 
dernière, si ce renseignement est exact. Quant aux pièces 
d'argent au millésime de 78, je sais, par le témoignage de 

' Ibn Khaidoun croit que cette mesure fut prise fan 7Ù. (Cf. Cfcreftonialfcie 
arohe, loc, laud. et les remarques de Fraehn, Journal anatiqne , avril iSaS» 
P.196O 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 187 

plusieurs numismates, qu*ii en existe, mais je n'en ai jamais 
rencontré. 

9* La plus ancienne monnaie coufique en argent que j'ai 
vue, portail sur une face : // ny a de Dieu que Dieu, V unique ; 
il na pas d'associé; en légende circulaire : Au nom de Dieu, 
ce dirhem a été frappé à Basrah, Van 19 (698)\ sur l'autre 
face : Dieu est un; c'est le Dieu étemel, il n'a pas enfanté et n'a 
pas été enfanté; il n'a pas d'égal (Koran, surate cxii) ; et tout 
autour : Mohammed est l'apôtre de Dieu, c'est Dieu qui Va en- 
voyé avec la direction, etc, [Koran, ix, 33). 

Toutes les monnaies d'or et d'argent de la dynastie des 
Oméyades , jusqu'à la chute de cette famille en i3a (janvier 
760) , du moins celles qui ont été soumises à mon examen , 
portent invariablement l'une ou l'autre de ces formules. Mais 
k 1 avènement de Merwân , surnommé l'âne (12'j de l'hégire, 
744 de J. C), plusieurs gouverneurs des provinces orien- 
tales, s'étant révoltés contre ce khalife, créèrent des mon- 
naies d'argent , avec une légende qui indiquait leur attache- 
ment à la maison d'Ali. Parmi les plus remarquables, j'ai 
trouvé : 

1 o" Une pièce dont l'avers portait : Il ny a pas d'autre 
Dieu que Dieu l'unique ; il na point d'associé. Sur les bords , 
on lisait : Dis : je ne vous demande, pour récompense de ma 
prédication, que V amour envers ma famille (Koran, XLii, 22) ; 
sur la légende circulaire extérieure : Au nom de Dieu, frappé 
à Djey l'an 127; sur le revers : Dieu est un; c'est le Dieu éter- 
nel , etc, ( Koran , surate cxi i ) . 

Il'' Une pièce ayant la même teneur, mais fabriquée à 
Nomaîrah \ Tan ia8 de l'hégire. 

Vaçîf-Éfendi prétend , d'après quelques passages de l'his- 
toire des rois duMagreb, qu'on mit en circulation, l'an 18 
de l'hégire, une monnaie semblablç à celle des Sassanides, 
portant, les unes : Il n'y a pas Jt autre Dieu que Dieu, et Mo- 

' D*aprè8 le Kamoui, c^esi le nom d*ime mootagne ou d*une colline, 
entre le Nedjd et Basrah. (Cf. Meraçid tUlttUa , édition Juynboll, huitième 
fascicule.) 

i3. 



188 AOÛT 1862. 

hammed est son apôtre; les autres : Jl n'y a pas d'autre Dieu 
que Dieu, et Omar, y^^ i»\ 3] «J| >y. Cet historien mentionne, 
en second lieu, une monnaie de forme ronde, fabriquée à 
la Mecque par Abd Allah ben Zobeîr, sur laquelle on lisait 
d'un côté : Mohammed est V apôtre de Dieu; de Tautre : Dieu a 

prescrit la bonne foi et la justice, JtXjJL *liJlj AÎjtyof ; et 
sur les contours, le nom d'Abd Allah. Or, il est démontré 
scien tifiquemenl qu'il n'existe pas de monnaie au nom d'Omar, 
et il est probable qu'il s'agit , dans la pièce décrite par Vaçif , 
du chef militaire du Tabarestân, nommé Omar, dont il a 
été question ci-dessus (voy. n** 6). Ce nom étant écrit en ca- 
ractères coufiques, au milieu d'un exergue pehlevi, que 
Vaçif n'était pas en état de déchiffrer, il n'est pas surprenant 
qu'il ait commis cette erreur. Quant au nom d'Abd Allah , 
ûls de Zobeîr, en caractères arabes, il ne paraît pas avoir 
été signalé jusqu'ici par les numismates. Ainsi que je l'ai 
dit précédemment, on s'accorde à reconnaître que les pre- 
mières pièces de fabrication arabe sont de l'an 76 ou 76 de 
l'hégire, et ont pour auteur El-Haddjadj, fils de Youçef. 

Je dois rapporter cependant un fait qui pourrait ébranler 
cette opinion si généralement admise. Tandis que je corri- 
geais les épreuves du présent volume (tome V) de mon 
Histoire, en 1276 (1859-1860), un Persan, nommé Djevad, 
apporta dans les bureaux de la Porte une pièce arabe d'ar- 
gent, fabriquée à Basrah l'an ùo de* l'hégire (660). Elle fait 
partie aujourd'hui de la collection de Subhi-Bey-Éfendi, chez 
qui j'ai pu l'examiner. Sur une face, on lit l'inscription en 
coufique : Dieu est unique, il nu pas enfanté, etc. \J^oran, 
sur. Gxii); sur les contours : Mohammed estV apôtre de Dieu, etc. 
comme dans la pièce n* 8 ; sur l'autre face : // n'y a point 
d'autre Dieu que Dieu , Vunique; il n'a point ^associé; et en 
rond : Ce dirhem a été frappé à Basrah, l'an âO, Quelques 
historiens ont prétendu qu'il existait une monnaie à l'effigie 
de Moaviah ou de Khaled , fils de Vélid , portant un sabre. 
C'est ce qui fait dire à Vaçif-Éfendi qu'on trouve des pièces 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 189 

avec l'image de Moaviah, fîls de Sofiân, armé d'un sabre. 
Mais cette assertion ne me semble pas digne de confiance. 

On lit dans le même historien qu ElHaddjadj fit frapper, 
dans rirak, Tan 76, une monnaie portant d'un côté: Il est 
le Diea uniqae, le Dieu étemel j (X.6^1 amÎ cXs^f ^' j^' et de 
Tau Ire le nom Abd-el-Mélik. Or j'ai examiné avec soin , et 
dans leur ordres chronologique , toutes le» pièces des Oméyades 
frappées en divers pays, depuis Tan 78 jusqu'en iSa (749- 
760), date de la chute de cette dynastie, sans découvrir sur 
une seule la trace du nom d'un khalife. li est même admis 
en numismatique que nul khalife de la maison d*Âbbas, 
avant Mehdi, n'a inscrit son nom sur la monnaie V Seule- 
ment on a trouvé des médailles de cuivre fabriquées sur les 
frontières de Syrie parles Grecs, à reflSgie et au nom d'Abd- 
el-Mélik. 

Je vais donner maintenant la description d'un certain 
nombre de monnaies abbassides qui m'ont passé sous les 
yeux. 

12* Une pièce de l'an iSa (749-750), portant à l'avers : 
Il ny a pas d'autre Dieu que Diea, l'unique; il na pas d'associé; 
sur les contours : Au nom de Dieu, ce dirhem a été frappé à 
Koufah, l'an 132; au revers : Mohammed est V apôtre de Dieu; 
et dans le contour extérieur: Mohammed est l'apôtre de Dieu; 
il a été envoyé, etc. (Koran, surate cxii). Les médailles des 
premières années de la' dynastie abbasside- présentent toutes 
ce même type. 

i3* Une pièce d'argent de l'époque où Mohammed el- 
Mehdi, fils du khalife Abou Djafar Mansour, était gouver- 
neur de Mohammedyeh. On lit sur l'avers la formule ordi- 
naire : 7/ n'y a de Dieu que Dieu, etc. sur les bords : Au nom de 
Dieu, ce dirhem a été frappé à Mohammedyeh, *j <Xé^l^ <->y^ » 

> Ibn Khaldoun parait croire le contraire ; mais il est vraisemblable qa*il 
n avait jamais examine de médailles oméyades. L'assertion de notre auteur 
est pleinement confirmée par le témoignage de Conde dans son mémoire 
sur les monnaies arabes, etc. ( Memorias de la real Academia de la historia, 
t.V.) 



190 AOÛT 1862. 

Van 152 (T69); sur le revers : ^^ o^^ <J0^\ ^ ^1 Itf 
^Ji^jli\ y^\ , Par l'ordre d'EUMehdi Mohammed, Jils de Vémir 
des croyants. Sur la légende extérieure , comme dans le nu- 
méro précédent. 

là'' Une autre pièce d'argent du khalife Mansour, sur la- 
quelle on lit, après le nom du souverain, celui de son vézir 
El'Haçan. 

A cette époque , les monnaies fabriquées à Bagdad , siège 
de Tempire, ou dans les autres villes de Flrak, ne portaient 
jamais le nom et les titres du khalife. Le premier qui ait 
dérogé à cet usage est El-Mehdi, qui monta sur le trône en 
1 58 (774-775) , comme le prouve la pièce suivante : 

1 5' Dirhem frappé à Bagdad Tan 1 59. On lit sur Tavers : 
Il n'y a de Diea que Dieu. V unique, etc. sur les bords : Au 
nom de Dieu, ce dirhem a été frappé dans la ville da salut 
^>iLJt *ÂJtXrf7 Vt^* ^*^^ ^^^' ^^^ ^® revers, la formule 
habituelle : Mohammed est V apôtre de Dieu; il a été envoyé, etc, 

16° Une pièce de son successeur Haroun er-Reschid, 
lorsqu'il était gouverneur de Haroun- Abâd \ Tan 169 (785- 
786) ; on lit sur une des faces : o^^ <J y^\ ^ titX^f iÀ^SÂ 
^^)aJv.>^I vy»l ^\tLe khalife El-Mehdi, par l'ordre de Haroun, 
fils de Vémir des croyants. 

Les monnaies d'argent postérieures à l'avènement de Ha- 
roun er-Reschid (170 de l'hég. 786 de J. C.) portent les 
mots cNA^y î ^^Â;JiI , le khalife Reschid; mais on ne lit pas 
ce nom sur les monnaies d'or, comme le prouve : 

1 7* Une pièce d'or, portant à l'avers les formules décrites 
dans les numéros précédents , et au revers : Au nom de Dieu, 
ce dinar a été frappé Van 110, sans aucune mention du nom. 

Lorsque le vézir Djafar reçut du khalife la surintendance 
des monnaies, il y inscrivit son propre nom, ainsi qu'on lè 
voit sur plusieurs pièces d'or de l'an 171 de l'hégire. Mab 
le khalife £1-Émin , fils de Haroun , est le premier qui ait 

^ Voyez, sur cette localité, Et. Quatremère, Mémoire géographiquie mr la 
Bahylonie ancienne et moderne, p. i a. 

V 



NOUVELLES £T MÉLANGES. 191 

inscrit son nom sur la monnaie d*or. J*ai examiné plusieurs 
pièces de Tan ig5 (810-811), portant les deux mots iÀJJi' 
Q^\ . le khalife El-Émin. Pendant le temps de la domina- 
tion des Émir al-Oméra , on trouve le nom de ces usurpa- 
teurs à côté de celui des khalifes sur toutes les médailles 
dor et d'argent, et cet usage dura jusqu à Tépoque où le 
khalife Ahmed Naçer-li-din- Allah , reprenant le pouvoir ab- 
solu, inscrivit le nom seul du khalife sur la monnaie mu- 
sulmane. 

On lit dans l'Histoire de Vaçif-Éfendi : « Mohammed- 
Émin , fils de Haroun er-Reschid , fit inscrire sur sa monnaie , 
dans le champ : Dieu est mon seigneur ( amI ^^), et dans Texer- 
gue : o^JI O})^ O^ O^' 0^» Mohammed Emin, fils de 
Haroun er-Reschid. Lorsqu'il nomma son fils Mouça héritier 
présomptif (ve/j-aAJ), avec les titres de nathek hilhakk eU 
Modhaffer Billah, tle confesseur de la vérité, le protégé de 
Dieu , » il fit mettre sur les monnaies la formule suivante : 
vÂiiiF (i^'U yâSUj V^ J^i Toute puissance et tout honneur à 
Mouça el-Modhaffer, Telles sont les paroles de Vaçif ; mais 
je déclare n'avoir jamais vu de monnaie avec la légende qui 
précède. Voici pourtant comment on pourrait en expliquer 
l'existence. On sait que Mamoun , dans sa lutte contre son 
frère Emin, feignit de vouloir faire passer la couronne sur 
la tête des Alides , et lui suscita un rival en la personne de 
Mouça, surnommé El-Razim (^^IjCff)- Plus tard, après, 
avoir triomphé de son frère Émin , il se débarrassa par le 
poison de l'imam Mouça. En se rappelant celte circonstance, 
on peut admettre qu'une monnaie a été frappée par Tordre 
de Mamoun , en honneur et au nom de Mouça ; mais c'est une 
simple conjecture , que l'observation n'a pas encore confirmée. 

Les monnaies des souverains oméyades de l'Espagne por- 
tent sur une face : Au nom de Dieu, ce dinar a été frappé en 
Espagne, puis le millésime; sur l'autre face, le nom et les 
titres du khalife régnant. Celles des Fathémites , d'un côté : 
// n'y a de Dieu que Dieu V unique, il na pas d'associé; Mo- 



192 AOÛT 1862. 

hammed est V apôtre de Dieu, et Ali, Vand de Dieu, è»\ ^iy^ de 

]*autre, le nom et les titres du souverain. 

Ibn Hammad dit dans sa Chronique qu*à Tavénement des 
ÂlnQohades dans le Magreb , Mehdi fit battre des monnaies 
d*or et d*argent de forme quadrangulaire , ayant d*un côté 
les formules bismillah et hamdiîlah, et de Tautre, le nom, 
par ordre de succession , de tous les princes de la dynastie 
almohade, jusqu*au souverain qui était alors sur le trône ^. 
Jusqu'à Tépoque de Tinvasion de Timour, ces pièces furent 
très répandues chez les musulmans. 

*L'an 358 (968-969), le Sicilien ÂbouH-Huçeîn Ejevher 
el-Kiatib, ^*étant emparé de TÉgypte à la tête des armées de 
Moezz-li-din-ÂUah , commença (Tannée suivante) la fonda- 
tion du Caire (Kakireh-Moezzieh) , et fit faire une monnaie 
nouvelle au nom de Moezz. L*avers offre une légende de 
trois lignes ; la première est ainsi conçue : Celui qui affermit 
l'unité de Dieu, V unique, l'éternel, c>.6^f iXa^^F cN^a^yJ yu» ; 
la seconde: El-Moezz-li-din Allah, émir el-Mouminin; la troi- 
sième : ( e dinar a été frappé à Misr, l'an 358. Sur le revers, 
on lit la formule d'usage : «lL,^| i»\ jy*') OmÎj^ a»! ^I *jf ^ 
(_5ji-JL, elc. Sur les dirhems de Mélik Dhafaer Beybars , 
nom qui a été formé du mot (Ajfj^Xy , le léopard-hey, on 
trouve rimage d'un léopard *. 

Dans les premières années de la monarchie ottomane, les 
monnaies en circulation étaient celles des Seldjoukides , des 
deux Iraks, de Tlnde, du Magreb et de l'Europe. Sultan 

* Cf. Conde, Mëmoire cité, p. 297 ; Tychsen, Inind, in rem nom. Afo- 
hammed, p. 128. Sur le Mehdi, c*cst-à-dire Âbou Âbd Allah Mohammed, 
fondaleur de la dyuastie des Almobades, voyez Aboul-Féda, Ann, Afo^iem. 
t. III-, p. 399; Histoire des souverains du Maghreb, trad. par M. Beaumiîer, 
p. \lii et suiv. 

• On peut voir dans Y Egypte moderne , de Marcel, p. i65 (Gollectiou de 
l'Univers pittoresque) , le fac-similé de trois monnaies de cette époqae, 
portant sur l'exergue de l'avers l'image grossière d'un léo[)ard. M. Marcd , 
oubliant sans doute l'élymologie du nom de Beybars, affirme a tort que les 
armoiries de ce prince représentent un lion passant. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 193 

Orkhân-Ghazi fut le premier qui ordonna de fabriquer des 
pièces d*argent. 

On lit dans Thistoire de Vaçif-Éfendi : « La prise de Brousse 
ayant accru la puissance de Sultan Orkhân (736 = i3a6), 
dès la seconde année de son règne , il établît une organisa- 
tion nouvelle et des lois somptuaires; mais il ne prit aucune 
mesure à Tégard des monnaies en circulation. Cependant 
j*ai lu dans un recueil écrit par Idris Bitlisi (originaire de 
Bitlis, ville d'Arménie), qu il existe une monnaie datant du 
règne de ce sultan , et portant d*un côté : J. ^uyw J o^J^^ 
O^)^^ (jUiLJl m\ , Celai qui combat dan$ la voie de Diea, 
h sultan Orkhdn; de Tautre : Frappé à Brousse, en telle an- 
née de Thégire. ■ 

Malgré Tincertitude qui se révèle dans ce passage de Vaçif , 
il est démontré, par le témoignage de Thistoire, que sous le 
règne même d*Orkhân, Ala-eddin Pacha, après avoir donné 
ses soins à Torganisation de Farmée , fit battre monnaie. Du 
reste, les pièces d'argent et de cuivre de cette époque se 
rencontrent encore; j'en ai examiné quatorze, dont treize en 
argent et une en cuivre, dans la collection de Subhi-Bey- 
Éfendi. On Ht sur une face les mots : // n'y a de Dieu que 
Dieu, Mohammed est V apôtre de Dieu; sur l'autre face : Qt^^f * 
aSCIa a» I oJ^, Orkhân . que Dieu éternise son règne! De même, 
sur la monnaie de Sultan Murad-Khân I, on lit sur une face 
]a profession de foi (la ilaha illa allah, etc.) ; sur l'autre : 
Murad bon Orkliân, que Dieu éternise son règne! La monnaie 
de Ildirim-Bayézid-Khân (Bajazet I) présente, d'un côté, les 
mots : Que Dieu éternise son règne ! puis le millésime ; de 
l'autre: Bayézid,fils de Murad, Il en est de même des mon- 
naies contemporaines de Tchélébi-Sullan-Mohammed I et de 
Sultan Bayézid II. 

Jusqu'au règne de Sultan Mohammed Khan II , toute la 
monnaie ottomane était en argent. Après la prise de Cons- 
tantinople, ce souverain fit faire des pièces d'or portant d'un 

côté :yjj^ ^f j y^\^ yJf ow^^L^ ^-^ôjJl i^yL^o, Celui qui 



194 AOUT 1862. 

frappe Vor (qui bal monnaie y, le possesseur de la puissance et 
de la victoire, sur terre et sur mer; de Tautre coté: frappé à 
Constaniinople , puis Tannée. Cette formule resta longtemps 
en usage parmi les successeurs de Mohammed II; seulement, 
sur les pièces frappées après la prise de Tébriz, on lit les 
mots : aU £^% Sélim-Schah, D'après une tradition rappor- 
tée par Vaçif-Éfendi, Sultan Sélim II, à Tinstigation de 
quelques courtisans, ut inscrire sur sa monnaie, après la 
conquête de Chypre (1671 de J. C), les mots : ^yJ\ ^UtL» 
^j-j^^Jf ^Uiâj, Sultan des deux terres ^ Khakân des deux 
mers, suivant ainsi l'exemple de son aïeul Sultan S^im- 
Khân I, qui avait pris ce titre pour rappeler ses conquêtes 
en Egypte, en Arabie, dans ilrak, en Perse, sur la Médi- 
terranée et la mer Noire, et, en un mot, dans tant de bdles 
contrées, de FËurope et de TAsie. Je ne puis admettre l'asser- 
tion de Vaçif. En e£Pet, la série entière des monnaies otto- 
manes, frappées soit à Constantinople , soit dans les pro- 
vinces, depuis rétablissement de l'empire jusqu'à nos jours, 
m'a passé par les mains. Toutes ces monnaies , jusqu'au règne 
de Sultan Mohammed III inclusivement, sont identiques, 
quant à la légende, à celles de Sultan Mohammed II le Con- 
ciiiérant, à l'exception des pièces d'or frappées à Alep, en 
Egypte , et dans quelques villes du Gharb ; celles-ci portent 
la formule : Sultan des deux terres, Khakân des deux mers. Il 
est bon de remarquer aussi que, jusqu'au règne de Moham- 
med III, la monnaie d'argent portait d'un côté le nom de 
Constantinople ou de la ville où elle avait été fabriquée; de 
l'autre, le nom et les titres du padischah. Ce fut ce sultan 
qui, le premier, fit inscrire son nom dans l'intérieur du tou- 
ghra (chiffre impérial), sur la monnaie d'argent. Ce tôughra, 
depuis longtemps en usage pour le cachet d'or du sultan , 
n'avait jamais paru avant cette époque sur la monnaie d'ar- 
gent, et il était loin d'être aussi régulier et gracieux que le 
toughra moderne. • 

Les pièces d'argent de Sultan Ahmed I sont quelquefois 
ornées de ce chiffre , quelquefois on ne l'y trouve pas. Les 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 195 

pièces d*or du même règne portent, les unes, la formule: 
Saltan des deux terres, eic, les autres, Tancienne légende : 
y^\ <->^w> , etc. Les pièces d'argent de Mu^tafa I , et celles 
d'or et d'argent d'Osman II , présentent toutes les mots : Sul- 
tan des deux terres; mais quelques-unes n'ont pas de toughra. 
Ces mots se lisent sur les pièces d'or et sur quelques pièces 
d'argent de Sultan Murad IV; les secondes ne sont ornées 
que rarement du toughra. La même observation s'applique 
à la monnaie de Sultan Ibrahim. La monnaie d'or de Mo- 
hammed IV porte les mots : Sultan des deux terres, etc. et en 
outre, on trouve sur les pièces d'or de cette époque, prove- 
nant des villes barbaresques , l'ancienne légende ^^^jJI cj^Là, 
avec ou sans le chiffre impérial. Sous le règne de Sultan Su- 
leîmân II , on fabriqua des piastres du poids de 6 dirhems , 
avec l'inscription : Sultan des deux terres, etc. Il en est de 
même des piastres et des pièces d'or fabriquées sous Ahmed II. 

Pendant le règne de Mustafa II , on perfectionna la forme 
du toughra, ainsi qu'on l'observe sur quelques pièces d'or 
de cette époque. La formule Sultan des deux terres, etc. 
était gravée sur toutes les monnaies sans exception. Sous 
Sultan Ahmed III, de nouveaux perfectionnements furent 
apportés au dessin du toughra , et en général à la fabrication 
des monnaies petites ou grandes \ Sur quelques pièces d'or et 
d'argent, on voit d'un côté les mots Sultan des deux terres, etc. 
de l'autre le toughra. Sur quelques pièces, mais toujours en 
or, d'un côté le toughra, et de l'autre Constantinople , ou le 
nom de la ville d'où elles proviennent. Ënûn , sur quelques- 
unes , au mot CjJaxL^ est substitué le mot Jja^^XwI (Is- 
lambol) , c'est-à-dire « pleine de foi. » 

Les sequins , nommés foundouk et zer-makhouh *, portaient 

* Sur la législation monétaire de ce sultan, voyez Hammer, Histoire de ' 
VEmpire Ottoman, t. XIV, p. 1 85. 

* Ces monnaies étant tombées en désuétude depuis plusieurs années, 
Tauteur donne sur leur valeur vénale, comparée au taux de la piastre ac- 
tuelle , quelques explications étrangères à la numismatique , mais que nous 
ne pouvons nous ospenser de présenter à titre de renseignement et en les 
abrégeant. «Le foundouk pesait un dirhem, cinq grains, tandis que notre 
medjidiyeh d'or de cent piastres pèse deux dirhems, dix-sept grains ; mais 



196 AOÛT 1862. 

sur une face le chiffre impérial, et sur Tautre : frappé à h- 
lamhoU ou bien à Alep, à Tiflis, à Vân, selon la provenance 
de la pièce. Seulement les sequins , frappés en Egypte , por- 
taient au-dessous du toughra les mots yoj» j cjv^ « ^^ ^^^ 
le côté opposé , les mots : Sultan des deux terres, etc. Les grands 
sequins d*or de ]a valeur de quatre jusqu'à dix foundouks or- 
dinaires portaient, au-dessous du toughra : (jov^b Hj^^ l^ 
iLAÂ-îiV.k«>..V , Que sa victoire soit glorifiée ! frappé à Constanti- 
nople; et sur Tautre face : Sultan des deux terres, etc. Jusqu'à 
Sultan Sélim III (1789) , les monnaies conservèrent la même 
disposition, avec le nom Kostantinyeh ou Islambol; mais elles 
varièrent souvent quant au poids et au titre. Les pièces d'or 
de Sultan Abd-ul-Hamid (1774) se distinguent par leur 
beauté et leur régularité, et aussi par une modification dans 
la légende. D'un côté, elles ne portent que le toughra, et de 
l'autre *JUI[ ixliJLJt ^b j oyi»» a^^c la date de Tavéne- 
ment du sultan. 

Un mot, en finissant, sur la monnaie des khâns de Crimée. 
Le traité de Kainardjeh ayant conservé au sultan la juridic- 
tion religieuse sur les Tartares, d'après les prescriptions du 
Code musulman , le droit de battre monnaie et de réciter la 
khothah (prône du vendredi) ressortait de cette stipulation, 
et la Russie n'y fit aucune objection. Néanmoins les khâns 
de Crimée parvinrent à l'éluder. Aussi chercherait-on vaî- 

le foundouk étant au titre de vingt-trois , tandis que le titre du medjidiyeh 
n*est que de vingt-deux, il en résulte que deux foundouks équivalaient à on 
medjidiyeh actuel. Primitivement le zer-mahhouh avait les mêmes dimensions, 
le même titre , et par conséquent le même cours que le foundouk; mais plus 
tard, il fut considérablement altéré. Ainsi en 11Â6 (lySS), il valait 3 
piastres, 9 paras; en 1170 (1756-1757), d'après un document émané de 
Ismaïl-Raïf-Bey, directeur de Thôtel des monnaies sous Sultan Mustafii, 
il ne valait plus que 1 piastre, û5 paras. En laoa (1787-1788), une <Hr- 
donnance impériale fi^ea le taux légal du foundouk et du ducat ( maJ^] k 
5 piastres, et celui du zer-mahboub à 3 piastres 1/2.» Mouradjea d*Ohsson, 
qui écrivait à la fin du xviii' siècle, dit que le salaire des domestiques de 
son temps était de un zer-mahboub, «ce qui fait environ 7a livres tournois 
par an» (71 fr. 10 c). (Voyez Tahleaa de l'Empire OttomSn, t. IV, p. 191.) 
Cette évaluation s'accorde assez bien avec ce que dit Djevdei des altérations 
subies par la monnaie de ce nom. 



NOUVELLES Et MÉLANGES. 197 

nement le nom d*Âbd-ul-Hamid sur les monnaies tartares 
fabriquées après la conclusion de la paix. On y lit, au con- 
traire, d*un côté, le nom de Sélim-Guéraî ou de Devlet- 
Guéraï, et de l'autre, ^^L^ 4aâj j i^yi», frappé à Baglchek- 
Serai, Quelques pièces de Schahin-GuéraîKhân présentent 
la même disposition ; mais ordinairement les pièces d*or et 
d'argent fabriquées à cette époque renferment le nom de ce 
khan entrelacé dans le toughra ^ 



Le collège arménien, fondé par Samuel Moorat , rue Monsieur, 
n** 12 , a eu sa distribution de prix le 12 août 1863. M. Reinaud, 
membre de Tlnstitut , qui présidait à la solennité , a prononcé le 
discours suivant : 

Messieurs, 

Quel plus beau sujet de réunion que le motif qui nous 
rassemble aujourd'hui! L'intérêt qu'inspire une jeunesse, 
espoir de l'avenir, la satisfaction de Messieurs les directeurs 
et professeurs dont on proclame les succès, enfin les souve- 
nirs que réveille le nom arménien, voilà ce qui donne à celte 
solennité un air de bonheur et d'empressement des plus tou- 
chants. Tout ce que je pourrais dire à cet égard , chacun se 
le dit à part soi. Si donc je demande un instant la parole, 
c*est uniquement pour rappeler quelques faits qui ne sont 
pas étrangers à la circonstance , et qui ne feront que confir- 
mer les présentes dispositions. 

On peut dire à bon droit que la nation arménienne est 
restée du petit nombre de celles dont les traditions se per- 
dent dans la nuit des temps. Les souvenirs arméniens se 
rattachent au règne de Sémiramis; à l'instant où je parie, la 
communauté arménienne de Constantinople se dispose à 
publier des inscriptions assyriennes en caractères cunéi- 
formes et en langue arménienne, lesquelles remontent à 
plus de mille ans avant l'ère chrétienne. Sous le rapport phy- 

' Voyes lejhc-simile des monnaies de Crimée dans le Voyage de Reuilly, 
p. 31 5, et les observations de Langlès^ ihid. p. aai. 



108 AOÛT 1862. 

« « 

sique, aucune contrée n*a été mieux partagée que 1* Arménie : 
fertilité du sol , variété des sites , belle conformation et carac- 
tère heureux des habitants , rien n y manque; je me trompé : 
une circonstance a nui à TArménie , c*est le voisinage des 
grands centres politiques , ce qui a fait que ce riche pays a 
été presque de tout temps sous la domination étrangère. 
D abord soumis au joug des rois de TAssyrie , il tomba suc- 
cessivement sous les lois des rois de Perse et des lieutenants 
du grand Alexandre ; il fut ensuite un sujet de lutte entre 
les Persans et les Romains; puis il fut subjugué par les 
Arabes; maintenant il est partagé entre les Turcs, les Per- 
sans et les Russes. 

Les derniers beaux temps de TArménie furent ceux du 
moyen âge , pendant la période des croisades. A cette époque , 
les guerriers arméniens figurèrent avec honneur à côté des 
guerriers de TOccident, pour la défense de la Croix. S'ils ne 
rétablirent pas Tindépendance nationale sur des bases larges 
et durables , c*est que la Providence , qui est impénétrable 
dans ses desseins, en avait jugé autrement. 

Avec le morcellement de TArménie, les forces vives du 
pays se partagèrent, et beaucoup d*hommes entreprenants 
allèrent transporter leur activité ailleurs. 

Maintenant rArménie n est plus seulement en Arménie; 
elle est à Constantinople , à Smyrne, à Venise, à Paris, à 
Moscou, à Jérusalem, à Calcutta. Voilà Tombre du tableau. 
Mais cette circonstance ne rend que plus touchante la force 
du caractère arménien qui lui a fait braver tous les genres 
d'épreuves, et qui, tandis que des nations plus punsantes 
n*ont laissé qu*un vague souvenir sur la terre , conserve son 
type primitif, et crée des sociétés de frères partout ou ils^éta- 
blit des groupes arméniens. 

Il est vrai que les Arméniens de nos jours n*ont pas seu- 
lement un patriotisme ardent auquel viennent sejoindre 'Fàp- 
f itude aux affaires , la persévérance , l'esprit d'ordre et d*^co- 
nomie. Ils possèdent une littérature nationde , une littérature 
qui remonte aux premiers siècles de notre ère , et qui , ayant 
successivement retracé les hauts faits et les malheurs de leurs 



NOUVELLES ET MÉLANGES. IQ9 

pères, éclaire leur intelligence et retrempe leur courage. 
Qui n*a entendu parier de cette suite non interrompue dé 
poètes, d*historiens , d'interprètes de rÉcriture sainte, de 
théologiens , etc. La langue arménienne se rattache aux lan- 
gues indo-européennes, et, par conséquent, a plus d'a£Bnité 
avec le grec et le latin qu'avec Thébreu et le syriaque , qui , 
pendant longtemps , se parièrent dans le voisinage. Aussi la 
littérature arménienne se forma sous l'inspiration des chefs- 
d'œuvre de la Grèce. Le père des historiens arméniens , Moyse 
de Khorènc , qui florissait dans le iv' et le v* siècle de notre 
ère, eut besoin de visiter Alexandrie, Rome, Athènes et 
Conslantinople pour se fixer le goût. 11 y a plus : certains 
ouvrages grecs , par exemple la Chronique d'Ëusèbe , ont péri 
dans le texte original et n'existent plus que dans la version 
arménienne. 

On connaît la disposition extraordinaire des Arméniens à 
s'assimiler toutes les langues. Or, dans ce siècle où l'on est 
si souvent choqué de l'esprit de légèreté et d'une prétention 
effrénée aux jouissances matérielles, l'amour du peuple ar- 
ménien pour sa littérature est plus vif qu'il n'a jamais été. Il 
s'est établi des imprimeries arméniennes à Constantinople , à 
Venise, à Paris, à Moscou et ailleurs. En ce moment, on 
publie à la fois en Arménie et à Paris une collection des his- 
toriens arméniens. 

Un événement qui a puissamment contribué à cette espèce 
de renaissance , c'est le monastère fondé , il y a un siècle et 
demi , dans la petite île de Saint-Lazare , auprès de Venise , 
par un enfant de l'Arménie, appelé Mekhitar, monastère dont 
le collège Moorat est une espèce d'annexé. Très-savant lui- 
même, Mekhitar inspira le goût de l'étude à tous ceux de ses 
compatriotes qui se mirent sous sa direction , et le monastère 
de Saint-Lazare ne tarda pas à devenir, parses publications, 
un foyer incessant de lumière pour toutes les communautés 
arméniennes répandues sur la surface du globe. En 1 855, 
l'imprimerie de Saint-Lazare obtint la médaille à la grande 
exposition de Paris ; elle vient de recevoir la même faveur à 
l'exposition de Londres. Au monastère est jointe une biblio- 



200 AOÛT 1862. 

thèque , et cette bibliothèque , que j'ai eu le plaisir de visiter 
il y a quelques années , est peut-être , pour les manuscrits 
arméniens , le plus riche dépôt qui existe. Les Pères de Ve- 
nise, quand ils entendent parier d'un ouvrage qui manque 
à leur collection , envoient un de leurs frères pour en faire la 
copie ; c'est ce qui a eu lieu pour certains manuscrits armé- 
niens de la Bibliothèque impériale. A leur tour, les Pères s'em- 
pressent de faire part de leurs richesses aux établissements 
qui en ont besoin. Il y a quelques années, l'Académie des ins- 
criptions ayant entrepris la publication du texte complet de 
la Chronique de Mathieu d'Édesse , si importante pour l'his- 
toire des Croisades , et l'exemplaire de la Bibliothèque im- 
périale étant défectueux , ces messieurs voulurent bien faire 
faire une copie de leur propre exemplaire. En ce moment, 
l'un des professeurs du collège Moorat est occupé à dresser 
un nouveau catalogue des manuscrits arméniens de la Biblio- 
thèque impériale. Heureux les peuples, s'ils n'avaient pas 
d'autre manière de communiquer entre eux! 

Jeunes élèves, qui êtes venus de si loin pour trouver ici 
l'instruction, vous n'avez pas, ainsi que tant d'autres, une 
patrie à défendre et des institutions politiques à sauvegarder. 
Mais s'il vous manque quelque chose , et quelle est la nation 
à laquelle quelque chose ne manque pas P il vous reste de 
nombreux encouragements et une belle tâche à remplir. 
Vous avez à maintenir intact le nom qui vous a été transmis 
par vos pères ; vous avez à conserver parmi vous la religion 
chrétienne, principal garant de votre nationalité. En effet, 
tout Arménien qui renoncerait au christianisme ne renon- 
cerait-il pas, par là même, au nom arménien et aux tradi- 
tions de ses ancêtres ? Vous avez enfin à remplir les devoirs 
qui sont communs aux hommes de tous les temps et de tous 
les pays, la fermeté de caractère, l'activité d'esprit, l'amour 
du prochain , la fidélité aux engagements. En vous tenant ce 
langage, je suis sur que je ne fais que répéter ce qui vous est 
dit chaque jour par les personnes chargées de vous diriger. 



JOURNAL ASIATIQUE. 

SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 



NOTICE 

SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 

AVEC DES RBMARQOES 

SUR QUELQUES GRAMMAIRIENS POSTÉRIEURS 

A IRN-DJANÂ'H; 

PAR M. ADOLPHE NEUBAUER. 

(Fin.) 

Un grammairien anonyme de Jérusalem a com- 
posé huit livres de grammaire, dont Tun est probable- 
ment son dictionnaire, appelé Al-Mouschtamil par 
Moïse IbnEzra. Ce grammairien avait déjà le système 
de deux lettres dans les racines; mais il n est pas 
parvenu à la découverte des lettres molles, comme 
troisième radicale ^ Il est cité aussi par Jehouda ben 
Baram^. 

' Moïse ben Ezra (ms. Oxf. Bot, Hunt, 699 , fol. 3o r°) , en par- 
lant des progrès de la langue hébraïque , s'exprime en ces termes : 



202 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

Il est impossible, jusqu'à présent, de fixer rigou- 
reusement les dates auxquelles sont nés tous ces lexi- 
cographes du X® siècle; néanmoins on peut dire que 
les six premiers cites par Ibn-Ezra étaient presque 
contemporains. Nous aimons mieux suivre Tordre 
adopté par Ibn-Ezra. Donc ce sera Dounasch ben 
Tamîm qui devra prendre place ici. Tout ce qu on 
peut dire de cet auteur a été dit par le savant orien- 
taliste M. Munk ^ Dounasch ou Adonim, appelé Al- 
Schefalghi^, était né vers la fin du ix® siècle, ou au 
commencement du x^ à Kaïrewân; mais sa famille 

JLfiUt 0^ (Jy^i cAiô^ jLCUilj oJiUI <J^j ^oJU Ja^^ 

« Le premier qui ait composé un livre sur Tensemble de la grammaire 
hébraïque était Abou Zacarya Ya'bya ben Daoud , de Fez , et ensuite 
de Cordoue. Ce livre est appelé, comme l'auteur, *Hayyoudj. Avant 
lui déjà , divers auteurs ont parlé sur ce sujet , tels que le Fayoumi et 
d'autres; mais il leur manquait la connaissance du système des lettres 
molles et de leur permutation. Un homme de Jérusalem a parlé aussi 
sur ce sujet, dans son livre appelé le Recueil. Par ma vie, il a com- 
pilé d'une manière très-utile; mais il a suivi toujours l'opinion de 
ceux qui étaient avant lui, en fixant les verbes sur deux lettres, et 
il ne s'est point rendu compte des lettres infirmes. » 

^ Cf. M. Munk, Journ. asiat» i85o, t. Il, p. 7, note 2. 

^ Ibid. p. 7-23. 

2 Le manuscrit porte ^J^D^^X , où le à rend toujours ^ ; et on 
trouve à la marge de ce manuscrit, qui a été revu par un homme 
qui comprenait l'arabe , la lettre i? , pour indiquer que le 3 n'est 
point un ^. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 203 

était originaire de Bagdad, Il a composé un lexique de 
rhébreu comparé aux autres langues. Il était méde- 
cin et mathématicien, et a écrit quelques ouvrages 
importants siu* les mathématiques, Tun deux à la 
demande d'Isma il ben Kayim , dont il était probable- 
ment le médecin après la mort du célèbre Yiçhak 
Israîli. Il a composé également un commentaire sur 
le livre Yeçirah, où il parle de ses ouvrages de mathé- 
matiques, et où il cite une explication de Yiç'hak 
Israîli, sans le nommera II était en relation avec 

^ Malgré les preuves fondées données par M. Munk , que le com- 
mentaire que contient le ms. de la Bibl. imp. orat. 1 60 , ne peut pas 
être de Yiç'hak Israîli, M. le D' Steinschneider (Cat, lih. kehr, Bijbliot. 
bodl. col. 1118) persiste dans cette idée. Nous n'ajouterons qu'une 
explication , citée ailleurs au nom de Yiç'hak Israîli , et qui se trouve 
aussi citée dans ce commentaire (p. 66 r°) ; voici le passage : 

^2wb2' nniK D'»'»pp hnii îdd uidn ^bna xiip n^m iK2:m 

« Un grammairien a dit que le t et le ^jfi» se trouvent chez les 
gens de Tibériade; ainsi il a lu I^IDK (Daniel, xi, 45), avec ÉD, 
ce qu'il a fait sentir en le prononçant, bien que ce soit écrit 
avec 1. (Cf. sur ce mot, qui offre beaucoup de difficultés, l'explica- 
tion trës-vraisemblable de M. Reinaud, dans sa savante notice sur 
la Mésènc et la Kbaracène , tirage à part, p. 88, note 1 .) 11 a lu en- 
core 1311^1 avec ^, ce qu'il a fait ressortir en le prononçant; cet 
homme était assez habitué à la manière de lire des gens de Tibé- 
riade. B Le même passage se trouve dans ce même manuscrit, p. 96, 
qui est un autre commentaire sur le livre Yeçira. Il est probable que 
Yiz'hak Israîli n'a point composé de commentaire sur le livre Yéçi- 
rah; mais celui sur le premier chapitre de la Genèse portait le titre 

H- 



204 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

'Hasdai^ Une explioation de Dounasch est citée par 
Jehouda ben Balam dans son commentaire sur le 
Pentateuque ^, et une autre par Moïse ben Ezra ^. 

Jehouda ben Koreïsch, de Tahort, a composé 
un grand dictionnaire d'après Tordre alphabétique, 
qui est cité par lui dans son épitre à la commu- 
nauté juive de Fez*. Ce dernier ouvrage contient 

ijuli!> cjUr^^v^t Commentaire sur le livre de la création, ce 
que les traducteurs ont rendu par n*1^S^ *1SD 7^ tt?1*1^D, etqa*on 
a confondu plus tard dans les citations. Le petit traité D^DH ISIt^^ 
en est un extrait. (Cf. M. Sen. Sachs, Hathehiyah, fasc. i. Berlin, 
i86o, p. 39.) Dounasch ben Tamim ne peut pas être identique avec 
Yiç*hak Israîli , puisque Moïse ben Ezra les cite tous deux dans son 
livre sur la poésie hébraïque, et il a assez Thabitude de donner les 
différentes dénominations des auteurs dont il parie. 

^ Cf. M. Munk, Joarn. asiat, i85o, t. II, p. 16, note 1. 

* L'explication porte sur le même mot cité de R. Tan'houo par 
M. Munk, Journ, asiat. i85o, t. II, p. 23 , note 1. 

* Ibid. p. 2 2 , note 1 . 

^ Epistola de studii Targani utiUtate et de linguœ chaJdmcœ, Mis- 
nicœ, Tahnudicœ, Arahicœ, vocahulormn item nonnoUoram Rabhini' 
corum convenientia cum Hebrœa, texte arabe publié par MM. Bargàs 
et Goldberg, avec une remarquable préface arabe sur la vie de Ko- 
reïsch, par le premier, et une autre préface, assez intéressante, en 
hébreu , par le dernier. Paris, iSSj, Dans cet ouvrage, p. 43, Ko- 
reïsch , en parlant de la permutation de quelques lettres entre elles , 
dit ce qui suit : 

(ji^\ Liy^ J^ l^LI Nipojf 

«Quand on verra dans notre premier livre, qui est la première 
partie contenant tous les mots de la Bible dont les racines sont 
avec aleph, on trouvera dans le chapitre de lamed (c'est-à-dire le 
chapitre aleph et lamed) de cette partie la permutation des lettres 
de Talphabct entre elles. » II résulte de ce passage que Koreîsdi a 
.composé un grand dictionnaire , en deux parties , comme David be 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 205 

une iettre où il exhorte les Juifs de Fez à ne pas 
négliger la lecture du Targoum sur le Pentateuque et 
les Prophètes, comme il Tavait entendu raconter par 
des gensvenant de leur viile^ Dans cette lettre , il ex- 
pose que la langue hébraïque a beaucoup de rapport 
avec le syriaque , larabe , et même avec le persan et 
le berbère. C'est à ce point de vue qu'il a composé 
ce petit recueil , divisé en trois parties : i° la compa- 
raison de rhébreu au syriaque; 2° les mots de la 

Âbrabam. Nous ne savons pas pourquoi M. Pinsker ( Lik, Kad. p. 1 08, 
chif. héb. note 1 ) avance des conjectures hasardées et suppose que 

le copiste aurait, par ignorance, changé ^t cJ^ en P|7X7M, et 
que KoreîscL ayant écrit o^^ cJ>^f aurait fait allusion à un 
dictionnaire contenant des racines d'une iettre. Nous ne voulons 
pas nous arrêter pour réfuter de pareilles conjectures; nous disons 
seulement que Koreîscb ne fait jamais mention des racines d'une 
lettre, mais de deux lettres (p. 58), et que le copiste n aurait pas 
écrit ^7N7N , mais P|7K. Nous sommes plus surpris encore de voir 
que M. Fûrst [Heh. und chald. Wôrterbuch, p. 554) a adoplé cette 
conjecture de M. Pinsker, dans un passage où le sens ne laisse pas 
le moindre doute. 

^ Nous croyons que ces Juifs s'abstenaient de la lecture du Tar- 
goum, parce que les caraïtes avaient commencé le système comparatif, 
que les rabbanites ne voulaient point admettre. Il est probable qu'à 
Fez on ne connaissait pas la méthode de Sa'adyah; c*est pour cela 
que Koreîscb , comme rabbanite , leur a dit que leurs pères déjà 
n'avaient point négligé cette lecture (EpisU 1). N'est-il pas curieux 
que nous trouvions précisément un dictionnaire de cette méthode, 
par un caraîte de Fez , nous vouions dire David ben Abraham , et en 
même temps Koreîscb adressant la lettre à la communauté juive 
de Fez ? On serait tenté d'accepter ce fait comme preuve que Ko- 
reîscb connaissait déjà la méthode de David ben Abraham, ou une 
méthode analogue, qu'il a trouvée juste, et qu'il a composé ce petit 
traité, afin que les rabbanites pussent s'instruire dans un ouvrage 
d'un de leurs propres sectaires. 



206 SÈPTÊMBRË-OCTOBRE 1862. 

Mischna et du Talmud qui se trouvent dans la Bible; 
3® la ressemblance entre Thébreu et larabe,- soit 
dans les mots mêmes , soit pour les lettres forma- 
lives au commencement et à la fin des mots. A la 
fin de cette partie , il ne dit que quelques mots sur 
la comparaison avec le persan et le berbère. 

Un passage du Dictionnaire où Djanah cite Ko- 
reïsch au sujet d un mot que ce dernier dît avoir 
entendu chez les hommes danaïtes ^ a fait supposer 

^ Cf. Epistola, préface hébr. par M. Goldberg , où il donne à la 
fin le passage du Dictionnaire de Djanâ'h : JL^Jf «ov Ajf y^^\^ 

^ItxJf «Tl a pensé qu'il a entendu les danites dire » Si Eidad 

le Danite a vécu même dans le ix* siède, comme le prétendent 
quelques savants , il est sûr qu il n était pas le seul danite ; car on 
parle des danites au pluriel (M. Goldberg a lu vH'IvK; mais le ma- 
nuscrit porte 7N3*î'?N); d'ailleurs Dounasch," dans son commentaire 
sur Yeçirah, parle aussi des danites (^^in ^^3), et il est constant 
que Dounasch a vécu après Sa'adyah. 

M. Goldberg, dans sa préface sur Koreîsch, nous a donné ce 
petit traité d'Eldad (p. xix-xxxi), qui contient beaucoup de mots 
étrangers i dont, comme il est observé dans le manuscrit, R. *Ha- 
uanel aurait dit qu'on ne les comprend pas, parce que nous ne 
connaissons plus bien la langue. Nous croyons que ces mots sont en 
partie formés des autres mots hébreux , à la manière talmndique , 
comme de nDIID le talmud forme le mot U1T\ , en prenant le T\ 
comme racine; ainsi Eldad forme de DKHD « subitement ,• DUS 
«surprendre quelqu'un» [Ihid, p« xxix); ou des mots formés de 
l'arabe, comme par exemple, 71DV (p. xxix), probablement le mot 

Jft-Ci , court et gras , qu'il faut faire précéder du mot 'lî'tTîf m , ce 
mot se trouvant dans le manuscrit ; tD^fiD2^D (p*xx) est formé de 
l'arabe Ild yîcZ/f pcr longum et per laium; nV21^n (p. xxi) n'est 

peut-être que le mot arabe iijy^, valide tetendit. Quant aux autres 
mots, si l'on était sûr de la leçon du manuscrit, on pourrait trouver 
également leur origine. 

Des cilalions nombreuses du Koran et des poésies arabes dans le 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 207 

à presque tous les savants modernes que Koreïsch 
a vécu avant Saadyah; mais nous li'avons pas cru 
cette opinion assez confirmée pour nous écarter de 
Tordre d'Ibn-Ezra. M. Pinsker est allé encore plus 
loin pour faire de Koreïsch un caraïte , en s appuyant 
sur des citations d'autres caraïtes^ et parce que Ko- 
reïsch cite Eïdad^; M. Graetz^ s'est rangé à cette idée 
sans fondement, en donnant encore une autre rai- 
son plus faible encore , c'est que Koreïsch se sert de 
l'expression : les gens du Talniud'^. 

Hvre de Koreïsch , on pourrait peut-être aussi tirer la conclusion 
que Koreïsch n est pas antérieur à Sa adyah. 

' Lih, Kad. p. 107, chjf. ar. Pour l'exactitude des citations ca- 
raïtes, cf. Journ, asiat i86i, t. II, p. 46o, note. . 

* H n'est point prouvé que les danites fussent des caraîtes. 
^ Geschiclite derJuden, t. V, p. 629. ^ 

* llDvD Jl j>^\ [Epist p. 43). Nous n'avons pas hesoin de dire 
qu*une telle preuve n'est pas concluante , pour faire de Koreïsch un 
caraïte. Nous pourrions donner un grand nombre d'exemples où 
des rabbanites citent les docteurs du Talmud sous cette dénomina- 
tion. Pour nç laisser aucun doute sur ce point, nous allons citer un 
exemple lire du Dictionnaire de Djanâ'h. A la racine "IHD , il dit : 

^^ (^\S3\ JjuÇj »^XUU -inD y.MJij jj>^ w^T nam yiN 
n^vvD Jl J^I ^^ c^i j j^j LUI 

«"^n^D? (Job, XV, 24) a été expliqué comme un roi destiné à 
tournoyer. J'ai vu que Sa'adyah l'a comparé à ^113 (Is. xxii, 18), 
qui signifie la roue , et il a pris le kaf comme appartenant à la racine 
du mot; il a suivi en cela la méthode des yens de la Mischna. » 
Koreïsch cite d'ailleurs, dans son ouvrage, des opinions des com- 
mentaires caraîtes , qu'il ne réfute pas seulement, mais dont il parle 



208 SEPTEMBRE-OCTOBRE 186|2. 

Tous les lexicographes cités jusqu'ici ont écrit en 
arabe, et leurs ouvrages ne pouvaient guère servir 
aux Juifs habitant des pays où Ton ne parlait pas 

d'une manière qui laisse clairement voir qu'il n'était point caraîte. 
A la racine DtDn (p. Si-Sg), il parle des anthropomorphismes em- 
ployés dans la Bible à Tégard de Dieu , et il s'appuie sur le dicton du 
Tahnnd : « la Bible a parlé conformément au langage des hommes, » 
en ajoutant : comme disaient les docteurs. Jamais un caraîte, quelque 
modéré qu'il soit envers les rabbanites , ne parie des docteurs du 
Tahnad autrement qu'en ces termes : c Les ribbonin ont «dit, » comme 
nous lavons fait observer pour David ben Abraham. [Joarn, asiat. 
1862, t. I, p. 38 1.) Koreïsch y dit en outre que quelques com- 
mentateurs ont traduit 3 7 par « prophète , » et p2^ par c preuve , » 
quand ces mots se rapportent à Dieu. Ainsi ils ont traduit 13? (Gen, 
VI , 6 ) <kû ^y^y (^f* M. de Sacy dans les Mémoires de V Académie 
des itucriptions et belles-lettres, t. XLIX, p* 77.) Or cette explication 
est rapportée par Yephet (ms. de la Bibliothèque impériale, sapp). 
hébreu 3o a, p. 169 v), avec les mots y^\ y,JiA jb*, «un autre 
commentateur a dit,» expression qui s'applique toujours à un ca- 
raîte ; car Sa'adyah , le seul commentateur rabbanite auquel Koreïsch 
pourrait faire allusion , le traduit p^>o^ Jl3 (éd. de Gonstantinople). 
Nous devons faire remarquer en passant que la polyglotte traduit ce 
mot par 4aaj , ce qui prouve assez qu'elle ne renferme point la tra- 
duction pure de Sa'adyah. Le manuscrit (Bibl. imp. anc. fonds 
arabe 1 ) a pour base la traduction de Sa'adyah ; mais dans beaucoup 
d'endroits, il contient des explications prises des autres commen- 
taires ; ainsi pour plusieurs passages , on trouve , indiquée à ta marge , 
la traduction de Sa'adyah. Nous ne voulons pas trop étendre cette 
note, et nous prions le lecteur de consulter ce long article de Ko- 
reïsch , duquel il résuite clairement qu'il parle de plusieurs com- 
mentateurs, qui ne peuvent être des rabbanites; car nous n'avons 
pas connaissance de rabbanites ayant fait une traduction arabe de 
la Bible avant Sa adyah , et heureusement nous pouvons consulter 
sur tous ces passages dans ce long article la traduction de Sa'adyah. 
L'allusion aux caraïtes devient encore plus évidente pour ceux qui 
placent Koreïsch avant Sa'adyah. Ce long article finit par les mots: 
uSi notre but, dans ce livre, était de signaler leurs explications 
faibles et leurs fausses traditions, nous l'aurious fait; mais notre but 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 209 

cette langue. Ce sont plutôt les ouvrages de Me- 
na hem ben Sarouk ^ et de Dounasch ben Labrat^ 
qui furent étudiés par les Juifs des autres pays^, ces 
auteurs ayant écrit en hébreu. Menahem était Espa- 
gnol, et le premier juif de ce pays qui ait composé un 
livre grammatical. Il n admet point de racines dune 
lettre, mais celles de deux lettres^. Il dit, à la tête 
de chaque racine , combien de significations elle a , 
et tantôt il les explique par un autre mot, tantôt il 
ne donne que les simples passages de la Bible, ap- 
pliqués à ces explications. Il fut favorisé, pendant un 
certain temps, par *Hasdaï; mais il tomba en dis- 
grâce , et fut même jeté en prison ^. Ce fut son adver- 
saire Dounasch qui lui enleva lafTection de son pro- 
tecteur; celui-ci composa aussi un livre de réfutations 

n'est que la comparaison des langues ; c'est pour cela que nous n a- 
vons mentionné que trois exemples. » 

' Dn^D n")3nD, édit. Filipowsky. Londres, i856. 

» Cr^n nnit^n, édit. Filipowsky. Londres, i855. 

^ Ainsi Raschi ne cite que ces auteurs. 

^ Il n'est point admissible, d'après notre opinion, que toutes les 
racines hébraïques puissent se réduire à deiix lettres , comme l'ont 
avancé MM. Delitzsch et Fârst, et avant eux Salomon Pappenheim , 
dans son livre Yerio'th schlomoh; mais il est probable que les racines 

qui contiennent une lettre molle ou faible C^inX ) étaient primiti- 
vement de deux lettres , car autrement on ne pourrait pas bien se 
rendre compte de la confusion de ces racines entre elles. Quand on 
voit, par exemple, la racine /D*^, attendre, dans beaucoup de pas- 
sages, formée comme la racine viri; IM et T^T*, aussi usitées 
l'une que Tautre , les racines avec vav au milieu , et les racines de 
lettres pareilles, confondues si souvent, on est naturellement tenté 
d'admettre le système de deux lettres comme réellement existant. 
(Cf. V Histoire des lanifues sémitiques, par M. Renan « p. 85.) 
' Cf. M. Luzzatto, Bcth Ha-oçar, fasc. i, p. i8-36. 



210 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

contre Touvrage de Menahem. Ces deux grammai- 
riens firent école; leurs élèves se lançaient récipro- 
quement des pamphlets écrits en vers hébraïques ^ 
Dounasch, d'après Ïbn-Ezra, aurait déjà eu quelques 
notions du système trilitère de'Hayoudj ^; c'est lui 
aussi qui aurait introduit pour la première fois la 
versification hébraïque d après la mesure arabe. 

Avant dépasser à l'école nouvelle de 'Hayoudj, 
nous mentionnerons encore un lexicographe ca- 
raïte, Abou Saïd Ha-levi ben Al-'Hassan al-Baçri^, 
qui a composé un dictionnaire abrégé du grand 
dictionnaire de David ben Abraham. 

Abou Zacarya Ya'hya ben Daoud ou Yehouda 
'Hayoudj , né à Fez , et demeurant ensuite à Cor- 
doue , où il était le maître de Samuel ha-Naghîd , a 
développé pour la première fois le système trilitère 
dans toutes les racines des mots hébreux, en com- 
plétant les lettres qui manquent dans «n mot par 
un noun, ou par les lettres quiescentes. En cela il 
a suivi le système des grammairiens arabes. Hayoudj 
a composé: l'^un livre sur les lettres molles, oulettres 
de prolongation ; il y traite des mots dont les racines 
contiennent une lettre de ce genre; 2** un traité sur 

* Connus sous le nom de Réponses des élhes de Menahem et de 
DounascL (Cf. M. Pinskei% Lik. Kad. chif. héb. p. 55 etpass.) Un 
de ces élèves est connu sous le nom dUbn-Sckescheth, cité par Moïse 
ben Ezra , dans son livre sur la poésie hébraïque , comme «^ève de 
Dounasch. 

2 Cf. Ibn-Ezra, Saphah berourak (édit. Fûrth, iSSg), foL a5 v". 

^ M. Pinsker, Lik, Kad. chif. héb. p. 119. Ce serait, d*après 
M. Pinskcr, le fils de Yopheth. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 211 

les racines dont les deux dernières radicales sont 
pareilles ; 3** le Livre de la ponctuation . Ces ouvrages , 
ëcrits en arabe, furent traduits en hébreu par Moïse 
Gikatilia et par Abraham ben Ezra ^ Celui-ci men- 
tionne encore un autre ouvrage de'Hayoudj, ap- 
pelé le Livre des parfums , duquel Djana h ne fait 
jamais mention^. 

Pendant que cette découverte pour la grammaire 
hébraïque était faite en Espagne , nous trouvons un 
autre lexicographe, en Orient, qui a composé un 
lexique, rangé d'après Tordre alphabétique de ia 
dernière lettre radicale, comme cela est fait pour 

• Cette traduction a été publiée par M. Dukes , avec un fragment 
de celle de Gikatilia, Beitrœge, par MM.Ewald et Dukes, t. III. Une 
édition du texte arabe sera publiée par M. le docteur Magnus, pro- 
fesseur à Breslau, d*après notre copie faite sur les manuscrits d'Ox- 
ford. 

• CLNotice sur Ahoul-Walid ,pixr M. Munk , Journ. asiat. 1 85o , t. II , 
p. 3i et suiv. Un ms. d'Oxford (Bod. Cod. Huut. i55), contenant 
une copie du livre d'Ézécbiel, a des notes marginales, tirées des 
différents grammairiens, tels que Sa adyab , Hayoudj , Djanâ'b et Ben 
Bal*am, d'après lesquelles on pourrait supposer que Hayoudj a en 
réalité composé un autre livre; car nous n'avons point trouvé de 
semblables explications dans les livres connus de nous. On nous 
permettra de citer quelques exemples : 

ib DK viîjt< <i^ vjo^^ Là* n'? DN ^^^çb. 

• î(7 DK (Éz, III, 6) est une expression fort étrange; car le sens 
est si même ( v? DX ). » 

I nSlDD (Éz, XXVIII , 1 3) signifie tente ou plafond, ou toute cbose 
qui peut servir pour ombrager. T)'pl2 {ibid.), c'est une pierre pré- 
cieuse jaune. » 



212 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

les dictionnaires arabes. Ce lexicographe est R. Haya 
Gaon, fils de Scherira \ et son dictionnaire, écrit 
en arabe, porte le nom de Compilatear (4^3^, »idnd). 
Ce lexique eut une meilleure fortune que celui de 
Sa'adyah; car il fut bientôt connu en Espagne, de 
sorte quil fut cité en divers endroits par Djana h 
dans son Dictionnaire ^, et par Ben BaVam dans 
ses livres grammaticaux ^, comme aussi dans le 

^ Pour la biographie de Haya, cf. le savant article de M. Rapo- 
port, grand rabbin à Prague, inséré dans le BîkoaréHaithim (i83o), 
p. 79 et suiv. Scherira lui-même parait avoir composé un diction- 
naire sur la Mischna, comme on le verra par les citations dans le 
Dictionnaire de Ejanâ'h. 

« Dans la racine T'a:, Djana h dit: oUf^j Vî ^'•KH S Jlàj 

«R. Haya dit, dans le livre Al-*Havi, que 1^3^, «prince,» dérive 
du mot du Targonm M'*^^ , cpii est la traduction de 13t^D {Eœod, xii, 
2 1) c amenez ; » c'est que le prince est le directeur du peuple. » Dja- 
nâ'h l'explique par IJi} «en face,» comme David ben Abraham. 
[Voit Journal asiatique , 1862, t. II, p. 892.) Ce même passage est 
cité par Jehouda ben Baram (M. Munk, Journ, asiat, i85o, t. II, 
p. 3â , note 1) comme tiré du livre grammatical de Haya, qui ne se- 
rait autre que le 'Havi, comme Ta supposé M. Munk. R. Haya a peut- 
être aussi composé un livre sur des passages difficiles dans le Tabnud. 
Ainsi Djanâ'h , à la racine 22^ , traduit le mot 0^33 IS^ ( Osée, vni , 6 ) 
« brisé, » et il s'appuie sur une explication de R. Haya. Il dit : iXai 
vu dans l'explication des paroles des anciens, par R. Haya Gaon (j 
(Jrîfj'ïf Jj» wMuÂj), qu'il rend le mot pMt?D2^par p*)aWtt^, 
qui «brise le cœur de TLomme. » Une partie de ces explications est 
imprimée dans l'ouvrage Koheç. (Voyez cependant ci-après, p. 2 1 5.) 

^ Cf. Notice sur AboulWalid , par M. Munk, Journ. asiat, i85o, 
t. II, p. 3/i. Des notes marginales, dans le Dictionnaire de Djanâ'h, 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 213 

fragment de son commentaîre sur le Pentateu- 

On ne peut pas établir si ce livre contenait aussi 
des règles grammaticales^, ni si *Haya n'avait pas 
déjà connaissance du système de 'Hayoudj '. Le'Havi 

contiennent quelques citations des petits ouvrages de Ben Bal*am. 
Entre autres , il se trouve un passage de R. Haya , rapporté par Ben 
Baram. Ce passage se trouve à la racine 72{K , probablemeot du livre 
sur les homonymes , dont le commencement manque dans le ma- 
nuscrit de la Bibliothèque impériale (ancien fonds hébreu, 497). 
Voici ce qu'il dit : 

^j»oJd\ csaJ IM^ aJI l j;^] Ul J ''KH '"»3-) Jlï ^XK Sn 

c7!{X (Zach, XI?, a5). R. Haya, dans le 'Havi, dit que c^est un 
endroit près de Jérusalem ; un autre 7XN se trouve I Chr, viii , 38. » 

* Nous n en mentionnerons qu'une seule : wim5 4a&3 K'^^D DXl 

c^b O^ C^ ^ ^y^' ^^^^ ^^^^^'^ ^^ P^ 

* K^^n [Nomh, XLii, 6). Le commentateur (Sa*adyah) l'a ex- 
pliqué c défendre (prohiber).» D'après Haya, dans son livre al- 
'Haoi, ce mot signifie «refuser;» Haya dit qu'il est semblable au 
mot ''i'» (Ps, cxLi , 5 ) , ce qui veut dire : • il ne sera pas refusé àma 
iéte. » 

* Cf. ci -dessus, p. 212, note 2. 

^ Nous trouvons bien des auteurs qui connaissaient déjà le sys- 
tème de 'Hayoudj ; mais ils ne l'ont point admis. Ainsi R. Nathan , 
postérieur à Haya (cf. sa Biographie par M. Rapoport, Bikouré Hai- 
thim, an. 1 83o), qui a composé le lexique rabbinique appelé 'Arouch, 
adopte encore des racines d'une lettre. De même R. Tan'houm, 
dans la préface de son lexique pour la Mischna (Oxford, Bod. God. 
Poe. 297), en parlant des raisons qui l'ont engagé à composer ce 
dictionnaire, dit en outre qu'on trouve dans le 'ilrouc^ beaucoup de 
mots qui ne sont pas mentionnés à leur place ; ainsi , par exemple , 



214 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

renfermait aussi lexpiication des mots talmudiques , 
de sorte que ce iivre est un dictionnaire hébreu-tal- 
mudique ; cela se confirme par un passage ciié par 
R.Joseph, fils de Jehouda^ dans son commentaire 
sur le Cantique des cantiques^. 

i3 JlX n'jd J^i i JUi LjyMi\ p^ «x-^-ôJu^ ^^\Jl 

U JI3 xjt (^ (^ J^ iC3^j(Xl ^ ç^t SuJ i i^kSi^ 

Jyu ^1 j^l&Jt J>»y^ cMi^II^ 
(J^• ^î nnvD 1^21^ e^îOsJI^ ^^t;JLll* Là^l 4X.y,<& x-^ti^b^^ 
xnp: oViyn niDiNS ••dni nMn -ist nDixn ^d *?t «'•ma") 

dit-il : « R. Nathan a placé *^^} , 5c détacher,dans lechapitre IV , en 
pensant que le noun est superflu, parce quii a trouvé *)^D^ au 
futur; niND , dans ic chapitre IN , parce que le îl n'est pas prononcé, 
et qu'il Ta cru superflu; enfin, il a pensé que *^n, DH, sont des 
racines d'une lettre, et jD, Hp, des racines de deux lettres.! Au 
xiii" siècle encore nous trouvons un certain Simon, un Allemand, 
qui adopte des racines d'une lettre. (Cf. M. Geiger, ZeiUchrift fur 
jûdische Théologie, t. V, p. A 19.) 

^ Daprès M. le docteur Steinschneider, identique avec Joseph 
^eu Jehouda (disciple de Maïmonide). 

^ Oxf. Bod. Cod. Poe. 189., à la lin de l'ouvrage. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 215 

• j^ i^Uix.*M^I L^\xS'i 5?: T'îaJI jSs^ ^j^ ^J <-*^3 ddh 

i ^H^^3 iUuôliJl »;bl3 b'î pN3 "'^Xn 'i:"'3-) »;.ju». I^jUmô 

^^^LwajJl ^^aAsU JI ^^ciu: ^! m^sD "i S'î '^'♦xn i^^m jUU 

^t^ AaJ^ jjjb piDsJI t<>^ ^^ (i »«XÂ^ u 0^ JiJLiMO 

^^ y^-â-^s^ (j-3*>oUl 1^3 ^UaJl uUUJt^ 1*^1 ^^1^ JOÎ 
^1 tfU; «XÂ^ ^^w£>. iUjUdt JiUI <>vJv^ ^JtH^'^ c:>UMt 
À JU3 ^ILm^ Vt ^t (jâ^Âi J^aJL« ^^Ax^ ^ [U] c^jaJI^ 

{n)'»em "^DV «^7 ^♦"'t?"n xnc^D jU>-»Jt ajUAj -?«>vâ^ xîÏ 

(( Nous avons trouve que Haya Gaon , dans son livre 
intitulé le Compilateur, se sert, comme preuve (pour 
la langue hébraïque) des expressions arabes. Ainsi 
il dit, à la racine N^D, quelle signifie parfait; nos 
docteurs disent : « les créatures ont été faites dans 
«leur perfection (pN''^D). » 

({ à^ic signifie en arabe ïassistance; ainsi on ra- 
conte que 'Ali aurait dit : « Je n ai pas tué 'Othman, 
« et je n'ai pas contribué à son meurtre. » Il cite aussi 
pour l'explication du mot talmudique ^^'Ip^^par une 

* l\ résulte de ce passage que le Havi contenait aussi des expli- 



216 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

espèce d'ornement , ie vers suivant d'un poëme éro- < 
tique. (( Les bracelets des femmes sont superbes ; 
« mais je ne vois pas chez Ramlah un bracelet qui 
« Tentoure. » Il cite aussi le Koran et les traditions, 
de même qu avant lui Sa'adyah Ta fait dans ses com- 
mentaires composés en arabe. Nos docteurs disent 
dans ce sens : Quiconque dit une chose scientifique, 
fût-il même d'une autre nation , est appelé sage : il 
faut le citer. 

« Le Naghid (Samuel) raconte aussi dans son Livre 
de richesse S où il parie beaucoup des commentaires 
chrétiens, que R. Maçlia'h Ibn Al-Baçk , juge en Sicile, 
à son arrivée de Bagdad , lui aurait adressé un petit 
traité contenant la vie et les excellentes qualités de 
R. Haya Gaon. Il y rapporte entre autres, qu un jour, 
dans une séance , on était arrivé par hasard au verset 
Ps. cxLi, 5, sur l'interprétation duquel les assistants 
n'étaient pas d'accord. Alors Haya fit signe à Maçlia'h 
d'aller chez le catholicos^ des chrétiens, pour lui 

cations sur des mots talmudiques. Ceci ressort clairement encore d'un 
autre passage cité par Ben BaFam dans le traité sur les particules 
(ms. de la Bibliot. imp. anc. fonds héb. ii 97), où il dit, sur le mot 
y?i< « encore si , » qu il est composé , d'après Ejanâ*h , de DK et de 
i^\ R. Haya dit aussi que le mot talmudique ^v'^SX csi mêmes est 
composé de ï]N et de V7, 

^ En hébreu ^C^VH "ISD. C'est ce passage qui a fourni à M. Munk 
le titre arabe dans sa Notice (Journ. asiat i85o, t. II, p. 2a3, 
note 1). 

^ On ne peut cependant pas conclure de là que Haya fût en re- 
lations d'amitié avec le catholicos , comme le suppose M. le docteur 
Steinschneider (Encjclop, d'Ërsch undGruber, sect. II, t. XXXI, 
p. 56, note 86), en mentionnant le fait de Tenvoi de Maçlia'h sans 
donner le passage et sans indiquer le motif de cet envoi. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 217 

demander ce qui se trouvait dans ses commentaii^es 
sur ce verset. Cette mission déplut à R. Maçlia'h. 
Le Gaon , s'apercevant de son hésitation , le désap- 
prouva , en disant que les pères et les anciens , qui 
sont les saints, consultaient pour le sens des mots 
et des versets les différentes nations, et jusquà des 
bergers et des pâtres, ainsi que cela est connu par 
la tradition. 

«Maçlia'h se rendit donc auprès du catholicos, 
qui répondit à la question , qu en syriaque le verset 
est ainsi conçu : Lhaile des impies ne passera pas sur 
ma iéte ^ » 

Vers la fin du x* siècle, quon pourrait appeler le 
siècle des grammairiens , comme le xi® celui des poètes, 
rhomme qui devait couronner Tédifice de 'Hayoudj , 
Ibn-Djana h , vint au monde. Initié à la logique , pos- 

* La Peschito, d'aprës Tédition de la Polyglotte, porte en effet : 
uJkj;^ VP*H ^ A^^'AA.y J |ii<aV» et ainsi le traduisent 
les Septante et l'afabe de la Polyglotte : l'huile des impies n'omdra 
pas ma iéte. Le mot ^32^ , dont la leçon est douteuse dans le ma- 
nuscrit, ne peut être que le mot syriaque fO^^- •passer,» on 
\ ^^- «impedivit, prohibuit. » En tout cas, il est évident que lau- 
teur de la Peschito a lu dans le texte des Psaumes ^V^ JD^, où 
il a pris le mot ^XT dans le sens de poison, comme Deut, xxix, 17. 
Nous trouvons aussi d'autres commentateurs juifs qui citent la tra- 
duction chrétienne de la Bible, Ejana h , dans son Diclionnaire, par 
exemple , à la racine DM et 73/3 ; et Jebouda ben Baram , dans son 
commentaire sur le Pentateu(/ue, dit ; (j^Liâ^Jf ^♦a^yCo ^Ja^f jJU* 

« Le traducteur chrétien a commis une faute en prenant mi3n''1 
( I Rois, WJii, 28) dans le sens de ils se sont rassemblés, dérivé de 
1113 (Gen. xux , 18^) armée. )> 

XX. i5 



218 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

sédant parfaitement la langue arabe, Ibn-Djanâ'h 
composa d abord des livres destinés à compléter et 
h expliquer ceux de 'Hayoudj , et ensuite il éleva 
un monument incomparable et durable à la gram- 
maire et à la lexicographie hébraïques. Nous nous 
abstiendrons *de parler de la grammaire, un célèbre 
orientaliste y ayant consacré un mémoire spécial ^. 
L'ouvrage lui-même, en outre, a été publié il y a 
quelque temps en hébreu, d'après la traduction de 
Jehoudah Ibn-Tibbon^. Quant au lexique, M. Ge- 
senius, dans son Thésaurus lingaœhebraicœ,en donne 
beaucoup d'extraits « sans s'occuper autrement de 
l'ouvrage lui-même. Nous allons donc en dire 
quelques mots, et citer ensuite différents passages 
dignes d'attention. 

La préface de ce lexique est beaucoup plus courte 
que celle de sa grammaire, publiée par M. Munk; 
elle est aussi moins intéressante au point de vue de 
l'h^toire des grammairiens; c'est tout naturel, car 
ce lexique, d'après les propres expressions de l'au- 
teur, ne forme que le second volume de la gram- 
maire ; l'ouvrage entier porte le titre de Livre cfexo- 
men^. L'auteur commence sa préface par les paroles 

* Notice sur Aboui-Walid Mervan Ibn-Djanâ'h et sur quelques 
autres grammairiens hébreux du x* et du xi* siècle, par M. MuAk, 
Journ. asiaU 1 85o. 

' Sepher Harrikma, édiu Goldberg. Francfort-sur^le-Meiri, i856. 

^ ^sJiXXj I cjU^ Nous ne savons pas pourquoi M. Fùrst , à la fin de 

son lexique (Heb. und chahL fVôrlerh.p. 662) , lit ^iûùô] en le trans- 
crivant ainsi avec des caractères latins. Gomme le ntanuscrift en 
question (Oxf. Bodl.) est écrit avec des caractères hébraïques, on 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 219 

suivantes : u Nous avons exposé dans la première 
partie de ce livre , qui est le Livre des parterres émail- 
lés, les chapitres théoriques, traitant des règles géné- 
rales , des principes comparatifs et des idées grammati* 
cales; mais ceci ne suffit pas pour qui veut pénétrer 
dans la science de ]a langue et veut s'en rendre 
compte; c'est pour cela que nous mentionnerons 
dans cette seconde partie, que nous avons appelée 
le Livre des racines, la plupart des racines. » 

Il dit plus loin : a Je ne dispense point celui qui étu- 
die cette seconde partie de l'étude de la première par- 
tie de ce livre, et non plus des autres livres^, savoir : 
V Annotateur^, Epître d'éveil^. Livre de rapprochement 
et d^aplanissement'^, Livre d'accommodement^, le Livre 

ne pourrait pas supposer que le p ait été changé en D par un co- 
piste , le sens du mot n^oRrant point de difficulté. 

* Ici ses autres ouvrages sont indiqués dans le même ordre qne 
dans sa préface de la grammaire (M. Munk , Joum. asiaU 1 85o , t. II , 
p. 423) , et c'est dans cet ordre qu'ib furent composés* 

* ^^^JCuil c->l^ et en hébreu r\^^nr\ *1DD, ou comme le tra- 
duit Joseph Ha- Yevani (ms.Oxf.Bod.Cod.Hunt. 161) r^DH "IDD; 
il devait compléter l'ouvrage de *Hayoudj. 

* *-^AJûJI iJU^N, en hébreu ÎTI^nn 'ISD, qui contient des ré- 
ponses à quelques attaques contre son premier livre (cf.Ewald» Béi- 
trœge, p. 38). Djanâ'h y dit que ces gens n ont pas compris les ou- 
vrages de 'Hayoudj; c'est probablement la cause pour laquelle il a 
composé le livre du rapprochement. 

* J^wf-^t^ ^.^\ ii^y en hébreu nt^^m 31Tpn IBD. 
qui est une espèce de conunentaire sur les livres de 'Hayoudj. 

* juj-«<jJt cjU-f^en hébreu nXIt^nn ")DD, qui contient des 
réponses à quelques attaques contre le MoustaVhak, Djanâ'h y dit 
s'être trouvé un jour dans une assemblée chez son ami Abi Souleîman 
ben Terakah ( npX*1lD ) , avec des personnes qui passaient par son 
pays et qui faisaient contre le Moustaïhak des observations qu'elles 

i5. 



220 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

pour confondre ^ car il se pourrait que le lecteur 

cherchât un mot sous la racine correspondante sans 
le trouver, et il me reprocherait des omissions, lors- 
que le mot en question se trouve déjà indiqué dans 
la première partie, parmi les irrégularités de la 

voulaient réunir dans un livre. H répondit sur certains points , mais 
pas sur tous , ne voulant pas que quelque chose manquât par son 
improvisation. Il demanda à son ami, dans cette séance même, de 
réunir toutes les questions dans un livre; celui-ci le fit, et l'envoya 
à Djanâ*h. La réponse de ce dernier ne sembla pas suffire à son ami , 
et c'est pour cela que Djaoâ'h adresse le Livre d'accommodement à 
ses amis » pour montrer qu'il n'est point effrayé des observations 
qu'on lui fait. Une première partie de cette lettre d! Accommodement 
contient ce qu'il a répondu dans l'assemblée même , fautre porte sur 
les questions auxquelles il ne voulait pas répondre avant de les avoir 
lues, Nous ne reproduirons point ici ces différents points , car notre 
but n'est que de parler du lexique de Djanâ'h , et nous avons donné 
celte note , parce que M. Ewald n'a pas cru devoir parier de ce livre. 
Nous remarquerons seulement , que Djanâ'h parie dans sa lettre d'un 
certain Mar Samuel 'Hazan , qui paraît avoir été également en rapport 
avec fauteur et Ibn Tarakah. Nous ajouterons que le MoustaVhak avait 
deux rédactions de fauteur même. Ainsi Djanâ'h s'étonne d'une cri- 
tique qui lui est adressée au sujet d'une explication qu'il avait lui-même 
déjà abandonnée, et remplacée, dans les nouvelles copies du Moût- 
tdthaq, par une autre opinion. Il poursuit: «Qu'il te suffise qu'au- 
cun des nombreux exemplaires du MomtaVhaq qui se trouvent à 
Safajgosse ne renferme cette explication ;seulementje l'ai retranchée 
de ce livre après qu'une copie était déjà dans les mains des hommes 

de cet endroit. B \o^ \yfXJt'iJa^y»j /^ÀXm^a UgmJ çj\ (Axmia.^ 

AyJ\ pJf^ iÇoi.lj <JÎ **J"^àîû 

* yjjA>j\ t^\jii\ en hébreu nDbsnn 1DD, qui était dirigé 

contre Samuel Nagdelah. Ce livre n'est mentionné dans aucun des 

livres précédents, c'est pour cela que nous le croyons composé après 

eux; fauteur fénumère aussi dans cet ordre. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 221 

langue. Ainsi, par exemple, on chercherait Je mot 
YDKD [Prov, XXIV, 5) sous la racine aleph, mim et 
^adé, sans le rencontrer; car nous Tavons déjà ex- 
pliqué dans le chapitre Des formations de la première 
partie ^ où nous avons dit que c'est un adjectif (iU-io) 
dans le sens de yDK [Nali. ii , 2 ) , à la forme mefael 
avec dagesch dans la seconde lettre radicale , comme 
K*7DD (I Chr. xn, i5) est un adjectif dans le sens 
de K*?D, et comme noDDm [Lév. ix, 19). » 

Djanâ'h parle ensuite de la méthode qu'il va suivre 
dans son lexique. Il indiquera sous chaque racine 
ses différentes formes, comme verbe, substantif, etc. 
Il continue ainsi : «En donnant la partie (iCliu) 
d'aleph ou beth, etc. et dans cette partie même en 
donnant les chapitres (v'^') des différentes racines, 
je mettrai toujours explicitement les noms des lettres ; 
ainsi en parlant, par exemple, du chapitre bnx, je 
dirai chapitre d! aleph, beth et lam; car sous cette 
dénomination sont compris beaucoup de genres de 
mots, comme ^3Kn [Joh, xiv, aa) , ^3N"'i [Lam. 11, 8), 
^3X ( I Rois ,1,43), h2H { Gen. x vu , 1 9 ). Au contraire , 
sous la désignation ^3K, employée par les auteurs 
de lexiques avant moi, je me serais restreint à une 
seule signification déterminée de cette racine. Or, 
cette forme ne peut admettre plus d'une significa- 
tion; cependant il y en a de plusieurs espèces dans 
cette racine, et si je les avais toutes résumées sous 
la désignation de Vax, j aurais commis une erreur, 
toutes ses significations ne pouvant être placées 

' Voyez Sepher Hanikma, édil. Goldberg, p. 72. 



222 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

SOUS cette dénomination ; mais sous Tindication ex- 
plicite des lettres, les diverses significations peuvent 
être comprises; car, en se bornant à nommer isolé- 
ment les lettres, on ne peut pas s'attacher à un seul 
sens et exclure les autres. Voilà pourquoi je n'ai pas 
adopté l'indication que les autres ont choisie avant 
moi ^ . » L'auteur dit qu'il a expliqué ce point plus clai- 
rement dans lelivre Al-Taschwir.Ily a, dit-il, des mots 
de deux lettres; le dagesch qu'on y trouve au pluriel , 
ou dans la forme construite avec les pronoms, in- 
dique clairement que la racine est de la catégorie 

ajfj kJI kJI ijy^ otj^î ja4ti ï^y J c)iï îil Jjïî 

^ hj\^ ^ njfj ^ icjf o^^l lAs hô\y 

H'aK l^j -^Vin '•^iK Snx ^^ noim h^n '-?nK"»i ^nicn 

ofjjû^t cx^y ^Uiî »43^ ci^ibùkl Jjf ^ -jntSTK nit^ 

'Jty^ SJf^ ijfj Nijt ,jlC cy^yry ^ *A4«wÂ4t cijjj^lj 
j^yjl W c>Â^ J^* Qi^ftJ^Î (^ cf^ f^ 1^ 'jSK 

f J^j V5Ub* Qj3 <5^x4 *iw«ait cJjj^l^ (3-**^ ^ -^fj l^'^l^*-» 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 223 

des lettres doubles , par exemple , nD , D^nç , ^np , etc. 
mais on ne peut pas faire cette conclusion dans tous 
les mots de deux lettres où se trouve ce dagesch. 
Ainsi le mot :i:i a toujours un dagesch dans le second 
2 , quand Une lettre y est ajoutée, et cependant on 
ne pourrait pas dire que sa racine soit le 2 doublé , 
car nous ne trouvons point de racine de trois lettres 
semblables. Le mot ^2 a aussi dagesch; néanmoins 
on ne pourrait pas dire que la racine a un vav doublé, 
exemple que nous ne trouvons point dans la langue 
hébraïque, ip aussi a dagesch , et la racine en est nip. 
Nous trouvons d'ailleurs des mots comme o^bm 
[Prov. XXIV, 3 1 ), Inntr , qui ont un dagesch , sans autre 
raison peut-être que pour remplacer une lettre 
quiescente. D après ces exemples, il range ces sortes 
de mots sous Tordre de deux lettres, afin qu'on ne 
puisse pas conclure de suite d un dagesch , qu'un mot 
vient des racines des lettres doublées, ni supposer, 
pour les mots de deux lettres qui n ont pas de da- 
gesch au pluriel ou avec le pronom, qu'ils déri- 
vent d'une racine des lettres faibles au milieu. L'em- 
ploi du dagesch y en effet, n'est pas rigoureusement 
réglé; on trouve, par exemple, du, avec dagesch, 
sans que ce mot appartienne aux racines doubles, et 
D^riK, sans dagesch , bien qu'il vienne de ces mêmes 
racines. 

J'aurais classé, dit l'auteur, les mots qui prennent 
un dagesch, quand on y ajoute le pronom delà troi- 
sième personne du féminin , parmi les racines à lettres 
doubles, comme, par exemple, n^an {Zach. iv, 3), 



224 SËPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

dont le singulier est ^W; de même nn, pluriel D''m, 
que j'aurais considéré comme racine à lettres dou- 
bles, en disant que la seconde lettre des deux sem- 
blables, comme aussi le ^ quiescent, disparaît; le 
*hohm qui s'y trouve en serait, du reste, la preuve, 
conimedans pn, D'»pn, etc. mais d'un autre côté, j'ai 
trouvé D'i^^ai avec un dagesch, dont la racine doit 
être nécessairement ViV, puisque les racines de trois 
lettres semblables n'existent pas. Donc il n'est pas 
possible de décider que de tels mots soient des ra- 
cines à lettres doubles, par le seul dagesch, si l'on 
n'a pas de meilleures preuves. 

L'auteur dit encore que, pour les racines dont 
la première lettre manque, cette lettre est tantôt 
noan, tantôt youd; comme 'Hayoudj, il range ces 
mots où cette première lettre ne se rencontre jamais 
dans la Bible sous la racine commençant avec noun. 
Il y a des mots (continue l'auteur) dérivés des ra- 
cines saines qui ressemblent à ceux formés des racines 
faibles, par exemple, jnN, jnK, poK, tout à fait pa- 
reils à ]W^ , q^i dérive de ^W , et à pKa , qui dérive 
de nxa; comme il n'y a pas de preuves suffisantes 
que ces premiers mots dérivent des racines faibles , 
il les a mis dans son Dictionnaire sous les racines 
saines, comme pî") {Prov. xiv, 28), parfaitement 
connu par le passage D"»:?-) [Jag. v, 3). 

Un autre chapitre de la préface donne l'explica- 
tion suivante : 

Le Dictionnaire est divisé en vingt-deux chapitres 
(iiiUU), d'après les vingl-deux lettres; les racines se 



SUR LA LEXICOGRAPHIE RÉBRAlQUE. 225 

suivent selon l'ordre de l^alphabet, c'est-à-dire qu'il 
ne mettra pas, par exemple, nnK avant 13K, ce que 
les autres auteurs n ont pas observé, et il ne les con- 
fondra pas, comme les autres l'ont fait^. Cependant 
il mettra 33 avant bn} ; n , comme premier mot du 
chapitre T , nn avant Kn ; car le chapitre doit traiter 
le 3; la lettre redoublée est précisément la vraie 
lettre^, et ainsi pour les autres; pour cette même 
raison aussi il mettra T»n^Vn [Ps. cxx, j64) avant 
•jSn, et 112 avant xnn, etc. Il suivra le même ordre 
pour les mots dont la première et la seconde radi- 
cale sont semblables, par exemple, |*t^ se trouvera 
après D^ , comme s'il n'y avait qu'un yoad; "idd se trou- 
vera sous la racine de ns. L'auteur dit vers la fin de 
sa préface : <i Je te présenterai les emplois de chaque 
racine, sa forme légère et sa forme forte, le parti- 
cipe actif et passif, le futur et l'infinitif, le réfléchi 
(m/a/), le réciproque [hithpael) , et le passif (poua/^t 
hofal) et les autres dérivations , car mon but n'est pas 
de présenter les racines sans en donner les dérivations 
grammaticales. C'est pour cela que nous avons ap- 
pelé ce livre le Livre de Vexamen minatieux ^. )> 

Tel est le contenu de la préface du lexique de 
notre auteur. Sa profonde connaissance de la langue 
arabe, et en même temps de la logique, est assez 

^ i^ULjCiî Ijw^ (le manuscrit porte K^DD^) LaO^ c^jJ^ 



226 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

clairement établie par la préface de la Grammaire 
qu'a publiée M. Munk^ En étudiant cette gram- 
maire, dont la traduction hébraïque , publiée déjà, 
reste beaucoup au-dessous de Toriginai arabe, on 
verra que Djana h ne se bornait point comme ses 
prédécesseurs, qui écrivaient en arabe, à la nomen- 
clature des expressions grammaticales arabes; au 
contraire, il prit aussi en considération la syntaxe 
de la grammaire arabe K II consulta, pour des mots 
difficiles, les auteurs arabes, les traductions chré- 
tiennes de la Bible ^, et enfin les livres des autem*s 
juifs qui lui étaient accessibles. Nous nous borne- 
rons à donner le nom de ceux que Djana h men- 
tionne dans son Dictionnaire, ceux mentionnés dans 
la Grammaire se trouvaut déjà à la fin de Tintéres- 
sante préface que M. Kircbheim a jointe à l'édition 
de sa grammaire, traduite en hébreu^. 

l Journ, asiat iSbo, 

^ Dans son Dictionnaire, Djanâ*h se rapporte beaucoup aux 
usages des Arabes dans leur langue. Ainsi , par exemple , dans la 
racine 733 : m 733 ( Exod. xxviii ,2a), dit-il , est un nom de la forme 
de nnsy, et il sert d'adjectif au mot m*)tr*)C^, comme s*iiy avait 
m7!l3D. C'est comme chez les Arabes, qui disent cs^>a JcKfr y^* 
où la qualité est donnée par l'infinitif ( ^ j^ «>aUj c>A-^^ )• Dans la 
racine ^^2, Djanâ'h fait observer que les Hébreux réunissent deux 
mots qui disent la même chose, par exemple, *)D2^ ^W (Joh, Tii, 
5), oà t^lJi signifie aussi «poussière,» conune on le trouve dans le 
Talmad, ]n^V^} ( Baba-Mecia); niQ^: 10'»^^ (Ézéch. xxxix, 4). 
HDD n?3D (Jér. xxxvi, 12), et d'autres. Les Arabes font la même 
chose, quand ils disent nLàJI ^s, expression tout à fait semblable 
à ^Dy ^W , qui est la même chose que IDV DDHK. 

' Cf. ci-dessus, p. 217, note. 

* SepherHarrikma, par M. B. Goldberg , revu et corrigé par M. Ra- 
phaël Kircbheim. Francfort-sur-ie-Mein, i856. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 327 

Les auteurs mentionnés dans le Dictionnaire sont : 
Saadyah Gaon, tantôt avec son prénom, tantôt 
sous le nom de Fayyoumi^ ou simplement sous la 
dénomination de Gaon, ou sous le nom de chef de 
Vécole; Jehouda ben Koreïsch^ Dounasch ben Ta- 
mim^ R. Scherira', 'Hepheç et Samuel, chefs de 

* A la racine niItT; cf. ci-dessus, p. 206, note. 

3 C*est ce nom que nous supposons dans la citation de I)janâ*h , 

à la racine tSTKI : ^Ur* ^ Jkâ. ^Ma^ j k'^D U'»t;K13 

' Nous ne citerons qu'un passage , dans lequel le dialecte d^Irâk 
est cité par Scherira , qui habitait ce pays-là , pour une explication ; 
ce que Djanâ*h fait plusieurs fois dans son Dicti(nmaire. Voici ce 
qu'il dit au mot *)^*)^ : 

t^y^tsrin 11 n"»«yK^3 J^ d^^l c>U^I ^y> m-rn yipi 
Niintsr S JU^ iJ^y^j^^ Vj^^ ^rî ^^''^^^ ^^^^ ^'^^^^ 

Ld^t y,.mj.jJS\ çj3 (Jj^ ^'-i^ 7!^J^ "^«^ ^y^ -^M *^î-^ 

«^TIT (Geii. m, 18) est une espèce d'épine. R. Hoschi'a l'ex- 
plique dans le Midrasch par m^SDy, c épine,» ou 'hcarchaf. R, 
8cherira Gaon dit dans ses explications sur les mots ( talmudiques] , 
que N*)111 [Gttittin, 70 a) a la même signification que le mot bi- 
blique [Gen, III, 18); en 'Irak on le nomme cangar, plante sur la- 
quelle se trouvent des 'aasckadj, et dont on peut manger l'intérieur. 
Le mot ys^fB> veut dire • épine, > car on n'emploie ce-mot que pour 

un arbre sur lequel il y a des épines , et cangar, c'est ce qu'on appelle 
chez nous (en Espagne) kinariah, et c'est une espèce de 'karchaf,w 
(Cf. Leoric. arab, lat, par M. Freytag, à la racine ^^^^^.) Ce dernier 
mot est rendu une fois dans l'article cité, par ^tTID ({,Jj&y^)' 



228 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

récole\ R. Haya^, Mena hem ben Sarouk, Dou- 

nasch ben Labrat^, Ben Naphtali*, Abou*Ainr ben 

* A la racine TMil, Djanâ^h parle de Topinion du Talmud, que 
HNT (Lév, XI, i4 ), et riK*) (Deut. xiv, 1 3), sont la même chose; il 
continue : 

« liephez s*est appuyé , dans son livre sur les lob, sur cette opi- 
nion (c'est-à-dire du To/macl), tandis que Samuel (fils de *Hofni), 
chef de Técole , s*appuie sur le verset (c'est-à-dire que ces deux noms 
sont différents ). 

^ Cf. ci-dessus , p. 212, note a. 

* A la racine ï]!S?t2r , notre auteur dit : 

aNi^K ïi2:p tD^DD Niim »ixn qji *]» pin ^ixtr ins> aai 
^^nnîy iwp y^^^y^j *^V iSô^\ piDsJt 

«On n'est pas d'accord sur le mot f]'^^ [Is, liy, 5). Quant à moi, 
les paroles d'ibn Labrat, en répondant à Mena'hem, me plaisent 
beaucoup. Ce sont tD^l, etc. (Cf. Theschoubot Dounasch, édition 
Filipowsky, p. 20. ). Il a mis en rapport le sens du verset b, Liv, 5 , 
avec celui qui précède , ^212 , etc. » 

* A la racine Hp^, Djanâ'h dit que Hilp^ [Gen, xlix, 10) est ho- 
monyme de l'arabe jL^Jj , qui veut dire « obéissance ; » les Arabes di- 
sent (JlâbJ [ jjb I « l'homme a obéi » (ç\h\ ) ; il en est de même dans le 
mol i)tlipw (Prov, XXX, 17). Leyoud, dans ce mot, est quiescent, 
et sa voyelle eât transférée awlamed, comme fait Ben Nafttiali , dans le 
mot ^^ri1*lp'^3 (Ps. XLT, 10]. Il en fait autant dans chaque mot où 
ieyoud a *hirik, et où la lettre qui précède est pourvue ÔLnuscheva; 
ainsi lit-il riNH^/ (Deut. xxviii, 58). Djanâ'h dit avoir expliqué cela 
à la un du second livre de son ouvrage Al-Tasckwir. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 229 

Yakva ^ Yiç liak Giktilah^, qui était son maître, 
Yiç hak ben Saoul ^, et tacitement son adversaire 
àSamuei ibn-Nagdélah (le prince), contre lequel il a 
composé un livre *. Il cite aussi quelques vers de 
poètes hébreux, sans les nommer ^. 

* A ]a racine ItTN, notre auteur dit : t j^J^ j>-^ m C^N /v»^^ 

«m t2^K (D*n(. XXX, a) ne vient pas de cette racine (Ht^K), 
comme Tont pensé quelques grammairiens , et parmi eux Abou 'Amr 
Ibn-Yakva; car ce sont deux mots composés.» Nous lisons Yakva, 
parce que Moïse ben Ezra fécrit Klp^. 

« Notre auteur dit : ^DD^ ( Prov, vu , 1 7 ), >1^3n [Ps, Lxviii ,10). 
Nous avons mentionné ces mots dans le MousthaVhak, et nous avons 
rapporté du maître Yiç^hak ben Gikatilia , que le sens de ces mots 

est « humecter » KT Ni^''fâp3 p pnX'» D ^>-^f j^ ^T^h 

'Li^yJl (jl l^U*^ fj o^t3sî ol^«*-*t ^^'fj^'y dans ï]^3r , sous le 
sens de n répandre des liquides,» et dans ^flS^ t répandre des par- 
fums; » de même que les Arabes disent pour les bonnes odeurs \Zs» 

* A la racine m^ , Djanâ^h rapporte Topinion de Yiç hak ben 

Saoul {bM^V b p pn»"» D), que IT» (^aA. m, 10) devait être IT"»; 
c*est le même auteur probablement que Djanâ'h appelle dans sa 
Grammaire Yiç'hak ben Sahl (Cf. Sepher Harrikma, à la fin de la 
préface de M. Kirchfaeim). Moïse ben Ezra, dans son livre sur la 
poésie hébraîcpie , dit des deux derniers auteurs : 

(^U^ Ly oUjLJI ViKC? b p pnr Si UJiKai. ^\ pns^ \ 

a Yiç hak Ibn Giktiiah et Yiç'hak, fils de Saoul, tous deux d*Ali- 
cante , ont été les précurseurs dans la carrière ( de la grammaire ou 
de la poésie) ; mais Ibn Giktiiah remportait , et il possédait une por- 
tion abondante de l'arabe. » 

* Le K'uah al-Taschwir. 

* A la racine ?SD , par exemple , il cite des vers pour démontrer que 



230 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1868. 

Il est tout à fait étonnant que Djanâ*h ne parle 
jamais des livres des caraites sur la grammaire ou la 
lexicographie hébraïques. Probablement il n en eut 
jamais connaissance, car nous ne pouvons suppo- 
ser qu*un homme qui se livrait si ardemment aux 
études grammaticales ait porté une haine aux livres 
à cause des opinions religieuses de leurs auteurs. 
Une note marginale, dans une copie du livre d*Ezé- 
chiel \ vient justifier notre hypothèse sur Tesprit 
tolérant de Djanâ*h ^. Des livres massoréthiques sont 

cette racine veut dire couper, faire une incision («.liftlt v5^ V^)* 

il dit : 0"»*?^ ans HDiDO HNT ^ùx >]:y nXT yS^lsi\ JUj 

« Regarde la branche qui était couverte de masses de feoUles , les 
sauterelles Tont dépouillée. » 
' Cf. ci-dessus, p. 3i i, note 2. 
* A la marge de ce manuscrit , on trouve ce qui suit : 

^Wj^'^ PIddJI f43^ ^ JaIjJI ojJ^Ç) cJ^ c^ ff^ 
^ cdl U3 *xJt (^^.3 t\yl\ Ja^' ^t ^^^f j[^ nnK nw 

ItTN «uà amI JyLj jC^j^j 0*^*3^ *Jl^tô^^ l^^yU jy^^ jjl 

tt Ibn-Djana h dit : 'Anan et sa secte font erreur en défendant le 
commerce avec une femme enceinte , et il s'appuie sur ce verset 
( Ézéch, xyiii , 6 ). Abou 'Ari bcn Zita opine contre eux , en donnanl 



SUR LÀ LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 231 

cités chez lui : Le Uvre des voix^, la Massorah Ochlah, 
et un autre sous le nom de Massorah ^. 

Djana fa aussi appelle le langage cfaaldaique de la 
Bible le syriaque ^; il lait aussi la comparaison lin- 



pour preuve le verset ( Deat. xxiv, 5 ] : c II sera libre de rester un 
an dans sa maison , » et il est cependant possible que sa femme 
devienne enceinte dans cette année méine. Malheur à celui qui pense 
que Dieu commande une chose qui n*est pas juste ! car si la chose était 
ainsi , il serait nécessaire , pour celui qui est récemment marié , qu*a- 
vant d^avoir de nouveau commerce avec sa femme , il s^assurât qu'elle 
n*est pas enceinte ; tout cela est mensonge et fiction , sur lesquels 
Dieu dit : « Je ne t'ai pas commandé , etc. » (Jér. vu , 3 1 .) Ce passage 
se trouve probablement dans le Kitâh Al-Taschwir/ Anan a expliqué 
le motD^in comme venant de la racine il^n cétre enceinte;» on 
voit que les caraîtes ne sont pas exempts d'applications fausses des 
versets , pour soutenir leurs opinions. 

' Cf. Journ, (uiaU i86i, t. II , p. 45o. Il traite comme non-sens 
une opinion de ce livre, d'après laquelle le vav, selon qu'il Sipatha h 
oU kameç, aurait une influence sur le verbe qui serait transitif ou 
intransitif, comme dans inDDIDKV, d'où il tire la conclusion que 
Saûl, suivant le rapporteur, s'est tué lui-même. (Cf. Ewald, Èeî- 
tràge, p. iSg.) 

* A la racine n*)D , notre auteur dit que 'Hayoudj a dit dans cette 
racine, que mi^îT? se trouve écrit avec D, et qu'il faut le dériver 
de n^3^1 ; Mena'hem aussi dans son livre, a pensé qu'il est écrit 
avec 3. Mais nous (Djanâ'h) , nous ne l'avons trouvé avee 3, ni dans 
une bonne copie (^N^ ^^^gu), ni dans la Massorah, 

' Djanâ'h dit, à la racine |&3 : 
AftU»' ^■gvi.'waifcY ^vi^^t v^lj^-«j( j^ ^x^ iSO^i^y^ n^DD 

itriDiD [Ez, xvii,7) dérive, d'après moi, du syriaque, en inter- 
vertissant l'ordre des lettres , car en syriaque on appelle la congréga- 
tion nSU3. On le traduira ici ; « elle (la vigne) réunira ses branches 



232 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

guistique avec la langue tbalmudique, et plus fré- 
quemment avec larabe, dont il était parfaitement 
maître. Nous allons en citer quelques exemples : 

«HDK [Gen. XXI, 1 3); le ri, dans ce mot, désigne 
le féminin , et le n, troisième radicale, est omis ; la 
preuve de Texistence d*un n radical dans ce mot se 
trouve dans le pluriel vmnDK [Gen. xx, 17). Il me 
semble très-juste que la racine de dk, mère, DniDicV 
[Lam. Il, 12)) soit aussi hdk; preuve, son pluriel 
mnOK [Peah, ch. m, m. 4 ); mais il est bien possible 
que le mot dn appartienne au chapitre précédent 
(c est-à-dire sous la racine dk); car j'ai dit que le n 
est paragogique dans le pluriel de la Mischna, comme 
c'est le cas chez les grammairiens arabes dans le mot 
ii>L^I, et c'est de là qu'on a fixé la règle pour.'DK. » 

« ^SK ; une autre forme pour le substantif est 'jSKD 
[Jos. XXIV, 7). Les Hébreux, selon leur habitude, 
ajoutent à ce mot le nom de Dieu, pour exprimer, 
soit l'excellence , soit l'infériorité; on dit alors n^'?BND 
[Jér. II, 3 1) , avec la différence que dans ce mot le 
£> est avec dagesch, et dans Vdnd, il est sans dagesch. 
n^VsKD , construit avec yiK , donne le sens : an pcpys 
où ton ne peut pas se diriger (l^^ c^*>^*'j^ ^). Les 
Arabes aussi disent ^LàJa^ »^ , an désert sans trace 
de cjieminf c'est-à-dire où l'on ne peut pas se diriger; 
le mot (jisia^ est semblable au mot jôJI , avoir les yeux 
faibles, ternes. Les deux langues sont donc d'accord 
dans l'emploi de cette expression. » 

vers lui , comme le parallélisme l'exprime. On trouve [dans \et Wi- 
schna] HD^S , et ici les Babyloniens lisent le mot ainsi. » 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 233 

Dans ia racine |DK , Djanâ'h arrive au mot n:i&K 

(Ps. Lxxxviii, 1 6), et dit ce qui suit : 

((Âbou Zacarya range ce mot sous la racine ps, 

et le prend comme futur d'après ia fonne nOipK. 

Quant à moi, il me semble plus exact de dire que 

le mot dérive de la racine jDK , et qu il est homonyme 

du mot arabe ^\à\ , temps. pSK sera alors la même 

forme que vnhi^ , et le n y est paragogique , comme 
celui de nDDt!; [Osée, vi, 9). La phrase doit se tra- 
duire : je porterai tes frayeurs pendant un temps. Nous 
voyons que le Psalmiste [Ps. lxxxvi , 1 6), après avoir 
dit ((je suis faible et allant vers nfa perte depuis ma 
jeunesse, » poursuit, d'après la règle de la transpo- 
sition : ((je porte tes frayeurs des tempsK » 

(( Dt^TK ; nonsfavons mentionné dans le Moustalhak. 
Il signifie péché {^^); ainsi on appelle le sacrifice 
par lequel on demande à être absous de son péché, 
DVH [Lév. v, 18). Son verbe est d?;nt {Lév. v, îx3), 
il demandera pardon (j-i^Jû-oj) ; u^ii^ [Lév. v, 1 5 ) , s'il 
demande pardon pour un de ses péchés. La forme du 
participe est d?;k; Q'»Dt;Kl {Esd. x, 19) : ils deman- 
dent pardon pour leur péché en apportant une brebis. 
Une expression semblable est employée par les 
Arabes , q!^^ ^^ , pour dire « tel est absous de son 
péché. » 

Ulil C^Ucjs «:>U^* <J^A^ ^^Ui|. Le Takdim et Taachir est le 
irp^Tepoi; et Mepov ; Djanâ*h veut dire que le verset doit être trans- 
pose en ce sens: «Je porte les frayeurs pendant un laps de temps, 
puisque je vais vers ma perte depuis ma jeunesse. » 

XX. i6© 



234 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

u r\^2 signifie aussi la fenune, par exemple y in^si 
[Exod. 1, i); les Arabes disent aussi pour la femnae 
de quelqu'un, ax^. On trouve ce mot employé dans 
ce sens chez nos ancêtres (les docteurs du Talmad); 
ainsi le sage dit : a Je n'ai jamais appelé ma femme 
^nerK, ni mon bœuf mtr; mais j'ai dit pour mon 
bœuf ncr , et pour ma femme "^n^a. » 

« Le sens de n'p^2'û (Nah. ii, 1 1) est, d'après moi, 
une place déserte sans culture [ij^\^j^ Hfj.^), 

car je le crois homonyme du mot arabe ^5^ , qui si- 
gnifie « un endroit où il ne pousse pas d'arbres. » Les 
Arabes disent vW ooiLI ^ j'ai fermé la porte. D'après 
cela , le np*?3D signifiera an endroit désert oh il ny a 
personne pour fermer la porte {^^i^ i^^^j4i^ H)^)^ 
cest-à-dire, personne ny entre ni ne l'habite. Les 
Arabes se servent aussi de la même expression pour 
exprimer /'ai ouvert la porte, d'après la règle des si- 
gnifications opposées des verbes (^t«x..^^t (j^)\ 
npV^D exprimera alors une place entièrement dé- 
serte , ouverte à tout le monde ( JU»>l»Y^,# i^^.) n 

« nnîa ( Lév. XVI , 22) signifie , d'après la dériva^ 
lion , séparé (coupé] de toute vie {(j\^^\ (j^ iCjdiA«}. 
Quant à moi, je crois plutôt que ce mot est unique, 
et qu'il faut le comparer à son homonyme en arabe. 
On le traduira *;3>-^ (jo;l , qui veut dire, an endroit 
sans végétation, cest-à-dire le désert.» 

« onn ( Is. Lvi , 1 o ) est rendu dans le Targoum par 
po^a , dormant C'est un attribut applicable à Tespèce 
canine, car les chiens dorment toujours,, de sorte 
que les Arabes en ont fait des proverbes : i7 a eker^ 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉRRAlQUE. 235 

ché t ombre comme les chiens dorm^ants; ils disent aussi : 
il estplas assoupi que les chiens ^. » 

«IT (Ps. cxxxir, 12) signifie ce (l^k^); on y ajoute 
n , et on dit riKT. M a aussi la signification du pro^ 
nom relatif IVH , par exemple ( Ps. xvn ,19; Jés. xlu , 
27); les Arabes disent : «^ i^juufw 3^, dans le sens 
de (S^^ » que j'en ai entendu. » 

«"♦n^m [Job, xxxn, 6) est Thomonyme du mot 
arabe Jci^j , qui signifie telle chose n est plus à sa place. 
Ce mot, appliqué à une ohamelle, signifie: elle re- 
tarde dans ^a marche. Le sens du verset sera : c'est 
pourquoi je suis en retard sur leurs paroles. Les Arabes 
appellent Saturne J^^j , c està-dîre , il se retire en sui- 
vant son chemin ( A^^^^jtyi ^^j^). » 

« :in ; on peut comparer ce mot , dans ses deux 

significations, à larabe; car l'Arabe dit : 1° ^'^ x 

M\ ouu, c'est à-dire, il y est venu («kt); a"^^ ^**^ ? » 
c*est-à-dire, il a fait un pas (p*^); 3* <^ûJJ g , c'est- 
à-dii'e , la chose s'est répétée ( ah^ *^JJ^)' L*^ sens de 
33in {Ps. XLii , 5 ) sera : il est venu à la maison de Dieu; 
celui de laim {Ps. cvii, 27) sera y>^.>^, c est-à- 
dire , ils marchent çà et là , comme des hommes ivres. 
De cette catégorie vient le mot D"»33n (I Sam. xxx , 
1 6), c est-à-dire, ils ont chancelé dans leur ivresse; de 
là vient le mot nmb ( /s. xix , 1 7 ) , ils sont atteints par 
la crainte, et ik tremblent en y pensant-^. » 

« V'Dn (/5. xxx , 2 4 ) a le sens de fermenter (jiéf^^]), 

^ Cf. Arabwn proverhia, par M. Freytag , t, I , p. 789. 

16. 



236 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

puisque nous ne trouvons pas pour ce mot une 
autre dérivation. N'étaient les préjugés de quelques 
hommes ^ je dirais volontiers que le mot est ho- 
monyme du mot arabe iC^à^ , qui signifie une chose 
désirée, et yon serait alors un fourrage désiré, aimé 
(La^^ ^J^); il l'appelle désiré à cause de sa pfareté, 
comme le verset dit à ce propos > qui a été vanné 
par la pelle. C'est là le meilleur sens qu'on puisse 
donner à ce mot, car le fourrage n'a rien à faire 
avec la fermentation , et on ne peut y appliquer le 
mot VDn. S'il ^ avait traduit {j^y^ oli*j, cela au- 
rait été excellent et coulant, yon (Nomb. vi, 3) si- 
gnifie le meilleur qai s'y trouve (iL^^.«JSL) , car le mot 
est homonyme et synonyme avec le mot arabe. On 
dit de cette catégorie, pour la colère , yDnir» {Ps. lxxiii, 

' ^^.AJUoCclt (^.mju ÛLL; il fait allusion probablement à des 
personnes qui Tout blâmé à cause de son arabomanie. On observe 
dans plusieurs passages de son Dictionnaire qu*il se défend pour 
ainsi dire d*un-reprocbe qu*on lui faisait de vouloir s*appuyer trop 
souvent pour l'hébreu sur Tarabe. Ainsi dans la racine it^^} , ii dit : 

HTS"» 1BD j ^^ t/j^' nyriDjf 

«Je ne suis point admirateur de la concordance de ces dem lan- 
gues , et je ne veux point prendre mes citations de Tarabe , ni ici , ni 
dans un autre endroit, comme appui pour mes ciplications; mais je 
veux seuleinent faciliter ces comparaisons à celui qui ne les connaît 

point Sa'adyah déjà a employé cette méthode de comparaison 

dans le livre Yécirah. ( Cf. ci-dessus , p. 2 26, noie 2.) 

'^ Djaiiâ'h fait allusion à la traduction arabe par Sa'adyah. 



SUR LÀ LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 237 

21), que je traduis en arabe <^^J^ (>»-«jb?, c est-à- 
dire , mon cœur se met en colère. On dit en arabe : (J^ 
:>\yÀi\ (jia^l, il était en colère. » 

« DDD. Ce ne serait point trop recherché de dire que 
nDD3 [P$. Lxxxi , 4 ) , KDDH (Ptov. VU , a o) , viennent de 
cette racine; ils signifieraient alors le temps déterminé 
et lejourjixé. Le N et le n, dans les deux exemples, 
sont superflus, comme dans nt^K [Exod. xxix, 4i); 
seulement il devait y avoir un dagesch dans le sin, 
dagesch remplacé par la lettre quiescente#» 

Dans la racine kdd, Djanâ'h donne une autre opi- 
nion ; voici ce qu il dit : 

« Il est possible queNDDn (Prov.vii, 20) vienne de 
cette racine, et le N alors est changé en n dans le 
mot nDD3 [Ps. Lxxxi); dans ce sens, ces mots sont 

semblables à l'arabe j^^^ o^ é^ i^:^5<=r » Je sais 
venu à une fin de mois ( »j^^ <i) , et à l'expression cxW 
j^^jS^\ (jf*S^i}!^ ^i , J*ai fait cela après ce mois[ùôsx»). 
Le sens du verset [Ibid.) sera alors : Sonnez la trom- 
pette au commencement du mois, qui est la fin [du mois 
précédent), au jour de notre fête, comme il est dit : 
Le jour de votre joie ^ et de vos assemblées , c'est-à-dire 
qu'il faut sonner après qu'on a fait le sacrifice. Mais 
comme ùnna peut se rapporter au commencement 
de chaque mois, le verset a ajouté ir^nor^, pour 
expliquer qu'on veut dire le commencement du 
septième mois, car il n'y a pas d'autre mois dont le 

uuscrit porte, pour IvAikl» K13K, qui ne donne pas de sens). 



238 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1861 

commencement soit une fête, si ce n'est le septième. 
Le b, dans Dr^, remplace le s , comme nous Favons 
expliqué dans le livre de la Grammaire ^ » 

c(nmDD(P5.Lxxx, 1 ), a'»mDD(/î.xxxiii, i3);quel- 
ques-uns disent que ce mot dérive du syriaque nosii , 
couper, traduction chaldéenne de ilDiti ( Lév. xxv, à) 

mais on ne s'éloigne pas de cette explication , 

en faisant ce mot homonyme de l'arabe w^MH ^ t ^^i^^^j^r^ 
^slCli;, ce qui veut dire, /ai balayé la maison avec an 
balai; ^11:03(75. xxxiii, i a)setraduirait alors : cftaM^» 
éloi(]né {'i^jisi^^).n 

ttiûa'?"» (Prov. X, 8; Osée, iv, là) se rapprochent 
tous les deux de l'arabe, savoh' : i** on peut les com- 
parer à l'expression IiA>, ce qui veut dire^ il sera 
renversé [^ya^), opinion plus vraisemblable; a** ou 
bien on les compare à la^Ax^ , ce qui veut dire être 
boiteax {^^\ ^I^a-I). » 

«nnOD [Job, xxxviii, 5), d'après moi, doit s'ex- 
pliquer : qui a établi ses largeurs , ses longueurs et ses 
limites. Ce mot est de la même forme que nsDl 
[P$. cxvi, 3), car le n, dans ce mot, doit être avec 
(lagesch, puisque la racine est nnx. Le mot »<Xwt, chez 
les Arabes, veut dire fin, limite (isjUJJ), et ils di- 
sent des deux, c;>I^UwJI ^^«>wo, pour en exprimer les 
bornes (Lyjl^Ui). 11 faut alors traduire le passage 

^ Cr. Sepher Harrikma, p. 12. 

' David ben Abraham , dans son Igaron, rapporte la même idée , 
en disant : f^ y> c5oJ( nCI HP ^ iiàjJ l^t j^j^ji t^bS^A^ 

n Tous ces mots (nniDS ] signifient « balayer; » mais il est possible 
(fue ces mots dérivent de la racine HD « mouvoir quelque chose de sa 
'< place. N Dans notre système, la racine dp cette signification est Î1D3. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 239 

(Job y xxxviu, 5) : qui a fixé ses limites (^3 c^» 

MDn'»nnDD (Gen. xlh, 5) est, d*aprè$ mon opi- 
nion (aj <^4Xi}, homonyme avec le mot arabe 
jje£, ce qui yept dire une grande am^e (jHn^), et ce 
passage doit se traduire : leur armée est l'arme de 
l'iniquité (^jy^ fi^l Z^'^)' '^ 

iihn ; de cette racine vient, d'après moi, le mot 
diStd*?') (II, Rois, xxin. Si), où le noun est remplacé 
par un dagesch dans le zaîn, suivant la fonne nispoai 
(/5. XLiv, 1 2), qui vient de riapj ; A signifie les sta- 
tions du soleil et de la lune. €'est un homonyme du 
mot arabe (Jj^). Le même mot est, d après moi, 
aussi nnîD [Joh , xxxvjii , 3 2 ), où le ^ est changé en 1. 
Les Talmudistes expliquent ces mots par les douze 
signes du zodiaque, dans lesquels le soleil et la lune 
se meuvent, et qui sont en certain rapport avec les 
vingt-huit stations (aIjjU n'^JI (j-* Sài\ji» fy).n 

«d: [Deut. xxxiv, 7) vient, d après moi, du sens 
"îiDiV (Jos. VIII , 5 ) , fuir; mais ce mot est homonyme 

de Tarabe a-b^I^JiasÎL ^^, le pain et la viande se 
sont desséchés (o*^) , et (jgJ aw ll çj^ ^JmJ, desséché de 
soif[\jLs>'y La phrase se traduira donc : sa sève ne 
dessécha pas (c;Ajb>> U ^1 aa^jI?) oi^imJ U3). » 

«yNi"»! [EccL XII, 5) est aussi homonyme avec 
larabe (jwJ , sauf que le sad prend la place du sin 
dans D3 [Deut. xxxiv, 7). » 

«ip3 (II Rois, IV, 4) est le mot arabe i^Ui : qui 
possède beaucoup de brebis (f^f,0f^>^\àQ)\ les Arabes ap- 



240 SEPTEMBRE -OCTOBRE 1862. 

pellent un berger (jflj) ^^. Le Targoum le rend 
aussi par •»n"»a nid. De ce genre est aussi onp^a {Amos, 
I, i). De là le Prophète dit ipa, c'est-à-dire, pos- 
sesseur dé gros bétail (yb c^^-Uo ). » 

« 3tt^a veut dire souffler; dans la phrase 3tt^^i (Gen, 
XV, 11), il signifie chasser; mais c'est comme s'il di- 
sait : // a soufflé sur eux. Les Arabes disent : Le 
peuple a soufflé sur leurs villes , et ils se sont envolés, 
c'est-à-dire, ils ont été chassés ^ On le dit aussi en 
hébreu [Prov. xxix, 8 ). » 

« »iui {Jér. xni» 1 6) signifie les ténèbres et l'obscu- 
rité [^J^^Juti\^ p^UôSl). On emploie aussi ce mot de la 
nuit, savoir, de son commencement et de sa fin ; c'est 
ce qu'on appelle en arabe i imj f ét^. Quant au com- 
mencementdeianuit, comme dansle passage [ISàm. 
XXX, 17), où il veut dire : «II les a battus du com- 
mencement de la îiûrt jusqu'au soir du lendemain.» 
La preuve en est le mdt.DnnnD'? , le lendemain. Quant 
à la fin de la nuit y il se trouve dans le passage [Job, 
vn , 4). Le sens dans ces passages est toujours celui de 
l'arabe iUou**^ , car ce mot signifie en arabe le moment 
(iCi^) des ténèbres, au commencement et à Ja fin de 
la nuit, v]^^ est également employé pour le moment 
de ces deux temps. Ainsi le disent aussi les docteurs 
du Talmnd (Traité Berachoth, p. 3 v). «Il y a deux 
^^^, celui de Ja nuit, quand le jour vient, et celui 
du jour, quand vient la nuit. » 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 241 

a T UDj {Esd. X , 19; Lam. v* 6 ) signifient la sou- 
mission et t obéissance, ce qui sexécute en donnant 
la main. Les Arabes disent aussi : u Jai donné ma 
amain à un tel en signe d'obéissance, et je me suis 
«soumise » On se sert aussi de l'expression v un, 
en parlant de Dieu (II Chr. xxx, 8], c'est-à-dire, h ils 
M se sont soumis à lui par le repentir, ils lui ont pro- 
« mis obéissance et fidélité. » 

«( ^noi [Jér. xLvi , 1 5) veut dire tomber i^^^ J^), et la 
preuve , ce sont les mots qui suivent immédiatement , 
et personne ne resta debout; ^T\D (Prov, xxviii, 3), des- 
cendre (J>b), comme on dit de la rosée qui tombe 
sur la terre , "jDV ( II Sam. xvii , 12), et axissi D'^^Bi 
[Jag. VII, 12), descendre dans la vallée (cij^Jjl»)^. Le 
sens de ï]nD [Prav. xxviii , 3 ) est emportant la semence 
(^j>Jl* l^li ;^l U;U»- U^Um). Dans le langage des 
docteurs du Talmud, on trouve nono dans le sens 
de nS'»Dn, c'est-à-dire, il Va incliné , dans le sens de 
descendre (Jj^t »Lâx* l^U\^l). Ces deux exemples 
de^iDD sont homonymes de l'arabe çiL^»Jl ^ji\ cxA^ 
aj oy^i ^1 a le vent a emporté les nuages, » ouL^ 
^^^^j^ <^ï *>^^ (j^ j-*-^î «j'ai ôté le poil de la 
u peau. » Le sens de ^noi , d'après cette comparaison , 
sera le même que ^jm: [Esth. vi , 1 2 ) , s'en aller très- 
vite. ») 

' #LIixL (^j^ eUij ^LjLiûflj AJuUlt liUiûfl »ôjï> \JJla 

'^ Djanâ*h veut prouver par ces exemples que tomber et descendre 
peuvent s'exprimer par le môme mot. 



242 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

a my ^ orner; le mot nn^n (II Rois , xi , i à ) vient , 
d'après moi , de la même racine , et signifie diadème 
( JlJI). C'est la même forme que nwa; de là vient 
le mot nM)f [Ps. lx, i), semblable à l'expression 
DDDD [Ps. XVI, 1 ) , et il est possible que nny ( Pi. lv, i ) 
soit de cette catégorie , comme onsD dérive de DriD , 
qui signifie l'or. Les Arabes appellent une partie 
de leur poésie le poème d'or (ti-* ^y ^^^mJ <-ydl^ 
îLjL^S^jê L^U^t «>s>Uâi]. )) 

« nn:^. Sous une autre racine et sous une autre si- 
gnification, 'Hayoudj donne le mot my^ (Is. l, 4); 

. mais moi je pense le mettre sous la même racine, 
comme ma^i [EccL vu , i ) , qui vient de nna. Je crois 
aussi que n:^l ( EccL viii , 5 ) signifie la science de la 
jurisprudence {^^ *-S*); la preuve en est le contexte 
avec ïûD^D3. De même D'»nyS (I Chr> xii, Sst) signifie 
tradition et jurisprudence {xik}\^ ^^f^\); la preuve est 
dans ce qui suit : u pour savoir que faire de lui. d Je 
dis que ^n^ ( Lév. xvi , 2 1 ) signifîe un hmune de science, 

%achant ce qu'il doit faire du bélier ^ ; de même est m^V 
pour faii'e comprendre à un homme pauvre d'esprit 

et faible en science De même D'»nyn [Est. i, i3), 

gens de science et de jurisprudence ( xiuUI^ ^1 JJ^\ ) ; 
la preuve est dans ce qui suit : « devant toua ceux 
«qui connaissent la loi. » Le mot DT^a [Dan. xi, 6) 
n'est pas loin de cette catégorie, et on le rendra par 
des opinions heureuses et des conseils sages. Le sens de 
my^ sera pour expliquer une chose après l'autre, et 



SUR LA LEXICOGRAPmE UÉBRAIQUË. 243 

l'aire savoir une parole après rautre\ comme il est 
dit: «précepte après précepte, enseignement après 
« enseignement [h. xxviii , lo). » On peut prendre le 
mot r\)yh de larabe JytSl; b^ v^xJui : « J'ai fait taire 
un tel par la parole (cest-à-dire, « j ai fait suivre mes 
(( paroles Tune après lautre , de sorte que Tautre ne 
« pouvait pas parler). » Ils disent aussi pour faire 
suivre boisson après boisson, boire une fois après 
Taulre o*^. » 

(tn:yn (Hos. ii, 2/1); il est possible que ce mot 
soit homonyme de Farabe Jo^^l o^JLc U , « la teiTe 
M ne produirait pas; » ainsi le sens ici sera : «la terre 
(( produira ces choses. » 

«nunya (Ps. Lxvni, 5) : «ce sont les cieux. » Ils 
sont appelés ainsi à cause de leur beauté et de leur 
élévation (L^Ujjt^ l^^ki), comme le Psalmiste 

dit : Dn^3K [Ps. Lxxviii, 26) : «le pain des grands, » 
c^est-à-dire «descieux;» il leur attribue l'expression 
pain dans le psaume lxxviu, 2/i. Les Arabes appel- 
lent le septième ciel à^jS-y dénomination très -rap- 
prochée de nnny. Les Hébreux dérivent cette déno- 
mination du ciel du mot nianyn (II Rois, xiv, 1 A), 
c'est-à-dire « les enfants des nobles et des grands » 

(GlyS'i^t ^^^\ ^!rî^^ ^^^1^); c'est un substajitif de 
la forme niDiSin. Le Targoum le rend par N'»3'i3i. 
Le mot D>3iyn (I Rois,\\u , 4 ) vient peut-être de cette 

Jj3 <>JU ùl^ *^i«-»'^ OJ»^ «>AJ 



244 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

signification, c'est-à-dire «aux nobles et grands de 
u ce pays. » 

« HD^yDn (I Sam. xvii, 20). On pourrait, sans aller 
trop loin, le faire dériver de l'arabe a^S^**» <^'est-à- 
dire, «champ de bataille» ( JLxiJt f*î»>* ). HDny 
(J06, xxxiii, 5) aussi est homonyme de l'arabe 4^v5[^U 
^^Ljywbj «déclare-moi la guerre.» 

uDn*»NDK [Deat XXXII, 26) dérive du mot nND, 
qui veut dire côté, fin ^ endroit [iLu^lây c;>L^3 îL^ 
s\y^), et le sens est :je les disperserai dans le mondé 
(^UJI À jD*.^^AAaj| ). Les Hébreux ont fait un verbe de 
HND, comme les Arabes de Uâj, ^5^^^*^, pour dire : 
je les éloignerai (j^JsjuÏ). Les Arabes disent aussi (jil 
Uil cK=?^' , pour dire que quelqu'un est allé dans 

les différentes régions de la terre (o^^' 0^* ^ v^^); 
ils ont dérivé un verbe de (^\ , comme les Hébreux 
l'ont fait de nKD. » 

«niiDK [Ps. Lxxxviii, 16). II ne me paraît pas 
invraisemblable que ce mot soit un substantif et 
non un verbe, homonyme de l'arabe iUAj «temps, 
«moment» (crj:?^'); c'est la forme de iU^i et ^Ua^. 
Les Arabes disent i^-nuiJl Jsju iUxill ^L y^ : « Il vien- 
«dra d'un moment à l'autre» ((:jv^ <^jv (iTs^)- Le 
X, dans n:iDN, est superflu, comme dans ny'»3")X 
( Prov. XII , 19), qui est le même que ^21 , comme je 
l'expliquerai. Le sens du verset sera alors : «j'éprouve 
tes terreurs à chaque moment. » Le mot ^d est sous- 
cnlondu, comme dans le verset (P5. VI, 1 1), «chaque 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 245* 

«moment [Deat. xxviii, 66),chaque jour etcliaque 
« nuit ^ » 

((•»n'?nn [Osée, xi, 3) est conforme au mot des 
anciens S^an : « quelqu'un qui a l'habitude de quelque 
«chose» (<^l* ôUfcfcJ), et il doit se traduire : «j'ai 
« habitué Ephraïm («^^^) à être pris sur mes bras... » 
Peut-être le sens de ^n^ain est : «je l'ai levé (*i>^) , » 
et on traduira : «j'ai levé Ephraïm en le prenant 
«sur mes bras, » c'est-à-dire, «j'ai levé ses pieds de 
«terre,» comme le verset dit [Exod. xix, 4) : «je 
« vous ai portés sur des ailes d'aigle. » Ce mot serait 
alors homonyme de l'arabejVyxJl «>^?^, c'est-à-dire, 
«le jour se leva» (ood^t). En tous cas, le n rem- 
place ici le n. » 

«n^n^ (Ps. Lxvi, la) est, d'après moi, homo- 
nyme de l'arabe l»;, «pour une bonne odeur (^^ 
AXAkîl),» c'est-à-dire, «nous sommes tombés dans 
«des malheurs comparables au feu et à la profon- 
«deur des eaux, ensuite tu nous en a retirés pour 
«nous entourer d'agréments,» c'est-à-dire, d'un air 
« propre à la respiration. » 

«yie; (Job, xxxiv, 1 g) signifie un homme grand, 
puissant; peut-être le mot yit:;') (Is. xxii, 5) est- il son 
homonyme, signifiant élévation, hauteur, et la tra- 
duction sera : « et des élévations vers les montagnes, » 
c'est-à-dire , « ils se sont élevés sur les montagnes. » 
Les Arabes emploient ^^ dans le sens délever. » 



^ Cf. ci-dessus, p. 233, où Djanâ'h le fait dériver d'une autre 
forme arabe ; cependant le sens reste le même. 



•246 SEPTEMBREOCTOBRE 1862. 

« u^'?in'i ( Ps. cxxxvii , 3 ). II est possible que ce mot 
vienne du mot arabe c^t oJb, et ^oUot dans le 
sens de détraire {^cu^Sj^). Le sens serait alors comme 
si ie Psaimiste disait : nnDU UD^nD ^2bt<m « et nos 
«détracteurs nous demandent d*être joyeux.» 

Nous ne croyons pas exagérer en disant que Dja- 
nâ*h a presque épuisé la matière en fait de compa- 
raison de rhébreu avec 1 arabe. Le peu d'exemples 
cités par nous, et ceux donnés par Geseniusdans son 
Thésaurus du Dictionnaire d'Ibn-Djana h, montrent 
suffisamment comment Djanâ'h appliqua cette mé- 
thode de comparaison là où elle lui semblait quelque 
peu admissible; on pourrait même dire qu'il avait 
un faible pour la langue arabe, et lui a-t-on aussi 
reproché son arabomanie ^ Pour la philologie com- 
parée de rhébreu avec larabe, il ne reste donc plus 
rien à faire, si ce n'est la publication de deux grands 
Dictionnaires , savoir, ceux de David ben Abraham et 
d'Ibn-Djana h , dont nous avons explicitement parlé; 
les autres dialectes sémitiques, quand ils seront 
connus, compléteront la matière^. 

Nous pouvons dire aussi qu'après Djanà'h les 
lexiques n'ont d'autre valeur que celle de simples 
traductions ou de compilations. Son Dictionnaire 



* Cf. ci-desftus, p. 33i, note i. 

^ Nous trouvons le mot ^D\ff^, qu*on voit souvent en Maison ayec 
ie nombre dix, signifiant onze. Ce mot , qui a donné lieu à tant d'in- 
terprétations , a été heureusement trouvé par M. Oppert [Journ. asiat. 
)85o, 1. 1 , p. 137) , dans les inscriptions assyriennes, avec la signi- 
fication de un. 



SUR LA LEXlCOGRàPHŒ HÉBRAÏQUE. 247 

même a été deux fois traduit en hébreu K Aussi nous 
ne donnerons que de courtes notices sur les lexico- 
graphes qui ont succédé à Djanâ*h; nous ne nous 
arrêterons surtout pas longtemps sur ceux dont les 
ouvrages sont imprimés. Mais avant de parler des 
lexicographes, nous allons encore mentionner quel- 
ques grammairiens, d'après Tordre dans lequel Ibn- 
Ezra les cite dans son Meoznaîm^, 

« Après Djanâ'h , dit-il , c'est Salomon ibn-Gabirol , 
de Malaga, qui a composé un poëme de quatre cents 
lignes sur un sujet grammatical ^. Samuel le Naguîd , 
de Cordpue, nous a laissé le Livre de richesse, tpii 
surpasse en étendue et en valeur tous les livi*es men- 
tionnés^. Moïse le Cohen, appelé Ibn-Gikatilia , de 
Cordoue, a expliqué les livres grammaticaux (de 
Hayoudj )^ ; il y a ajouté des choses inconnues à ses 
prédécesseurs ®; il a composé en même temps un 
livre sur la formation du féminin des mots mas- 



* Cf. Joum.asiûU i85o, t. II, p. 90. 

* Édition de Venise , p. 97. 

^ Une partie de ce poëme est donnée dans le dictionnaire de 
Parhon. 

* Cf. ci-dessus, p. 316, note 1. Sa'adyah ben-Danan i'appeiie pèr^ 
des grammairiens, D^pnplDH ^DN. 

* Cf. M. Dukes, Beitrœge, p. 181. 

*^ On trouve, en effet, dans cette traduction, beaucoup d ajoutés 
de ses propres explications. Il serait trop long d^en citer quelques 
passages; nous ne le faisons pas, surtout, parce qu'une prochaine 
édition de cette traduction nous est promise par M. le professeur 
Magnus , k Breslau. Sur Tidentitë avec Moses Kobani , cité par les 
caraïtes ( Lik. Kad, p. 1 20 , chiff. héb. ) , cf. M.Geiger dans le journal 
Hamazkir, Berlin, 1861, p. 43. 



248 SEPTEMBRE-OCTOBRE Î862. 

culins^ David le Juge ben Hadjer, de Grenade, 
s est joint à eux; il a composé le Livre des Rois -. 
Yehouda ben BaFam, de Tolède, a fait une col- 
lection de petits traités^. Yiç hak ben Yasos, de To- 

^ Voici comment Moïse ben Ezra , dans son livre sur la poésie 
hébraïque , s'exprime sur ce livre : 

«Je te renverrai à un livre cTun petit volume, mais d'une grande 
utilité , par Ibn-Gikatiiia , sur la formation du féminin de la forme 
masculine. » En hébreu comme en arabe , le masculin est la racine , 
et le féminin une branche. (Cf. Commentaire sur Hariri, édition de 
MM. Reinaud et Derenbourg, p. 367.) 

* Cet auteur est appelé, dans le livre sur la poésie bébraîcpe, par 
Moïse ben Ezra, Abou Souleîman ben Mouhadjér ("làNTlD). 

' Moïse ben Ezra s'exprime dans les termes suivants sur cet auteur : 

^ J 4iiÂxl|^fjJfybUt iiiUl iU^t JyJf JJli' \^y 

«V-a5 c>-Jo J^-^n ^ 30kaJ| [ôljjxb siyjj] OvsA^Lw&t c;>s*â'v 

a Parmi ceux qui ont peu parié était le maître , d'une mémoire 
extraordinaire, qui a étudié le TaUnud dans ses dernières années, 
AbouZacarya (Yehouda) ben Bal'am, originaire de Tolède ^de- 
meurant à 8évilie. Jl est auteur de belles explications et d'improvisa- 
tions magnifiques , lesquelles se trouvent entre les mains des hommes. 
Il a largement satisfait à l'esprit , et il a évité la sécheresse ; il a choisi 



SUR LA LEXrCOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 249 

lède\ a composé le Livre des conjugaisons^, et Lévi 
ben Al-tabân est Tauteur du Livre de Vintrodaction. » 
Un disciple de ce dernier, Abou Ibrabim Yiç hak ben 
Baroun, de Cordoue, poète célèbre, est, d'après 
Moïse ben Ezra, l'auteur du Dictionnaire hébreu, 
comparé à l'arabe, au syriaque, au berbère et au 
latin , semblable à celui de Koreïsch^. Nous devrions 

la moelle et en a pris la meilleure partie , de sorte qu'il présente 
des choses d'une grande valeur, mais cependant en nombre minime 
pour un homme qui avait tant de dispositions ; ses œuvres étaient im- 
prégnées de sa philosophie naturelle et de son noble tempérament. 
Il n'a laissé échapper personne à son filet ni à sa critique dans les 
endroits où il a blâmé , de sorte qu'il s'y répand en expressions des 
plus crues, comme le verront ceux qui liront ses livres avec atten- 
tion. » Ses livres grammaticaux sont en effet de petits livres , qui sont : 
i" le Tadjnis, sur les mots synonymes; 2* le Traité des particules 
( 3^-* » I ci^v^)> ^^ deux parties : Œj une explication des parti- 
cules ; b , sur les verbes qui sont formés des substantifs ; 3° sur les ac- 
cents toniques dans la Bible. Tous ces ouvrages sont réunis dans le ma- 
nuscrit delà Bibliothèque impér. , ancien fonds hébreu, 479. ( Cf. sur 
ce manuscrit M. Derenbourg, Zeitschrift fur jûdische Théologie, par 
M. Geiger, t. V, p. 4o8 , et M. Dukes , Orient j i843 , p. 1 70.) Nous 
connaissons maintenant aussi le commentaire sur le Pentateuqae , par 
Ben Bal'am (cf. Joum, asiat. 1861, t. II, p. 452); Moïse ben Ezra, 
dans son livre sur la poésie hébraïque (p. 189 r"), cite encore un 
livre de cet auteur, où il réunit l'explication de la plupart des mer- 
veilles et des prophétiesqui se trouvent dans la Bible {q^ ^.^ 9^^^ 

' Appelé aussi I6n-l(L05far^ ce que Oseïba a écrit 5o/ctor. (Cf. M. le 
docteur Steinschneider, Morgenlàndische Zeitschrift, t. IX, p. 838.) 

* Nous avons traduit D^Dmm comme le mot arabe^^^^^LxxJt. 

^ Cf. Catalogus libr. hehr, in Bibl. Bodl, par M. le docteur Stein- 
schneider, col. 1 335. Ce Dictionnaire est appelé AJ;LX| « la balance, v 
D'après Moïse ben Ezra , son Dictionnaire était supérieur à celui de 
Dounasch ben Tamim; il dit : «Dounasch n'a pas atteint la hau- 
XX. 1 7 



250 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

peut-être placer ici Je lexicographe caraïte 'Ali ben 
Soleïman, qui a fait un abrégé du dictionnaire de 
David ben Abraham d'après labrégë de ce diction- 
naire, par Abou Saïd^ 

Abraham Ibn Ezra mérite aussi une place parmi 
les grammairiens; il a composé plusieurs ouvrages 
sur ce sujet^. Yiç'hak Halevi, fils d'Éléazar, est Fau- 
teur d'un ouvrage grammatical intitulé Le Parterre 
entaillé^, et d'un autre appelé La Langue choisie^. 
D'un passage du premier livre il résulterait que le 
célèbre poète Yehouda Al'harizi a aussi composé 
un livre sur la grammaire , intitidé : L'Introduction 
à la langue hébraïque ^. Salomon Par'hon , de Kaf ah 

teur de cet homme , comme ie verra celui qui lira ces deux lexiques 
( L^fixJu ). Nous ne savons pas pourquoi M. Steinschneider s*étonne 
de ce mot, et y met sic. Abou Ibrahim benBaroun est encore compté 
parmi les grammairiens les plus célèbres dans le commentaire du 
Cantique des cantiques, par Joseph ben Yehouda (ms. Oxford Bod. 
Poe. 189). 

* Likoute Kad. par M. Pinsker, p. 175-215, chif. hébr. 

* Moznaîm^ Ça'hoth et Sephathyether, 

^ Sepher Uarrikma (ms. de la Biblioth. impér. anc. fonds,, 5o). 

* Sephath Yether (ms. Oxf. Bodl. Hunt. 4.77); son premier ou- 
vrage y est déjà mentionné. Tous les deux étaient faits pour son 
élève Ahron ben Abraham. 

* Il dit, p. 78 (anc. fonds 5o) : p ml^n'' S CDDHiT >)DK ^33 

i e;npn ]whb niddh ^Doa 

« Yehouda , fils de Salomon 'Harizi , a déjà fait une collection des 
verbes synonymes et non homonymes dans son livre : Ulntroduction 
à la langue hébraïque. » 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 251 

(1160), a fait un extrait en hébreu^ du Diction- 
naire dlbn Djan'àh, en y ajoutant des explications 
des autres commentateurs; il récrivît à Salerne, 
à Tusage des Juifs du pays, qui ne pouvaient se 
servir des ouvrages en arabe , et n'avaient que le 
recueil de Mena hem. 

Nous mentionnerons en passant deux grammai- 
riens dune certaine importance : Jacob Tam, petit- 
fiis du célèbre Raschi, qui a composé le Livre de 
la Réconciliation^, pour justifier Mena'hem contre les 
attaques de Dounasch; Jacob ben Éléazar, poëte 
remarquable et souvent cité par David Kam*hi , dont 
nous allons parler. La famille Kam'hi est célèbre 
pour la linguistique hébraïque, de même que les 
Tibbon Tétaient comme traducteurs de l'arabe en 
hébreu. Joseph Kam'hi, de Narbonne, a composé 
un ouvrage grammatical appelé Livre de mémoire K 
Son fils, David, connu sous le nom de Redak, fut 
maître d'école en Provence ; sa Grammaire et son 
Dictionnaire, écrits en hébreu , ont fait négliger les 
ouvrages de Djanâ'h, comme celui de Mena'hem dans 
son temps a éclipsé les œuvres de ses prédécesseurs, 
qui ont écrit en arabe. David, lui-même, ne savait 
pas beaucoup d'arabe, et il s'appuie toujours, dans 
ses comparaisons , sur l'autorité de son père. En 

' Sal. Ah, Parckon Aragonensis Lexieon hehraicum, et). S. G. Stem. 
Posonii, i844' 

' Hachraotk Rahhenou Tom, publié par M. Filipowski , avec le livre 
liéponse de Dounasch. London, i855. 

^ Sepher Hazïkaron. ( Cf. M. Lebrecht dans la préface de l'édition 
du Dictionnaire de Kam'hi. Berlin, 1847, p. 2 5.) 

'7- 



252 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

effet , on ne peut pas dire que David ait fait beaucoup 
d'innovations, ni pour la grammaire, ni pour la 
lexicographie; mais ses ouvrages gagnèrent d'au- 
tant plus de réputation que la langue arabe n était 
plus si répandue parmi les Juifs , qui s étaient fixés 
dans d'autres pays, tels que la France, l'Italie, l'Al- 
lemagne, etc. Ces livres sont : le livre de gram- 
maire ( bl^DD nsD ) , un dictionnaire et un traité sur 
la ponctuation^ (IDID tDy); il a composé, en outre, 
des commentaires sur la Bible , qui contiennent beau- 
coup de remarques grammaticales, comme ceux de 
Raschi, d'Ibn-Ezra et d'autres exégètes. Son frère, 
Moïse, est auteur de plusieurs ouvrages purement 
grammaticaux 2. A dater de l'époque des Kam'hi, 
nous voyons se produire un grand nombre de gram- 
maires et de lexiques, mais qui sont presque la 
répétition et l'abrégé des précédents. Ces lexiques 
sont en différentes langues, en arabe, en français'» 
en italien, en allemand; ce sont, à vrai dire, de 
simples vocabulaires. Une autre branche de lexico- 
graphie, comme celle sur le Talmud, par Nathan*, 

^ A la marge d'une copie de ia Bible', ms. de la Biblioth. impër. 
anc. fonds, n° 5; cf. M. Dukes dans le journal intitulé der Orient» 

1847, P- ^^^' 

' Cf. le savant article de M. Geiger, sur les Kam'hi, dans le re- 
cueil hébreu OçarNehmad, 1 liv. Vienne, i856. 

' Ms. de la Biblioth. impér. anc. fonds, 435; il y a un vocabu- 
laire hébreu-provençal pour les prophètes postérieurs et les bagio- 
graphes ; ancien fonds^ 486 ; un Dictionnaire hébreu-français , posté- 
rieur au vocabulaire mentionné. On pourrait en tirer peut-être quelque 
profit pour les études de la langue provençale. 

* 'Aroucli, dont il y a plusieurs éditions. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 253 

et Tanhoum de Jérusalem,. sur la Mischna^, n'ap- 
partient pas à notre sujet, pas plus que les ouvrages 
sur les synonymes, sur la théorie des rimes dans 
les poèmes, comme louvrage Imré Noasch, par Salo- 
mon ben Meschoulam^. 

Nous allons ajouter quelques mots sur un Dic- 
tionnaire que nous avons déjà mentionné^, le 
Menorath hamaor, de Joseph ben David Ha-yevani 
(le Grec}, dédié à son protecteur Elias, fils de 'Hana- 
nel. Ce Dictionnaire, comme nous l'avons déjà dit, 
contient dans sa préface des explicatidlis mystiques 
sur la dénomination des lettres; suivent les règles 
grammaticales, puis le Dictionnaire*, d'après l'ordre 
alphabétique. C'est une belle compilation, non-seu- 
lement de diÉFérents lexiques, mais aussi de com- 
mentaires, dont nous trouvons rarement quelques 
citations , commeceux deSamuel le Naguîd , d un cer- 
tain Moïse , fils de Schescheth ^, de Moïse ben Ezra , de 
Samuel ben Tibbon et d'autres. Malheureusement 
l'exemplaire que possède ia bibliothèque d'Oxford 
n'est point complet; il ne va que jusqu'au milieu 
de la lettre n. 

Un autre Dictionnaire , basé tout à fait sur la lo- 
gique , mérite aussi notre attention. Joseph ben Kaspi 
(i33o), qui s'occupait de philosophie, et particu- 

* Al-monrchid Al-haji, (Cf. Joum. asiat, 1 86 1 , t. Il , p. 443 , note. ) 
> Ms. Oxf. Bodl. Poe. 52. 

* ŒJourn. asiat. 1 86 1, t. II, p. 456, note 2. 

* M. Dukes en a donné des extraits dans ie journal der Orient, 
1847, P* ^^^' (^^' ^- Steinschneider, Jewish Uterature, p. i4o.) 

^ C'est peut-être l'élève de Dounascb. 



264 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

lièrement de la logique, sur laquelle il a fait un livre, 
a voulu traiter la langue d'après cette science. C'est 
faute de cette science, dit-il dans sa courte pré- 
face, que Djanâ'h, Kam'bi, et même Ibn-Ezra, se 
sont trompés dans leurs ouvrages. Il conseille à celui 
qui veut étudier la langue hébraïque de s'appliquer 
à ses trois ouvrages , savoir : i ° l'abrégé de la logique , 
appelé ï^DDH nnx «sac d'argent^;» 2** sur les règles 
de la langue hébraïque , appelées v)d:> nipin^ « les 
chaînes d'argent; » 3** le Dictionnaire appelé nnt:?ntr 
*1D3 «les chainettes d'argent^. » Le système sur le- 
quel il base son Dictionnaire est que chaque ra- 
cine n'a qu'une signification principale; les autres 
n'en sont que des parties ou des dérivations (-^^o}^. 
Cette méthode n'est pas facile, et l'auteur, très-sou- 
vent, est forcé d'avoir recours à des explications 
minutieuses , comme on verra par le peu d'exemples 
que nous allons donner de son vaste ouvrage ^ 

Il dit, à la racine nw, qu'elle signifie lier des cïtûses 
Varie à Vautre (însp^ in^^po nnaT ^nn). De là la si- 
gnification /rère; les bêtes qu^'on est habitué à voir 
toujours en société entre elles, sont appelées D'»nK 
[Is. xni, a i); on appelle l'endroit où les bêtes man- 

^ Ms. de la Bibiioth. impér. or. lOQ et 109. 

* Ms. de la Bibiioth. impér. or. 202. 

^ Contrairement à Ibn-Djanâ'h dans sa prâEacé. (Cf. ci-dessus 
p. 221.) 

^ M. Dukes a publié plusieurs extraits du texte dans le journal Der 
Orient, 18 47, p. 48a. Nous nous contenterons de donner seulement 
des traductions de quelques autres articles nécessaires pour faire 
comprendre le système de Kaspi. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 255 

gent eu commun mx {Gen. xli, i8), prairie; len- 
droit près du feu, où les hommes se réunissent, 
porte le nom de nx [Jér. xxxvi, 22)^ foyer. Les lin- 
guistes sont daccord pour dire que le nombre un 
s'appelle in^y parce que tous les autres nombres ne 
sont que Taddition du nombre un (yi^P P'i "iBDD pKl 
D'^^nx); on dit, pour signe d*exciamation , HNn [Ps. 
XL, 16), parce que les hommes ont Thabitude de 
s'inviter Tun l'autre, et de se rëjouir en société; 
on dit aussi de celui qui s'attache à un péché quel- 
conque, nK {Éz. xviii, 1 o), A la racine baK^ l'auteur 
dit qu'il faut ranger cette racine sous une des classes 
de la signification àe perte et à* enlèvement (iD&nn 31D 
m^nm), au moyen de subtilités de raisonnements 
(D'»pin D'»p'mn); ^3K, comme tristesse, parce que ce- 
lui qui est en deuil perd beaucoup (de sa bonne 
mine ou de ses forces corporelles); ^3Kn {Osée, iv, 
3), en parlant de la terre; hw^ {Lam. n, 8), des 
murs, n'est autre chose qu'une espèce de perte qui 
arrête le développement (i^anD mynn pavD ht ^3 
mN'>SD'i r^pb). La preuve est l'expression n^3K nbaa 
(Is. XXIV, 4), où ba: veut dire perdre quelque chose, 
comme on dit d'une feuille qui se flétrit ^na [Jér. viii, 
i3); on se sert pour l'âme aussi de cette racine 
[Job y XIV, a 2); car le mot i^Di a plusieurs sens et 
exprime des facultés^ de différente nature; on dit : 
l'âme perd et s' amoindrit (n^Dl iDsn). Peut-être est-ce 

* Ibn-Djanâ*h prend la même racine pour prouver le contraire. 
(Cf. ci-dessus p. 221.) 

' Cf. M. Munk , Guide des Égarés, t. I, p. 1 46 et suiv. 



256 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

de là qu'on a employé, pour une phrase où la néga- 
tion est enlevée, le mot b^H [Gen. xvii, 19); carie 
sens est là , comme si Dieu disait : « Je ne pense pas 
à Ismaêi , le fils de Hagar, mais à celui de Sara. » 

Kaspi commence le 3 avec la racine asa, qui a, 
d'après lui , la signification de hautear ( niDOm mnaa ) , 
comme la racine nNa ; de là le mot m ( Exod. xxx , 3^ ) , 
son toit; le dagesch dans le second guimel remplace le 
troisième; car il serait trop dur de prononcer trois 
lettres pareilles ' . 

Am, qui commence par la racine nm, Kaspi dit 
quon en trouve un substantif, nm [Prov.y, 19), 
qui signifie mamelles; mais il ne peut pas trouver la 
signification primitive , et il ne sait que faire de ce 
mot. Kaspi n admet point de racines quinquelitères, 
comme Kam'hi, son prédécesseur; il dit, à la fin de 
la racine K, que les racines quadrilitères mêmes 
sont très-rares; car ne vaut-il pas mieux prendre 
t3:3K {Exod. xxvni, ti) de la racine tdan, etïaleph, 
comme paragogique? A plus forte raison il faut 
prendre niN [ISam. vi, 8) de la racine rn. puis- 
quelle existe en hébreu ^. 

Nous finirons notre notice par un lexicographe 
quivivait versla fin du xv* siècle. Sa adyah ibn Danân , 
fils de Maïmoun ^, a composé un Dictionnaire hé- 

^ On trouve tout à fait le contraire chez Ibn-Djanâ'h. (Cf. ci-des- 
sus p. 2 25.) 

^ Il dit que ce mot dérive de T^*^ « trembler, » parce qu*on met dans 
ia boîte (T)I'1K) des choses précieuses , qu'on tremble de perdre. 

' Il est étranger à la famille du célèbre Maïmonide; il cite celui- 
ci sous la dénomination 7T HC^D "1 v>-v*»^i. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAIQUE. 257 

breu en arabe ^ lequel a encore une certaine valeur 
d'originalité. Les articles sont très-courts, et ont 
plutôt l'apparence dune compilation; cependant on 
y trouve beaucoup d'explications ingénieuses, Ce 
Dictionnaire est précédé d'une petite grammaire en 
arabe , et d'un chapitre sur la versification hébraïque 
en arabe et en hébreu. Sa'adyah semble avoir pris 
pour modèle Samuel le Naguîd^, sans oublier cepen- 
dant le respect dû à Ibn-Djanâ'h. Ibn-Danân connais-^ 
sait aussi le Dictionnaire d'Ibn-Kaspi, et il cite des 
explications des commentateurs et des grammai- 
riens avant lui, tels que Sa'adyah et Haya Gaon, 
'Hayoudj, Djanah, Samuel le Prince, Jehouda Ha- 
lévi^, Ibn-Ezra, Maïmonide, Na'hmanide, Abra- 
ham bar 'Hiya*, Salomon ben Aziz ^ et Joseph ben 
'Aknin ^. 

' Ms.Oxf. Bodl.6i2. 

^ Il l'appelle p^re des grammairiens, 

^ Il dit à la racine "ÎDD : 

«"IDD signifie un temps éloigné, par exemple, Exod. xiii, i4. 
L'explication de Yehouda Halévi , que ce mot doit être^lDKD «plus 
tard,» est excellente. 

* A la racine inD, on lit dans le Dictionnaire ce qui suit : 



258 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

Nous ne reproduirons qu'un seul article^ de ce 
Dictionnaire, lequel est très-ricbe en citations. A la 
racine no , on lit ce qui suit : 

liUJLI no ^j^^ JyM Vt Ou^jJl ^U I^Jm U^U».I nm 

(^ 4;.«.»i.U0 U3 j^^l ^1 i(it Jb Vt K*)Ty (^1 Dni3K I3 

« lilD signifie « désert • et c désolé. » L'explication d* Abraham, fils 
de 'Hiya, que ce mot est composé de 13 «en lui,» et KIH cest,» 
est excellente; ce serait alors la dénomination pour la forme. Suivant 
cette opinion très-juste, le verset Gen. i, a doit être traduit: cEt 
le monde inférieur était matière et forme » ; c est pour cela que nous 
avons indiqué ce mot sous la racine IDD; car, d'après cette explica- 
tion vraie, sa racine ne pourrait être nnH.» 

u^h^fih D'»:nDb n^TD^ u^hv Vn yii* 

«Q^D7l^ [Lév, XTii, 5) Salomon ibn-'Aziz le traduit: c sacrifice 
parfait, » comme les docteurs Tout expliqué: «digne de Tautel, 
des prêtres , de ceux qui apportent ce sacrifice. » 

" Nous ne vouions pas discuter ici si ce Joseph est le même qae 
le célèbre disciple du Maîmonide. M. Munk (Notice sur Joseph ben 
Jebouda, Journ. asiat, i842, t. II) suppose que ce sont deux per- 
sonnes différentes qui portaient le même nom, et qu'on a confondues 
plus tard. M. le D' Steinschncider [Cat. libr, hebr. in Bihliot. BodL 
colonne i44i) les identifie. Nous adhérons à Topinion de M. Munk . 
et nous aurons peut-être occasion ailleurs d'ajouter quelques preuves 
à celles que M. Munk a données dans la notice savante que nous 
venons de citer, p. 1 o , note. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 259 

^jjXÂi ^^ nV^\^jX\ (:^ S^I^XjJI owUi a/jJ'^ Jb^' 

^UJI s ^^-^^-^1 «^IJ^ c:>4X^t tSt i^mi ^Ub cu^ 

j^jB*3|3 jyjeJ^ d l^Uftl d^j «LeJâJt dis ly^ t^sLu 
^^ jNb^CUit ÀJt^ dJU^ g^UAi gUjJl JJ3 p:> Jm^^ 
«£)UJll «i JU^ 0t ^^ iwld »<x^^ ^UJI JuJU 

nionv notn D^bn j'^ssin lh^i^ ^'n p:à^S'^3^Ua^ ^ x#^ 
j3-jLk-^ Vt pKiJI jiii^ U ^Ia^' uW y^ "•ii^ Dtr; iui 

^i^UJl dUmi AÂ^ J^ j-è;^ |-w! i^JUft (5^jt:>3 (jjjjb 

u no (Êcod. XXI, 2 3) ; c'est le musc. Sa'adyah (Ibn- 
Danân) dit : Les commentateurs sont fortement 
en désaccord sur ce mot. Aboul Walid dit : Si ce 
mot signifiait muscj le verset {Cant. v, i) n'au- 
rait pas dit, fai cueilli; car on ne cueille pas le 



260 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

musc des arbres. Ibn-Ezra dit que cest la myrrhe 
rouge. Mais comme il a établi une relation entre 
le mot hébreu et Tarabe, et comme il n'y a point 
d affinité entre la myrrhe et le piment (otî^a), ces 
deux espèces ne pouvaient être mêlées ensemble 
(comme le verset Exod. xxi, 2 3 Tindique); peut- 
être Ibn-Ezra n a-t-il jamais vu la myrrhe. Joseph 
ibn-'Aknin dit, comme pour répondre à Ibn-Djanâ'h 
et à Ibn-Ezra , qu'il y a en Chine et au Tibet une es- 
pèce de gazelle sur le cou de laquelle poussent de 
petites vessies remplies de musc; quand ces vessies 
arrivent à maturité , la gazelle en est gravement af- 
fectée , et se frotte le cou contre les pierres et les 
rochers sur lesquels le sang de ses vessies coule; 
alors il y mûrit (sèche) par la chaleur du soleil; et 
c'est le musc supérieur ^ C'est pour cela que le verset 
[CanL V, 1) dit ifai cueilli le musc; car on le cueille 
sur ces pierres. R. Haya explique *1D par Yencens des 
prêtres, et c'est^ celui de Djava; on dit que c'est le 
Mastix; son explication est d'accord avec le mot de 
la Mischna [Mikvaoth, ix, 5). Je ne doute point, 
pour moi, que 1D [Cant v, 1), non accompagné 
d une épithète, ne signifie ï encens des prêtres, comme 
l'a pensé R. Haya, d'accord avec la Mischna; mais 
pour nm 1D [Exod. xxi, 28), avec une épithète, 
il n'y a pas de doute que ce ne soit le musc, comme 

* Cf. Les Prairies d'or, par Maçoudi , traduites par MM. Barbier 
de Meynard et Pavet de CourteiHe, t. J. p. 354. 

* Le ms. porte ''3tODD'7K b'^'p^ ''INJSK; nous ne sommes pas aûr 
de ia traduction du premier mot. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 261 

l'a expliqué Maïmonide. Les Arabes disent Monsc 
el-darîn; Darîn est le nom de l'endroit doù Ton ap- 
porte le musc supérieur. » 

On nous permettra de donner un des deux pas- 
sages grammaticaux dans le commentaire du livre 
Yéçirah , par Sa'adyah. C est au chapilre iv, $ 3, que le 
livre Yéçirah traite de la classification des vingt-deux 
lettres alphabétiques , selon leur prononciation par 
là gorge, la langue, les dents, etc. Saadyah dit 
qu on ne trouve pas ensemble deux lettres pronon- 
cées par le même organe; ainsi on ne trouve pas 
ensemble td , ni Tl^r , ni 3p , ni tDT , etc. Il a expliqué 
cela dans le premier livre des Livres de la langue 
(iui>!l i^S^). Saadyah continue : 

jjfiSJ U^xjLMI lXjlS^ (j^ LUS'nDcM b:>ji «XJ3 JjsJ] 
iLAy^MXA yiii^ b! Jm! xt^l ^l^tst Jyti^ W^>^ '^^^ 

f^ nnDN^ n:3N JJ^JiS" jô^oo* Ijl^ia^l ^\ ^Ubb ocil^ 
-ïvvi inv dJyLS'iDn ly^ ^^ npini 3siK JJU^ dhik^ 

^ Nous avons transcrit les mots hébreux auxquels Sa'adyah a 
donné une forme arabe avec des caractères arabes. 



262 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

^mK2 ini:m *iUyi5^ iu^i ^j^^ iU^! i l^j^ uU^l^ n 

vJuJ^I i jjli' Ci^^ Jr?;^! »*>^-^ tf^ u'^ U^ °'ï'*'"* ''''" 

onnn ponn iiUyi5"VïaDt^Jl J^ o^n mxn yop (:jvjJl3 

AJ^jS' :>^^sj: uJ^U ^j^I » iXib (j^^ n th 3it3 mtDn 
rr^Dnn viU^JiS'SiiD v^pJ' ^b ^^^"* ^^^ ^^^ D'Ti^Km 
4j(^ -)DD'> -)3T JX03) ^ i:^DK ^Dxn oJ^I dU^xS^ inn'»Dn 

N{^ Ly^ j-aaa; J^UJu* S\ MD'' JJL05 pm"» Htr^^ Ij^ 

i^ nb'»^D DVD iuôii:> owli' MAjjtU ^^ ^^j tst^ snKn 

^ Cette phrase , jusqii*au mot p , n'est pas ici à sa place, et nous 
ne l'avons pas reproduite dans notre traduction , quoique la traduc- 
tion hébraïque l'ait aussi ; c'est une phrase qu'on trouve déjà au com- 
mencement de ce morceau. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉBRAÏQUE. 263 

mui^ ^^ bjùis ^ Sôijil tdWI^ onsD 
43 DniK ntrvV hi^^v"^ b ^a'^yV l^l^K' ti^ ^jii\ iy 
^yJkS' ^Jai3 4XJ3 D-^ry^ nKT dUyi5'^ Jo £^l 

arn yVi» aitDO traiJl* J^Jus j«II c»Jv^ ïslj o^t^nnV 
TaDD J^ JjuU ijyo ij Dn»D v^ND Jyto »«>^ i^ 
V^ 4^ T^ND pnnD ^yS'ù^j^j^] (^ ^W' JsU naiD 
4j»L 4^ 5j4X^ ntî^ya -iny: ^jif\ A5 nip3 -i3ii Jj^-jU 
t=i>^n v'?ni jy^l 0,^ yK' liU ^tt;D3 k*?i d^d: tc^ J^Uua 
1^ nuyn ^M V"'»" ^^^^ maon nt;yn injf 4 JJ^kS} 
D'»ai3nn on'? ^n*?^cn Jj^JUI iu^wij^ aj JyûW^ J^UJI 4 
l^îK nnnDT»^K mm x^j JjJu c^ôJI^ o^yinyn ^U. U 
nsr cM^ AJLi jdj^«>.j l^j niDnb £?j^l i(^ 4 Jy^^ 
ttJLï li!^ Dnn'' lyn*» J^JLîL* g^ôil ««x^ 4 mon idd*» 
îcn mmoD k^ ynnK 4 tran np^^yon ^aLJ^JLS" n^vDD 
c3;JI ^1^ UrffrU JgUJI ^W" ^U AJtJTl vnnk oOxMiy I5I3 
nnD ^li'LjLir^li' ^^l^ '»^ytD ipm -«d JJjJLS^yop J^^f 
HDDn "ïiDnc^i D''^.i!;n'» oi^cr ^hiiv n S^d ipm iiU^jl5" 
iuuXfi yft U3 ynî( ^K nno d"»:© iD^n i5^HI 4 J^Jui^ 
IK-^^K iDv ^y•»:K y'nnN 4^ inVe^K ii3?j( dLUit ij^^.^ 



264 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1863. 

ynnk i^ pns Ï1DD3 mDD ^y J^Jb ^ j Jufl-# ^^ U^ 

01^ G^»* Ift^y l^t ius:^! ^Um^I (^^ n^i^ i^a^n Jyu 
tj. A ^t ^1^ yU lyNi ny: hm *iU^JLS'^jK5"^Ubt a^nnK 

>J ^j' ij^ u'3 ^^^ "^^ "2^ dLJj>jLS^^-A.-i.^l vJbajJl 

i cuajUJI (j^ *Uw^J ^^-l^l «i y^ tv î"^ ^^ "3^ ^^^^ 
nl^^ j^j^l »*>^ i^ n^ipno n»npD Jyi3 cijj^^U 
ii^UJri^^-j*.!^! i ^►JuJ! t^* ^jli' U^ nnp*7nD e^Ki narow 

dJjJiS' pinJt c:^• ifU^xS^ mit voit; dJjJiS'nsJI (^ 
54^i yt^riiT» nno dUyLS^pntr^JI (j^ liU^xS} m'?»'» a^^trr 

«Quant aux quatre lettres ynnK' ®1'^^ ^"^^ ^*^*" 
rante-deux particularités [pour la vocalisation], sa- 
voir : dix-sept où les Palestiniens et les Babyloniens 
sont d accord , et vingt-cinq appartenant exclusive- 
ment aux Palestiniens. Nous avons consacré à ces 
quarante-deux particularités un livre parmi lesLrôres 
àe la langue; mais nous voulons en donner ici quel- 



SUR LA LEXIGOGRÂPHFE HÉBRAÏQUE. 265 . 

ques iiottceiL Quand un mot est à la première per- 
sonne du futur, [la première radicaie] forme une 
syMahe fermée [avec la lettre servile], par exemple^ 
HN^K; mais si cette lettre est une des lettres ynrw » 
la letti'e servile forme une syllabe ouverte à la lettre 
suivante, par exemple, nDHK^ A la forme du passif 
ou de la nécessité ^, il y a pour les autres lettres dû- 
gesch^ par exemple, n:3K, et pour les quatre guttu- 
rales, la syllabe est allongée, par exemple, ni^K; 
dans la forme naiK, la syllabe, devant le dagesch, 
devient longue, DHiK, et la forme npj est pour les 
quatre lettres sans dagesch ]n^^. Lé 3 , ajouté comme 
dëterminatif , est suivi d*un dage$h\ 31D3, et quand une 
des lettres 3rnnK suit le n, celui-ci à segol.bbmile 
3, qui ne détermine pas, a un 5c/i^a mobile^, 0^03, 
et de même quand le 3 est suivi d une des quatre 
gutturales dv3 etc. le 3 dëterminatif devant ic a kamaç, 
T1K3. Le n dëterminatif est suivi d'un dagesch, T^n; 
devant yx , le n prend hamac , oii^n , oî^n ; devant 
n,, segol, Dnnn, et devant n pathah^ ^t!^^^, excepté 
dans les trois mots : D^iiVnm , etc. Quand le n est in- 
térrogatif, il prend une demi-voyelle [scheva com- 
posé), 311311, et devant les quatre gutturales, le n a 
une voyelle Vkh ; devant un autre n avec kamaç , 

^ Nous possédons la traduction hébraïque de ce morceau , d'àprës 
le manuscrit de la Bibliothèque royale de Munich; mais cette tra- 
duction est trop servile, et quelquefois défectueuse. Le mot ijè^^^ 
est rendu en hébreu par rUtIDpi Hl^Hp; Aa^jiÂA.par nninS. 

« U traduction hébraïque porte nxin: ^H nVyD3 n^nnt^DI; 
Sa adyah désigne plus loin , par le mot ^Lk^t * la forme de h&ph*al, 

^ lia traduction hébraïque a ^IWITlD. 

XX. i8 



266 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

le n înterrogatif a segol, n^Dnn, et de même devant 
M, b^Nn. Le 3 non détermina tif a un 5ci^a mobile^, 
KiaD , et de même si le d est suivi d'une de ces quatre 
lettres; ie 3 détermina tif est siaivi dun dagesch, et 
devant les quatre gutturales, le d a kamaç ou segol, 
33r:j. Le h non déterminatif a scheva^, et de même , 
suivi de ces quatre lettres; ie b déterminatif a pa- 
Aa% D>ay^ y quelquefois kamaç, p:^), et quelquefois 
segolf DnnV, etc. LeD est toujoui^ suivi d*un dagesch, 
3>&D» et pour ces quatre lettres, on dit yiKp. 

« La forme du participe ^ rann, est allongée pour les 
quatre lettres p'^inD; pour la première personne du 
pluriel, nsid, on dit pour les quatre lettres, nsjr^, 
nm^ '; pour la forme passive, d*73J, on dit pour les 
quatre lettres V*?nj, et de même pour le tev à l'ac- 
tif ou au passif. Pour le nom verbal, on dit indien ; 
le mot D'>2rin:fn fait exception; pour la forme nnsi 
on dit n\Qn^ pour les quatre lettres. Dans la forme 
du dagesch, "7^3^ on dit Dnn\ et pour le participe, 

M Si une des lettres yrnnH ^ trouve au milieu du 
mot, et que le mot exprime le passé, alors la pre- 
mière lettre a kamaç , ipnn ; si le mot désigne le futur, 
la première lettre a pathah, ihn^. La forme i^mn 
est pour les quatre lettres "jy^ax; la forme infinitive , 

* Nous comprenons ainsi le mot jLyyiÀA ; peut-être falidnii-ii 
HWi f comme j^us haut; la traduction hébraïque a HIDD KH. 

* Mot à mot : Idghremenl owtert; la traduction hébraïque nous 
manque msdheureusement pour cette {^rase. 

' Le mot J^aJu^ est rendu en hébreu par tOIC^D "^It^^D. 



SUR LA LEXICOGRAPHIE HÉKRAIQUE. 267 

avec le pronom de la troisième personne pluriel 
D")Dp, est pour les lettres ynnxrDDND, toujours avec 
hamac; dans le verbe passif (dgnifianl la nécessité, 
hopKal)j avec *», on dit noy*»; pour la troisième per- 
sonne du pluriel au passé, lynn, on diti^yn. 

« Les noms trilitèreS ayant pour deuxième radicale 
une des lettres ynnx, sont ponctués pafha'%, *?n3; 
si la dernière lettre est une des gutturales, la der- 
nière moitié est ponctuée pathah, nnt; si la gut- 
turale se trouve au commencement, le mot n'est 
point altéré; de même si la première syllabe a 
*holom,]rih. Dans la forme féminine ni^spD, on dit, 
quand il y a une gutturale , nyçcr. Si une des quatre 
lettres ynnx se rencontre avec une voyelle longue ^ 
à la fin du mot, la gutturale prend pàtha'h après 
'holonty céré, 'hirik et schoaroak. Voilà les quarante- 
deux particularités des lettres y'nnxî ^® *^» ^^^^^ V^^ 
les lettres nDDV«, est parfois en rapport avec ces 
quatre lettres ; mais ce n'est pas ici le lieu de l'ex- 
pliquer. » 

> La traduction hébraïque rend ^^«jû par £3^3*7011 D'ISnD. 

Note st^plémentaire. Le savant M. Wogue nous a fait observer 
avec raison que le mot ^*int3D (Jonrn* asiat, 1 86s, 1. 1 , p. 128, note) 
e^t une corruption pour liniSD. (Yoy. Ps. lxxix, 45.) -^ En adop- 
tant la prononciation de Kamki au lieu de celle de KînÇki, usitée 
jusqu*à ce jour, nous avons suivi Tavis de M. Derenbourg, qui a lu 
ainsi le nom de R. David dans plusieurs manuscrits du MicÛol à la 
Bibliothèque impériale. Comparez du reste les noms patronymiques 
de "^y?? et "^ID? (Nombres, xxti, 35 et 36). Il existe encore aujour- 
d'hui à Hébron une famille Kam*hi qui prétend descendre de ces 
^ammairiens. 

18. 



268 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

EXTRAITS 

DE 

LA CHRONIQUE PERSANE D'HERAT, 

TRADUITS ET ANNOTES 

PAR M. BARBIER DE MEYNARD. 

( SUITE ET FIN. ) 



OBSERVATION PRELIMINAIRE. 

Celle dernière parlie de la Chronique de Mouyin ed-din 
ËsGzari , donl la publicalion a été relardée par des travaux 
plus urgents, comprend Thistoire du Khoraçân sous les suc- 
cesseurs de Timour, jusqu'au meorlre deSnllhàn-Abou-Said. 
Les dernières pages, consacrées à Tavénement de Suithân- 
Huçeïn , sont si pauvres de faits, si remplies d'une basse adu- 
lation et d'images fausses ou banales, que personne ne me 
reprochera de les avoir élaguées. D'ailleurs, la rédaction de 
celle seconde moitié du Hvre est bien moins satisfaisante que 
la première : les faits y sont présentés sans ordre, sans nul 
respect de la chronologie ; l'auteur revient sans cesse sur ses 
pas, et, dans sa marche désordonnée, il omet des détails qui 
ont leur importance. Il m'a donc fallu recourir à des auxiliaires 
plus méthodiques , et c'est dans le Habib us-Sier, c'est dans 
l'histoire millénaire [Tcarikh-é-élfi)^ précieux ouvrage, dont j'ai 
fait l'acquisition pendant mon séjour en Perse, que j'ai puisé 
les renseignements que je présente, dans ce dernier chapitre « 
sous une forme rapide et synthétique. Grâce aux documents 
de ce genre, il m*ciïl été facile de donner d'amples dévelop- 



LA CHRONIQUE PERSANE IXHERAT. 269 

pemenls à cette triste phase de Thistoire musulmane, mais 
il m*aurait fallu dépasser de beaucoup les limites dans les- 
quelles ce travail doit rester enfermé. On peut, en outre, se 
demander quelle utilité ressort du récit détaillé de ces révo- 
lutions confuses, de ces usurpations qui s*enftre-croisent, de 
ces marches et contre-marches d*armées indisciplinées , de ce 
tableau sinistre des plus horribles excès de la barbarie. L'his- 
toire, tdle quon la comprend de nos jours, a d autres exi- 
gences et un but plus élevé à atteindre. C*est Thumanité 
même qu'elle étudie dans les manifestations premières de sa 
conscience., dans les phases multiples de sa vie religieuse, 
morale, intellectuelle. Les clartés que les documents musul- 
mans jettent sur ces belles et ténébreuses, questions sont si 
pâles que, loin de déplorer avec un de nos savants con- 
frères la prétendue concision et les lacunes de la Chronique 
de Khondémir, la meilleure traduction, selon moi, serait 
celle qui la contiendrait toute en deux cents pages. Si ces 
considérations ont quelque poids, le lecteur, je Tespère, ne 
me saura pas mauvais gré de Textréme brièveté durprésent 
travail. 

CHAPITRE IV ET DERNIER. 

HISTOIRE D^HERAT SOUS LES TIlfOURIDES. 
RÈGNE DE SGHAH-ROKH. 

L*an 799àerhégire (i 396- iSgyj.Timour donna 
à son jeune fils Schah-Rokh^ le gouvemement du 
Khoraçân , qui comprenait alors tous les pays situés 
entre les frontières du Mazendérân et Tlndus. Il 

' Nous n'avons emprunté au récit assez prolixe de Mouyin ed-din 
Esfiiari , sur le règne de Schah-RoLh , que les faits qui concernent 
particulièrement Thistoire d^Herat. L'intéressante biographie de ce 
souverain, tirée du Matla es-Saadem, a été publiée par £. Quatre- 
mère dans le Journal asiatique, II* série, t. II. 



270 ;&£PT£MBR£-OCTOBR£ 1862. 

désigna lui-même les chefs qui devaient occuper 
auprès du prince les emplois les plus importants; 
de ce nombre étaient Suleïmân-Schah, Mozrib- 
Tchakou, Seïd-Khadjeh, fils d'Âli-Behadour; Hadji- 
Seïf ed-din , Haçan-Djândâr et plusieurs autres émirs. 
Scbah-Rokh fit ses adieux à son père , aux environs de 
Koudj , et continua sa route. Dianslé district de Tchi- 
chekto^ il fut reçu par une députation des chefs 
militaires du Khoraçàn, sous la conduite d'Âk- 
Bogha, gouverneur d'Herat. Après, im court séjour 
à Herat, il y laissa son harem et prit le chemin du 
Mazendérân , dont le climat lui parat plus favorable 
à son campement d'hiver. Quelques mois après son 
départ, il apprit la naissance de son (]b BaîsQngho* 
à Herat, et des réjouissances magnifiques furent ce-* 
lébrées , à cette occasion , dans les jardins de Zaghân^. 

^ Koudj, nommée aussi Kouk, est une petite ville du Khoraçàn, 
dans le voisinage de Néça. £ile était habitée par une tribu puissante 
qui, sous le nom de Koadji, combattait ordinairement dans les 
rangs de l'armée heratienne. Tchichekto forme, avec Meïmeoeh, un 
district très-fertile et riche en prairies, entre Balkh et Merverroud. 
( Heft'iklim, quatrième climat. ) C'est la localité désignée dans la carte 
d*Ârrowsmith sous le nom de Chechak-Too, Ce p^ys a donné nais- 
sance à Zéhir ed-din-Taher, poète célèbre (mort en 690) qu*on a 
voulu mettre sur la même ligne qu*£nveri. Âhmed-Ran ^ouvrage 
cité) et Vauitur de VAtesch-Kedek font justice de ce jugement, tout 
en rendant hommage au talent de Zéhir ed-din. [Voyez aussi, sur éet 
auteur, le Békaristân de Djâmi, édition de M. de Schlechta, p. ^i, 
et ie Séjineî-Schoara, édition de Constantinople , p. 61.) 

' Diaprés Mirkhond, Kbondémir et Fauteur du Tarikh'é'dfi, 
Baîsongfaor naquit dans la nuit du jeudi 2 1 du mois zil-hiddjefa 799. 
Cette assertion , que nous n'avons aucune raison de rejeter, nous 
permettra de fixer la date exacte de la mort du même prince, qui a 
donné lieu à quelque confusion. (Voyez la note a de la page «73.) 



LA CHRONIQUE PERSANE IXHERAT. 271 

TENTATIVE DE MEURTRE CONTRE SGHAH-ROKH 
DANS LA GRANDE MOSQUEE D'HERAT. 

Schah^Rokh, parvenu au faite des grandeurs, 
maitre dun vaste empire et dune puissance sans 
bornes, conserva toujours les sentiments d'hmniiilë 
et ia ferveur religieuse de son enfance. Plein de 
dédain pour les biens passagers de ce monde, il de- 
mandait à la prière et aux plus strictes pi^tiques de la 
dévotion Toubli des vanités qui f accablaient. Ce fut 
dans un de ces moments de pieux recueillement 
qu'il faillit perdre la vie. Le vendredi a 3 du oiois 
de rébi second , 83 o (mars i ^27), il venait de réciter 
les prières hebdomadaires dans la grande mosquée 
de notre ville, et se disposait à sortir du Moçalla, 
lorsqu'un derviche, enveloppé dun manteau de 
feutre , se présenta devant lui , un placet à la main. 
Tandis que Tempereur ordonnait à un de ses offi- 
ciers de lire la requête et de lui en faire connaître le 
contenu, le derviche, tiraïit un poignard qu il avait 
caché sous son manteau, se précipita sur Schah-Rokh 
et le frappa. Mais la Providence veillait sur les jours 
de ce monarque bienfaisant, et elle détourna le coup 
qui devait lui arracher la vie; le fer, mal dirigé, pé- 
nétra peu profondément dans les chairs. L'assassin 
fut mis en pièces sur le seuil même de la mosquée; 
on le reconnut pour être un certain Ahmed -Lor 
{ji «x^i), disciple de Molla Fazl-Âllah-Âsterâbâdi. 
Cependant les timbaliers s'étaient déjà mis en marche 
au son de leur musique guerrière, et le peuple se 



27S SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

pressait aux abords de la mosquée , ayide de couteiu- 
pier le cortège impérial. Scbah-Rokh, affaibli par la 
perte de sou sang, voulait se faire porter en L'tière; 
mais les émirs Âla-ed-din-Âlikeh-GeunuItasch et 
Djélal-ed-din-Firouz<Schah lui représentèrent que 
le bruit de sa mort se répandrait aussitôt dans la ville 
et pourrait faire naître de graves désordres. Scbah- 
Rokh, réunissant toutes ses forces, m^nta è cheval 
et traversa les bazars, précédé de sa fanfare; il anîva 
ainsi jusqu'à Bâgh-é-Zaghân , où les chirurgiens pan- 
sèrent sa blessure et la déclarèrent sans gravité. On 
procéda aussitôt k Tenquête. Une clef avait été trouvée 
dans les vêtements de fassassin; les agents de la po- 
lice reconnurent qu'elle ouvrait la porte d'une des 
chambres du petit caravansérail (a^h^), où il avait 
demeuré. Ils apprirent aussi , par les dépositions des 
voisins, que le derviche faisait métier de coudre des 
bonnets et qu'il recevait de fréquentes visites. Les 
condamnations, basées sur de simples soupçons, 
lurent nombreuses. Un célèbre calligrapbe, Molia- 
Mârouf-Kiiattat, originaire de Tlrak, fut traîné plu- 
sieurs fois au pied du gibet, et ne dut la vie qu'au 
talent dont il avait donné tant de preuves. D'autres 
prévenus, plus sérieusement compromis, tels que 
Azd-ed-din, neveu de Molla- FazI - Allah -Huroufi, 
furent suppliciés et leurs cendres jetées au vent. On 
poète distingué, Emir-Seid-Kaçem de Tébriz, dont 
la complicité n*était rien moins qu'avérée, fut exilé 
d*Hei^t. C'est à cette circonstance qu'il fait allusion 
dans le passage suivant d\iric de ses odes : 



LA CHRONIQUE PERSANE DUERAT. 273 

loterroiops tes chants, 6 Kaçem, et prépare-toi à paiiir. 
Donne ton sucre aux perroquets (c'est-à-dire tes vers aux 
gens éloquents) et laisse les cadavres aux vautours. 

MORT DE SULTHÂN-BAÏSONGHOR; PESTE X HERAT; 
MORT DE L'EMPEREUR SCllAH-ROKB. 

Lan 837 (i43 3-1/134), la mort de Baïsonghor- 
Behadour, fils de Schah-Hokh, plongea le Khoraçân 
dans la consternation. Ce prince, doué de toutes les 
qualités de Tesprit et du cœur, ne se plaisait que 
dans la société des savants et des littérateurs; il cul- 
tivait lui-même les lettres avec succès \ et sa douceur 
le faisait chérir de ses sujets. Mais un goût prononcé 
pour le vin et la débauche ruina de bonne heure sa 
santé; les médecins ne purent arrêter les progrès de 
la maladie, et il succomba dans la matinée du sa- 
medi 1" djemazi el-evvel, âgé seulement de trente- 
sept ans et quatre mois ^. L empereur fit célébrer les 

' Ali-Schir en a fait mention dans sa Galerie des poètes et cite 
quelques vers qui ne peuvent nous donner une haute idée de ia terve 
poétique de ce prince. (Voyez les curieux extraits du MédjaUstpVL- 
biiéft par M. Beiin , Jomnud asiaûifue, 1 86 ï , p. 38g. ) 

* Khondémir place sa mort le 7 de djemazi premier; mais il s*ac- 
corde avec notre auteur et avec le Tarikh-é-elfi pour assigner à cet 
événement Tannée 837 de Thégire. Baîsongbor étant né dans les 
derniers jours de Tan 799 , avait en effet trente-sept ans, quatre mois 
et quelques jours lorsqu'il mourut. En présence de témoignages aussi 
formels, il est difficile d'admettre comme exacte la date 6 djemazi' 
el-evvel 836 , que le savant M. de Khanikoffa reciieillie dans la cba- 



274 SEPTEMBRË-OGTOBKE 1803. 

cérémonies funèbres selon les prescriptions de la 
loi musulmane; mais il ne prit pas le deuil et se 
borna à mettre sur sa tète le bonnet de poils de 
chameau {4r^) en usage parmi le peuple et les der- 
viches. Une foule immense suivît le convoi depuis 
le Bagh'é-Séfid, demeure du prince, jusquà la mé- 
dresseh de Gueuher-Schâd-Begum, où il fqt enterré. 
Après quarante jours de deuil , la cour quitta les vête- 
ments noirs et prit, selon Tusage mongol , le costume 
de cérémonie. Schah-Rokh, frappé dans ses affec- 
tions les plus chères , eut assez d'empire sur lui-même 
pour régler la succession du défunt, d'après la loi sur 
leé partages {{j^ji l^) . au profit des trôîâ fils qu'il 
laissait, à savoir : Rokn-es-Salthanet Alâ ed-dôoleh, 
Moezz-es-Salthanet Sulthân -Mohammed, et Ghyas- 
es-Salthanet-Aboul-Kaçem-Babour. 

L'année suivante (mars i/i35 de J. G.), la peste 
fit de terribles ravages dans Herat. Bien que les mé- 
decins aient cherché la cause de cette calamité dans 
les influences malignes de Tair, les disciples c(e la 
vérité (soufis) n'hésitèrent pas à l'attribuer aux ini- 
quités de l'homme ^. Au lieu d'accuser un climat dont 

pelle du Moussallah d'Herat, et nous pensons que la pierre tumn- 
iaire doit porter le millésime 837. L'erreur s'est glissée, ou dansie 
carnet de voyage de M. de Khanikoff , ou dans le numéro du Journal 
asialiqae qui renferme son intéressante lettre sur la topographie 
d'Herat (Juin, 1860, p. 542). Un chronogramme, composé peu 
de jours après la mort du Schahzadeh , et cité^ par lUiondémir, con- 
firme entièrement Topinion que nous soutenons ici. On en trouvera 
la traduction dans D*Herbelot (au mot Baîstuicor), 

^ La même pensée se trouve dans le Mesnévi de Djélal ed-din 
Roumi : 



LA CHRONIQUE PERSANE D'HEHAT. ^75 

la douceur et la salubrité excitent la jalousie des 
jardins célestes, il eût été plus naturel, au moins, 
d'attribuer Tapparition du fléau à Tagglomération des 
habitants. Mais cette explication ne peut que confir- 
mer celle des sectateurs de la religion intérieure; 
car mille souillures, dans Tordre physique et moral, 
sortent de la multitude, et planent sur elle, comme 
une vapeur empoisonnée. La peste dura depuis le 7 de 
redjeb jusqu au i5 de zil-kaadeh, c'est-à-dire pen- 
dant quatre mois et huit jours; son période d'inten- 
sité coïncida avec les premiers jours de la lune de 
schavval. Ce mal, presque inconnu à Herat, inspira 
une terreur universelle; on dit qu'en un seul jour 
quati*e mille sept cents cercueils sortirent des portes 
de la ville. La banlieue fut encore plus cruellement 
décimée. Parmi les victimes les plus regrettables, 
on cite le vénérable scheïkh Zeîn ed-din el-Khâfi. 
Ce saint personnage, voyatit que ses exhortations 
ne pouvaient rien sur le peuple, monta en chaire 
après l'office du vendredi , et s'écria : « ô mon Dieu! 
puisque nos prières ne peuvent vous fléchir, daignez 
accepter ma vie pour la rançon de vos serviteurs! » 
Deux jours après (2 schawal), il mourait de la peste. 
Une autre perte aussi déplorable fut celle de Khadjeh- 
Abd-el-Kader, célèbre par son triple talent de peintre, 

c:>l<3 jJu^ qI^ ^oJI 3^1 Jaï 

C*€st r«dnltère qui fait naitrc la peste sur la terre. — C'est le refus de 
r«nmône qui condamne le monde à la disette. ( Édition de Boulok , t. I". ) 



270 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1865. 

de musicien et de poète. Cest surtout comme mu~ 
sicien qu*ii est connu dans tout Tempire musulmanr, 
et ]*anecdote suivante prouvera combien cette répu- 
tation était légitime. Sulthân-Âhmed avait auprès de 
lui à Baghdad un chanteur nommé Rizvân-Schah 
qui avait composé un morceau en douze tons (c*^) , 
à six parties («jl^) o^) et vingt-quatre variations 
(A^jtâ). Âbd-el-Kader, qui était, à cette époque, dans 
toute la force de Tâge et du talent, vint à la cour 
de Baghdad et défia son rival. En effet, sur des pa- 
roles arabes et persanes que les poètes de la cour lui 
fournissaient, il composa chaque jour, pendant tout 
le mois de ramazân , un morceau différent, où toutes 
les difficultés de Toeuvre de Rizvân*Schah se trou- 
vaient réunies; à la fête du beïram, il les exécuta 
successivement devant le roi, qui, émerveillé de la 
fécondité et de la science de cet artiste, lui décerna 
publiquement la palme ^ Mais, hélas I les doux sons 
de sa lyre [tchenk) ne purent arracher cet oiseau 
mélodieux aux griffes acérées [tcheng) de la mort. 
Schah-Rokh était campé aux environs de Rey iors- 
quil fut informé des calamités qui désolaient notre 
pays, et il fit défense d'ouvrir les lettres venues du 

^ Abd-el-Kader était aussi un calligraphe habile et un ietteur du 
Coran de premier ordre. G*est au iaient avec lequel il récitait le livre 
saint quMl dut la vie dans une circonstance qui nous a été rapportée 
par Fauteur du Médjalis un-néjaïs, le célèbre Ali-Schir-Nevayi. ( Voyez 
la notice et les extraits publiés par M. Belin , Joama/ asiatique, 1 861 , 
p. 283.) Khondémir a cité cette anecdote dans sa notice sur Âbd- 
cïKdiAer (Habib us-Sier, III, 3, p. 312), mais avec une ooncisîoD 
telle qu'il la rend à peu près inintelligible. 



LA CHRONIQUE PERSANE D'HERAT. 277 

KhoraçâD , pour empêcher l'alarme de se répandre 
dans son camp. Daprès le dénombrement qui fut 
dressé par ses ordres, le nombre des morts se serait 
élevé à 600,000 âmes dans la capitale, età /iOO,ooo 
dans les campagnes environnantes,* sans compter 
ceux qui furent enterrés dans leurs maisons, ou jetés 
dans des fosses creusées à la hâte. 

L'empereur Schah-Rokh mourut Tan 85o (avril 
ikti'j), âgé de soixante et douze ans Ml avait eu sept 
enfants : i* Olough-Beig, le seul qui lui survécut; 
2^ Ibrabim-Sulthân; S"* Baîsonghor-Mirza ; â"* Siour- 
goutmisch-Mirza; S"" Mohammed-Ujouki; 6" Djân- 
Ogbiân; 7* Yardi-Beig; ces deux derniers moururent 
en bas âge; les autres, à Texception d*01ough-Beig, 
précédèrent leur père dans la tombe ; mais ils lais- 
sèrent des héritiers dont le nom reviendra souvent 
dans la suite de cette histoire. Ce sont : i* Mirza- 
Abd-ÂIlah, fils dlbrahim-Mirza ; il régna dans le 
Fars; a** Âla-ed-dôoleh, Sulthân-Mohammed et Ba- 
bour-Mirza , tous trois fils de Baisonghor; 3"* Sulthân- 
Maçoud et Karadjar-Mirza, fils de Siourgoutmisch ; 
4* Mohammed-Kaçem-Mîrza et Sulthân-Abou-Bekr, 
filsdeMohammed-Djouki.En outre, l'empereur avait 
eu deux filles qui furent données en mariage àMirza- 
Yahia et à Mohammed ^Djihânguir, fils de Moham- 
med-Sultbân. Deux des femmes dé Schah-Rokh, 

* Le chroniqaettT d*Hertt rapporte ici les détails de la mort de 
Schah-Rokh, diaprés ie Matîa es'Saadeîn, (Voyez la traduction de ce 
passage dans les extraits publiés par É. Qoatremëre , Journal asia- 
tiquf, numéro cité. ) 



280 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

taquer sans perdre de temps, et dans ia nuit du sa- 
medi , 1 3 safer, ils se jetèrent sur son camp, plongé 
dans une sécurité profonde, pénétrèrent jusqii*au 
quartier général et s emparèrent de Gueuher-Sch^ 
et des autres prisonniers. Dès que l'alarme fut don- 
née , Abd-el-Latif se précipita sur cette petite troupe , 
k la tête de toute son armée; cependant les soldats 
heratiens, malgré leur infériorité numérique, rem- 
portèrent la victoire. Abd-el-Latif chercha son salut 
dans la fuite; mais son cheval s* étant abattu, il fut 
pris et conduit en présence de Âla ed-dôoleh , qui 
était venu à la rencontre de son armée victorieuse 
jusqu'à Saad-Âbâd (bourg voisin deDjâmj.Âla ed- 
dôoleh se montra généreux ; loin de punii: son rival , 
il lui donna un équipage digne de son rang, et le con- 
duisit à Herat; puis il fit venir le corps de l'empe- 
reur Schab-Bokh et le fit inhumer dans la chapelle 
funéraire de Baîsonghor, située dans la medressèh 
de Gueuher-Schâd. 

EXPÉDITION D'OLOUGH-BEIG DANS LE KHORAÇ^N. 

La mort de Schah-Rokh avait plongé son (ils, 
Otough-Beig , dans un désespoir si profond que ^ pen- 
dfint plusieurs mois, il négligea les a&ires de son 
gouvernement et parut ne pas s'opposer aux tenta- 
tives ambitieuses de ses ennemis. Mais les conseife 
de ses ministres le tirèrent de sa torpeur; on lui re- 
présenta qu'il était le seul fils survivant et rhérîtier 
légitime de l'empereur, et qu'il devait assurer les 
droits que lui donnait sa naissance, avant que ses 



L\ «IRONIQUE PERSANE D'HERAT. 279 

Âbd-Âllah, fiis dlbrahico-^ulthân , se rendait maître 
de la province deSchirajz. Mohammed^Mirza, malgré 
le petit noinbre de ses partisans, n'hésitait pas à 
prendre part à la lutte, et Abou'irQaçem'Babour 
faisait valoir hautement ses prétentions au trône. 
Enfin, les fils de Siourgoatmisch se rendaient indé- 
pendants dans le Kaboul et à Ghiznin, tandis que 
Mirza-Âbou Bekr, fils de Mohammed^Djouki, occu- 
pait sans coup férir la province de Khottolân. 

Cependant Abd-el-Latif-]VJirza, après le succès 
quil avait remporté sur la reine douairière, s'était 
avancé jusqu à Bestbam. Là on lui apprit que Ba- 
bour-Mirza était entré dans le Djordjân , y avait reçu 
rhommage d'Émir4Jindoukeh, et que son autorité 
était désormais reconnue dans cette province et 
dans le Mazendérân. Âbd-el-Latif, voyant quil ne 
réussirait pas contre son rival, retourna à Nischa- 
pour, suivi de la reine et de ses prisonniers. Ala ed- 
dôoleh, qui était maître d'Herat, avait employé les 
richesses de cette ville à grossir le nombre de ses 
partisans, et à les équiper. Dès quil apprit quÂbd- 
el-Latif était arrivé à Nischapour, il fit maixher 
contre lui quelques régiments, commandés par Mir- 
za-Saleh et par Témir Oveïs, avec ordre de sur- 
prendre Tennemi , et de délivrer la reine et ses oom* 
pagnons de captivité. Ces deux officiers se rendirent 
à Meschhed, en toute hâte; mais ayant été informés 
qu'Âbd-eULatif irritait par ses violences les chefs 
placés sous ses ordres, et que la discorde régnait 
dans les rangs de son armée , ils l'ésolurent de fat- 



280 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1802. 

taquer sans perdre de temps, et dans ia nuit du sa- 
medi , 1 3 safer, iis se jetèrent sur son camp, plongé 
dans une sécurité profonde, pénétrèrent jusqu'au 
quartier général et s'emparèrent de Gueuher-Schâd 
et des autres prisonniers. Dès que lalarme fut don- 
née, Âbd-el-Latif se précipita sur cette petite troupe, 
k la tête de toute son armée; cependant les soldats 
heratiens, malgré leur infériorité numérique, rem- 
portèrent la victoire. Âbd-el-Latif chercha son salut 
dans la fuite; mais son cheval s* étant abattu, il fut 
pris et conduit en présence de Âla ed-dôoleh, qui 
était venu à la rencontre de son armée victorieuse 
jusqu'à Saad-Âbâd (bourg voisin de Djâm). Ala ed- 
dôoleh se montra généreux ; loin de punir son rival , 
il lui donna un équipage digne de son rang, et le con- 
duisit à Herat; puis il fit venir le corps de l'empe- 
reur Schah-Bokh et le fit inhumer dans la chapelle 
funéraire de Ba'isonghor, située dans la medressèh 
de Gueuher-Schâd. 

EXPÉDITION D*0L0UGU-BEIG DANS LE KHORAÇÂN. 

La mort de Schah-Rokh avait plongé son (iis, 
Olough-Beig , dans un désespoir si profond que , pen- 
dant plusieurs mois, il négligea les affîiires de son 
gouvernement et parut ne pas s'opposer aux tenta- 
tives ambitieuses de ses ennemis. Mais les conseils 
de ses ministres le tirèrent de sa torpeur; on lui re- 
présenta qu'il était le seul fils survivant et l'héritier 
légitime de l'empereur, et qu'il devait assurer les 
droits que lui donnait sa naissance, avant que ses 



LA CHRONIQUE PERSANE D*HËRAT. 281 

compétiteurs au trône eussent fait des progrès sé- 
rieux. Oiough-Beig se décida donc à mener son 
armée dans le Khoraçân. Arrivé sur les bot^ds de 
l'Oxus, son premier soin fut d'attirer Âbou Bekr- 
Mkza dans son parti. Ce prince, fils de Mohammed- 
Djôuki ^ non content de régner dans le Khottolân, 
à Erheng et à SaliSéraî , avait étendu son autorité 
sur Baikh, Schoubroughân , Kondoûz, BoqouUân, 
jusqu'aux frontières du Bedakhschàn , et il cherchait 
à s affranchir de toute domination étrangère. CMough- 
Beig Tattira dans son camp, le combla de^ présents 
et lui donna une de ses filles en mariage. Mais Âbou- 
Bekr était dun caractère remuant et perfide, et il 
ourdit secrètement des intrigues contre son suze- 
rain. Olough-Beig fut instruit de ces menées par un 
officier qui remplissait auprès d*Âbou-Bekr les fonc- 
tions de chancelier; il fit épier le schahzadeh, et 
voyant que la dénonciation était exacte, il le chargea 
de chaînes et le renvoya prisonnier à Samarcande. 
Puis il passa TOxus et vint camper à Balkh , où il 
reçut la nouvelle du coup de main de Nischapour 
et de la captivité de son fils, Abd-el-Latif-Mirza. La 
voix de la nature étouffa chez lui le ressentiment 
que lui avait inspiré la conduite insoumise de ce 
jeune homme, et il entama des négociations avec 
Ala ed-dôoleh pour obtenir la mise en liberté d'Abd- 
el-Latif. Ce fut le premier ministre d'Olough-Beig, 

^ Mohammed-DjoaLi-Behadour, fils de Schah-Rokh , était mort 
aa mois de zil-hiddjeh 848. ( Voy. la lettre de M. de fChanikoff , Journ. 
Asiat loc. laud.) 

XX. 19 



28S SEPTEMBRE. OCTOBRE 1862. 

le molla Nizam ed^-din Mirek (fils de Mahmoud), qui 
fut chargé de cette mission. li se rendit à Herat, où 
Âla ed-dôoleh organisait une défense formidable , et 
lui dit que son maître n avait jamais songé à user 
de violence contre une ville dont i*emperear« son 
père, avait fait sa capitale, et que si Ala ed-dàoleh 
consentait à rendre la liberté à son prisonnier, rien 
ne troublemt l'harmonie qui régnait entre les deux 
princes. Un événement fortuit hâta la conclusion de 
cette affaire. Babour>Mir£a, qui se croyait des droits 
sur le Khoraçân, venait de sorticdu Djordjftn avec 
toute son armée et s était avancé sans obstacle jua- 
qu'à Meschhed. La gai^ison que le souverain d*Herat 
avait placée à Djàm essaya vainement de s'opposer 
aux progrès de l'ennemi : elle fut mise en déroute, 
Mohammed-Mirza qui la commandait fut fait pri- 
sonnier, et Babour entra dans la province d'Herat. 
Âlà ed-dôoieh, pris entre deux ennemis, ne pou- 
vait plus hésiter; il conclut un traité de paix avec 
Olough-Beig et remit en liberté Âbd-el-Latif , à la 
condition que ce dernier lui rendrait les oQjciers 
qu il avait faits prisonniers lors de l'affaire de Nischa- 
pour. Olough-Beig revit son fils avec une joie sin- 
cère, lui promit d'oublier le passé, et le nomma 
vice-roi de la province de Baikh; puis il reprit le 
chemin de Samarcande. 

Âla ed-dôoleh, libre de ce côté, se retourna 
conire Babour-Mirza. Il élabht son quartier général 
h Meschhed et ordonna à ses émirs d'attaquer immé- 
diatement Khabouschân , où Babours'étaitretranché. 



LA CHRONIQUE PERSANE D^HERAT. 295 

Ses généraux obéirent; mais, arrivés en présence 
de f ennemi , ils tinrent conseil et déclarèrent qu'il 
était imprudent de s'affaiblir dans une lutte contre 
Baboor, lorsque, d*un moment à l'autre, Olough-Beig 
pouvait revenir dans le Khoraçâa pour s y faire re- 
conndtre comme Tunique héritier de Schah-Rokb. 
Ils forcèrent donc Âia ed-dôoleh à entrer en négo- 
ciation aved^e prince de Djordjân. On convint faci^ 
lement des clauses de la paix : Kbabouschân fut dé- 
darë ligne frontière entre les deux États, et Babour 
retourna dans le Mazendérân, tandis que Âla ed- 
dô(deb reprenait le cbemin d*Herat« 

Cependant Abd-el-Latif-Mina , fier de gouverner 
la Bftctriane, ne tenait nul compte de la conven- 
tion conclue avec Ala ed-dooieh, et n'avait pas en- 
core remis en liberté les prisonniers de Nischapour. 
Un contingent de Tarmée d'Herat, commandé par 
Mirza-&deh, vint les réclamer et s'avança jusqu'à 
Tdiichekto. Abd-el-Latif attaqua à l'improviste cette 
faible armée, la dispersa, et Mirza-Saleh ne dut la 
vie qu'à la rapidité de son cheval. Il regagna Herat, 
non sans péril , et raconta au prince ce qui s'était 
passé. Ala ed-dôoleh en fut extrêmement irrité; il 
fit mettre à mort les otages qu Abd-el-Latif lui avait 
laissés; et, malgré les rigueurs de l'hiver, il se dirigea 
avec toute son armée contre la Bactriane. Abd-el- 
Latif se fortifia de son mieux et informa son père 
de sa situation, dangereuse. Olough-Beig mit encore 
en œuvre les ressources de la diplomatie pour dé- 
tourner le -péril qui menaçait son fils. Mais le lan- 



284 SEPTEMBREOGTOBRE 1862. 

gage de ses envoyés prouvait qu il ne reculerait pas 
devant 1 emploii,de la force : « Il n est pas digne d'un 
prince tel que vous, dirent-ils à Âla ed-dôoleh, de 
déchirer aujourd'hui les clauses du traité, lorsque 
tous vos efforts devraient tendre à le rendre plus 
solide. Si, en cette occasion, vous aviez à vous plûn- 
dre de la légèreté d'Âbd-el-Latif, c'était devant notre 
souverain que vous auriez dû porter vos grie&, et 
non vous faire justice les armes à la main. Quoi qu'il 
en soit, le parti le plus sage pour vous, c est de ré- 
venir sur vos pas.» Lres rigueurs de la saison, non 
moins que l'attitude ferme d'Olough-Beig, détermi- 
nèrent Ala ed-dôoleh à retourner à Herat, après 
avoir ravagé tout le pays autour de Tchichekto. D 
construisit aussi dans ce district une forteresse avec 
des briques enlevées aux mausolées et aux fonda- 
tions pieuses des environs. Gomme les soldats n'a- 
vaient eu , dans ce campement , d'autre nourriture que 
de l'orge rôtie , ils donnèrent à cette forteresse le aom 
de Kour-Madj ( g;^ Jl^ )• En 852 , Ala ed-dô6leh, dé- 
livré un moment des soucis de la guerre , fit célébrer 
en grande pompe la circoncision de son fils (aîné), 
Ibrahim-Sulthân ; mais les chants de fête retentissaient 
eqçore, lorsqu'une fatale nouvelle tomba au milieu 
de la joie publique : Olough-Beig venait de traverser 
une seconde fois l'Oxus et s'avançait rapidement dans 
la direction d'Herat. L'ambition d'Olough-Beig ne 
manquait pas de prétextes pour légitimer cette nou- 
velle invasion. Indépendamment de ses droits de fils 
et d'unique héritier de Schah-Rokh , ce prince invo- 



LA CHRONIQUE PERSANE D*H£RAT. 285 

quait la violation du traité conclu précédemment 
arec Ala ed^-dôoleh, le meurtre des officiers d'Abd- 
ei-Latif-Mirza, qui devaient être rendus avec de riches 
présents, enfin les scènes de carnage qui avaient ac- 
compagné la prise de Balkh. Abd-el-Latif prit le com- 
mandement de tous les contingents qu il put lever 
dans le Khottoiân, Kondouâs, etc. jusqu'aux rives 
duMourghâb, et rejoignit Tarmée de son père au 
passage de l'Oxus. De son côté, Ala ed-dôoieh ne 
négligea rien pour résister à Torage qui le menaçait. 
Après avoir équipé , à force de sacrifices , une nom- 
breuse armée , il laissa la défense du château d*Ikh- 
tiared-din àHadji-Beig, avec 4,oootomans {kebeki), 
et s'avança à la rencontre de Tennemi jusqu^à Ter- 
bâb (v^) 'Ce fut dans cette vallée, à la farsakhs 
environ d'Herat, qu'une sanglante bataille décida 
des destinées du Khoraçàn. La victoire tarda à se 
déclarer, et }a brillante valeur d'Ala ed-dôoleh l'au- 
rait sans doute fait pencher de son côté, si la défec- 
tion d'Abd-Allah-Mirza (fils d'Ibrahim-Sulthân) n'était 
venue jeter la consternation dans l'aiinée d'Herat. 
Abd-el-Latif, profitant de cette circonstance, se porta 
sur le centre qui résistait encore , et la déroute de^ 
vint générale^ Ala ed-dôoleh, abandonné des siens, 
se réfiigia à Meschhed; après avoir prié sur le tom- 
beau du saint imam, il se rendit à Emad , renforça 
la garnison qui défendait cette place, et arriva enfin 
i Khabouschân , où son frère , Babour-Mirza , lé reçut 
cordialement et lui promit de consacrer toutes ses 
ressources à lui rendre ses possessions. Afin de trom^ 



286 SEPTEMBRE-OGTOBRE 186S. 

per le vainqueur sur ses projets, il négocia avec lui 
et consentit à ce que le nom d'Olougb-Beig fût subs^ 
titué au sien dans les prières publiques et sur la mon- 
naie. Olough-Beig ne se laissa pas tromper par cette 
soumission apparente; après avoir pris possession 
d*Herat, où il confia les fonctions de grand juge à 
MoUa Kotb*ed-din-Âbmed eNIpaami, il s'empara 
des forts dlkbtiar ed-din et de Nerretou» et se porta 
aussitôt sur Esféraîn. Là, il divisa son armée en deux 
corps, donna le commandement du premier à Mina 
Âbd-Âllah-Scbirazi , avec mission d'assiéger la ville 
de Bestbam , et fit marcher le second , sous les ordres 
d*Âbd-el-Latif , dans la direction d*Aste^Âbâd; mais , 
au lieu d'encourager par sa présetnce les opérations 
de son fils, il ne dépassa pas le pont nommé PoIé 
Ebrischim et, peu de jours après» il revint en arrière. 
Abd-el-Latif, en apprenant la retraite de son père, 
ramena son armée à Meschhed avec une précipitation 
telle qu'il laissa ses cimbaies et son étendard royal 
aux mains de l'ennemi. D ailleurs, sou ressentiment 
contre son père n'avait fait que s'accroître durant 
cette campagne. Malgré la part qu'il avait prise à la 
victoire de Terbàb , le nom de son frère Àbd-el-Âm 
avait été substitué au sien dans le bulletin de victoire ; 
en outre, Targent et les armes déposés dans le 
château dlkhtiar ed-din, à l'époque de l'invasion 
d'Herat par Schah-Rokh , étaient restés au pouvoir 
d'CHough-Beig, qui refusait de les lui restituer. Ces 
griels et d'autres plus anciens entretenaient ^ns 
son cœur une haine criminelle qui le conduisit in- 



LA CHRONIQUE PERSANE D^UERAT. 287 

sensiblement à tremper les mains dsns le sang de 
son père ^« 

Herat devait ressentir le contre-coup des troubles 
qui bouleversaient le Khoraçân, et la faiblesse de 
Bayésid-Pervanédji, qui gouvernait cette capitale au 
nom d*01ougfa-Beig, laissait la porte ouverte à toutes 
les tentatives. Un factieux, nommé Yâr-ÂIî, fils de 
Iskefider-Turkmân , avait été enfermé dans Nerre- 
ton par ordre d'Oiough-Beig. Muni d'une lime qu'un 
complice lui fit passer dans un pieu de tente, il L'ma 
ses chaînes t s*évada pendant la nuit et rejoignit le 
gros de ses partisans. Â leur tête, il s'empara de la 
banlieue d*Herat, fit main basse sur les villages, 
força les paysans à s enrôler sous ses drapeaux et 
vint assiéger Herat. Après huit jours de siège, la 
ville allait lui ouvrir ses portes quand Olough-Beig 
arriva; il dispersa la petite armée de Yâr-Ali et en- 
tra dans Herat. Abusé par de perfides dénoncia- 
tions, le fils de Schah-Rokh crut que les habitants 
de la banlieue avaient pris volontairement pai*ti pour 
Yâr-Ali, et il permit à ses soldats d'exercer pendant 
trois jours de cruelles représailles. Le jour du kour- 

^ On raconte que le scheikh Béba ed-dio-Omar avait deviné les 
coa|Mb>es projets d*Abd-el-Latif. Ce vénérable personnage, après 
avoir dchoaé dans les négociations qu*ii entama au nom d*Ak ed- 
dôoleh, avant Taffiiire de Terbàb, vit ses équipages pillés par les 
soldats d^ongb-Beig , et, loin d^obtenir satisfinction de cet affront , il 
têi reçu par le prince de Samarcande avec un dédain à peine déguisé 
par les marquée d*un respect apparent, c Le destin , dit-il à cette oc- 
casion, se chargera bientôt du soin de ma vengeance, et c*est Abd- 
el-Latif qui en sera Tinstroment. » {Tarihh'é-elji , année 852. — 
HefinUim, quatrième Climat.) 



288 SEPTEMBRE-OCTOBRE 186S. 

bân-beiram, tandis que ce prince se rendait à la 
mosquée, des milliers de paysans, nus et affamés, 
se présentèrent devant lui en criant par dérision : 
«Vive la justice de notre roi! quelle fête spiendide 
nous devons à sa clémence I » Il semble que le ciel 
entendit les imprécations de ces infortuné, car au 
montent même où Herat était le théâtre de ces vio- 
lences, l'armée des Uzbeks envahissait le territoire 
deSamarcande, ravageait les environs de cette ville, 
ainsi que le palais d*été du souverain, et brisait 
cette fameuse tour de porcelaine qu*01ough-Beig 
avait fait venir de Chine à grands frais. Dès que ce 
prince fut instruit de cette invasion, il rappela son 
fils Âbd-el-Latif de Meschhed, lui laissa le gouverne- 
ment d'Herat, et retourna rapidement dans la Trans- 
oxiane, en emportant le cercueil de Schah^Rokh, et 
ce que Herat renfermait de plus précieux, entre 
autres deux portes de bronze d'un travail inimitable 
que Schah-Rokh avait enlevées de Tébriz pour en 
orner le collège de Gueuher-Schâd. Sa retraite fut 
des plus périlleuses, Babour-Mirza, à la faveur de 
ces désordres, s'étant avancé sans obstacle jusqu*à 
Serakhs. Un de ses généraux, l'émir Hindoukeh, 
marcha aussitôt sur Merv, tomba sur les derrières 
d'Olough-Beig, et fit plusieurs prisoùniers, parmi 
lesquels était l'émir Eïdegou-Timour, qu'on enVoja 
à Herat. A peine délivrée de ce danger, l'année du 
Turkestân fut attaquée , au passage de l'Oxus , par des 
tribus d'Uzbeks qui s'emparèrent de ses bagages et 
lui tuèrent beaucoup de monde. Olough-Beig arriva 



LA CHRONIQUE PERSANE DHËRAT. 269 

enfin à Boukhara et déposa le corps de sou père 
dans la chapelle de rémir Buzurg. Douze jours seu- 
lement s étaient écoulés depuis son départ d^Herat, 
lorsqu'une autre portion de larmée de Babour, sous 
les ordres d'Emir-Fouschendji, d*Émir-Khdil, etc. 
se présenta sous les murs de cette ville, Âbd-el-Latif 
n'essaya pas même de résister et partit fiirtivement 
sur les traces de son père. Mais Yâr*Ali avait eu le 
temps de se créer de nouveaux partisans,, surtout 
parmi les bandes de mercenaires de l'Irak persan; 
il entra par surprise dans Herat, en délogea le con- 
tingent de Babour et s'établit dans le château d'Ikh- 
tiar éd-din, où ses troupes firent un simulacre de 
couronnement. Yar-Âli usa assez modérément de sa 
victoire; il défendit que les habitants fussent mal- 
traités et se livra à de continuelles orgies. Un seid 
nommé Âbd-el-Âli Rikabdâr, gagné par Babour- 
Mirza, jeta un soir une potion narcotique dans le 
vin servi à Yâr-AIi. Tandis que ce dernier dormait 
dans le Jardin Blanc, l'armée de Babour pénétra 
dans Herat par la Porte royale , et s'empara des prin- 
cipaux quartiers sans coup férir. Le malheureux 
Yâr-Ali, dont le règne avait duré vingt jours, fut 
exécuté dans le bazar, et sa tête fut exposée au mi- 
lieu du Tchehar-sou. Cest ainsi que Babour-Mirza 
se rendit maître du Khoraçân (zil-hiddjeh 85 !i). . 

RÈGNE D*ABOU'L-KÂÇEM BABODR-MIRZA-BEHÂDOUR. 

La possession d'une province aussi importante 
que le Khoraçân était trop précieuse pour que Ba- 



290 SEPTEMBRE-ÛCTOBRE 186S. 

bour songeât à ia rendre à son firëre AJa ed-dôoleh » 
ainsi qu ii le lui avait promis lors de Tentrevue de 
Khabouschân. Aussi, lorsqu'il eut reçu Tbommage 
des grands feudataires de cette contrée et imposé 
son nom dans les prières publiques et sur la mon- 
naie, il cbercba à dédommager Ala ed-dôoieh en 
lui confiant le gouvernement de Toua (Kouhiatân). 
Ce prince , ne considérant pas cette dignité comme 
une compensation sufiBsante, y délégua son fils, Sul- 
thân-lbrahim, auquel il donna, à cette occasion, les 
trésors gardés dans la forteresse d'Ëmad et une mai- 
son militaire , choisie parmi les tribus les plus fidèles. 
Mais Sulthàn -Ibrahim n'était pas encore arrivé au 
siège de son gouvernement, qu'un détachement, en- 
voyé sur ses traces par l'empereur^ le força à re- 
brousser chemin et le ramena prisonnier à Herat. En 
efifet, quelques courtisans malintentionnés avaient 
réussi à convaincre Babour que son firère Âla ed- 
dôoleh tramait un complot contre sa vie, ou tout 
au moins contre son pouvoir. Une dure captivité 
fut infligée à ce prince, tandis qu'Ibrahim fut confié 
à la garde de Témir Hindoukeh , à qui l'empereur 
accordait encore une confiance absolue. 

Du côté du Turkestân, Babour n'avais alora à 
redouter aucune attaque. La mésintelligence qui 
régnait depuis si longtemps entre (Mough-Beig et 
Abd-el-Latif avait dégénéré en guerre ouverte. Âbd- 
el-Latif, maître de la Bactriane, la gouvernait en 
souverain absolu , et attirait à lui toutes les tribus 
turques toujours hostiles au prince de Samarcande. 



LA €HRDNiQCJ£ PËRSiNË DHËAAT. 291 

CHough-Beig, voulant du même coup réduire ce 
fils insoumis et faire valoir ses droits sui^ le Khoi^ 
çàn, entreprit une troisième expédition de ce coté 
de rOxus^ Mais, dès qu'il eut traversé le fleuve ,< il 
se trouva face à £i»ce avec ïarmée d'Âbd-etLattf ^ et 
pendant fdusieurs mois il ne put foixer le passage. 
Babour en profita pour soumettre ie chef duSeîstki. 
Mélik-Huçeîn , qui tenait ce fief d nne longue suite 
d'meux, avait cru pouvoir utiliser à son profit lesri^ 
valités qui déchiraient la famille deXimour, et, de- 
pois quelques années, il fl*était abstenu d'envoyer à 
Herat le tribut ordinaire. La présence d'une araiée 
commandée par les meilleurs généraux de Babour 
tiîompha facilement de sa résistance, et il vint faire 
hommage à l'empereur, qui eut la générosité de lui 
laisser la vie. 

Peu de temps après anîva la chute de lemirHin- 
doukeh. Cet officier qui , dès l'avènement de BabcMir^ 
exerçait à la cour une autorité presque absolue, 
avait eu fréquemment à se plaindre des caprices et 
du despotisme de son maître. Babour, à l'exemple 
de ses prédécesseurs, avait un penchant prononcé 
pour la débauche et, sous l'empire de l'ivresse, son 
esprit était facile à capter. Hindoukeh, redoutant une 
disgrâce prochaine, prétexta l'affaiblissement de sa 
santé, et alla passer l'été aux environs de Badeghis, 
emmenant aveclui Sulthân-Ibrahim qui pouvait, au 
besoin, semr sa vengeance. Lorsque l'expédition 
du Seïstân fut décidée , Hindoukeh refusa d'en pren- 
dre le commandement, sous prétexte qu'il avait à 



293 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1802. 

surveiller, avec son corps d* armée, les mouvements 
d*01ough-Beig. En même temps , il envoya Ëïdegou- 
Timour h ce dernier, afin de lui proposer sa coopé- 
ration sil entrait dans le Khoraçân. Mais ESdegou 
fut pris par Abd-el-Latif, près d*Ëndékhoud, et envoyé 
à Babour, à qui il révéla lé complot. Hindoukeh, se 
doutant qu'il serait bientôt attaqué, entra dans^ la 
province d'Aster-Abâd, En effet , une armée partit 
d'Herat sous les ordres de ScheiUi-Ali-Behadour 
et d'Abou-Saïd-Darogha, et rencontra celle d'Hin- 
doukeh dans la plaine de Kbabouschân. L*af&ire fut 
chaude et le succès longtemps disputé. Hindoukdi 
combattit avec f énergie du désespoir; il tua de sa 
main Abou-Saîd-Darogha ; mais il fut provoqué en 
combat singulier par Scheïkh-Ali et succomba après 
une lutte acharnée. Sa tête fut envoyée à Herat et 
exposée en public. La prise de la citadelle d'Emad 
termina cette campagne et mit le comble à la satis-^ 
faction de fempereur, qui reprit avec bonheur ses 
habitudes de débauche. 

Mais sa joie fut de courte durée. Ala ed-dôol^, 
trompant la surveillance de ses gardiens ^ venait de 
s*évader. Il erra quelque temps dans les montagnes 
du Ghour et dans le Seistan , où 1^ s troupes impé- 
riales le poursuivirent sans succès, et il entra en- 
suite dans le désert de Yezd. Là, son frère Mohaœ- 
med-Mirza lui fit dire qu'il se disposait à envahir le 
Khoraçân, et lui ordonna de Tattendre. 



LA CHRONIQUE PERSANE D*H£RAT. 293 

INVASION DE MOHAMMED-MIRZA ; REVERS DE BABOUR-MIRZA ; 
SON SECOND AVENEMENT AD TRONE. 

Sulthân-Mohammed'Mirza , troisième fils de Baï- 
songhor, se croyait des droits aussi légitimes que ceux 
de ses frères à la possession du Khoraçân , sa patrie. 
Tant qu'il fut occupé de la conquête du Fars et de 
rirak persan, il dissimula ses prétentions; mais lors- 
que ces deux riches provinces furent entièrement 
soumises à son pouvoir, il se crut en mesure de 
réaliser ses projets. 11 réunit donc à toutes les forces 
mflitaires de la Perse plusieurs corps de troupes 
ûréguliers, pris parmi les tribus, et s avança sans 
obstacle jusqu'à Bestham. De son côté, Babour- 
Mina avait enrôlé à la hâte tout ce quil avait pu 
trouver de troupes entre le Kharezm et le Seïstân , 
et depuis Sehoubroughân jusqu auMazendérân , et il 
marcha à sa rencontre. Les environs de Djâm furent 
le théâtre de cette lutte fratricide. Babour, quoique 
bien secondé par les soldats heratiens et les Afghans, 
ne put tenir contre les forces ennemies mieux disci- 
plinées, et il battit en retraite, laissant un immense 
butin entre les mains du vainqueur. Suivi de huit 
soldats dévoués, il se fraya un chemin à travers len- 
nemi et se jeta dans la citadelle d*Ëmad , ce refuge 
ordinaire des souverains dépossédéIt'Rien ne s'op- 
posait désormais à la marche de Mohammed-Mirza , 
et il se rendit direôtement à Herat, où il prit pos- 
session du trône de ses ancêtres. Des mesures bien- 
faisantes signalèrent son triomphe, et il eut la gêné- 



294 SEPTEMBRE-OGTOBRE J86S. 

rosité de renvoyer le jeune Scbah-Mahmoud (fils de 
Babour) à sa mère. Peu de jours après, il reçut la 
nouvelle de la défaite et de la mort d*01ough-Beig. 
Ce malheureux prince, trahi par Âbou-Saîd^ qui 
avait abandonné sa cause pour assiéger Samarcande, 
ne put résister longtemps à Abd-el-Latif, qui traversa 
rOxus et entra dans cette capitale. Abandonné par 
ses soldats et par ses plus anciens généraux, Oloi^i- 
Beig vint avec son second fils, Abd-ei-Aziz , se mettre 
à la merci d'Abd-^l-Latif. Ce dernier, sourd à la voix 
de la nature , eut la barbarie de signer 1 arrêt de mort 
de son père et de son frère , et réalisa par ce double 
meurtre la prédiction sinistre de MoUa Béha ed-din. 
Cependant Babour- Mirza, sûr de la fidélité de 
Mohammed-Saleh, gouverneur de Kalaé-Emadt ne 
s*arrêta pas dans cette place, et se rendit en toute 
hâte dans le district d' Aster- Abâd, pour y prendre le 
commandement des troupes qui accouraient à son 
appel. Mohammed-Mirza en fut informé, et résolut 
de lattaquer aussitôt. Après s être débarrassé d'^a 
ed-dôoleh, ^on hôte, en fenvoyant dans le Guerm- 
sir avec le titre de gouverneur, il mit Témir Hadji- 
Mohammed (surnommé Féna-Schirin) à la tête de 
ses meilleurs régiments. Hadji- Mohammed apprit, 
en anùvant à Niça, que Babour-Mirza avait trans- 
porté son camp à Meschhcd; il s y rendit à mardies 
forcées, et lui livra bataille dès le lendemain* La va- 
leur de Babour suppléa à Tinfériorité de ses troupes. 
Après une lutte de plusieurs heures , Hadji-Moham- 
med fut tué avec ses meilleurs officiers, et ses sol- 



1 



LÀ CHRONIQOË PERSANE D*HERAT. 295 

dats prirent la fuite. Mais le terme des disgrâces que 
le destin réservait à Babour n était pas encore ar- 
rivé. 

Mohammed-Mirza, averti par les messs^ies réi- 
térés de Hadji-Mobammed, s'empressa de quitter 
Thousavec le reste de son armée» Les fuyards qu'il 
rencontra sur sa route lui apprirent le désastre de 
ce général. Il précipita sa marche, et tomba à Tim- 
proviste sur les troupes exténuées, de Bàbour. Ce 
dernier n «ut pas même le temps de les ranger en 
bataille; entraîné dans la déroute des siens, il se ré- 
fugia dans les murs d-Emad. Mais Mohammed-Mirza , 
craigpant que cette retraite ne fût un piège pour 
l'attirer dans une embuscade, nosa pas le pour- 
suivre, et reprit le chemin de Thous. 

Les désordres que la mort de Hadji-Mohamméd 
suscita dans la tribu tarbul«[ite à laquelle il appar^ 
tenait, et la nouvelle de la rentrée d'Ala ed-dôoleh 
dans Herat inquiétèrent si vivement Mohammed- 
Mirza, qu'il considéra un plus long séjt>ur dans le 
Kboraçân comme dangereux, et retourna en Irak 
avec les débris de son armée. 

La facilité avec laquelle Ala ed-dôoleh était entré 
à Herat, les acclamations qui avaient salué son re- 
tour, lui inspirèrent une confiance profonde, et il 
songea aussitôt à s'emparer de Samarc«nde. Il laissa 
donc le commandement de la citadelle d'Ikbtiar cd- 
din^à l'émir Ahmed (fils de) Yéçaoul, et conduisit 
son armée sur Balkh et Schoubroughân. Babour- 
Mirza était trop habile pour ne pas tirer parti d'une 



296 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

circonstance aussi favorable. Sans laisser à ses sol- 
dats le temps de se reposer, il se présenta devant 
Herat, y entra sans coup férir, et fut salué roi, pour 
la seconde fois, par une population que tant de ré- 
volutions avaient rendue indifférente* L'émir Ahmed 
essaya, il est vrai, de se défendre dans la citadelle; 
mais , cerné de tous côtés et menacé de périr par la 
famine, il accepta une capitulation honorable, et fit 
sa soumission. Babour reçut alors la nouvelle de la 
défaite d'Âla ed-dôoleb devant Samarcande et de 
son retour à Balkh. Voulant profiter de laffaiblisse- 
ment de son rival pour lui donner le coup de grâce , 
il quitta Herat au milieu de Thiver, courut sijir les 
rives de TOxus, et s empara de Balkh. Puis il mar- 
cha sur Thalékân, où Ala ed-dôpleh s*était ren- 
fermé, entra facilement dans cette ville, donna le 
commandement de la Bactriane, des frontières du 
Bedakhschân jusqu'au Mourghab, à Fémir Dervisch 
et à Ali-Hezaresfi , et reprit tranquillement le che- 
min de sa capitale. Ala ed-dôoleh, après avoir erré 
quelque temps dans les montagnes de Balkh, était 
revenu dans les environs d*Herat , et se tenait caché 
dans le pavillon nommé Iskender-Beig , ^n pied du 
mont Kazurgâh. Il ne tarda pas à être découvert, 
et fut conduit en présence de Babour, qui le con- 
damna à unf^ étroite captivité^. 

' Parmi les objets précieux cpi tombèrent aa pouvoir de Babour 
se trouvaient deux diamants d'une grosseur extraordinaire : Tun était 
nommé tiveh-^aèzi, l'autre schah-mansouri, en mémoire de Scbah- 
Mausour, fils de Mahmoud, le conquérant de Tlnde, auquel il avait 
appartenu. 



LA CHRONIQUE PERSANE D*HERAT. 297 

Depuis que les vicissitudes de la guerre avaient 
forcé Mohamraed-Mirza à retourner en Perse, son 
unique préoccupation était de se venger de son rival 
en lui enlevant la souveraineté du Khoraçân. Dls^ 
fahân, où il avait établi son camp , il faisait avec ac- 
tivité tous les préparatifs d'une formidable expédi- 
tion. Babour-Mirza , qui était alors à Bestham, en 
fut bientôt informé, et entra en négociation avec 
son frère. Ce fut le scheîkh ul-islam Khadjeh-Molla 
que Babour chargea de cette affaire délicate. Après 
de longs pourparlers, un traité de paix fut signé, 
mais à des conditions très -désavantageuses pour 
Babour : non-seulement il cédait au souverain de 
l'Irak plusieurs districts du Khoraçân, mais, en 
outre, le nom de Mohammed-Mirza devait seul pa- 
raître dans le prône du vendredi et sur les mon- 
naies. Quelque grands que fussent ces sacrifices, ils 
ne parurent pas suffisants à Mohammed-Mirza , car, 
tandis que son frère passait l'hiver dans le Mazen- 
dérân, il envahit soudain le Khoraçân, et s'avança 
jusqu'à Esféraïn. Babour, indigné d'un pareil manque 
de foi , voulut en finir avec un adversaire aussi re- 
muant, et sortit d'Âsterâbâd à la tête de son armée. 
Son frère, non moins impatient que lui, vint à sa 
rencontre , et ce fut à Djenarân que les deux armées 
se trouvèrent face à face. Elles firent l'une et l'autre 
des prodiges de valeur, et la victoire resta indécise 
pendant toute la journée. Mais vers le soir, Moham- 
med-Mirza, emporté par son courage, se précipita 
avec une poignée d'bbmmes sur l'aile droite de l'en* 



298 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1861. 

nemi; il fut enveloppé avec les siens, et. malgré les 
efforts de ses compagnons pour le d^ger, il reçut 
plusieurs blessures et ftit fait prisonnier. Cette nou- 
velle répandit le découragement dans les rangs de 
son armée 9 qui battit en retraite dans le plus grand 
désordre. Babour se fit amener son frère, et lui re- 
procha amèrement la violation du traité et le «nng 
que son ambition faisait couler. Mohammed- Mina 
se contenta de lui répondre : « Mon frère , c'est k ce 
prix seulement qu*on achète mie couronne. » Il fut 
aussitôt emmené et livré aux bomreaux. Babour 
permit que son corps (ùt porté à Herat et déposé 
dans le collège de Gueuher-Schâd-B^[um, à côté do 
tombeau de Baîsonghor, leur père. Mohammed- 
Mirza, qui mourut, comme Alexandre le Grec^ à l'âge 
de trente-quatre ans, avait régné dix ans, dont cinq 
ans comme vice-roi, et cinq comme souverain in- 
dépendant. Peu de jours après le meurtre de Mo- 
hammed, un autre frère du sulthân, Âla ed-dôoleh, 
que son passé et ses intrigues rendaient redoutable, 
fut condamné à perdre la vue au moyen d'un fer 
chaud. Par ce double crime, Baboui^Mirsa, ordi- 
nairement humain , ternit l'éclat d*un règne que ses 
grandes qualités et ses talents devaient placer si haut 
dans le jugement de la postérité. 

D'ailleurs , le caractère remuant d'Âla ed-dôoleh 
expliquait, sans la justifier, cette mesure rigoureuse. 
Dès Tannée suivante (856=1 /tSa de J. G.), tandis 
que Babour poursuivait le cours de ses conquêtes 
dans rirak, Âla ed-dôoleh sfrtit d'Herat, se jeta 



LA CHRONIQUE PEHSAPTE D'HERAT. 299 

dans la ville de Meïmeneh , puis dans Fariâb, y réu- 
nit les Erlat, tribu factieuse, toujours prête à se- 
conder la révolte , en-^rit le commandement , et se 
dirigea vers Lenguer-é-Émir dans le dessein de s*em- 
parer d*Herat par surprise. Ce coup de main aurait 
sans doute réussi sans la vigilance de Dervisch-Hézar- 
esfi. Cet officier se mit à la tête de la faible garnison 
laissée dans la citadelle, repoussa Âla ed-dôoleh, et 
le tint en échec jusqu'à ce que Babour fût averti 
du danger que courait sa capitale. Babour revint en 
grande hâte (la scha'bân 856), mais son frère ne 
crut pas prudent de l'attendre; il passa dans le Seî- 
stân, et se rendit de là à Rey, dans le camp de Dji- 
hân-Schah-Mirza, où il trouva un asile. 

L'année suivante fut signalée par de plus graves 
événements. Après avoir passé Tété à Khabouschân 
et à Schelmétân , Babour prenait ses quartiers d'hi- 
ver près d'Aster-Âbâd , dans le Mazendérân , lorsqu'il 
reçut une fâcheuse nouvelle. Sulthàn-Âbou-Saïd ve- 
nait de passer TOxus , et l'émir Dervisch avait été 
tué en essayant d'arrêter sa marche; tout le pays 
compris entre le Bédakschân et le fleuve Mourghâb 
s'était soumis au vainqueur, qui, maître de Balkh, 
menaçait le cœur du royaume. Babour marcha aus- 
sitôt sur Samarcande, et, bien qu'à la nouvelle de 
son approche Abou-Saïd eût quitté Balkh pour re- 
tourner dans sa capitale, Babour n'en poursuivit pas 
moins sa marche. Arrivé à Balkh, il fut reçu par le 
vénérable soufi Abou-Nasr-Parsa , qui mit tout en 
œuvre pour le faire renoncer à son expédition , mais 



300 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

sans succès. Le passage de TOxus offrit de grandes 
difficultés : on ne trouva qu'un bateau, qui servit è 
Babour pour gagner la rive droite; le reste de l'ar- 
mée traversa le fleuve à la nage; plusieurs soldats 
périrent dans ks flots, et d'autres succombèrelit aux 
privations qu'il fallut supporter dans les plaines 
arides qui bordent FOxus. Babour y campa pendant 
le mois de ramazân, tandis que, par son ordre", 
Ahmed-Yéçaoul conduisait deux cents cavaliers à 
Kouhligah ou la Porte de Fer (c:jv.i*^T*KJb;ô), et 
détruisait les ouvrages qui défendaient ce défilé. 
Enfin le gros de l'armée se mit en marche, et ar- 
riva , le i A schawal , à un farsakh de Sâmarcdnde , 
sans rencontrer l'ennemi. En effet, Sulthân-Abou- 
Saïd , persuadé que Babour ne pourrait pas traverser 
l'Oxus, avait congédié la plus grande partie de son 
armée : le salut de Samarcande ne dépendait plus 
que de l'énergie de sa nombreuse population. Afin 
d'exalter le courage de ses sujets, le Sulthân se ren- 
dit, avec les notables et les principaux corps de mé- 
tiers, dans la cellule de Khadjeh-Naçir ed-din Obeïd 
Allah , que sa sagesse et sa vie austère faisaient con- 
sidérer comme un saint inspiré de Dieu^ Le pieux 

^ Mort à Samarcande en 8gi6. Rien ne serait pins carieux pour 
faire connaître Tétat de ]a civilisation musulmane, à cette époque 
d'anarchie , que la biographie de ce santon , dont le temps n*a pas iait 
pâlir l*auréole. Confident et ami intime d'Abou-Saîd , arbitre de la 
querelle de Mirza-Omar-Scherkh avec ses deux frères, Naçired^din 
exerça une influence occulte, mais puissante, sur les grands événe- 
ments politiques de son temps. Le MédjuUs-ul'mouminin, ouvrage 
précieux publié à Téhéran il y a quelques années, nous fournit sur 



LA CHRONIQUE PERSANE D*HERAT. 3ai 

cénobite ne se borna pas à exciter leur enthousiasme 
en leur promettant la coopération du Ciel, il orga- 
nisa lui-même la défense. Tous les habitants valides 
de la ville et de la banlieue furent équipés et armés; 
les femmes et les enfants se Téfugièrent dans les 
montagnes voisines. Trois hommes, un Turc et deux 
Persans, furent postés derrière chaque créneau; des 
chaudières destinées à répandre de Thuile bouillante 
sur les assaillants furent placées le long de la plate- 
forme des tours ; enfin on établit à chaque porte 
des postes formés des soldats les plus intrépides, qui 
devaient à tour de rôle opérer des sorties. Ces dis- 
positions prises, on attendit l'armée du Khoraçân. 
L'avant-garde ne tarda pas à se présenter, conduite 
par Emir-Khalil et Ahmed-Yéçaoul. Ces deux offi- 
ciers, enhardis par Tinaction apparente de l'ennemi, 
s'avancèrent jusqu'au pied des murailles. Des flots 
d'huile bouillante et de matières enflammées mi- 
rent le désordre parmi leurs troupes; une partie de 
la garnison, qui sortit au même moment, les enve- 
loppa , leur coupa la retraite et en fit un affreux car- 
nage. Khalil et Ahmed furent pris et conduits en 
présence du Sultliân, qui leur accorda la vie sur la 
promesse qu'ils lui donnèrent de faire lever le siège. 
Babour, dissimulant le chagrin que lui causait cet 
échec, resta longtemps sourd à toute proposition de 
paix; pendant quarante jours consécutifs, il mena 
lui-même ses soldats au combat et paya bravement 

ce moine diplomate des documents d'un véritable intérêt, et que 
nous regrettons de ne pouvoir publier ici. 



302 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

de sa personne. Il eût été difficile de prévoir le lerme 
de cette lutte meurtrière, si l'hiver n'était venu la sus- 
pendre. La lassitude des deux partis, les pressantes 
sollicitations de son entourage , déterminèrent enfin 
Babour à lever le siège de Samarcande. Après de 
longs pourparlers, la paix fut signée, et il fut stipulé 
que le cours de TOxus servirait de ligne de démar- 
cation entre les deux États ; puis les prisonniers 
furent renvoyés dans leur camp respectif avec des 
présents ^ Les deux frères s'engagèrent par les ser^ 
ments les plus solennels à vivre désormais en bonne 
intelligence, et Babour reprit le chemin d*Herat, où 
il rentra le Ix moharrem 867. 

Les deux dernières années du règne de Babour 
s*écoulèrent dans une paix profonde. Lan 860 (1 455- 
1 456) , peu de jours après la mort du célèbre moUa 
Saad el-hakk wed-din el-Kasckgâriy une comète parul 
à Torient d'Herat ; elle brilla d un éclat sinistre de- 
puis le lever du soleil jusqu'à midi. Bientôt après 
elle reparut dans la direction du couchant. L'im- 
pression pénible que ce phénomène excita panni le 
peuple fut partagée par le souverain. En vain les as- 
trologues lui répétèrent-ils à lenvi que cette comète 
ne pouvait exercer aucune influence sur les desti- 
nées humaines , un pressentiment invincible portait 
Babour à y voir un signe de âa mort prochaine. 

^ Panni ces prisonniers se tix>uvaient deux favoris d'Abou-Said . 
l*émir Âhmed-Afzal et Ahmed-Yâr; ils furent échangés contre Khalil 
et Ahmed-Yéçaoui , qui avaient pris une part active à la conclusion 
de la paix. 



LA CHRONIQUE PERSANE D^HERAT. 303 

A la fin de cette même année , il s éloigna d'He- 
rat pour la dernière fois. 11 vint habiter Meschhed , 
dont le climat était plus favorable à sa santé, et 
s'établit dans le Tchehâr-Bâgh (les quatre jardins). 
II ne quitta cette résidence charmante que pour aller 
célébrer les fêtes du ramazân et du beïram auprès 
du saint tombeau (de Timam Riza) , et pour se livrer, 
dans les environs de Radèkân, au plaisir de la 
chasse, quil avait toujours aimée ayec passion. 

Au début du printemps suivant (861=1 455 de 
J. C), Babour, qui, par esprit de dévotion, avait 
renoncé au vin, s'abandonna de nouveau à ce fu- 
neste penchant, achevant ainsi de ruiner sa santé, 
que la guerre et les plaisirs avaient depuis long- 
temps compromise. Le mardi matin, 25 du mois 
de rébi second, après avoir réalisé trop fidèlement 
le vœu exprimé dans le vers suivant , qui est de sa 
composition : 

Nouvel an et printemps nouveau, vin exquis et beautés 
aimables I 

Hâte-toi d*en jouir, ô Babour, on ne vil pas deux fois ' ! 

il se fit transporter en litière du Tchehâr-Bâgh à 
Meschhed pour assister au conseil. Pendant la 
séance, il se livra à un accès de colère, que l'ivresse 
rendait plus terrible , et tomba en syncope. Dès qu'il 
eut repris ses sens, il comprit que la vie allait fa- 



304 SEPTEMBRE-OCTOBRE ^862. 

bandonner, et consacra ses derniers moments à ob- 
tenir, par une contrition sincère , le pardon du Dieu 
clément, dont il avait si souvent transgressé les pré- 
ceptes. Il expira le même jour. Ses funérailles eu- 
rent lieu le lendemain, et son corps fiit enterré 
sous la coupole du collège de Schah-Rokh , près du 
vénérable mausolée de Timam. 

BabourMirza avait régné pendant dix ans sur le 
.Khoraçân ; tout le vaste territoire compris entre le 
Mazendérân , Semnân et Dameghân jusqu'au Bé- 
dakhschân dune part, et depuis TOxus, Merv et 
Makhân jusqu'aux frontièi*es du Zaboulistân de 
Tautre, reconnut son autorité. La victoire ajouta à 
son empire l'Irak et la Perse. Doué de toutes les 
qualités qu'on exige d'un souverain , il était surtout 
d'une générosité inépuisable. Ses croyances reli- 
gieuses restèrent pures, et il écoutait avec empres- 
sement les conseils des plus humbles derviches. 
Quoiqu'il parût en quelques circonstances négliger 
les soins de son empire pour les plaisirs, ou céder 
aux caprices de ses favoris, en réalité, il dirigea les 
affaires d'une main ferme et apporta une rare pru- 
dence dans toutes ses entreprises. 

RÈGNE DE SDLTHÂN ABOD-SAID. 

La mort de Babour suscita dans le Khoraçân des 
troubles plus sanglants que ceux dont la succession 
de Schah-Rokh avait jadis été le prétexte. Schah- 
Mahmoud, unique héritier de Babour, était un en- 
fant de douze ans , incapable de réprimer les tenta- 



LA CHRONIQUE PERSANE D*HERAT. 305 

tives ambitieuses de tous les prétendants au trône. 
Parmi ces derniers, le plus redoutable, par sa nais- 
sance autant que par son énergie , était son propre 
cousin, Ibrahim-Mirza , fils d'Ala-ed-Dôoleh. Ibra- 
him, après s*ctre évadé de la citadelle d*Herat, où 
le feu roi le retenait prisonnier, se dirigea vers le 
Mourghâb. Une armée d aventuriers et d officiers de 
fortune se rassembla sous ses ordres , et marcha sur 
Herat, avant même que le fils de Babour eût le 
temps d arriver dans cette ville. La plus affreuse 
anarchie la désolait alors. Un certain Âbou-Saîd, 
nommé en turc Kara-Arslân, profitant de f incerti- 
tude qui régnait sur tous les esprits, 3 était constitué 
gouverneur de la ville, et inaugurait ses fonctions 
en prélevant une lourde taxe. Schah-Mahmoud 
trouva un énergique défenseur en la personne d'un 
officier nommé Schir-Hadji, qui, aidé de quelques 
citoyens intrépides , assaillit Rara-Arslân et le tua. 
Ce libérateur allait chercher le jeune prince à Bâghé- 
Moùkhtâr et le placer sur le trône paternel, lors- 
qu'on reçut la nouvelle de Tapproche d'Ibrahim- 
Mirza. Ibrahim comptait de nombreux partisans 
parmi les émirs tarkhâns et dans le peuple. Afin 
d'éviter une collision nouvelle, on convint de choi- 
sir la princesse Gueuher-Schâd-Begum comme 
médiatrice. Malheureusement des gens malinten- 
tionnés persuadèrent à Schir-Hadji que cette prin- 
cesse, qui avait toujours aimé Ala-ed-dôoleh , ne 
pourrait déguiser sa sympathie pour son fils, el 
que la cause de Schah-Mahmoud était perdue. Le 



300 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

jour fixé pour terminer cette affaire étant arrivé, 
Schir-Hadji se rendit dans ie pavillon de Bâgh-é- 
Zaghân où les émirs tarkhâns étaient déjà réunis. A 
peine entré, il se précipita sur eux, assisté dun 
misérable derviche , Huçeîn le Fou [divaneh) , en tua 
plusieurs, entre autres Témir Oveïs, et reçut lui- 
même une grave blessure. Il eut cependant le temps 
d'envoyer Gueuher-Schâd dans le collège de Schah- 
Rokh, et s enferma lui-même avec le jeune Schah- 
Mabmoud dans le château d'Ikhtiar-ed-din (fin de 
djemazi second). Mais la nouvelle de Tarrivée pro- 
chaine dlbrahim-Mirza se confirmant, il ne jugea 
pas prudent de rester dans Herat, et envoya Schah- 
Mahmoud à Meschhed , tandis qu il allait lui-même 
se réfugier derrière les solides remparts de Nerre- 
tou. Le mardi 7 de redjeb, Ibrahim arrivait dans 
les jardins de Moukhtâr, d'où il dirigeait quelques 
troupes contre les fugitifs; le lendemain, il fit son 
entrée à Herat et prit possession du trône paternel. 
Mais le destin ne lui permit pas de Tôccuper long- 
temps. Dans le courant de scha'bân de la même an- 
née, Schah-Mahmoud^ qui avait réuni à Meschhed 
les émirs dévoués à son père, se mit à leur tête et 
sortit de cette ville , afin de chasser l'usurpateur. 
Arrivé à Kousouyeh, il rencontra l'armée dlbrahim, 
qui s'était hâté de marcher à sa rencontre. La plaine 
qui entoure le caravansérail nommé Emir-Schah- 
Mélik fut le théâtre d'un combat terrible dont le 
Khoraçân était le prix. Le fils de Babour eut d'a- 
bord l'avantage : il culbuta les deux ailes de l'en- 



LA CHRONIQUE PËhSANË D^HERAT. 307 

nemi , et déjà son avant-garde se dirigeait sur Herat, 
lorsque Emir-Ahmed-Tarkhân, qui commandait ie 
centre de l'armée dlbrahim, se jeta sur Tennemi 
avec impétuosité et le força à rebrousser chemin. 
Les soldats dlbrahîm se rallièrent sous ses ordres; 
le combat recommença avec un nouvel acharne- 
ment et se termina par la déroute complète des 
troupes de Schah-Mahmoud. Ce jeune prince put 
se réfugier à Meschhed, mais ses principaux oflicierts 
et ses bagages restèrent au pouvoir d'Ibrahim. 

Tandis que les nouvelles les plus contradictoires 
sur rissue de la bataille répandaient lalarme dans 
Herat, le scheïkh-ul-islam Kotb-ed-din-Yahia (Tefta- 
zâni), que Ibrahim avait envoyé en qualité d'am- 
bassadeur à Samarcande , se présentait sous les murs 
d'Herat et annonçait que , le lendemain (26 scha'bân], 
Sulthân-Abou-Saïd y ferait son entrée. Ahmed- 
Yéçaoul et KaraBehadour, qui avaient été chargés 
par Ibrahim de la défense de la capitale, essayèrent 
de démentir cette nouvelle et firent mine de résis- 
ter. Mais l'arrivée de Djélal-ed-din-Seïd-Mézid avec 
lavant-garde de l'armée de Samarcande fit cesser 
toute hésitation , et ce général occupa la ville sans 
coup férir. Le 3 5 du mois de schabân, Abou-Saïd 
arriva avec le gros de l'armée dans Je village de 
Sakselmân , oii il fut reçu par une députalîon des 
principaux habitants d'Herat. Le lendemain , il entra 
en grande pompe par la porte de Kyptchak , et choi- 
sit pour résidence les jardins de la ville. 

Cependant la forteresse d'Ikhtiar-ed-din était en- 



308 SEPTEMBRE OCTOBRE 186^. 

core au pouvoir d*Âhmed-Yéçaoul. Aux promesses 
séduisantes quon vint lui faire de la part du Sul- 
tbân, ce brave officier opposa un refus énergique : 
u La défense de cette place , dit-il aux envoyés d*Âbou- 
Saîd, ma été confiée par mon maître, et je ne con- 
sentirai jamais à payer ses bienfaits par mie noire 
trahison. Tant que Ibrahim-Mirza vivra, tant que 
je conserverai ime goutte de sang dans les veines, 
personne n entrera dans ses murs, n Le Sultbân, ins- 
truit de cette réponse, transporta sa résidence à 
Bâgh-é-Zaghân , et dirigea lui-même les opérations 
du siège. Mais la place était si bien fortifiée et défen- 
due si courageusement par Ahmed , qu'elle résista à 
toutes les attaques. Le Sultbân dut demander un 
armistice. Dans Firritation que lui causa cet échec , 
il fit périr la princesse Gueuher-Schâd, que de per- 
fides conseillers lui représentaient comme nouant 
des intrigues secrètes avec Ibrahim-Mirza , pour le 
ramener à Herat (9 ramazân 861)^. Peu de jours 
après, Abou-Saïd reçut la visite de Témir Schir- 
Hadji, qui sortit de la forteresse de Nerretou pour 
faire sa soumission au Sulthân. Tandis que cet offi- 
cier était au camp , Nerretou lui fut enlevée par un 
coup de main d*une hardiesse extraordinaire. Un 
homme ayant fapparence d'un berger ^ se présenta- 
avec un troupeau de moutons et demanda la per- 

' Cette princesse fut inhumée dans la chapelle du collège qa*elle 
avait fondé dans le mossallah d*Herat. (Voyez la lettre de M. de Kha- 
nikoff, déjà citée.) 

* D'après Tauteur du Tarikh-é-elfi, il «e nommait Yassaki-PiriLeb. 



LA CHRONIQUE PERSANE D*HERAT. 309 

mission de les vendre dans l'intérieur de la place. 
On lui permit d'entrer et de vaquer à son commerce. 
Le soir venu , comme il n'avait pas de gîte, il supplia 
qu'on le laissât dormir sur la plate-forme. Dès que 
la garnison fut endormie , cet homme tira de dessous 
sa robe une échelle de cordes, et l'attacha aux, cré- 
neaux. Ses compagnons, qui n'attendaient que ce 
signal, pénétrèrent dans la place, égorgèrent les 
sentinelles, surprirent la garnison avant que l'alarme 
fût donnée, firent main basse sur elle et devinrent, 
en une heure , maîtres de cette importante forteresse. 

Peu de jours après l'arrivée de cette fâcheuse 
nouvelle, Âbou-Saïd fut rappelé dans le Turkestân 
parla révolte des fils d'Abd-el-Latif. Ces deux jeunes 
princes, nommés Mirza-Ahmed et Mirza-Djouki. 
avaient envahi la Bactriane, lorsqu'un des meilleurs 
généraux de l'armée impériale les attaqua vigoureu- 
sement. Mirza-Ahmed fut tué, et son frère parvint 
à se soustraire aux poursuites du vainqueur ^ Abou- 
Saïd prit alors ses quartiers d'hiver aux environs de 
Balkh. 

Sur ces entrefaites, Ibrahim-Mirza , qui s'était 
tenu caché dans les districts de Khâf et de Bakherz , 
crut que le moment était venu de réaliser ses rêves 
ambitieux. Il sortit de sa retraite, envoya à Herat 
un de ses officiers, l'émir Ahmed, pour tenir cette 
ville en respect, et se dirigea avec le gros de ses 

^ D'après les inscriptions funéraires relevées par M. de Khani- 
koflf, (Suithân) Ahmed mourut dans le courant de zil«ka'deh S6i , 
et son frère, Mirza-Djouki, le 5 de zilhiddjeh 868. 



310 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

partisans sur Djordjân, occupe alors par Minsa- 
Schah-Mahmoud. Mais un ennemi plus redoutable 
l'y attendait : c'était Mirza-Djîhân-Shah , que le gou- 
verneur de Sari, mécontent des procédés de Schab- 
Mahmoud , avait appelé dans cette province. 

Ibrahim fut exactement informé de cette invasion 
et de. la défaite de Schah-Mahmoud; mais il orut 
n'y voir qu'un stratagème inventé pour l'intimider; 
il poursuivit donc sa marche et rencontra, non loin 
de Tébriz, l'armée de Djihân-Schah, composée des 
troupes de l'Âzerbaïdjân et de l'Irak. Sa valeur ne 
put suppléer à l'infériorité et au dénûment de ses 
troupes; il fut battu et revînt précipitamment è 
Herat avec un petit nombre de serviteurs (a 5 mo- 
harrem 86a]. Dans cette circonstance critique, il 
jugea prudent de se concilier la faveur d'Âbou-Saîd, 
et chaigea de cette négociation trois personnages 
importants, parmi lesquels se trouvait l'émir Ghyas 
ed-din , père du célèbre Âli-Schir ^. Le Sulthftn les 
reçut avec bienveillance , et consentit à conclure un 
traité d'alliance aux conditions suivantes: i* Ibra- 
him rendrait à la couronne la province d' Herat, en 
échange de laquelle il recevrait un autre district du 
Khoraçân, à son choix; a"" il s'engagerait » prendre, 
en toute occasion , les armes contre les Turcomans. 
Les députés s'éloignèrent de Samarcande en don- 
nant au Sulthàn l'assurance que ces conditions se- 

* Borhân-ed-din-Khond-Schah, pire de. l'historien Mirkhond, 
remplissait les fonctions de secrétaire auprès de ces trois envoyés. 
(Chron. de Khondémir. ) 



LA CHRONIQUE PERSANE D'HERAT. 311 

raient acceptées et fidèlement exécutées par leur 
maître. Mais de nouvelles complications entravèrent 
le succès de ces négociations. 

Aia ed-dôoleh , que ni Tâge ni les revers ne pou- 
vaient décourager, après avoir erré longtemps dans 
les steppes de la Boukbarie et chez les Uzbeks , avait 
reparu soudain à Herat, où son fils Ibrahim-Mirza 
lavait reçu, sinon avec une satisfaction sincère, du 
moins avec les apparences du plus grand respect 
(7 de djemazi second}. Peu de jours après, on reçut 
la nouvelle que Mirza-Mozaffer-ed-din-Djihân-Scbah 
s avançait à marches forcées avec des forces impo- 
santes, et qu'il était déjà en vue de Kousouyeb* 
Ibrahim, ne croyant pas pouvoir compter sur la 
fidélité des Heratiens , sortit furtivement de la capi- 
tale , et se réfugia dans les montagnes inaccessibles 
du Ghour, où son père ne tarda pas à le rejoindre. 
Djihân-Schah entra donc dans Herat sans rencon- 
trer de résistance sérieuse , délogea Âhmed-Yéçaoul 
du fort d'Ikhtiar ed-din, et reçut Thommage des 
principaux chefs du Khoraçân (schabân 86a, juil- 
let i658). Le triomphe du prince turcoman fut de 
courte durée. Abou-Saïd, ayant réuni toutes les 
forces dont il pouvait disposer, sortit de Balkh et 
vint camper sur les bords du Mourghâb , pour s'y 
reposer, avant de continuer sa marche sur Herat. 
Pir-Boudak, fils de Djihân-Schah, qui poussa ime 
reconnaissance jusque-là, fut délogé avec des pertes 
sérieuses, et vint répandre Falarme dans le camp 
de son père. Cependant Djihân-Schah aurait peut- 



312 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

être tenté le sort des armes , s*il n eût reçu , au même 
moment, la nouvelle quun de ses fils, Mirza-Hu- 
çeïn-Ali, venait de sortir de la prison où son in- 
subordination avait forcé son père à l'enfermer, et 
qu'il cherchait à soulever rAzerbaïdjân. 

En présence d aussi grandes difficultés, le chef 
turcoman n hésita plus à traiter avec le Suithân , et 
il choisit pour négociateur fémirAschour, dont l'ha- 
bileté lui était connue. Abou-Saïd ne pouvait trou- 
ver une meilleure occasion de se délivrer d'un com- 
pétiteur qui lui avait suscité tant d'embarras. Le 
plus simple bon sens lui conseillait de fermer l'o- 
reille à toute proposition de paix, et de marcher 
droit sur Herat, où le rappelaient les sympathies mal 
déguisées des grands et du peuple. Cependant il 
n'en fut rien, et l'irrésolution de son caractère, qui 
devait bientôt lui coûter la vie , le porta à entrer en 
arrangement avec le ministre du prince des Turco- 
mans. Il ne put même obtenir la restitution de 
l'Irak; après de longues conférences , il fut convenu 
que cette province , ainsi que l' Azerbaïdjan , reste- 
rait soumise à Djihân - Schah , et que la ville de 
Semnân servirait de ligne frontière entre les États 
des deux souverains. Djihân-Schah, satisfait d'un 
succès sur lequel il ne lui était pas permis de comp- 
ter, sortit d'Herat dans les premiers jours de safer 
863, et le départ des Turcomans fut signalé par 
d'horribles ravages dans tous les districts qu'ils tra- 
versèrent. 

Le Suithân Abou-Saïd , dont l'humanité et la mo- 



LA CHRONIQUE PERSANE DHERAT. 313 

(léralion sont attestées par tous les historiens, 
nexerça aucunes représailles dans la capitale du 
Khoraçân; il s appliqua, au contraire, à réparer les 
maux que tant d*invasions successives lui avaient 
fait souffrir. Le peuple fut dégrevé de plusieurs im- 
pôts onéreux, et, comme la disette, triste souvenir 
de Toccupation des Turcomans , faisait de grands 
ravages dans la ville et dans les campagnes, le Sul- 
thân se décida à renvoyer son armée dans la Trans- 
oxiane, ne gardant près de lui que deux ou trois 
mille hommes. 

Cette mesure si louable faillit lui coûter cher. 
Ala ed-dôoleh et Mirza-Ibrahim , son fils, du fond 
du Ghour, où ils avaient cherché un refuge , appri- 
rent que le Sulthân était sans défense. Aussitôt ils 
nouèrent des négociations avec Mirza-Sandjar, en- 
rôlèrent plusieurs milliers d aventuriers, et se mon- 
trèrent aux environs de Sérakhs. Abou-Saïd marcha 
contre eux avec le peu de soldats qui lui restaient, 
et, fort heureusement, il fut rejoint en route par deux 
escadrons de cavalerie , qui étaient revenus à toute 
bride de Samarcande. Les deux partis se rencontrè- 
rent dans la plaine qui sépare Merv de Sérakhs. 
Lavant-garde du Sulthân, s'étant engagée avec trop 
d ardeur, fut bientôt dispersée , et les fuyards répan- 
dirent dans le Khoraçân la nouvelle de la défaite de 
leur souverain. Cependant la victoire resta en défi- 
nitive aux troupes impériales; les rebelles furent 
taillés en pièces et Mirza-Sandjar fut pris et exécuté. 
Ala ed-dôoleh se déroba avec son fils aux poursuites 



314 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

de Tennemi, et ils prirent la direction de Bestham * 
(djemazi premier, 863). La prise de deux citadelli^ 
importantes, Nerretou et Ëmad, suivit de près 
cette victoire. Quelques mois plus tard , la princesse 
Rakyah'Sulthân , fille d*Ala ed*dôoleh, qui avait 
épousé Âbou-Saîd , mit au monde un fils auquel on 
donna le nom de Mirza-Schah-Rokh. 

L année suivante fut inaugurée par un triomphe 
plus éclatant. Un prétendant, que sa naissance ren- 
dait redoutable, venait de surgir et faisait valoir 
hautement ses droits : c'était Sulthân-Huçeïn-Beha- 
dour, arrière -petit- fils de Tamerlan. Sortant du 
Mazendérân , fief qu'il tenait de son père Sulthân- 
Mansour, Huçeîn avait étendu ses ravages jusqu'à 
Sebzavar. Âbou-Saïd marcha en personne contre ce 
nouvel ennemi , elle défit dans une bataille san^ante 
à la suite de laquelle il entra dans Âster-Abâd et y 
fit reconnaître son autorité. Un événement imprévu 
le rappela à Herat. L'émir Khalil-Hindoukeh, qui 
gouvernait depuis longtemps le Seîstân , avait pro- 
fité du départ du Sulthân pour assiéger Herat; mais 
il fut vigoureusement repoussé par les habitants, et 

^ La mort délivra bientôt le Sulthân de ces deux compétiteurs 
infatigables. Ibrahim avait réuni plusieurs tribus sur les côtes méri- 
dionales de la mer Caspienne, et il marchait sur Meschhed, lorsqu'il 
périt de mort soudaine , le lO ramazân 863. Quant à Ala ed-dôoleh, 
il mourut le 6 zii-hiddjeh de la même année , chez Mélik-Djânsouz 
qui lui avait donné asile. Son corps fut porté à Herat et enterré, 
selop la coutume, dans la sépulture royale des princes de la famille 
de Tamerian , c'est-à-dire dans le collège édifié par ia princesse 
Gueuher-Schàd(Chron. de Khondémir. — Diction.de d'Herbelol.— 
Voyez aussi Joum. asiatt. juin i86o, p. 542.) 



LA CHRONIQUE PERSANE D'HERAT. 315 

sachant que le Sulthân s avançait pour le châtier, il 
leva le siège et regagna sa province. Sous un prince 
moins faible qu'Abou-Saïd , le gouverneur du Seï- 
stân aurait payé de sa vie cette tentative téméraire; 
mais le repentir dont il fit preuve et les amitiés 
qu'il avait su se créer parmi les ministres lui valu- 
rent une amnistie complète; il fut même conservé 
dans ses fonctions, sous la juridiction de Témir 
Yahia, issu d'une ancienne famille du pays. 

L an 865 (1461-1662), Thorizon s'assombrit 
autour d*Âbou-Said. Ce prince eut à réprimer une 
double tentative de révojte , Tune dans le Turkestan 
où Mirza-Mohammed-Djouki (fils d'Âbd-el-Latif), 
après avoir ravagé la Transoxiane, s'était retranché 
dans la ville forte de Schahrokhieh; l'autre dans le 
Djordjân où Huçeïn-Behadour avait repris les armes. 
Le jeune Mirza-Mahmoud , fils d'Âbou-Saïd, ne put 
tenir contre cet adversaire ; il fut chassé d' Aster-Abâd, 
battu en pleine campagne , et obligé de reprendre en 
fugitif le chemin du Khoraçân. Huçein-Behadour 
crut le moment venu d'étendre son autorité dans 
cette province, et comptant bien qu'Abou-Saïd, 
retenu sous les murs de Schahrokieh , ne pourrait 
revenir en temps opportun , il confia la garde du 
Mazendérân à l'émir Arghoun et se dirigea sur He- 
rat. Mais cette ville , dont il espérait voir les portes 
s'ouvrira son approche, lui opposa la résistance la 
plus énergique. Des jardins de Zaghân.où il cam- 
pait, Huçeïn vit pendant vingt jours toutes les 
tentatives de son armée rester infiiictueuses , et 



316 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

apprenant qu Abou-Saïd marchait au secours de sa 
capitale, il leva le siège et occupa les rives du 
Mourgbâb , pour s'opposer au passage de larmée 
impériale. Cependant il n'attendit pas l'arrivée de 
l'ennemi , et reprit le cbemin du Mazendérân , après 
une balte à Sérakbs. Abou-Saîd, enhardi par cette 
retraite, le poursuivit i'épée dans les reins, entra 
dans Aster-Âbâd sans coup férir et y rétablit son fils 
Mirza-Mahmoud (866). L'année suivante fut entiè- 
rement consacrée au siège de Schahrokieh. Moham- 
med-Djouki , avec lequel le Sulthân avait conclu une 
trêve, quand l'invasion de Huçeïn le rappelait dans le 
Kboraçân , avait recommencé ses incursions jusque 
sous les murs de Samarcande. Le Sulthân voulut en 
finir : il passa de nouveau TOxus, campa en per- 
sonne devant la citadelle de Schahrokieh, y établit 
un blocus rigoureux et, au bout de dix mois, força 
le rebelle à capituler. En vain Naçir ed-din Obeïd- 
AUah, de Thous, personnage que sa sainteté et sa 
haute sagesse faisaient respecter de tous les partis, 
implora la générosité du Sulthân ; Djouki fut conduit 
sous bonne escorte à Herat , et enfermé dans le don- 
jon de la citadelle i où il resta jusqu à sa mort. 

En 868, une peste, dont les ravages rappelèrent 
la désastreuse apparition de ce fléau trente années 
auparavant , décima la population d'Herat. L'année 
suivante, la guerre mit le comble à la misère de 
cette malheureuse contrée. Huçeïn-Behadour repa- 
rut dans le Kboraçân avec des troupes fraîches ; 
celles qu'Abou-Saïd envoya contre lui ne purent 



LA CHRONIQUE PERSANE D'HERAT. 317 

lutter longtemps , et Huçeîn aurait sans doute mar- 
ché sur Herat et mis son adversaire dans une posi- 
tion critique , si la défection de ses meilleurs géné^- 
raux ne l'avait obligé à retourner dans le Kharezm. 
Âbou-Saïd , délivré d'un danger qui mettait sa cou- 
ronne et sa vie en péril , fit célébrer avec une magni- 
ficence inouïe la circoncision de ses enfants. Les 
fêtes qui furent célébrées à Herat à cette occasion 
ne durèrent pas moins de cinq mois. Mais ce fut le 
dernier répit que la fortune laissa à un prince dont 
le règne ne fut qu'une longue suite de succès et de 
reVers. 

Mirza-Djihân-Schah venait de périr dans une ba- 
taille qu'il livra contre Haçan-Beig, et léguait à son 
fils le soin de le venger. Celui-ci , trop faible pour 
tenir tête au meurtrier de son père , implora le se- 
cours du Sulthân, en lui faisant entrevoir, pour prix 
de son assistance, la possession de la Perse et des 
côtes méridionales de la mer Caspienne. Âbou-Saï4y 
après avoir consulté Naçir ed-din, de Thous, dont 
les conseils passaient pour des oracles, se décida à 
entreprendre cette expédition, et, au printemps de 
Tan 872, il quitta Merv et marcha contre Haçan- 

Beig. 

« ^ Étant arrivé sur la frontière de cette dernière 
province, comme il avait une très-grande armée, il 
en détacha plusieurs corps qui entrèrent dans l'Irak 

^ Je ne crois pas pouvoir mieux faire que de citer ici le passage 
où D'Herbelot a résumé, avec une grande netteté, le récit diOus des 
historiens persans sur la défaite et le meurtre d*Âbou*Saîd. 



318 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

et dans le Fars, et se rendirent maîtres de tous les 
lieux par où ils passaient. Pendant qu'il demeura 
sur cette frontière, Hassan Beg lui envoya plusieurs 
ambassades pour lui demander la paix. Mais Abou 
Saïd, qui reçut toujours fort civilement les ambas- 
sadeurs de Hassan Beg et qui les chargea même de 
présents pour leur maître, répondit toujours quil 
voulait que Hassan Beg le vînt trouver en personne 
et qu'il lui déclarerait ses intentions. Il commanda 
en même temps qu'on levât le camp pour aller pas- 
ser l'été à Garabag, lieu où Hassan Beg faisait ordi- 
nairement sa résidence. Mais ce Turcoman sut* si 
bien lui couper les vivres et les fourrages, que son 
armée dépérit en fort peu de temps, de sorte que, 
craignant d'y être assiégé tout à fait , le désespoir lui 
fit prendre la fuite avec fort peu de gens; caria 
plus grande partie de ses troupes était déjà disper- 
sée, et le reste avait pris parti avec son ennemi. 
Qeux des enfants de Hassan Beg le poursuivirent 
et, l'ayant fait prisonnier, l'amenèrent à leur camp. 
« Hassan Beg le reçut fort humainement et vou- 
lait lui conserver la vie; mais ayant délibéré dans 
son Conseil sur ce qu'il ferait de ce prince, tous 
ses officiers , et particulièrement le cadhi de Schir- 
van, conclurent à sa mort, d'autant plus que Hassan 
Beg avait déjà reconnu Mirza Jadighiar, fils de 
Mohammed , fds de Baïsancor, pour légitime empe- 
reur et successeur de Tamerlan dans les provinces 
de deçà le Gihon. Ainsi ce puissant prince perdit 
la vie par sa faute, et pour n'avoir jamais voulu 



LA PRISE D'ALGER. 319 

accorder la paix à Hassan Beg qui la lui demandait, 
lan 873 de l'hégire, de J. C. i468.)) 



LA PMSE D'ALGER, 

RACONTÉE PAR UN ALGÉRIEN 

(texte torg et traduction), 

PAR M. OTTOCAR DE SCHLECHTA. 



Pendant mon séjour à Constantinople , le hasard m*a fait 
tomher entre les mains le petit manuscrit* dont les pages 
suivantes reproduisent le texte et la traduction. L*auteur de 
Toriginal, Hadji Ahmed Efendi, natif d'Alger, occupait en 
dernier lieu le poste de gouverneur (kaïmakam) d'Alagah, 
en Anatolie, où, à en juger d'après une notice insérée dans 
Je Journal de Constantinople, il mourut dans le courant de 
Tannée passée. I) fut témoin oculaire et actif de la plupart des 
faits qu'il relate, et son écrit semble mériter d'autant plus 
de confiance , qu'il est rédigé dans ce style simple et pour 
ainsi dire lapidaire , qui, chez les Orientaux comme ailleurs, 
peut être considéré comme une preuve, sinon de l'infailli- 
bilité, mais, à coup sûr, de la bonne foi du narrateur. Si 
l'opuscule ne répand pas de nouvelles lumières sur le sujet 
qu'il traite , toujours est-il vrai de dire qu'il le place sous un 
nouveau jour, étant, autant que je sache, le seul travail d'ori- 

^ Un autre exemplaire se trouve, si je ne me trompe, dans la 
belle collection de mon savant ami M. Charles Schefer. Dans le texte 
du mien j'ai cru ne pas devoir modifier l'orlhographe parfois diflfé- 
rente de celle présentement adoptée dans les bureaux de la Sublime 
Porte. 



320 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

gine indigène sur la matière* Cette considération m*a en- 
couragé à Tofifrir au public , et au lecteur français en parti- 
culier, chez qui, quel que soit son contenu, il ne pourrait 
qu'éveiller un double souvenir également flatteur, celui d'un 
glorieux fait d'armes accompli par sa nation , et d'un service 
important rendu à l'humanité et à la civilisation chrétienne 
tout entière. 



RELATION DE UADJI AHMED EFENDI, Ml^EZOUN (AUTORISE 
X LA LECTURE D*UN COURS DE THEOLOGIE) DE GUZEL 
HISARI OMERZADÉ EMIN EFENDI, EX-MUFTI D» ALGER. 

Au nom de Dieu! Tout effet a sa cause, cher- 
chez les causes. 

C'est Hussein, pacha de Sandoukli, gouverneur 
d'Alger, qui fut cause que ce pays tomba au pou- 
voir des infidèles. Le 5 de la lune de ramazan 1 2/i3 
(21 mars 1828), à la suite dune discussion entre 
lui et le consul français, discussion pendant laquelle 
des paroles injurieuses avaient été proférées de part 
et d'autre, ce dernier, transporté de colère, finît 
par mettre la main sur son épée. Les officiers de la 
maison du pacha, qui se trouvaient présents à la 
conférence, se jetèrent sur le consul et lui enle- 
vèrent larme. Le pacha , dans un premier accès de 
fureur, voulut le faire mettre à mort. Grâce , toute- 
fois, à l'intervention de son intendant Ibrahim Dayï, 
qui lui fit observer que la loi interdisait la mise à 
mort d'un Franc ^ (individu jouissant du droit de 

^ Le texte porte mustkmine. Ce terme sert à désigner les étrangers 
qui se trouvent dans i*empire turc sous ia foi des traités. ( De & )^ 



LA PRISE D'ALGER. 323 

mirent en croisière devant la rade, afin 'd empêcher 
la sortie du port. Néanmoins de petits bâtiments al- 
gériens réussirent à quitter le port nuitamment, et 
dans une direction où l'escadre ennemie ne pou- 
vait sen apercevoir. Us continuaient à donner la 
chasse aux bâtiments de commerce français qu'ils 
vendaient ensuite soit à Tunis, soit dans le khan 
situé à quatre stations (konaks) d'Alger, sur la route 
de Lente, soit aussi ^ en des endroits faisant partie 
des territoires de Fez et de l'Espagne. Quant aux 
sommes provenait de la vente, ils les touchaient 
sous la forme de lettres de change tirées sur Alger, 
où ils rentraient la nuit par le même endroit ignoré 
de l'escadre ennemie, par où ils étaient sortis. Une 
nuit, cependant, trois bâtiments algériens, ayant 
rencontré du vent contraire avant de pouvoir gagner 
le port, furent retenus en mer jusqu'au matin, et, 
par conséquent, découverts par les bâtiments des 
infidèles, qui se mirent aussitôt à les attaquer. Alors 
les navires musulmans prirent la fuite et se firent 
échouer sur le sable, à Zafran-Elwadi^, à cinq lieues 
d'Alger ; après quoi l'équipage mit le feu aux bâti- 
ments, rentrant à Alger par voie de terre. Bientôt 

^ Je crois qu*il faut traduire ainsi : f qu ils vendaient ensuite soit 
à Tunis , soit à Oran , ville située à quatre étapes de la plaine d* Alger, 
sur la route de terre qui mène directement à Ceuta, soit aussi, etc. » 
Le texte porte ^L^nL [ouarkhane) , pour qL*^ (ouahrane). Il y a 
beaucoup plus de quatre étapes entre l'extrémité de la plaine de la 
M etidja et Oran ; mais Tauteur ne se distingue pas toujours par Texac- 
titude de ses indications. (De S.) 

- C'est le Ouad Ma-ez-Zafrane des Arabes, le Mazajran de nos 
cartes. (De S.) 



322 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

pas à lui, mais à leur propre consuK Le i5 de la 
lune de zilhidjé (28 juin 1828), toutefois, un bâti- 
ment français vint les prendre à bord et les em- 
mena tous. Le i5 de la lune de moharrem 12^^ 
(28 juillet 1828), Hussein Pacha fit appareiller les 
navires musulmans qui alors commençaient leurs 
courses en capturant et en vendant les bâtiments de 
commerce français. Quant aux sommes résultant 
de la vente, elles furent partagées d'après la loi du 
pentjik (division du butin en cinq quote-parts). Cette 
dernière circonstance exaspéra le roi (de France). 
Il envoya cinq bâtiments qui bloquèrent Alger, en 
croisant devant la rade. Dans la nuit du 12 de la 
lune de rebi premier (22 septembre 1828), le pa- 
cha lança lescadre musulmane contre les bâtiments 
des infidèles. En même temps les oulémas et les 
hafyzs(récitateurs sachant par cœur le Coran) avaient 
été engagés à réciter, ceux-là des passages du fio- 
khari (ouvrage religieux très-estimé chez les maho- 
métans) , et ceux-ci le chapitre de la victoire. Le reste 
de la population passa également la nuit à adresser 
au Très-Haut de ferventes sollicitations. Enfin, le 
matin, eut lieu le choc des deux escadres. Tous les 
habitants d'Alger assistèrent au spectacle en se re- 
commandant à haute voix à la protection divine. 
Après une lutte acharnée, les bâtiments ennemis 
prirent la fuite , et les navires musulmans rentrèrent 
dans le port. Dans les premiers jours du mois de 
rebi ulukhir (mi-octobre) , parurent douze bâtiments 
plus grands que ceux qui s'étaient enfuis , et ils se 



LA PRISE D'ALGER. 323 

mirent en croisière devant la rade, afin 'd'empêcher 
la sortie du port. Néanmoins de petits bâtiments al- 
gériens réussirent à quitter le port nuitamment, et 
dans une direction où l'escadre ennemie ne pou- 
vait sen apercevoir. Us continuaient à donner la 
chasse aux bâtiments de commerce français qu'ils 
vendaient ensuite soit à Tunis, soit dans le khan 
situé à quatre stations (konaks) d'Alger, sur la route 
de Lente, soit aussi ^ en des endroits faisant partie 
des territoires de Fez et de l'Espagne. Quant aux 
sommes provenait de la vente, ils les touchaient 
sous la forme de lettres de change tirées sur Alger, 
où ils rentraient la nuit par le même endroit ignoré 
de l'escadre ennemie, par où ils étaient sortis. Une 
nuit, cependant, trois bâtiments algériens, ayant 
rencontré du vent contraire avant de pouvoir gagner 
le port, furent retenus en mer jusqu'au matin, et, 
par conséquent, découverts par les bâtiments des 
infidèles, qui se mirent aussitôt à les attaquer. Alors 
les navires musulmans prirent la fuite et se firent 
échouer sur le sable, à Zafran-Elwadi^, à cinq lieues 
d'Alger ; après quoi l'équipage mit le feu aux bâti- 
ments, rentrant à Alger par voie de terre. Bientôt 

' Je crois qu*il faut traduire ainsi : c qu'ils vendaient ensuite soit 
à Tunis , soit à Oran , ville située à quatre étapes de la plaine d* Alger, 
sur la route de terre qui mène directement à Ceuta, soit aussi, etc. » 
Le texte porte qLî.nL (ouarkhane) , pour qL*^ (ouahrane), 11 y a 
beaucoup plus de quatre étapes entre Textrémite de la plaine de la 
Metidja et Oran ; mais Fauteur ne se distingue pas toujours par l'exac- 
titude de ses indications. (De S.) 

' C'est le Ouad Ma-ez-Zafrane des Arabes, le Mazajran de nos 
cartes. (De S.) 



324 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

après les Français commencèrent à demander la 
paix. Treize fois un de leurs bâtiments à deux mâts 
se présenta devant Alger dans ce but. Mais Hussein 
Pacha n*accepta point. Quant au motif de son refus, 
le voici : Les Français insistaient pour que le pacha 
leur envoyât quelques délégués pour les conduire 
en France et y conclure la paix en présence du 
roi , tandis que Hussein Pacha voulait que le traité 
fût fait par-devant sa propre personne. Gela ne pou- 
vant pas se faire, il n écouta plus personne. Les 
chefs de la milice et les principaux personnages de 
la ville se réunirent pour le supplier. Il refusa. 
Mehmed Ali Pacha, gouverneur d'Egypte, lui en- 
voya par un bâtiment exprès des hommes qui lui 
parlèrent dans le même sens. Il ne les écouta point. 
Les consuls des puissances étrangères offrirent leurs 
bons offices. Il persévéra dans son refus. Le capi- 
taine dune corvette anglaise intervint également, 
et fit même , à cette fin , trois fois le voyage pour 
TAngleterre. Le pacha ne F écouta pas plus que les 
autres. AbderrahmanEfendi, intendant de Tinspec- 
tcnr en chef de Tarsenal à Gonstantinople, arriva, 
chargé d*une mission spéciale de Tastre du monde 
(le sultan). Hussein Pacha le mit au secret, de façon 
que personne n eût jamais connaissance du but de 
sa mission. Ensuite le pacha s'adressa aux soldats : 
«La troupe, leur dit-il, la troupe est au sultan; 
or le sultan m*a fait parvenir Tordre de ne pas faire 
la paix avec les Français. Qu'en dites- vous? » En 
réponse tous s'écrièrent que, puisque telle était la 



LA PRISE D'ALGER. 325 

volonté du sultan , ils se feraient volontiers hacher 
en pièces pour la plus grande gloire de la religion. 
Dans la dernière décade de la lune de moharrem, 
l'an 12 45 (fin de juillet 1829), arriva un bâti- 
ment français à deux ponts, dont le capitaine^ se 
rendit à terre , et , accompagné du corps consulaire 
tout entier, alla solliciter la paix du pacha. Celui-ci 
refusa à tous. Le capitaine sétant embarqué de re- 
chef, tandis que son bâtiment s'éloignait, on lui 
lança bon nombre de boulets qui lui causèrent plu- 
sieurs avaries. Cet incident indisposa beaucoup les 
capitaines algériens. «Qu'est-ce que cela signifie, di- 
rent-ils, que de tirer sur un bâtiment sur lequel 
flotte le pavillon musulman? La loi sacrée aussi bien 
que la législation profane défendent de s*attaquer à un 
parlementaire. Dieu veuille ne pas nous en pimir ! » 
Dans la première décade de la lune de rebi pre- 
mier (3 1 août-i o septembre) , un détachement^ fran- 
çais ayant débarqué â Tassara^, endroit distant d'Al- 
ger de vingt-quatre lieues, vers loccident, pour y 
faire du butin, les Arabes Tassaillirent et lui enle- 
vèrent un prisonnier et vingt-quatre têtes quils por- 
tèrent à la ville. Le i*' de la lune de redjeb (27 dé- 
cembre 1829), Rhalil Agha , agent d'Alger à Smyrne , 
arriva en mission de la part de leurs altesses le grand 

^ M. de la Bretonnière. 

' Le texte porte soUadi; c'est le mot espagnol soldado (soldat). 

' Ce mot doit se prononcer ticerri; il signifie gros rocher en langue 
berbère. Plusieurs endroits de laKabylie portent ce nom. Le lieu dont 
il s'agit est situé à Touest du cap de Dellys , le cap Bengout de nos 
cartes. L'auteur se trompe en le plaçant à l'ouest d'Alger. ( De S. ) 



326 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

visîr et Khosrev Pacha. Personne ne put pénétrer 
alors le but de sa visite. Ce n*est que plus tard, 
pendant mon séjour à Smyrne, que j'appris qu'il 
était venu dans l'intérêt de la paix, et qu'on ne 
l'avait pas écouté. Dans la première décade de la 
lune de chewal (26 mars-4 avril i83o), deux bâti- 
ments français ayant échoué la nuit près du sus- 
mentionné endroit appelé Tassara^y leurs équipages, 
qui étaient descendus à terre, furent attaqués par 
les Arabes, qui conduisirent à Alger quatre-vingt- 
seize prisonniers et y portèrent cent huit têtes; Le 
8 zilhidjé (3o mai i83o), le pacha fit arrêter les 
nommés Cara Moustapha Khodja, Kirkor Ibrahim , 
Deli Imam et Mehmed Tchauch. Tous les quatre 
furent mis à mort la veille de Tarifé. «Ceux-ci, 
dit le pacha à cette occasion aux gardiens de la ca- 
serne, font partie de la bande des vingt-sept in- 
dividus qui conspirent contre moi; quant à ceux 
qui restent , j'espère pouvoii' leur faire subir le même 
sort. )) Comme cependant tout le monde ignorait le 
crime pour lequel ils avaient été exécutés, les sol- 
dats s'en alarmèrent, et, dès lors, une méfiance ré- 
ciproque commença à se faire jour entre la milice 
et le pacha. Sur ces entrefaites, les ennemis de l'is- 
lamisme tentèrent, le 1 3 de la lune de zilhidjé 
[l\ juin), un débarquement à Sidi-Feredj^, endroit 

^ Nous savons par le rapport officiel que les bricks français aSi- 
lh\e et Aventure firent naufrage près de Dellys, dans la nuit du i4 
au i5 mai i83o. 

^ Sidi-Feredj est le nom de la péninsule que les Européens ap- 
pellent maintenant Sidi-Ferouch. (De S.) 



LA PRISE D*ALGER. 327 

situe à l'ouest, à quatre lieues environ d'Alger. Ba- 
frëli Ibrahim Dayï , gendre du pacha et commandant 
en chef des guerriers arabes, essaya de leur résister 
à la tête dun détachement de ses troupes; mais, 
culbuté par Tennemi, il dut se replier sur Usta- 
VeK\ endroit situé à peu près à une heure de Sidi- 
Feredj. Là il fut rejoint par mille hommes faisant 
partie de la garnison turque de la ville, qui alors 
se composait de trois mille hommes , ainsi que par 
les Arabes accourus de toutes parts. Le samedi 1 8 
de la lune de zilhidjé (9 juin), les musulmans atta- 
quèrent les infidèles et les mirent en déroute. Déjà 
nombre de têtes et doreilles avaient été expédiées 
à la ville, où leur arrivée fit éclater un sentiment de 
satisfaction générale, lorsque la chance tourna, et 
cette fois-ci ce furent les guerriers musulmans qui 
battaient en retraite. Alors le pacha me fit quérir 
pour me faire part de la défaite qu'on venait d'éprou- 
ver. Je tâchai de le consoler, après quoi il alla se 
jeter au-devant des fuyards que, par ses exhortations 
et .ses bons conseils, il parvint à faire rebrousser che- 
min jusquà Aïne-Zirka. Là eut lieu une nouvelle 
rencontre avec les infidèles , qui , après un combat 
de quelques instants, se retirèrent sur Sidi-Moha- 
med , où ils s'arrêtèrent. C'est dans cette position , 
c'est-à-dire les Français se maintenant à Sidi-Moha- 
med et les musulmans à Aïne-Zirka , que le combat 
se renouvelait du matin au soir pendant douze jours 

* Usta-Onéli signifie le maître saint. C'est le Staouéli des Euro- 
péens. (De S.) 



328 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

consécutifs. Une nuit toutefois , les musulnaans ayant 
^été mis en déroute à la suite d'une attaque nocturne 
et inattendue de la part des infidèles, ceux-ci réus- 
sirent à mettre le siège devant la citadelle d* Alger, 
tout en ouvrant des tranchées autour de la ville. Le 
même jour, les bâtiments chrétiens partis de Sidi- 
Feredj s'embossèrent devant la rade d'Alger. Le 
bombardement, simultanément ouvert par terre et 
par mer, se prolongea jusqu'à ce que la garnison du 
fort situé sur le flanc de la montagne et appelé le 
fort espagnol^, se voyant hors d'état de résister davan- 
tage, l'abandonna, après avoir mis le feu à la pou- 
drière. L'explosion fit trembler la ville et fi^appa de 
stupeur tout le monde. Alors Hussein Pacha con- 
voqua les notables de la ville pour tenir conseil. La 
population tout entière vociférait contre lui en l'ac- 
cusant à hauts cris d'être l'auteiu* de sa présente 
situation. En attendant, il avait député le consul 
anglais ainsi que son Divan Ëfendi et le capitaine 
Arnaut (l'Albanais) Ali vers le commandant en chef 
de l'armée française , afin de sonder ses intentions. 
Celui-ci répliqua par une missive suivant les termes 
de laquelle il accordait vingt-quatre heures pour dé- 
libérer sur la reddition de la place, tout en décla- 
rant qu'il sévirait contre elle dans le cas où il devrait 
l'emporter de vive force. Lecture ayant été faite de 
ce rescrit, lepacba, d'accord avec les principaux 
personnages de la ville , vota en faveur de la sou- 
mission. Quant à moi, ne pouvant m'y décider, j'as- 

* Appelé maintenant Fort de l'Empereur. (De S. ) 



LA PRISE DALGER. 329 

sembla! les pieux musulmans « et , tout en leur ex- 
posant ce qu*il y avait de glorieux dans le martyre 
et quelle était la récompense réservée h ceux qui 
savaient se dévouer à la cause de Dieu, je les en- 
gageai à me suivre (contre Tennemi). Effectivement 
ils firent pénitence , et, après s'être réciproquement 
pardonné leurs péchés ^ ils se mirent en marche der- 
rière moi en entonnant le cri du Tekbire (Dieu est 
grand). En ce moment les femmes se précipitent 
au-devant de nous, jetant leurs enfants à nos pieds 
et s'écriant : «Cest bien, si vous êtes vainqueurs; 
mais si vous ne Têtes pas, sachez qu^alors les infi- 
dèles viendront nous déshonorer. Partez donc; mai$ 
avant de partir, immolez -nous!» Pendant que je 
m'efforçais d apaiser les femmes, le pacha me fit 
chercher et me dit : « Sache, mon fils, que j'ai déso- 
béi à notre souverain, qui ne ma point autorisé 
à agir comme je l'ai fait. Aussi ai-je succombé. Tel 
est te soit de ceux qui se mettent en opposition avec 
leur padichah. » Ces paroles, je les transmis aux sol- 
dats, en leur faisant comprendre que, puisque le 
khalife était contraire à la guerre, la religion nous 
commandait de ne pas la continuer. Là -dessus ils 
s écrièrent : « Âh ! c'est donc ainsi que se sont passées 
les choses! Après avoir, par amour pour la foi et 
notre souverain , quitté notre famille et notre patrie 
pour endurer dans ce pays lointain toutes les pri- 
vations de l'exil, nous voici, après tout, réduits à 
l'état de rebelles!» Et ils voulurent tuer ]e pacha. 

* Je traduirais : • Apres s'être fait leurs derniers adieux. • (De S. ) 



330 SEPTEMBRE-OGTOBRE 1862. 

Hélas! à quoi cela aurait-il servi, Alger ayant été 
une fois détruit? Enfin, Dieu préserve tout pays 
musulman d un pareil spectacle ! les infidèles firent 
leur entrée dans la ville. Sur ces entrefaites toute la 
population, hommes et femmes, se pressait au seuil 
de mon logis en criant d un ton lamentable : « Puis- 
que déjà il faut périr, mieux vaut mourir devant la 
porte d'un aaltme (membre du clergé musulman)! » 
A cet aspect, le cœur me défaillit, et je m'imposai 
rhumiliation daller intercéder eii leur faveur au- 
près du commandant en chef des infidèles. Grâce à 
raille procédés insinuants, je réussis à en obtenir 
une déclaration (patente) assurant le libre départ à 
ceux qui voudraient partir, et sécurité pleine et en- 
tière à ceux qui compteraient rester. En outré, il y 
fut inséré l'autorisation de continuer, comme par le 
passé, le libre exercice de Yéiane (appel i la prière 
du haut des minarets)^. Cette déclaration , je la fis 
approuver par les consuls des autres puissances, 
qui y apposèrent leurà sceaux respectifs. Ensuite je 
retournai au milieu du peuple assemblé devant ma 
maison, et, en lui consignant le papier en question, 
je lui dis : tt Cen est fait d'Alger ; mais n'importe, et 
vive le sultan ! De quelque côté qu'il tourne le regard , 

^ Ce fut Hamdan-ben-Âhmed-Khodja qui négocia le traité de 
capitulation , au nom du dey, dont il fut le secrétaire. Haddji-Ahméd- 
Éfendi , ex<inufli d'Alger et auteur de cette notice , s*en attribue tout 
le mérite. J*ai connu Hamdan-ben-Ahmed à Constantinople , et ce 
fut par son habile entremise que j*ai pu effectuer Tachât du précieux 
manuscrit des Annules d*lbn-el-Athîr qui appartient maintenant à la 
Bibliothèque impériale. (De S.) 



LA PRISE D'ALGER. 331 

il lui reste bien d*autres cantons encore plus flom- 
sants et plus solides que celui-ci! » 

Finalement, je suis arrivé ici (à Constantinople) 
avec ceux qui ont émigré dans cette direction. Ce- 
pendant, partout où éclatera la guerre sainte, je 
m y rendrai, oh! certes, je m'y rendrai, et ce n*est 
quavec ma vie que je renoncerai à la guerre sainte! 
Plaise à Dieu que cela soit ainsi ! 



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332 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

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LA PRISE D'ALGER. 333 

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334 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1863. 

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LA PRISE D ALGER. 335 

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j^A^d aj vI^aI^I 3^MM^fc jJLjI^^^ ^ù^j)é^Jif\ 'j^styaA 

uJl^ Aiyll» ^ Jtj^ Ju4 C:>JS!I ««XJU^^I jULm p^Ut 



336 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

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j^yjio y^y^ (5<XJs*l cM^ ^l^ <^)^^J^]y^ ^JkJul^ 
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LA PRISE D*ALGER. 337 

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^J^-A-i*M ^jlOoLo <;-^ gLu» c»^^ ^^uu 2fkj\ jji\ys^ ^O^^ 
j\^Juèji Jb |<N/5i^l J»;ii; (^Ul c^ (5^Utd JLjUL 

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AuJf A.-?^ »^|).^ V>-b' r>-4^ i^r^^-»*^ J^^^V3*N!' 
^ r*.^'^'^;-^ (^^1; V>^3^ A ^^^ / » ^ *»*^ f»^^t o^^ VjJ^' 

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4^34>s^J ^L>^i X^j^-AJ 4J>3 4X^1 jAAjaj y aj ^ Iû<^3 (j^^J^t 

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338 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

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LA PRISE D ALGER. 339 

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340 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

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ÉTUDE 

SUR LES MIGRATIONS DES NATIONS BERBÈRES 

AVANT L'ISLAMISME, 

PAR M. HENRI TAUXIER. 



Les historiens arabes ne nous ont pas fait con- 
naître les révolutions des peuples berbères anté- 



ÉTUDE SUR LES MIGRATFONS BERBÈRES. 341 
rieiires à rislamisme; mais ils noiis ont laissé des 
documents à l'aide desquels il n est pas impossible 
de reconstituer en partie la série des invasions an- 
ciennes et de les rattacher plus ou moins aux mou- 
vements de population dont les auteurs grecs et 
latins nous ont laissé le souvenir. - < 

On voit, par Thistoire des temps postérieurs à 
Mahomet, quelle était la marche générale des inva- 
sions et des révolutions qui en étaient la suite natu- 
relle. Une grande nation nomade couvrant le petit 
désert de ses hordes, convoitant depuis longtemps 
les riches pâturages des hauts plateaux, se jette 
tout à coup sur ces régions en culbutant les troupes 
qu'on lui oppose, et s'en empare. Elle en expulse 
les possesseurs et force, par la crainte de ses dé- 
vastations, les habitants du Tell (pays des céréales) 
à lui payer l'impôt. Peu à peu sa domination s ag- 
grave, elle lance sur ces pays fertiles ses hordes 
destructives, et finit par y établir, avec leurs trou- 
peaux, ses plus puissantes fractions. Des habitants 
du pays conquis, les uns se soumettent, renoncent 
à leur nationalité et s'attachent à la tribu victo- 
rieuse comme serviteurs ou laboureurs; les autres se 
rejettent dans les montagnes et s'y adonnent à l'agri- 
culture et au jardinage^. 

Bientôt les vainqueurs, riches des impôts de leurs 
vassaux, se dégoûtent de l'existence aventureuse 
et pénible du nomade , s'établissent dans les fermes 

^ Comme cela eut iieu pour les Kabyles. (Voyez Aucapitaine , 
Origine des tribus hafyles t JoumtA asiatique, n* 5o, iSSg.) 



342 SEPTEH^BRE-OGTOBRE 1863. 

et les villes andennes, ou en fondent de nouvelles 
pour y jouir tranquillement des douceurs d*uae vie 
molle et luxueuse. Là ils perdent, avec leur gros- 
sièreté native, leur première énergie, en même 
temps qu'ils ne laissent qu'un petit nombre de leurs 
familles dans les hauts plateaux. C'est alors qu une 
autre tribu, qui s* est formée à leur place dans le 
petit désert et s*y est accrue en nombre et en puis- 
sance, s'attaque à son tour à ces -derniers débris de 
leur domination, et leur enlève leurs pâturages, 
pour s amollir comme eux, et être aussi dépossédée 
par de nouveaux envahisseurs. 

Aussi, à ]a suite de plusieurs invasions succes- 
sives, se forme-t-il, dans le pays, plusieurs couches 
de population d'origines diverses. Quant aux habi- 
tants des plaines qui se sont soumis au rôle de servi- 
teurs, ceux-là ont , depuis longtemps, oublié leur an- 
cienne race et font corps avec leurs derniers maîtres; 
mais ceux qui se sont retirés dans les moBtagnes 
ont conservé sinon une indépendance complète, au 
moins leur nationalité. Attaqués à chaque invasion 
nouvelle par les peuplades dépossédées du plat 
pays, ils luttent avec des chances diverses, sont 
quelquefois exterminés, souvent vainqueurs, et par- 
fois refoulés dans leurs retraites les plus inaccesr 
sibles. 

On peut donc admettre, en général, que, dans 
une région souvent envahie , les habitants des plus 
hautes cimes ont eu pour ancêtres les plus anciens 
maîtres du pays; que ceux des montagnes de hau- 



ÉTUDE SUR LES MIGRATIONS BERBÈRES. 343 
leur moyenne sont de date plus récente; que les 
habitants des plaines sont plus nouveaux encore, et 
qu*enRn les nomades des plateaux sont les derniers 
qui se soient établis dans ces régions. 

Les invasions ayant aussi presque toujours lieu 
du désert au Tell, par conséquent du sud au nord, 
on doit supposer encore, en général, que les popu- 
lations maritimes sont plus anciennes dans le pays 
que les tribus les plus éloignées de la mer. On doit 
aussi tenir quelque compte d*un refoulement de 
l'est à Touest, qui s*est produit presque à toute 
époque, et accorder, quoique avec plus d'hésitation, 
l'antériorité d'établissement aux tribus les plus occi- 
dentales. 

En se basant sur ces principes, dont les deux pre- 
miers ne sont guère contestables, on peut donc, 
rien qu'en étudiant la distribution géographique des 
peuplades berbères au moment de l'islamisme, dé- 
terminer avec quelque certitude la série des inva- 
sions les plus reculées ^ 

IL 

Au temps de Mahomet , les diverses fractions de 
la grande nation de Masmouda étaient confinées 
dans la partie la plus occidentale du Mar'reb. Elles 

' Il est bien entendu qaMi faut tenir compte , dans ces détermi- 
nations , des résistances , des réactions , des habitudes errantes des 
tribus berbères, et ne pas s'arrêter devant quelques contradictions 
apparentes. Malgré de rares déviations tout exceptionnelles, notre 
système subsiste en entier. 



344 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

appartenaient à trois familles principales, les Mas- 
mouda du Deren (Atlas marocain), les Berrouata et 
les Ghomara du Rif. 

A Test de cette nation, les Sanhadja occupaient, 
avec le grand désert et les confins du Soudan, la 
partie occidentale du Deren, les plateaux et les 
pays montueux qui s étendent au nord de cette re^ 
gion. Us étaient établis aussi dans le Rif oriental, 
où leui^s tribus s entremêlaient , sans se confondre, à 
celles des Ghomara. 

Sur les montagnes peu élevées qui continuent, en 
Algérie , le Rif marocain , et dans quelques autres 
du Mar reb ultérieur, vivaient des fractions de la 
race de Nefzoua. Elles étaient presque toutes sé- 
dentaires; quelques-unes cependant n'avaient pas 
tout à fait renoncé à errer autour de leurs retraites. 

Les diverses peuplades de la grande tribu de 
Faten étaient répandues en grand nombre dans les 
mêmes régions, depuis Fez jusqua Tenès. Moitié 
sédentaires, moitié nomades, elles parcouraient en- 
core les pays des pâturages au loin avec leurs trou- 
peaux; mais déjà elles cherchaient leur refuge en 
cas de danger, non plus dans les profondeurs du 
désert, mais dans certaines montagnes de leur terri- 
toire, où elles avaient élevé des ksoar ou boui^ades 
fortifiées. 

La plaine d'Oran était parcourue par des Âz- 
dadja. 

Dans la chaîne qui s étend entre le Chelîf et la 
mer, et quon nomme actuellement le Dahra» vi- 



ÉTUDE SUR LES MIGRATIONS BERBÈRES. 345 
valent des peuplades dont les noms nous sont in- 
connus, sauf celui de la puissante tribu qui l'occu- 
pait peut-être tout entière. 

Quant aux nomades, dominateurs du pays, c'é- 
taient, dans Textrêmeoccident , les Aui^aet certains 
peuples masmoudiens; dans le centre, les Mar raoua 
et les Ifren , grandes tribus zenètes qui parcouraient 
lune le Tell du Chelif à Fez , l'autre les hauts pla- 
teaux de Tehert au Moulouîa. Dans leurs courses 
d'hiver, ces deux peuples poussaient leurs troupeaux 
jusqu'au delà du Djerid tunisien, berceau de leur 
race , où vivaient d'ailleurs encore un grand nombre 
de leurs fractions. 

Les Sanhadja étaient maîtres de Titteri et s'éten- 
daient au nord dans la Mittidja, au sud dans les 
hauts plateaux qui confinent au mont Titteri. 

Les Adjiça demeuraient plus à l'est, formant une 
zone étroite dans la direction du méridien de Dellys. 
Ils occupaient, en outre, la chaîne de montagnes 
qui sépare les plaines de Gonstantinc du bassin du 
Hodna. 

Les Ketama habitaient la Berbérie orientale. Can- 
tonnés solidement dans la chaîne maritime qui court 
de Dellys au Medjerdja, ils avaient leiu*s nomades 
dans les plaines qui s'étendent au sud , dans le Tell , 
le long de leurs âpres montagnes. 

La Tunisie était parcourue par les nomades 
Hoouara. L'Auras était occupé principalement par 
les Louata mêlés à quelques Zenètes. 

Quant au petit désert, depuis le Moulouîa jusqu'à 



346 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1869. 

la Tripoiitaine, il était le domaine de nombreuses 
familles zenatiennes qui le sillonnaient en tout sens 
et poussaient parfois leurs courses à travers les pâ- 
turages des sables jusqu'à la grande ceinture de dunes 
qui limite la Berbérie au sud. Dans Touest elles étaient 
mêlées à des fractions nombreuses de la race de 
Zouar'a. 

m. 

£n appliquant à ce tableau que j ai dû esquisser à 
grands traits, et à beaucoup d'autres faits géographi- 
ques qu'il eût été fastidieux d'énumérer, le principe 
que nous avons établi plus haut, on distingued'abord 
avec une grande netteté que des deux races dont se 
compose la famille berbère, la race de Botr était de 
beaucoup la plus ancienne et qu'elle occupait seule, 
aux temps antiques, toutes les régions du Mar'reb, 
tandis que la race de Madr'ès commençait À peine à 
se former dans les déserts de la Tripoiitaine ^. 

Les Berbères Botr semblent avoir été distribués 
clans le Mar'reb d'après l'ordre suivant : 

Dans le Mar'reb el-Aksa, les Masmouda; 

Au delà du fleuve Moulouïa , les Azdadja; 

Dans les pays que baigne le Ghelif, les Zatima; 

Dans le Tîtterie, les Adjîça; 

* Il ne faut pas prendre à la lettre cette communaaté d*orîgine 
relatée par les historiens musulmans : depuis les premi^'es légendes 
du monde, dont se servit Moïse pour écrire la Genèse, jatq«*«at 
temps actuels , les chroniqueurs arabes ont toujours donné à Thittoire 
de leur nation la forme généalogique et Vont appliquée naturelle- 
ment à rhistoire des autres peuples. 



ÉTUDE SUR LES MIGRATIONS BERBÈRES. 347 

Dans la province actuelle de Constantine, les 
Ketamiens; 

Dans la Tunisie, les Houara. 

Toutes ces nations étaient ntailresses, en outre, 
des hauts plateaux et des petits déserts qui s'éten- 
dent au sud de leurs territoires respectifs. Quant à 
la race de Madr*ès , faible encore et composée de 
quelques familles, elle commençait à peine i poindre 
dans quelque canton ignoré des déserts orientaux. 

A une époque dont la date doit être reculée au 
delà des premiers temps historiques, les Sanhadja, 
venus des bords du Sénégal, se jetèrent comme une 
mer débordée sur les deux Mar reb et s'établirent 
entre lesMasmoudiens et les Ketamiens , après avoir 
exterminé les anciens habitants du pays. Us n'en 
laissèrent subsister que quelques débris , tels que les 
Âzdadja de la plaine d'Oran, les Zatima du Dahra 
et les Âdjiça des montagnes du nord du Hodria. 

Bien des siècleis sans doute après cette première 
migration , les tribus de la race deMadr'ès , qui avaient 
crû sans cesse en nombre et en puissance , se trou- 
vant trop à Fétroit dans leur patrie originaire, se 
mirent en mouvement et commencèrent cette série 
d'envahissements d'orient en occident qui firent de 
la Berbérie le champ de bataille de deux cents gé- 
nérations, et qui, fendant en deux ]a masse des po- 
pulations sanhadjiennes, en rejetèrent une part vers 
les confins du pays des noirs et l'autre dans le Tell 
des deux Mar'reb. 

Les principales tribus déjà formées de la race de 

23. 



348 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

M adr'ès étaient alors les Zouar a , les Nefzaoua , les 

Faten, les Miknaça et les Louata. 

Les Louata paraissent s être ébranlés les premiers ; 
leur avant-garde s'avança jusqu'au centre du Marreb 
ultérieur; mais ils laissèrent sur leur route un grand 
nombre de familles qui s'établirent principalement 
dans les pâturages de Tlfrikia et dans les pays qui 
environnent l'Auras. Le mouvement d'ailleurs ne 
fut pas général, et les principales fractions de la 
tribu restèrent dans les premiers cantonnements de 
la Tripolitaine. 

Après eux , ou en même temps peut-être , vinrent 
les Nefzaoua, qui s'établirent aussi dans les deux 
Mar reb , mais surtout dans le Marreb central. Ils y 
furent plus tard attaqués par d'autres peuples de 
leur race, venus comme eux de l'orient, les Béni 
Faten. Ceux-ci , vainqueurs, rejetèrent les Nefzaoua 
soit dans les montagnes élevées, soit dans les hauts 
mamelons qui bordent la Méditerranée, de laMou- 
louïa au Chelif. — Les Béni Faten s'emparèrent 
des plaines et pâturages des vaincus dans les deux 
Marreb, pendant que les Miknaça, leurs frères et 
leurs compagnons, prirent pour lieu de parcours 
la longue vallée du Moulouïa. 

Toutes ces conquêtes avaient été faites au centre 
du pays autrefois conquis sur les premiers habitants 
par les Sanhadja. Ceux-ci disparurent presque com- 
plètement du pays, et il n'en resta plus que quel- 
ques débris dans les montagnes. Néanmoins ils se 
maintinrent à l'est et à l'ouest des nouveaux en- 



ÉTUDE SUR LES MIGRATIONS BERBÈRES. 349 
vahisseurs, formant à Toccident un grand nombre 
de tribus montagnardes, à Forienl une confédéra- 
tion nombreuse et puissante. 

Plus tard enfin apparurent , les derniers avant fisla- 
misme , les Zenëtes , enfants aussi de Madr'ès et venus 
également d'orient. Ce fut la dernière migration 
formée de familles medr aciennes. Quatre de leurs 
tribus , Mar raoua , Ifren , Oudj cdidjen , Ouacin , s em- 
parèrent des domaines des Béni Faten ; mais ils se 
contentèrent de les traiter en vassaux et «n esclaves, 
et ne les dépossédèrent pas tout à fait de leurs terres. 
Ils se partagèrent seulement le pays et se mirent à 
parcourir avec leurs troupeaux : les MarVaoua , les 
pays cultivés qui sétendent du Chelif au Moulouîa ; 
les Oudjedidjen, les plateaux de Mindas; les Ifren, 
les hauts plateaux qui séparent le Mindas du Mou- 
louîa, et enfin les Béni Ouacin, venus sans doute 
après leurs frères, les territoires élevés qui sétendent 
entre le Moulouia et le Zâ, son affluent oriental. 

Toutes ces invasions suivirent le petit désert. Le 
pays des Ketama, protégé peut-être par Toccupation 
romaine, ne paraît pas avoir été entamé pendant 
cette période , non plus que le mont Auras. Seule- 
ment les Louata nomades, qui vivaient au pied dé 
cette montagne, sans cesse attaqués par les tribus 
qui s avançaient vers.l'ouest, abandonnèrent la pos- 
session des hauts plateaux et se retranchèrent dans 
TAuras, où vinrent les rejoindre plus tard quelques 
tribus zenètes, trop faibles pour la vie nomade. 



350 SEPTEMBRE-OCTOBRÈ 1862. 



IV. 



En recherchant les tribus dont les historiens grecs 
et latins nous ont donné l'histoire et la nomencla- 
ture, nous ne voyons aucun nom qui rappelle celui 
de Masmouda; mais il semble qu*Hiempsal Tait 
connu et ait voulu l'expliquer quand il écrivait que 
les Maures occidentaux descendaient d une horde 
mède venue d'occident (Mas-moud, en berbère, fils 
de^ Moud). • 

A défaut d'un nom latin qui corresponde à celui 
de Masmouda , celui des Ber rouata , une tribu mas- 
moudienne, nous apparaît sous la forme Baquates. 
Ptolémée place ce peuple dans Textrême occident, 
là même où les historiens arabes retrouvèrent les 
Ber'rouata ^. 

Les Ketama sont les Kedamousiens de Ptolémée , 
qui les place sur la rive gauche de TÂmpsaga, sans 
cependant leur attribuer une grande importance, 
puîsqu il les circonscrit de Test à Touest entre TOued 
el-Kebir et le Titteri, du nord ^u sud entre les 
montagnes du littoral et les hauts plateaux. Cette 
objection perd de sa valeur quand on remarque 
qqe là où Ptolémée place on ne sait quelle peuplade , 

^ Il faat cependant qu*aa milieu de tant de rëvolations une partie 
de cette tribu nonade ait été transplantée, ou qu'elle ait réagi 
contre les invasions, puisque nous trouvons plusieurs de ses hor* 
des établies aux environs de Tenès, ainsi que ie constatent plusieurs 
inscriptions. Peut-être aussi les BoKovarai ne sont-ils pas les mêmes 
c[ue les Baquates des inscriptions. 



ÉTUDE SUR LES MIGRATIONS BERBÈRES. 351 
qui! nomme Moukounes et Khetones, il existait, un 
siècle après à peine, une célèbre tribu nommée 
Babares , dont nous connaissons, sous son nom actuel 
de Babor, la position géographique et l'origine keta- 
mienne. Il en est de même d'une région voisine où, 
deux siècles après, nous voyons établis les Isaflen- 
ses, les Massissenses, les Fraxinenses, ancêtres des 
Plissa, des Msisna et des Fraoucen actuels dont Tori* 
gine zouavienne et par conséquent ketamienne n*est 
plus douteuse^. 

Les Adjiça, les Âzdadja, les Zatima, les Houara , 
les Sanhadja n*ont pas laissé trace de leur nom chez 
les auteurs romains et grecs. Quant aux peuples qui 
s'agitaient dans la Tripolitaine, Hérodote semble 
avoir nommé les Zanagha, quand il parie des 
Zaouèkes (Zouijxes). Si cette synonymie était certaine , 
elle reculerait jusqu'aux premiers temps de This- 
toire la formation des difiPérentes tribus de la race 
de Madr*ès. 

Nous ne voyons rien dans les historiens anciens 
qui nous rappelle l'invasion des Sanhadja dans le 
Tell, invasion qui doit être, comme je lai dit déjà , de 
la plus haute antiquité; mais l'invasion des Louata 
dans les pays de TÂuras présente de grandes ana- 
logies avec la guerre que Massinissa soutint contre 
Syphax et avec l'établissement du vainqueur dans les 
Etats du vaincu. Gomme les Louata , Massinissa était 

* Berbrugger, Époques militaires de la KcAylie. — Celte opinion 
est ceile du colonel Carette et du lieutenant Aucapitaine dans leurs 
travaux sur les Berbères. 



352 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

originaire de la Tripolitaine. Le nom des Massyles 
est le même que celui des Macela , qui étaient la 
branche aînée des Louata, comme ies Massyles 
étaient la branche souveraine du peuple sur lequel 
Massinissa régnait. Enfin, les Louata sont les pre- 
miers et même ies seuls descendants de Madrés 
qui aient occupé avant Tislamisme TAuras et ses 
environs , et cest aussi près de l'Auras que se trouve 
ce monument numide appelé encore aujourd'hui 
Medr acen et qui ne peut guère avoir été établi que 
par les rois descendus de Massinissa, peu de temps 
avant l'ère chrétienne ^ 

Les invasions suivantes des Nefzaoua , Béni Fa- 
tea, etc. n'ont pas laissé de traces reconnaissables 
chez les historiens romains. Ceux-ci nous parlent 
bien de guerres et même d'invasions; mais aucun 
des noms qu'ils citent ne se rapporte à ceux dont 
Ibn Khaldoun nous a laissé la longue nomenclature. 
Nous avons plus de renseignements sur l'invasion 
zenète, dont Ptolémée et Pline nous ont conservé 
quelques détails. Le premier constate que, dès ce 
temps, la conquête était consomn:iée , quand il place 
les Makbkhouréones (Magr aoua) sur le bord de la 
mer, à l'est du Gbinalaph. Pline nomme aussi les 

* 11 n*entre pas dans le cadre de cet article de discuter les diverses 
aOTirmations concernaDf la patrie de Massinissa , rattrlBution du nom 
de Massyles à une partie seulement de la tribu , et la date de la cons- 
truction du Medr acen. Il suffit de dire que tous ces points résultent 
de Tëtude attentive des géographes et des historiens anciens. ( Voir, 
pour le Medr acen, les divers articles- de MM. Berbrugger^ Aucapi- 
taiuCf etc. sur le Kobr-er-Roumia. ) 



ETUDE SUR LES MIGRATIONS BERBÈRES. 353 
Macurèbes, quil compte parmi ies tribus du pays 
Massésylien. Ptolémëe place aussi des Makhkhou- 
réones dans le désert actuel de Figuig , ce qui s'ac- 
corde avec l'histoire musulmane , qui donne en outre 
aux bourgades élevées plus tard dans cette région 
une origine zenatienne. 

Pline cite également une invasion de nomades 
du petit désert (Gétules) dans les pays maures. Les 
Massésyliens et autres furent réduits, par cette in- 
vasion, à un petit nombre de familles ^ Parmi les 
trois tribus d'envahisseurs il nomme les Vesunes 
ou Ouésunes , dont le nom rappelle celui de la grande 
tribu zenète de Ouacin , qui , dans des temps anciens , 
quoique indéterminés , occupait les hauts plateaux 
entre le TA et le Moulouîa. Si cette synonymie était 
établie d'une manière certaine , elle ferait remonter 
jusqu'au i** siècle l'établissement dans la région du 
TA des peuplades zenètes , établissement dont Ibn 
Khaldoun n'a pu fixer l'époque. 

A partir de cette période, il y eut encore des 
guerres, et même des guerres cruelles, mais plus 
de migrations de tribus. Les peuplades nomades, 
arrêtées par la domination romaine , essayent en vain 
d'entamer le Tell ; elles y réussissent peu à peu , mais 
en partie seulement, et nous n'avons pas assez de 
documents sur ce temps pour suivre la marche de 

' Pline, V, 3 : «Proiima Mauris Massaesylorum gens fuoiHt, sed 
«extincta est; Gxluke nunc tenent gentes. » Ce qui ne s applique, 
bien entendu , qu'à une irihu., et non à la nation des Massésyliens. Ail- 
leurs: «Gens Maurorum allcnuala bellis adpaucai recidit familias. » 



354 SEPTEMBRE-OCTOBRE 18Ô3. 

leurs progrès. La grande révolte du temps de Dîo- 
clétien, que i empereur Maximien vint en personne 
combattre en Afrique , ne parait pas non plus avoir 
amené de changement dans la position géographique 
des tribus berbères. Chacune d'elles se rendit indé- 
pendante dans son canton , et les cités romaines pé- 
rirent seules dans le cataclysme ou furent réduites 
à l'enceinte de leurs murailles. Les noms que l'on 
retrouve plus tard n'ont donc, à l'avenir, qu'un in- 
térêt purement géographique et non plus historique. 
Nous ajouterons néanmoins , pour être aussi complet 
que possible, que le pays des Nacmousiens parait 
être le Djebel Nagmous actuel; que les Usales et le 
mont Usaletanum ont été retrouvés dans le pays 
montueux de Djeloula, que parcourent encore les 
Béni Oucellat; et enfin que les Uaguaten de Gorip- 
pus ne sont autre chose que les Louata (en berbère 
Ilaoauien), qui, longtemps déjà avant l'islamisme, 
occupaient les déserts de la Tripolitaine. 

Il y a encore bien à étudier, on le voit, avant 
qu'on puisse faire concorder d'une manière précise 
les maigres documents des historiens musulmans 
avec les renseignements que nous devons aux Grecs 
et aux Latins. On risque fort aussi de s'égarer dans 
les conjectures ; mais nous espérons qu'on nous saura 
gré d'avoir abordé une route dans laquelle on a jus- 
qu'ici hésité à s'engager. 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 355 

TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES 

TROUVÉES A OUMM EL-AWAMID, 
PAR M. ERNEST RENAN. 



Ces trois inscriptions ont été trouvées sous terre , 
sur le côté nord du mamelon surmonté de colonnes 
ioniques et couvert de ruines qu on appelle Oamm 
el'Avmmid^. Les originaux sont déposés au musée 
Napoléon JIJ. 

I. 

La plus considérable de ces inscriptions se lit sur 
une dalle d'albâtre d'environ trente -deux centi- 
mètres de long sur vingt-neuf centimètres de large. 
Cette pierre fut trouvée dans les fondements de 
lune des maisons ruinées qui couvrent le mamelon. 
La gravure est très-peu profonde et n a rien de mo- 
numental. 

Les huit premières lettres de la première ligne 
ont été attaquées par une cassure, la seule qui dé- 
pare notre monument. Mais ces huit premières 

^ Voir mon deuxième rapport inséré au Moniteur, 8 et 1 1 juillet 

i86i. 



356 SEPTEMBREOCTOBRE 1862. 

lettres peuvent être rétablies avec certitude. Da- 
bord, les trois dernières présentent bien certaine- 
ment le mot b^2 Baal, qui, réuni au mot suivant, 
donne DOer V^s, nom de divinité qui se retrouve 
à la fm de Finscription. Avant le mot ^^3 on voit 
l'extrémité inférieure d'une lettre qui parait être 
un ^. Si Ton considère que le nom ooro ^ys est pré- 
cédé à lavant- dernière ligne du mot honorifique 
■•jnK , et si ion fait attention que les extrémités res- 
tantes des trois lettres qui précèdent répondent tout 
à fait au mot pK, tel qu'il est tracé à l'avant-der- 
nière ligne , on obtiendra DDtr b^ib pK. On se trouve 
ainsi amené presque forcément à supposer que la pre- 
mière lettre disparue était un V, et la trace qui en 
reste confirme pleinement cette conjecture. La ré- 
pétition du h dans ces formules était ordinaire, 
comme on peut le voir dans diverses inscriptions 
de Malte et de Carthage : nnp^oS piK^, b:fJ7 pK^ 
pn , etc. ^ 

Gela posé, nous transcrivons Tinscription ainsi 
qu'il suit, nous réservant de discuter au fur et à 
mesure les caractères douteux^ : 

* Gesenius, Mon, phœn, p. 96, 168, 174, tyS, 177, 178. Le 
second ^ est omis au contraire dans les inscriptions numidiqaes, 
p. 197, ao2, 2o5, 21 1. 

^ On n a pas employé dans cette transcription les formes finales 
des lettres , ces formes impliquant déjà ime hypothèse sur la coupe 
des mots. 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 357 

DyjDt!rnDî'ib'»^''J3b'ix 
DDt!r^y3>jnKDyDnnn 

Les deux premières lignes n'offrent absolument 
aucune difficulté. Orthographiées à la manière hé- 
braïque, elles donnent : 

D>^Knay mj VH n^D^ h^f^b pnb 

« Au seigneur Baal-Schamaïm. Vœu qu a fait Abd- 
élim , fils de Mattan , fils d'Abdélim , fils de Baalscha- 
mar « 

Baal-Schamaïm ou ule maître du cîel,n est ce 
Beelsamin si connu par Philon de Byblos, saint 
Augustin , etc. Nous avons ici la forme hébraïque 
de son nom, quon ne connaissait encore que dans 
la forme araméenne. 

La formule mi VH est très-commune. La forme 
pleine est nn:} ViH ^li , qu'on trouve dans quelques 
inscriptions ^ Le nom d'Abdélim se lisait déjà dans Jo- 
sèphe comme celui d'un Tyrien^. A Sidon, on disait 
de préférence Abdabnim. Nousavons retrouvé ce nom 
sur une inscription grecque, la seule qu'ait fournie 
Oumm el-Awamid: A€SïtXt(i[bs] Tvptos^. ]nD est un 

* Voir Annuaire de la Société archéologique de Constandne, pour 
i86o'i86i (article de M. Judas), p. 17 et suiv. 
' Contra Apionem , 1 , 2 1 . 
^ Musée Napoléon III, Mission de Phénicie, n** 46. 



358 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

nom déjà reconnu pour phénicien ^;il figure chez les 
Hébreux comme celui d'un prêtre de Baal^. Baalscha- 
mar rappelle notrnoK qui , dans la première inscription 
bilingue de Malte, correspond à SapoTr/wv. 

A la troisième ligne commencent les difficultés. 
Nul doute que les lettres ^TKbaVsn ne forment un 
appendice à ce qui précède, et quil ne faille faire 
une coupe avant n>K. Les quatre lettres yiià cons- 
tituent le nom de Laodwée, trf qu'on le lit sur 
la belle monnaie déchiffrée d'abord par Barthé- 
lémy, sauf que iH final fait défaut, y^ià ferait 
mieux Laodice que Lojoiicœa, Tk final n'étant pas 
ici quiescent (k?1^^). Peut-être I'k qui commence 
la période suivante joue-t-il une sorte de rôle 
double, servant à la fois à terminer un mot et à 
commencer le mot suivant, par un abus dont il 
y a beaucoup d'exemples dans l'épîgraphie grecque 
et latine , et dont nous trouverons plus loin un 
exemple probable. Peut-être D'^x, marque de 
l'accusatif, doit -il être lu D'» par aramaisme, ce 
qui laisserait l'x au mot précédent. Quoi qu*il en 
soit, comme il est fort inadmissible de chercher 
ici le nom d'une des reines qui s'appelèrent Lax)- 
dice, on est amené à voir dans yinh le nom de l'une 
des six villes de Laodicée que Séleucus Nicator 
fonda en l'honneur de sa mère *. Notre inscription 



* Geseuius , Monum. p. 4io. 

^ II Reg, XI, 18; II Chron. xxiii, 17. 

^ Appien, De rehus syr. ch. lvii. 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 359 
est en tout cas certainement postérieure h Tan 3 1 2 
avant J. C. 

Que signifie maintenant le mot y*?D, qui précède 
le nom de Laodicée et le met au génitif? :iVd en 
hébreu veut dire « ruisseau , » ce qui ne donne ici 
rien de satisfaisant. i^D au contraire veut dire « dis- 
trict,» ce qui convient très-bien. Peut-être le •] de 
ce mot s'adoucissait-il en Phénicie. Le sens fonda- 
mental du mot 3^D étant «division, partie,» on 
comprend que ce mot ait été employé pour dési- 
gner une division territoriale. Une locution très-fré- 
quente dans le style des écrivains du Nouveau Tes- 
tament , Ta iiépv Tvpov xa) ^iS&vos , . .ta (xéptj Kai- 
trapeias etc. ^ peut être ici rappelée. 

Il semble donc qu'il faut traduire "|1K^ aboa par 
((dans le district de Laodicée.» Je mentionnerai 
cependant une explication qui m'a quelque temps 
préoccupé. Le mot syriaque jL^^A s'emploie pour 
phalange f soit par transcription, soit par traduction 
du mot grec^. On sait de plus que les Séleucides 
conservèrent le nom, et, jusqu'à un certain point, 
l'organisation de la phalange macédonienne^. Ne 
pourrait-on pas traduire jità Jm par (( in phalange 
Laodices? » Une telle supposition ne prendra quelque 
poids que si l'on trouve plus tard le mot a^D em- 
ployé en Phénicie dans le sens de phahnx. Nous 

* Maith, XV, 2 1 ; XVI , 1 3 ; Marc, viii , 1 o. Cf. Mattk, 11,22*, Act 11, 
1 o ; XVI, 1 2 ; XIX, i ; XX, 2 ; Galat, 1,21. 

* Micbaelis, ad Castelli Lex, syr. p. 706. 

3 I Macch. VI, 28, 35; Tile-Live, xxxviii, 4o. 



3Ô0 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

récartons comme n'ayant pas un degré suffisant de 
probabilité. 

' Si l'on traduit "]^xV absn par « dans le district de 
Laodicée,)) on est naturellement porté à supposer 
que Laodicée est le nom de la ville où demeurait 
lauteur du vœu et où il fit le vœu. Si Ton voulait 
dire qu'il y était né, il y aurait "jikV î^bd. Nous au- 
rions donc ici le nom , depuis si longtemps cherché , 
de la ville ancienne dont les ruines portent main- 
tenant le nom d'Oumm el-Awamid. Des six villes 
de Laodicée fondées par Séleucus Nicalor, deux sont 
bien connues : Laodicœa ad mare, aujourd'hui Lai- 
iakié, et Laodicœa ad Libanum dans la Cœlésyrie, 
près du lac de Homs. Ce serait donc ici une nouvelle 
Laodicée, ou plutôt une ville ancienne qui aurait 
pris, à l'époque des Séleucides, le nom de Laodi- 
cée; car nous savons que ces prétendues fondations 
de villes par les Séleucides ne furent souvent en 
réalité que des changements de noms ; cela est cer- 
tain pour Lattakié^ Si cette supposition se confirme, 
on arrivera, je pense, à attribuer à notre localité les 
monnaies phéniciennes au type d'Antîochus IV 
Épiphane et d'Alexandre II Zebina , qui portent la 
légende ]yi3n dk kdix^ à côté d'une image de Nep- 
tune. Barthélémy, Eckhel, Gesenius ont beaucoup 
hésité sur la question de savoir à laquelle des deux 
Laodicées connues il fallait rapporter lesdites mon- 
naies. Toutes deux sont des villes bien modernes 
ou bien éloignées de la vraie Phénicie pour être 

^ Philon de Byblos, dans Etienne de Byzance, au mot \ao3lxeta. 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 361 
qualifiées ]yiDnDX, «métropole en Chanaan. nJe 
ne puis admettre en particulier que Laodicœa ad Li- 
banum, qui était assez loin de la côte et en dehors 
de la Phénicie, ait pris ce titre et adopté Neptune 
pour divinité. Ce titre, au contraire, aurait convenu 
à merveille à la ville dont les ruines s appellent 
Oumm el-Awamid. Cette ville était bien une mère 
en Chanaan, une ville fort ancienne , essentiellement 
phénicienne, située aux confins mêmes de la Pa- 
lestine, dans le pays appelé par excellence Cha- 
naan. Mais il faut attendre des découvertes ultérieures 
pour se prononcer là-dessus avec assurance. 

Les seize lettres suivantes n offrent aucun doute. Il 

faut lire: crK» mn^nm m nvcrn n'»K « Portam hanc 

et valvas quae ...» La marque de l'accusatif n'»K , 
remploi de Farticle et du pronom démonstratif î se 
retrouvent d'une façon identique dans Finscription 
d*Eschmunazar. La seule particularité qu'offre ce pas- 
sage est le pluriel nnhi. L'hébreu voudrait nnbn. 
Mais ^^^^)l se rattache très-bien à une forme n^T 
comme n)T\\^i< à nox^ La forme nhi existe en hé- 

T -I T T T T 

breu conjointement avec la forme n^T ^. Il est vrai 
que la plupart des formes féminines en n^ ont la 
forme n.en phénicien ^. Mais une telle règle n'était 
pas absolue ; si nous ne trouvons pas de féminin 
en n^ , c'est sans doute parce que cette finale ne 
s'écrivait pas , selon l'usage constant de l'orthographe 

^ Geseuius, Lehrgeb, p. 6o3-6o4' 
* Gesenius , Thés. p. 3 3 9. 

^ Munk, dans le Jonrn, asiat, nov. déc. i8/i7, P* ^^^' 
xx. ai 



362 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

phénicienne (î pour nî, etc.). Nous en trouverons 
bientôt un exemple probable. 

Les onze lettres suivantes offrent des difficultés d*in- 
terprélation. Ces lettres se groupent d'une manière 
fort naturelle ainsi qu'il suit: >rh^ T\2 n^SMD^. Tout 
cela a un aspect bien hébreu, et se lie grammati- 
calement à ce qui précède et à ce qui suit, mais ne 
donne rien de satisfaisant pour le sens.. Je propose 
donc de couper les mots autrement et de lire : '♦D^ 
•^nVs rr^a ir'bv . ns ou ^d abouche» se prend souvent 
pour Torifice, Tentrée; ainsi myDn "^t [Jos. x, 18, 
22, 2 7 ) « l'entrée de la caverne; n ^MiV ^D [Ps. cxli, 
7 ; Is. V, 1 Zi ) « l'entrée de l'enfer. » Une fois même 
•^B est pris pour signifier « porte : » mp '•Db ( Prm). 
viii, 3) «à la porte de la ville. » ^îh dans notre ins- 
cription se traduirait donc par « ad ostium. » Qu'on 
ne dise pas que b dans ce cas n'est pas la particule 
la plus naturelle, qu'il faudrait "^D b^ , "^ïh étant con- 
sacré en hébreu à signifier a selon.» Les passages 
précités (Ps. cxli, 7, et surtout Prov. vm, 3) ré- 
pondent victorieusement à cette objection. >ïih dans 
ces deux passages a tout à fait le sens de « à l'entrée 
de. » Cela posé , le mot suivant nbv s'explique trèsHoa- 
turellement. Ce mot se retrouve plusieurs fois dcms 
l'inscription d'Eschmunazar, et M. Munk le rap- 
proche avec beaucoup de justesse du mot hébreu 
iT^Vy « chambre ^ . » On le retrouve plus identiquement 
encore dans le syriaque ) J^n"^ rhvth devrait donc 
se traduire par « ad ostium ccUœ. » nn est sans con- 

' Journ. asiat. avril-mai i856, p. 299. 



SUR TROIS INSCKIPTIONS PHÉNICIENNES. 363 
tredit n^n a maison » ou « temple. » Le sens dédica- 
toire de rinscripliôn inviterait à traduire mn^VD^ 
par (( ad ostium ceiiae tempii ; » mais pour cela il fau- 
drait quil y eût l'article , nnn. L'absence de larticie 
prouve clairement que na est à Tétat construit et 
que le mot suivant ^n'?^ est un substantif au gënitiP. 
hVd n'a qu'un sens en hébreu, celui de «fiancée, >» 
qui ne convient pas ici. La deuxième inscription de 
Malte nous fournit seule un rapprochement plau- 
sible. Cette inscription semble offrir, à la deuxième 
ligne , le mot n'73 avec le sens de w chambre sépul- 
crale,^» venant de la racine x'js «clausit. » L'asso- 
ciation des deux mots se retrouve en hébreu dans 
Kb| n"»3 « prison. » On peut donc admettre que n^snn 
ou nK^2 n'*^ ait désigné ces vastes caveaux de famille 
si communs en Phénicie. Ainsi la série de lettres 
^n^D^r^VD^ devrait se traduire « ad ostium cellae 
domus meœ sepulcralis. » L'ex{M*ession semble ofïrir 
un peu de redondance , mais l'inscription de Malte 
précitée en offre bien plus encore. Elle commence 
par ces mots nbv nn mn correspondant à rh^ na nV^f, 
de notre inscription , sans préjudice des mots nnp et 
n^D qui reviennent ensuite et offrent presque le 
même sens. 



' II est certain que si I on pouvait ne pas tenir compte de cette 
particularité grammaticale, les deux niots suivants s'expliqueraient 
mieux. ^1)^2 ^tiT^ serait ''r)'*^3 "^O^i? « J'ai achevé de bâtir, » Mais 
je ne peux me résoudre à faire cette violence à la grammaire, et j*ai 
renoncé à cette explication. 

' Gesenius, Monum. p. io5-io6. 

24. 



364 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

Les quatre lettres suivantes "^Din nous donnent 
le verbe qui gouverne les accusatifs qui précèdent. 
Il faut sans contredit lire '»n'»i3 «j'ai bâti. » Il y a 
là une petite dérogation aux règles générales de Tor- 
thographe phénicienne. L'inscription d'Eschmunazar 
présente le même mot écrit nia. Mais il faut remar- 
quer que, bien que le "^ de Tadformante de la pre- 
mière personne du prétérit hébreu ne soit pas le pro- 
nom aflfixe, il ofiFre avec lui quelque analogie ; qu'en 
général les Phéniciens ont une certaine tendance à 
écrire les voyelles finales; enfin que notre inscription 
est d une époque assez moderne , où Ton avait peut- 
être déjà commencé à écrire quelques quiescentes. 

Toute la partie de la phrase que nous venons de 
discuter peut donc se traduire ainsi : «Portam hanc 
etvalvas quae sunt ad ostium domus meae sepulcra- 

lis aedificavi » Ces battants sont sans doute les 

grands battants de pierre qui fermaient les tombeaux 
antiques et que Ton voit en particulier à Jérusalem 
aux tombeaux dits des Rois. Une objection peut ici 
être faite. Le monument qui portait cette inscription 
constituait un vœu fait à une divinité. Il est donc 
surprenant que Tinscription mentionne la construc- 
tion d'un tombeau. Cette surprise diminue si l'on 
observe que les grands caveaux de famille en Phé- 
nicîe offrent presque toujours des niches, des au- 
tels , des symboles ou des images religieuses. Peut- 
être notre inscription était-elle sous une niche placée 
au-dessus de la porte d un caveau et destinée à rece- 
voir une statuette de Baal. Une expression que nous 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 365 
trouverons à l'avanl-dernière ligne, «sous les pieds 
de Baal-Schamaïm,» confirme cette supposition. 

Les trois lettres suivantes nv^ sont une abrévia- 
tion pour m^2 « en l'année, o Cette abréviation est 
très-commune sur les médailles. Je ne crois pas que 
jusqu'ici on Tait reconnue dans les inscriptions. Je 
dis qu'« on Tait reconnue, » car elle existe en réalité 
dans rinscription de Malte que nous avons déjà citée , 
et qui otFre plus dun rapport avec celle que nous 
discutons. Les lettres n^2 de la troisième ligne de la- 
dite inscription de. Malte , où Gesenius a vu , contre 
toute vraisemblance, le mot n^2 « honte, » doit sans 
doute se lire nz^Dn a in anno^ » 

Suivent six caractères qui sont certainement des 
chiffres. Dans le courant de la cinquième ligne nous 
trouvons encore une série de chiffres. Il faut dis- 
cuter ensemble les caractères de ces deux séries. 
Toutes deux commencent par un point, auquel 
nous sommes porté à croire qu'il ne faut pas accor- 
der de valeur numérique. Toutes deux aussi se com- 
posent de trois sortes de caractères placées dans un 
ordre constant: i° une classe d'unités représentée 
par ^ou 2_; a** une autre classe d'unités représen- 
tée par ? ; 3** une troisième classe d'unités repré- 
sentée par des traits verticaux. Ces dernières sont 
bien connues, ce sont les unités simples. Comme on 

* Gesenius, Monum. p. io5. Le nom propre qui suit est proba- 
blement celui du suffëte. Les lettres QK5n qui précèdent forment 
le mot D^KDl « les morts, y» qui se trouve dans Tinscription d'Esch- 



36d SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

sait de plus que, dans les numérations sémitiques, 
les unités étaient rangées dans leur ordre d'im* 
portance, on est amené à supposer que ? repré- 
sente des dizaines ou des vingtaines. Le signe phé- 
nicien des dizaines est déjà connu, cest une petite 
barre horizontale qui n a absolument aucune analo- 
gie avec notre caractère. Le signe des vingtaines, 
connu depuis longtemps, est N. Entre ce signe et 
le nôtre l'analogie est bien plus grande. Mais où l'a- 
nalogie est presque évidente , c'est entre notre signe 
et le chiffre 20 dans récriture palmyrénienne et sur- 
tout dans récriture égypto-araméenne , ^. L'âge mo- 
derne de notre inscription explique cette tendance 
vers les formes araméennes. 

Quant aux signes qui commencent les deux séries , 
il est naturel d'y voir des centaines , bien qu'ils n'aient 
aucune analogie avec le signe qui, dans l'inscription 
de Marseille et sur les monnaies , indique cent. Dans 
une ancienne numération qu'un jeune orientaliste 
hollandais, M. Land, a trouvée dans des manuscrits 
syriaques du vi* siècle, et dont il a bien voulu me 
communiquer les formes \ le signe pour les cen- 
taines a une forme qui se rapproche assez de la 
nôtre. Les deux signes dont nous parlons se res- 
semblent dans les deu3| séries; ils ont cependant 
dans le haut une sensible différence : l'un a deux 
cornes ou aigrettes, l'autre n'en a qu'une. M. de 

* Depuis que cet article est composé , les chiffres en question ont 
été publiés par M. W. Wright dans le Zeitschrift der deutschen morg, 
GMffiicAo/if, 1862, p. 577-678. 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 367 

Rougë, conduit à cette supposition par des anaio* 
gies tirées des chiffres hiératiques , m'a suggéré Tidée 
que l'un de ces chiffres pouvait désigner i oo , l'autre 
Qoo. Les chiffres démoliques présentent là même 
particularité ^ 

Si ces diverses hypothèses sont conformes à la 
vérité, la première série de chiffres formerait la 
valeur 280, la seconde série formerait i43; mais 
tout cela est encore douteux. Il faudra probable- 
ment attendre de nouvelles découvertes pour avoir 
le mot des signes qui, grâce à notre inscription, 
entrent pour la première fois dans le champ de ia 
discussion savante. En comparant cette numéra- 
'tion à la numération palmyrénienne, à celle des 
papyrus égypto-araméens, à la numération syriaque 
découverte par M. Land , à celle découverte par 
M. Hanoteau à Ghadamès^, on arrivera probable- 
ment à constituer une numération sémitique, ana- 
logue à celle qui fut en usage chez les Romains 
(chiffres romains), et dont la première origine pourra 
probablement être rapportée à l'Egypte. 

Les huit lettres qui suivent la première série de 
chiffres donnent dd^D ]iHb «au seigneur des rois, » 
ou « du seigneur des rois, n en prenant le ^ comme 
une sorte de lamed aactoris, analogue à celui qu'on 
trouve sur les légendes des monnaies. L'expression 
DD^D ]ltt se retrouve dans l'inscription d'Eschmun- 
azar, où elle paraît désigner le Dieu suprême. Rap- 

* Cf. Brugsch, Gramm. démotique, p. 61. 

* Journ. asiat. aoûl-scpt. 1860, p. 267 et suiv. 



3d8 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

portée à ia Divinité , elle n'offre ici aucun sens. La 
suite de Tinscription oblige à voir dans ces deux 
mots Ds'jD pxV l'indication de l'ère d'après laquelle 
la date est donnée. «Le seigneur des rois» semble 
ne pouvoir être qu'Alexandre. Mais il ne faut pas 
se dissimuler ce qu'une telle expression a de bizarre, 
vu surtout que la même expression est prise dans 
un sens tout différent sur le sarcopbage d'Eschmun- 
azar. Je suis tenté de croire que le premier D joue 
ici un double rôle, et qu'il faut lire : nzh'û nimh « de 
l'ère de messeigneurs les rois», c'est-à-dire des Sé- 
leucides. Cette ère , à partir du in® siècle avant J. C. , 
devint l'ère commune de la Syrie ; c'est celle de la plu^ 
part des monnaies phéniciennes. A priori, tout invite ' 
à rapporter à cette ère notre première série de chiffres. 
La date de notre inscription serait donc 3 a ans avant 
J. C. La Syrie était alors province romaine, et l'on 
comprendrait très-bien que l'ère des Séleucides, 
qui resta sous les Romains fère vulgaire de tout 
l'Orient, se soit appelée à cette époque «l'ère des 
rois. » Mais je dois ajouter qu'un ensemble de faits 
considérables me portait jusqu'ici à croire que la 
ville ancienne dont les ruines s'appellent Oumm el- 
Awamid n'existait plus à cette date^ Il serait sin- 
gulier aussi que, vers l'époque de Jésus-Christ, on 
parlât encore en Phénicie un hébreu si pur, quand 
Plaute nous donne déjà le nom de Baal-Schamaïm 
sous la forme araméenne Bebamen^. Une inscription 

^ Voir mon deuxième rapport, déjà cité. 
^ Pœn. act. V, se. ii, v. 67. 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 369 
bilingue, du i** ou du if siècle avant J. C, récem- 
ment trouvée à Athènes^, offre déjà des particularités 
qui se rapprochent du néopunique, c est-à-dire du 
patois qu'on parlait en Afrique à Tépoque romaine. 
Je laisse à d'autres le soin de résoudre ces difficultés. 

La seconde série de chiffres est suivie du mot ntr 
« année. » Le mot suivant étant précédé du 'j , ntr 
ne peut être ici à 1 état construit. n^D est donc en 
apposition avec le nombre qui précède. L'hébreu 
voudrait n^^. Mais on sait que les finales en n^ de- 
viennent souvent n. en phénicien. Quoi qu'il en 
soit, il semble bien que l'agencement de la phrase 
est: «En l'année N de l'ère N, correspondant à 
l'année N de l'ère N. » 

La seconde ère qui , si nos hypothèses sont exactes , 
commencerait iSy ans après la première, n'est pas 
moins difficile à déterminer. Les trois dernières 
lettres delà cinquième ligne donnent DV^ « du peuple 

de )) On s'attend à trouver ensuite le nom du 

peuple dont l'ère a réglé la seconde date. La pre- 
mière lettre de la sixième ligne fait hésiter un peu. 
Les personnes qui ne l'étudieront que sur notre 
planche, reproduisant elle-même une photographie, 
la prendront pour un K . Mais il manquerait à cet 
k' toute la partie inférieure de l'antenne transversale , 
laquelle n'a l'air d'exister, sur la photographie, que 
par suite d'une tache de la pierre. En étudiant atten- 
tivement cette lettre sur la pierre, on ne doute pas 
que ce ne soit un x. On a donc : nx n^fb « de l'ère du 

* Annales de tlnsL archéol de Rome, t. XXXI ( 1 86 1 ), p. 3a i et suiv. 



370 SEPTEMBRE-OCTOBRE 186Î. 

peuple de Tyr. » Si la première ère est celle des 
Sëleucîdes, celle-ci aurait eu son commencement 
Tan lyS avant J. C. Or Tère des monnaies auto- 
nomes de Tyr date de Tan 126 avant J. C. Nous 
sommes donc rejetés dans des incertitudes qu'une 
étude ultérieure pourra sans doute lever. 

La différence de l'ère des Séleucides et de l'ère de 
Tyr étant de 186 ans, on est naturellement porté, 
en supposant la valeur de nos chiffres douteuse , à 
chercher dans quelle hypoliièse les deux séries de 
chiffres différeraient de 186. On arrive à peu près à 
ce résultat en supposant au signe ? la valeur de 60 , 
et il est certain que la forme de ce signe s'explique- 
rait par la réduplicalion du signe N ^ L'inscription 
serait alors de l'an 48 après J. G. Mais il ne semble 
pas que, dans aucune numération sémitique, il y ait 
eu de signe pour ko. De plus, l'analogie des chiffres 
araméens et palmyréniens ne laisse guère de doute 
sur la valeur du signe ? . 

La suite de la sixième ligne est d'une difficulté 
extrême. Il semble bien qu'il doit y avoir là quelque 
faute. Mais il serait trop commode, pour échapper 
aux nombreuses difficultés de ces vieux textes, de 
les changer à son gré et selon les commodités de 
l'interprétation. Les deux lettres qui suivent le nom 
de Tyr sont certaines pour la lecture. La cinquième 
lettre paraît être un j , mais tracé avec un peu de 
roideur et de gaucherie. Les quatre lettres suivantes 

' M. de Rougé suppose que ce signe N (20), à son tour, n*estque 
la réduplication du signe — (lo). 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 371 
sont certaines, quoique un peu négligemment gra- 
vées. Quant à la dixième lettre de la ligne, elle est 
légèrement douteuse ; si on la compare au vav de 
la troisième ligne, on est presque forcément amené 
à y voir la même lettre ; cependant la forme courbe 
du jambage est irrégulière. Après cette lettre vient 
un caractère plus douteux encore. On le prendrait 
d abord pour un gros point; puis on voit s'y dessiner 
un T, analogue ik celui de la troisième ligne, mais 
plus petit et plus indistinct. Les deux lettres stii- 
vantes sont certaines; mais la quatorzième lettre 
cause encore quelque surprise. On ne peut guère 
y voir quun i , mais d'une forme exagérée et soi^ 
tant presque du type ordinaire de Falpbabet phéni- 
cien. Puis la lecture devient sans aucune difficulté. 
Quand on cherche à faire un sens avec les lettres 
ainsi lues, on tombe dans d'étranges perplexités. 
•«JD^ semble bien correspondre à Thébreu ^riVn*? « ut 
sim. » ^V répond à umihi. » Mais outre que «ut sim 
mihi... » n'a rien de satisfaisant, la neuvième lettre, 
qui est un ^, ne pouvant pas se lier au i qui suit 
et qui marque une coupe de mots, ce S reste isolé 
et sans emploi. L'ensemble de la ligne semble ap> 
peler cette coupe : d»j nv^ nDîT V^*» ]Db , « ut sit • . . 
et memoria et nomen bonum , » les quatre lettres 
^^^^ formant un substantif à peu près synonyme de 
n^T et de Dva n^. Mais ces quatre lettres ne font 
pas de mot bien satisfaisant. En l'absence d'une ex- 
plication meilleure, je proposerai la suivante, qui 
m'a été suggérée par M. Neubauer. V'»^'» répondrait 



372 SEPTEMBREOCTOBRE 1862. 

à rbébreu nbnn a louange. » La phrase phénicienne 
aurait alors sa phrase hébraïque parallèle dans 
cette expression familière à Jérémie : riDvh ^b invnh 
niKDnbi n^nnbi ^ La racine hh"^ pouvait être en affi- 
nité avec la racine hhn ; on en a un exemple dans 
le mol "ib^Yn] ( Isole , ui , 5), que le Targoum rend par 
pnanc^D et Raschi par on^DDO. 

La lumière renait dans la seconde moitié de ta 
sixième ligne. Dv: nm idt h memoria et nomen bo- 
num » ou « laus et gloria » forment une suite très- 
satisfaisante. Dv: en phénicien était l'équivalent de 
3it3 en hébreu , comme le prouvent les noms Nam- 
phamo (iD^s Dv:, ((boni pedes ejus»), Namgidde ou 
Geddeneme (ni:i dv:, «bona fortuna ejus^n), d'au- 
tres encore ^. Si Ton admet le rapprochement pro- 
posé par M. Neubauer avec les passages de Jérémie 
et du Deutéronome, les deux expressions "idt et 
D^: D^ auraient le sens de u louange » et de « gloire , » 
rapportées à la divinité. Mais il est possible aussi que 
lauteur de Tinscription entende par là qu'il a érigé 
le monument pour rappeler sa mémoire et son nom 
sous les pieds de Baal. La seule chose qui soit cer- 
taine , c'est que l'agencement général de la phrase 
est : a Porlam hanc . . . œdificavi anno N , • . . ut sit 

» en d'autres termes que ]Dh et ce qui suit 

indiquent le motif pour lequel le fondateur a élevé 

^ Jérém, xiii , 1 1 ; xxxiii , 9 ; Dealer, xxvi ,19;! Chron. xxn , 5. 

' J*ai développé ce point dans une note insérée dans les MéUm^ 
épiyraphiqaes de M. Léon Renier, p. 379 et suiv. 

' Voir Annuaire de la Sociélé archéoloyiqws de Constantine, 1860- 
1 86 1 , p. 5d (art. de M. Judas ). 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 373 
le monument; en d'autres termes encore, que la 
phrase principale de Tinscription se compose de 
trois parties, la première depuis ir»» jusquà TiiD 
inclusivement, la seconde depuis ntrn jusqu'à m 
inclusivement, la troisième depuis ]Dh jusqu à la fin 
de la septième ligne. 

Les deux dernières lignes sont très-claires. Je les 
lis ainsi : 

QtDc; ^VD '»iix ••DVD nnn 

« sous les pieds de mon seigneur Baal Schamaïm. 
Qu'il me bénisse dans l'éternité. » DVD en phénicien 
signifiait «pied^» On l'a déjà trouvé avec ce sens 
dans l'inscription de Marseille ^. Une inscription 
trouvée récemment à Chypre par M. de Vogué se 
termine, comme la nôtre, par une courte prière 
formant une phrase détachée : t^D"» « qu'il le bénisse. » 
M. de Vogiié aiiussi montré que l'inscription n** i de 
Pococke, jusqu'ici restée illisible, se terminait par 
le mot D^Dt^n «qu'elle les exauce^.» La première 
de Malte offre une formule finale toute semblable. 
En résumé, l'inscription coupée, orthographiée 
et ponctuée selon les habitudes de la grammaire 
hébraïque, peut se rendre ainsi : 

^ Voir ia note précitée et Hist. des lang, sém, p. 190, 2* édit. 
2 Munk, Journ. asiat nov.-déc. 1847, F* ^^^' 
^ Communication lue par moi à TAcadémie des inscriptions , le 
22 août 1862. (Y oir Revue arch, octobre 1862.) 



374 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1802. 

t:-: V --- -- TT* T V * : 

Ji: n:c^3 '»n'»:n '«nxVs rr^a rr^^y ••dS tfN 

D?: Dt?j iDTj ^:^! \x:h *n« 
• D'»Dtf"^M '»:lN '»DyD nnn 

Traduites en latin , les ])arties certaines de l'ins- 
cription donneraient : 

DOMINO B A ALI COELORDM. VOTUM QDODVOVIT ABDELIMUS 
FILIUS MATTANIS FILII ABDELIMI FILII BAALSAMÂRI 

IN LAODIC . . . PORTAM HANC ET VALVAS 

QDiE DOMDS MEiE iEDIFICAVl ANNO . . L 

XXX** DOMIN • . . REGUM . . . XLIIl** ANNO POPDLI 

TYRÏ UT SI ET NOMEN BONOM 

SUB PEDIBUS DOMINI MEI BAALIS GOÈLORUM. 
IN iETERNDM BENEDICAT ME. 

Notre traduction , en partie hypothétique , de 
l'ensemble serait : 

« Au seigneur Baal des cieux. Vœu fait par Âb- 
délim, fils de Mattan, fils d'Âbdélim, fils de Baal- 
Schamar, dans le district de Laodicée. J'ai construit 
cette porte et les battants qui sont à l'entrée de la 
cella de ma maison sépulcrale , l'an 280 des seigneurs 
rois, Tan i43 du peuple de Tyr, en signe de gloire, 
de louange et d'honneur, sous les pieds de monsei- 
gneur Baal des cieux. Quil me bénisse dans l'éter- 
nité ! » 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 575 

Quant aux conséquences historiques, topogra- 
phiques, grammaticales et paléographiques qui sor- 
tent de cette inscription , on peut les résumer ainsi. 

i"" La ville dont les ruines s appellent maintenant 
Oumm el-Awamid parait avoir été une de celles 
qui reçinrent de Séleucus Nicator le nom de Laodi- 
cée. Cette ville était encore florissante à l'époque 
grecque, et l'on y faisait à cette époque des cons- 
tructions considérables. 

2* En Phénicie, sous les Séleucides, peut-être 
sous les Romains, on traçait des inscriptions phé- 
niciennes, et les vieux cultes de la Phénicie étaient 
conservés. 

3** La langue était encore la vieille langue chana- 
néenne pure, sans influence sensible de Taraméen. 
La tendance à écrire les quiescentes se fait cepen- 
dant légèrement sentir. 

/i** Les idiotismes donnés par notre inscription 
pour la première fois sont : le mot Jt^ dans le sens 
de «district» et le motovi, synonyme de l'hébreu 
31Û, qui était déjà fourni par les noms propres. 

5** Les particularités d'orthographe sont : ladfor- 
mante de la première personne en ^n ; le pluriel 
Dnbi supposant un singulier nhl, d'où il semble 
résulter que les formes en i\ ne faisaient pas com- 
plètement défaut en chananéen ; l'abréviation n^ 
pour i)}^ , qu'on n'avairt^emarquée jusqu'ici que sur 
le^ médailles. 

6"" Enfm ce qui fera probablement le principal 
intérêt de cotle inscription dans l'épigraphie sémi- 



376 SEPTEMBRE. OCTOBRE 1862. 

tique, ce sont les chiffres qu'elle contient et qui 
ajoutent beaucoup aux notions que l'on possède sur 
la numération sémitique et sur Thistoire de la nu- 
mération en général. Ces chiffres, en somme, sont 
les chiffres araméens et non les chiffres phéniciens 
tels qu'on les connaît par les monnaies et par les 
inscriptions. 

n. 

La seconde inscription était tracée sur la partie 
postérieure d'une pierre à offrandes dont nous don- 
nons ici le dessin. 




S^^ 



* — -o^z^ * 

Les quatre premières lettres sont presque eflFa- 
cées par le frottement. On les lit cependant avec 
certitude: ^bob. La lettre suivante est cassée en 
partie; mais ce qui en reste appartient évidemment 
à un y. La sixième lettre est très-fruste; mais les trois 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 377 
lettres qui viennent ensuite étant mn, il est clair 
que cest un ^ , complétant le nom d!Astarté. Les 
traces qui restent de la lettre confirment cette sup- 
position. 

L'inscription entière doit donc se lire ainsi : 

Une singularité arrête tout d abord. La déesse 
Astarté est qualifiée ^bD et pn bx , deux expressions 
essentiellement masculines. Nous avons là. ce semble, 
la preuve que le phénicien possédait des féminins 
en n , dans lesquels la finale ne s écrivait pas , de 
même quelle ne s écrivait pas à la troisième per- 
sonne du pluriel , à Tétat construit du pluriel , etc. 
Les deux premiers mots, orthographiés à la manière 
hébraïque, seraient: n")nt2;y HD^D*? «A la reine As- 
tarté. » Je sais que, dans Tinscription d*Ëschmunazar, 
on a la forme n^hD à Tétat absolu; mais les deux 
formes pouvaient coexister. Il est singulier pourtant 
qu'il n y ait pas n")ni!;y^ ^^D^ . Astarté est désignée 
par Jérémie comme « reine du ciel , » D'»Dc;n dd^d (vu , 
18 ; xLiv, 17, 18, 19, 2 5). Il est moins nécessaire 
de lire naon n^x, au féminin. L'expression pn ^x 
pouvait n'avoir pas de genre. Bien que le phénicien ait 
un mot pour signifier déesse , alona ou alonat ^ féminin 
de ahn, dont le parallèle devait être éla ou élat, 
féminin de el, il semble cependant que le mot Dieu 

* i" vers punique du Pœntilas, 

x\. 2 5 



378 SEPTEMBRE-OCTOBRE 186SL 

était souvent employé pour les deux genres ; ainsi 
on trouve, I Reg. xi, 5 : w^^i^i ^n^x mne^y « Astarté, 
dieu des Sidoniens. » Il répugne encore plus de 
mettre au féminin le mot pn. Ce mot, connu depuis 
longtemps dans Tépigraphie phénicienne, nest pas 
un simple adjectif. Jusquici on ne lavait vu que 
réuni au mot 'jvd, et formant avec lui une sorte de 
nom divin indivisible, Baul-Hamman , qu'on tradui- 
sait par Baal solaire. Ici nous le vDyons joint à bx 
et rapporté à Astarté. Le mot ^nçf^( présente des phé- 
nomènes analogues. Son pluriel est indifféremment 
DnçfK et nlltç^K , et signifie simplement « idoles. » 
Enfin il faut remarquer que presque dans tous les 
monuments votifs où figure Baal-Bamman figure 
aussi Astarté ^ pn Vx est donc un litre commun à ces 
deux divinités. Peut-être le sens primitif de pn s'était- 
il perdu et la dévotion populaire donnait-elle ce titre 
d'une façon abusive à toutes les divinités célestes. 

La seconde ligne est très-facile. Le changement 
de personne qui s'y remarque est conforme au tour 
de l'inscription d'Eschmunazar et à celui de notre 
première inscription d'Oumm el-Awamid. 

L'ensemble de Finscription doit se traduire : 

«A la reine Astarté, divinité céleste. 
Vœu fait par Abdeschmoun. Pour mon fils. » 

. III. 
Cette troisième inscription n'est qu'un fragment. 

* Movers, Die Phœn. I, p. 617. Gesenius, Thés, p. 490. 



SUR TROIS INSCRIPTIONS PHÉNICIENNES. 370 
ElUe se lit sur un segment de gnomon, dont voici 
la figure ^ 




t^5'^'XVA^^^'> 





Dans le transport, un petit éclat de pierre a fait 
disparaître la première lettre à droite ; mais un es- 
tampage pris au moment même où la pierre fut dé- 
couverte me rend cette lettre; c est un y. 

Une seule lettre est fortement éraiilée; c'est la 

' On me communique la lithographie d'un monument fort seixi- 
blabie au nôtre, avec inscription latine, trouvé à Anriol (Bouches- 
Ai-Rh6ne ) , et actuellement dans un cabinet particulier à Auriol. 

25. 



380 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

neuvième. Le contexte oblige à y voir un d , et ce 
qui reste des traits confirme cette hypothèse. • 
L'inscription doit se lire et se traduire ainsi : 

« Ton serviteur Abdosir, fils d'E » 

Le nom d* Abdosir est connu depuis longtemps 
dans répigraphie phénicienne. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 

SOCIÉTÉ ASIATIQUE. 



PROCÈS VERBAL DE LA SÉANCE DU 10 OCTOBRE 1862. 

La séance est ouverte à huit heures par M. Reinaud, pré- 
sident. 

On donne lecture du procès-verbal de la dernière séance ; 
la rédaction en est adoptée. 

Il est donné lecture d*une lettre de Tambassade de Russie , 
qui accompagne ie manuscrit du Vinaya Sutra, que la So- 
ciété avait prêté à M. Schiefner, à Saint-Pétersbourg, etqu*il 
renvoie avec des remercîments. 

L*ambassade des Pays-Bas annonce qu'elle tient deux pa- 
quets de livres à la disposition de la Société. 

M. Daniel Smith, à Saint-Kilda, près Melbourne , Victona 
en Australie , écrit pour communiquer une découverte qu'il 
croit avoir faite, relative à la lecture des cunéiformes assyriens 
quii identifie avec les lettres grecques archaïques; il réduit 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 381 

le syllabaire ninivite à dix^neuf lettres. Renvoyé à la G)m- 
mission du Jouma]. 

Est proposée et nommée membre de la Société : 

M"* Clarisse Bader, à Paris. 

M. Paulhier donne lecture d'une notice sur trois Diction- 
naires japonais-chinois-anglais , récemment publiés au Japon. 

OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIETE. 

Par Fauteur. A rational Refatation of the hinda philosophi- 
cal Systems, by Neremiah Nilakantha Sastri Gorb , trans- 
lated from the original hindi, by FiTZ Edward Hall. Cal- 
cutta, 1862, in-8'. 

Par Tauteur. Le Mahahharata, Onze épisodes tirés de ce 
poème, traduits, pour la première fois, par M. Fougaux. 
Paris, 1862, in-8'. 

Par la Société. ZeiUchrift der deatschen morgenlàndischen 
Gesellschajï, Vol. XVI, i-3. Leipzig, 1862, in-8'. 

Par Tauteur. Histoire des Orbelians, par Etienne de Siou- 
nine, publiée par M. Émin. Moscou, 1862, in•8^ (En ar- 
ménien.) 

Par la Société. A bhandlangen fâr die Kunde des Morgen- 
landes. Vol. II, part. 3. Die Krone der Lebensheschreibangen 
enthaltend die Classe der Hanefiteny y on Gusiaiy Flcgel. Leip- 
zig, 1861 ,in-8*. 

Par la Société. Joamal of the Asiatic Society of Great Bri- 
tain and Ireland. Vol. XIX, part. 4. Londres, 1862, in-8'. 

Par Fauteur. IndischeStudien, y on'WEBnh, Vol.V,cah. 1-2. 
Berlin, 1862, in-8'. 

Par Tauteur. A few passing ideas for the lenefit ofindia 
and Indians. Quatrième série, par Mamackjee Cursetjee. 
London, 1862, in-8'. 

Par r Académie. Boletin e annaes do Conselho altramarino , 
n"' 60, 61 , 92, 93, 94 et 9&. Lisbonne, 1862. 

Par Tauteur. Revue orientale et américaine. N" 4o-4 1 . 
Paris, i86a. in-8^ 



S82 SEPTEMBRE. OCTOBRE 1802. 

PROCES-VERBAL DE LA SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1862, 

La séance est ouverte à huit heures par M. Reinaud, pré- 
sident. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu; ]a rédac- 
tion en est adoptée. 

M. Lancereau rapporte des pièces en tamoul qui pro- 
viennent du legs de M. Ariel, et en indique la nature en 
énonçant le doute que la Société doive rester dépositaire 
de pièces qui pourraient avoir de Timportance pour des fa^ 
milles de la colonie de Pondichérj. Le Conseil prie M. Lan- 
cereau d'examiner de nouveau les papiers de M. Ariel, et 
de mettre de côté ceux qui pourrment se rapporter a des 
affaires particulières , pour que la Société puisse les reavoyer 
à M. le Ministre de la marine et des colonies. 

M. Barbier de Meynard annonce que la composition da 
second volume de Maçoudi est terminée , et que Fouvrage 
pourra paraître prochainement. 

M. Woepcke rend compte de Tétat de son travail sur Âlbi- 
rouni. 

M. Oppert donne des détails sur les matériaux qui lui ont 
servi pour les Fastes do Ninlve, dont il vient d'offrir un exem- 
plaire. 

OUVRAGES OFFERTS À LA SOGléTÉ. 

Par Tauteur. Rapport sar les Inscriptions assyriennes da 
Briiisk Muséum, par M. J. Menant. Paris, 1863, in-8^ 

Par Téditeur. Ibn el-Athiri Chronicon, quod perfectîssi- 
mum inscribitur. Vol. octavum, annos H. 269-395 continens, 
ad codices parisinos et upsaliensem edidit Caroius Johannes 
ToRNDERG. Leyde, 1862, in-8'. 

Par l'éditeur. Bihel und Josephus ûber Jérusalem und das 
heilige Grab wider Robinson und neuere Sionspilger von 
Berggren. Lund, 1862, in-8^ 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 383 

Par rinstitut néerlandais. Bijdragen tôt de Taal- Land- en 
Volkenkuade van Nederîandsch Indie, Nouvelle série, vol. V- 
Amsterdam, i86a, in-8% avec un cahier de cartes, in-/i°. 

Par la Société de Batavia. Tijdschrijï voor Indische Taal- 
Landr en Volkenkmde. Vol. VI , VII , VIII . IX et X. Batavia. 
1 856-1 860, in-8'. 

— Verhandeling en van het Bataviaasch Genooischap van 
Wetenschappen. Vol. XXVII et XXVIII. Batavia , 1 860 , in-4'. 

Par Tauteur. Lettres adressées à V Académie des inscrip- 
tions, par M. Pauthier. Paris, 1862, in-8". 

— Cérémonial observé dans les fêtes et les grandes réceptions 
à la coar de Khoabilaî khan, traduit du chinois par M. Pau- 
thier. Paris, i862,in-8°. 

Par réditeur. Revue orientale et américaine, n** 43* Paris , 
1862, in-8'. 

Par Tauteur. Les Inscriptions assyriennes des Sargonides, et 
les Fastes de Ninive, par M. Jules Oppert. (Tiré des Annales 
de philosophie chrétienne.) Versailles, 1862, in-8^ 

PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1862. 

La séance est ouverte à huit heures par M. Reinaud , pré- 
sident. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu ; la rédaction 
en est adoptée. 

Est proposé et nommé membre de la Société : 

M. Auguste Barth. 

Le secrétaire annonce qu il a l'intention de faire , dans une 
séance ultérieure , une proposition , qu'il désire en attendant 
soumettre en conversation aux membres de la Société , pour 
les prier de réfléchir sur Tobjet dont il 8*agit. H voudrait 
proposer à la Société de donner à la Bibliothèque impériale 
la totalité des manuscrits qu'elle possède et qui lui viennent 
de dons et de legs très-divers. Il croit que ces manuscrits, 
réunis à ceux de la Bibliothèque , seraient plus utiles à la 



384 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

science , plus accessibles et plus certainement garantis des 
chances possibles de perte. La Bibliothèque impériale a d'an- 
ciens règlements et des habitudes de libéralité qui pourvoient 
parfaitement d*un côté à la sécurité des manuscrits, de l'autre 
côté à la facilite de leur communication et du prêt, et elle 
o£Prirait toutes les garanties désirables dans Tintérét de la 
science. Le secrétaire désire recueillir les opinions des mem- 
bres de la Société ayant de faire une proposition formelle; 
car il est évident que rien de pareil ne peut se faire sans être 
appuyé et légitimé par un assentiment à peu près unanime. 
M. Oppert donne des détails sur quelques nouvelles idées 
récemment émises sur la nature de la langue assyrienne et 
le déchiffrement des cunéiformes. 

OUVRAGES OFFERTS k LA SOGlETé. 

Par le Rév. Long. The historical Relations ofaneient Hinda 
tvith Greek medicine , by Allan Webb. Calcutta, i85o,in-8'. 

— Emancipation in the Westindies, by Underhill. Londres, 
1861, in-8'. 

— Indigo System in Lower Bengal, by the Rev. Long. Cal- 
cutta. 1862, in-8'. 

— Five handred Questions on the social Condition oj natives. 
Calcutta, 1862, in-8^ 

— The Hindu Systems (par Long). Calcutta, 1863 . in-8' 
(11 pages). 

— What shall we do with the Musalmans? (par Loug). 
Calcutta, in-8' (sans date, 10 pages). 

Par la Société de Calcutta. Bibliotheca indica : 
N' i83. The Marcandeya Purana, fasc. vu. 
N* 186. The Sanhita rf the hlack Yajur Veda, fasc. xvi. 
N" 26, 27, 28 de la nouvelle série. The Tarikhi Baihaki , 
containing the Kfe of Masaud, fasc. 5, C et 7. 
N" 29. The Siddhanla Siromani, fasc. 11. 
N* 3o. The Kavya darsa of Sri Dandin, fasc. i. 
N** ^2, The Sankhya aphorisms qf Kapila, fasc. 1. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 385 

Par rAcadémie de Lisbonne. Boletin do Conseïko ultra- 
tnatino, N" 62-66. Lisbonne, 1862, in-foL 

Par rAcadémie de Saint-Pétersbourg. Mémoires de V Aca- 
démie impériale de Saint-Pétersbourg , Vil* série, voL IV, 
n-1-9. 

Par rAcadémie de Vienne. Sitzungsberickte der K. Aca- 
démie der Wissenschaften, Classe philosophico- historique. 
VoL XXXVIII, cah.3, elvoL XXXIX, cah. i-3. 



The thovsand and on e nigbts, commonfy called, in Bnglatid, the 
Arabian night's entertainments, A new translation from the arabic, 
with copions notes, by Edward William Lane... A new édition , from 
a copy annotatedby the translater; edited by bis nephew, Edward 
Stanley Pôle, 3 vol. in•8^ London, John Murray, iSSg. 

La réputation de la version anglaise des Mille et une Nuits, 
dont le titre précède , est établie depuis longtemps. Elle est 
considérée par tous les connaisseurs comme la plus exacte 
et Tune des plus complètes qui ait été publiée. On sait de 
plus qu'elle »e recommande par un très-grand nombre de 
notes, dont plusieurs fort étendues, ou se trouvent éclaircies 
une foule d* allusions à des usages, à des particularités peu 
connues de la vie musulmane, à des cérémonies religieuses, 
ou bien à des croyances superstitieuses. C'est donc pour les 
amateurs de la littérature arabe une véritable bonne fortune 
de voir reproduire cet excellent travail, dont la première 
édition avait été publiée à un prix très -élevé. Celle-ci, donnée 
dans un format plus maniable, imprimée sur un plus beau 
papier, revêtue d*un cartonnage plus élégant, coule cepen- 
dant près de moitié moins. Elle renferme, en outre, un assez 
grand nombre de notes nouvelles , dues soit à Tauteur, soit 
à son neveu. 

Il est seulement permis de regretter que, soit M. Lane, 
soit son éditeur, n*ait pas revu ta traduction sur le texte de 
fédition de Calcutta , donnée par Sir W, Macnaghten. La 



386 SEPTEMBRE-OCTOBBE 1862. 

comparaison de la version anglaise avec ce texte, générale- 
ment correct, aurait permis d*introduire dans la première 
plusieurs leçons préférables à celles de Tédition du Caire, 
que M. Lane a suivie ]e plus souvent. C'est ainsi que dans 
rhistoire du portefaix de Bagdad et des trois dames, on voit 
le premier dire à celles-ci : « Mon cœur et mon esprit ne sont 
soucieux qu*à cause de vous ; je m*étonne que vous puissiez 
demeurer seules, n'ayant pas d'hommes avec vous, ni per- 
sonne pour vous amuser. Cependant vous savez qu'un festin 
ne peut avoir Heu que par la réunion de quatre personnes , 
et vous n'avez pas de quatrième , Jf jUj.iLlt ^^f qyy^ fi^U 
«jt^ ^jCJ U^ jUu^t J^ ift ciiu . Au lieu de iu.^UI «festin, » 
le texte suivi par M. Lane portant o^Ult «colonne,» ce sa- 
vant a ainsi traduit : « For ye know that the menareh stan- 
deth not firmly but on four walls. » Mais je n'hésite pas à 
préférer la leçon du texte de Calcutta. Dans Thistoire du 
cinquième frère du barbier, on entend l' esclave nègre de- 
mander : « Où se trouve la salière P » iiÀ*^ I (^ I • Telle est eu 
deux endroits la leçon de l'édition Macnaghten \ Au lieu du 
mot ïÀjC «salière, » M. Lane (t. I, p. 36) a donné la leçon 
«^uXÎ «Télégante,» qui désignerait une esclave.. 

Plusieurs des notes de M. Lane pourraient aussi donner 
lieu à des observations. Tome H « p. 3i a , note 69 , le savant 
anglais propose de changer y^' iaour, en ^yJ tetmoâr, dans 
un passage d'Ibn-Khallicân , relatif aux noces du calife Ma- 
moûn avec Bourân. Mais ce changement n'est pas nécessaire, 
le mot j(y taour, au pluriel ^tyt atw^r^ signifiant , ainsi qu'il 
a été déjà observé dans ce journal*, « un chandelier ou une 
lanterne. » Dans Fhistoire de Chems-eddin Mohammed et de 
Bedr-eddin Haçan,son neveu et son gendre, lorsque le virir 
fait venir un charpentier* et lui dit de fabriquer une figure 

* Tome I, p. 269, lig. 1» et p. 270, lig. 6. 

^ Numéro dVvril-mai 1861, p. /i65. Cï. nos Mémoires d'histoire orientale , 
p. 2 6 A, et le Glossaire mis par M. Wright en tête des Voyages d'Ibn-Djo- 
baïr, p. 18. 

^ 1 orne 1 , p. 1 g 1 , édition Macnaghten. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 387 

de bois , destinée à Bedr-eddin Haçan , o^;k aajJ \ô^ «;u»I , 
je crois que M. Lane a eu tort de traduire : « Fais pour cet 
homme une croix \ » Il est vrai qu il dit dans une note : « Le 
mot que je traduis par c une croix» signifie littéralement une 
effigie; mais je suppose que ce terme est employé unique- 
ment parée qu*une croix ofiBre une grossière ressemblance 
ayec un homme ayant les bras étendus. » On peut répondre 
à cela : 1** que les termes usités pour croix sont (^>^l^, KiJi^^ 
et p joé. *; 2* que si le charpentier avait reçu Tordre de pré- 
parer une croix pour Bedr-eddin , celui-ci n*aurait pu con- 
server le moindre doute sur le sort qui lui était destiné , et 
demander au vizir : « Que feras-tu de cette figure de bois ? » 
A quoi le vizir répond : « Je te ferai étrangler sur elle , j'y 
clouerai ton corps, puis je le ferai promener par toute la 
ville. » 

Vers le commencement de Thistoire de Kamar-Azzémân , 
il est question d*un coussin recouvert de salin , madiny, IsS^ 
3<>-*^| ^jJLUJI ^, M. Lane fait observer dans une note 
(t. II, p. 202] que madiny signifie probablement «fabriqué 
dans une place appelée Madin,^ «Je ne puis, ajoule-t-il, 
offrir quelque autre conjecture louchant sa signification dans 

» Tomel, p. 368. 

' Cf. M. Dozy, Dictionnaire détaillé des noms des vêtements chez les Arabes ^ 
p. 269, 370, note; 28A, note; et ce passage des Mille et une Naits: 
j^JuiJt J^^ <^ t*^y^^^3 c-S.<i^ [yy^î *^° dressa les croix et 
on plaça ces hommes à leur pied , afin de les y attacher. » ( Edition de Cal- 
cutta, I, i43.] Je ferai remarquer en passant que le verbe (_>uu^, à la se- 
conde forme , signifie empaler, et aussi , conoune fa observé M. Dozy, cru- 
cifier ( Glossaire sur le Bayano*l Mogrib , voc. ^>^^) ; mais dans le second 
des passages cités par ce savant, l'adjectif verbal passif, dérivé de cette se- 
conde forme , ne. peut avoir le sens de crucifié; il doit plutôt signifier 
«ayant les pieds retenus dans une espèce de bloc ou billot de bois , analogue 
au tc<jS^cundeh des Persans.» 

* Cf. Dozy, Glossaire sur le Bayano'l Mogrib , t. II , p. 7 ; et cette phrase de 

Makkary : ac jow ^^ ^ JUw ^^13 I a « Son cadavre resta sur sa croix , etc. » 
(édition de Leyde, t. II, p. 11, 1. i3); et cette autre d*lbn-Alatbir : aJLo 
9-àJl fjJ» Ciy*^ *^^ prince le fit mettre en croix; mais le cadavre fui 
enlevé de la croix.» (Tome VIII , édit. Tornbcrg, p. 3oa.) 



388 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

ce cas-ci, et comme mon cheikh ne me Ta pas expliqué, 
j*en conclus que lui aussi était dans Tincertitude à ce sujet; 
ce dont on ne doit pas s'étonner, vu que heaucoup de termes 
semblables ne sont plus compris. » On peut voir sur le terme 
madiny une note de feu M. Quatremère \ d après lequel cet 
adjectif est dérivé du nom de la ville de Madin , située dans 
TArménie , près du principal bras du Tigre. En6n , dans une 
note du troisième volume (p. 91, note 38) , M. Lane traduit 
uu passage dlbn-Âlouardy, où il est question des îles de 
Kharyan et Maryan, situées non loin de la côte de la pro- 
vince de Ghihr, au sud-est de TArabie. Le savant anglais, 
trompé par une mauvaise leçon de son manuscrit, a lu Khar- 
tan et Martan. Mais ce qui prouve que la vraie lecture est 
celle de Kharyan oué Maryan , c*est la manière dont elle est 
transcrite dans les Mémoires d'Alphonse d*Albuquerque: as 
ilhas de Curia Muria'. Aussi sur les cartes les plus récentes 
ne trouve-t-on que la forme Curia Muria. 

Ch. DEFRiMERT. 



Philosophie und théologie von ÀVERnoÊs herausgegeben von 
Joseph McLLER. (Tiré à part des Monumenta sœcalcaia de TÂca- 
démie de Munich.) Munich , iSÔg, in-4** (viii et i34 pages). 

L'annonce de ce livre est un peu tardive ; mais je n'en ai 
eu connaissance que très-récemment, et il est possible qu'il 
soit resté inconnu à d'autres que le sujet peut intéresser. 
M. MûUer a fait, en 1867 ^^ i858, un voyage en Espagne, 
où il s*est occupé particulièrement des manuscrits arabes 
de l'Escurial, autant que le permettaient les difficultés que 
la paresse et la mauvaise volonté des bibliothécaires de cet 
établissement le permettent à un savant étranger. Il a publié, 
comme premier résultat de sa mission, le traité arabe de 

' Histoire des Sultans mamlouks , t. II, i** partie, p. 33. 

' Cf. Quatremère, Journal des Savants, août i8â3, p. Â7A, et la DeS' 
criplion des côtes méridionales d'Arabie , par le capitaine S. B. Haines , trad. de 
langlais par J. Passama et J. de ia Vaissière de Lavergne. Paris, iSAg, 
p. AS, ^9, 5/i et suiy. 



NOUVELLES ET MÉLANGES. 380 

trois mémoires d* Averroês , qui se rapportent à un sujet com- 
mun , la liaison qui existe entre la philosophie et la théologie. 
M. Mûller promet prochainement la traduction et les notes 
nécessaires à Inintelligence du texte. 

Le même savant a publié, dans les Comptes rendus de 
TAcadémie de Munich de 1860, sous le titre de Momco- 
gedickte, un extrait d*un manuscrit de rEscurial , contenant 
le texte de trois poésies moresques , dans le dialecte espa- 
gnol mêlé d*arabe dont se servaient les Maures lorsqu'ils 
eurent perdu leur indépendance. M. de Sacy a le premier 
appelé Tattenlion sur cette partie de la littérature espagnole 
{Notices et Extraits, IV et IX), et M. de Gayangos en a traité 
plus en détail dans le Hfemorial historico espanol, vol. V, et 
dans sa traduction espagnole de l'histoire de la littérature 
espagnole par Ticknor. On lira avec plaisir les nouveaux 
documents que publie M. Mûller, qui explique dans des 
notes et un appendice les mots arabes employés dans le 
texte , et le système de transcription de l'arabe en espagnol 
dont se sont servis les Maures. — J. M. 



Die Grammatischen Schvlen der araber, von G. Flûgel. Pre- 
mière partie. Leipzig, 1862 , in-8** (xii et 266 pages). 

Ce mémoire forme le numéro 4 du vol. II des Abhandlangen 
de la Société orientale de Leipzig. M. Flûgel nous donne ici 
la première partie d'une histoire littéraire des écoles gram- 
maticales des Arabes; il y traite des écoles de Basra, de 
Roufa et des grammairiens éclectiques, jusqu'à Tan Aoo 
de l'hégire; il traitera des grammairiens de Baghdad dans 
la seconde partie. U expose méthodiquement, et avec le plus 
grand soin , l'origine et le progrès des différentes écoles , 
classe les auteurs, donne un abrégé de leur vie, indique 
leurs ouvrages , leurs disciples et leur influence. L'auteur à 
mis par cette monographie, à l'aide d'une érudition aussi 
étendue que précise, pour la première fois, de l'ordre dans 
cette partie obscure de l'histoire littéraire des Arabes ; on peut 



390 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

y suivre la succession des travaux innombrables des Arabes sur 
leur grammaire, et mettre à sa place chacun de ces noms qui 
flottaient dans la bibliographie arabe de la façon la plui 
indistincte ; il a même su donner un certain intérêt humain 
à un sujet qui ne promettait qu une nomenclature de noms 
d'hommes et de titres de livres , pour la plupart oubliés. C*est 
un véritable modèle pour des travaux spéciaux de ce genre, 
dont nous avons encore grand besoin avant d'arriver à une 
histoire satisfaisante de la littérature arabe. — J. M. 



Tbn wbeks in Japan, by G. Smith , Bishop of Victoria ( Hongkong). 
Londres, 1861, in-8* (xvi et 45q pages, une carte et huit gra- 
vures sur bois 

L'auteur de ce livre a fait une visite de curiosité au Japon, 
et a séjourné quelques semaines à Nagasaki, à Yookohamâ 
et à Jeddo. C'est un homme modéré, sensé et très- tolérant, 
qui rend agréablement compte de ce qu'il a va; mais on ne 
peut pas s'attendre à beaucoup de nouveau d'une visite ai 
courte et d'un voyageur ignorant de la langue. Il y a néan- 
moins quelques observations qui sont bonnes à recueillir. 
L'impression qu'il a re^ue du pays et des habitants est très- 
favorable, et contraste avec celle que lui a donnée la tourbe 
européenne qui se jette partout sur les pays qui s'ouvrent 
au commerce et qui donne le ton aux établissements nou- 
veaux, jusqu'à ce que des maisons sérieuses se fondent en 
assez grand nombre pour pouvoir tenir en bride ou exp>iiber 
les aventuriers par trop peu scrupuleux. En revenant en Eu- 
rope , l'auteur passe en Californie, où il s'intéresse naturel- 
lement, étant lui-même évéque en Chine, aux quarante 
mille Chinois qui y sont établis. Il y trouve, à son hor* 
reur, que le Gouvernement de cet État à moitié sauvage 
a fait une loi monstrueuse, selon laquelle le témoignage des 
Chinois n'est pas admis en justice, de sorte qu'on peut voler 
et tuer impunément des Chinois , aussi loi^emps qu'il n y 
a pas de témoin blanc. Il publie une lettre très-bien pensée 
et fortement écrite , qu'il a adressée k un juge du pays , sur 



NOUVELLES ET MELANGES. 391 

celle turpitude de la législation de gens qui se disent civi- 
lisés. — J. M* 



Voyage archéologique dans la régence de Tunis, exécuté en 
1860 et publié sous les auspices et aux irais de M. le duc de 
Luynes, par V. Guérin. Paris, 186a; 2 vol. in-8*. 

M. Guérin a parcouru une grande parlie de la régence 
de Tunis , et a recherché partout les restes de Tantiquité , 
surtout les inscriptions romaines, dont il a rapporté cinq 
cent trente-six, mais en partie très-frusles. Il a inséré ces 
inscriptions dans son ouvrage , et en a tiré la détermination 
de remplacement d*un assez grand nombre de villes antiques. 
Les archéologues s'empareront sans doute de ces inscriptions, 
que l'auteur parait avoir estampillées et publiées avec le plus 
grand soin, et sauront en faire leur profit. Les orientalistes 
trouveront dans son ouvrage une copie très-exacte de la cé- 
lèbre inscription bilingue de Thugga. Cette inscription se 
trouve aujourd'hui à Londres , où M. de Luynes Ta fait es- 
tamper, et la gravure qu'il en a fait exécuter pour Touvrage 
de M. Guérin la représente avec une grande perfection. Le 
monument lui-même, un des plus curieux de TAfrique, et 
unique dans son genre, n' existe plus que dans un état très- 
ruineux, grâce au vandalisme européen , qui , sous prétexte de 
la science , détruit partout les objets d*étude qu*une succession 
de races barbares avait respectés. Voici ce queditTauteurde 
l'état où il a trouvé les débris de ce magnifique mausolée : « II 
était aux trois quarts intact il y a dix-huit ans. Depuis cette 
époque, il a été en partie détruit par Sir Thomas Reade, alors 
consul général d*Angleterreà Tunis, qui en fit démolir toute 
une façade par les habitants de cette localité. Son but était 
d'enlever, afin de le faire scier en une tablette plus transpor- 
(able, un énorme bloc engagé dans la façade orientale du 
mausolée. Ce bloc , en effet , était couvert de deux inscriptions , 
l'une punique , l'autre libyque. Pour le détacher de la façade 
dans laquelle il était incrusté , il fallait retirer préalablement 
tous les autres blocs qui étaient superposés à ce dernier; 



392 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1862. 

mais comme les Arabes que Sir Thomas Reade employa à ce 
travail étaient dépourvus des moyens et des instruments né- 
cessaires pour Fexécuter méthodiquement et sans nuire à 
Tensemble du monument, ils précipitèrent du haut en bas 
ces blocs supérieurs , en les soulevant avec de forts leviers , 
et en tirant ensuite avec des cordes. Ces blocs, en tombant 
du sommet de Tédifice, brisèrent dans leur chute les angles 
des assises inférieures, Tébranlèrent lui-même en partie, et 
accumulèrent alentour un monceau de débris gigantesques , 
qui ne permettent plus maintenant de pénétrer dans Tinté- 
rieur des chambres d'en bas. . . Parmi les blocs épars , pèle- 
mêle entassés, qui obstruent les abords du monument, j*ai 
aperçu , du côté droit, le tronc d'une statue de femme ailée; 
la tête, les bras et les jambes manquent; j'ai remarqué aussi 
sur un bloc un haut relief représentant un char, traîné par 
quatre chevaux. Le conducteur qui les dirige est très-mu- 
tilé», etc. (Vol. II, p. 120 et suiv.) 

Toute cette dévastation a eu lieu pour enlever une inscrip- 
tion qu*il aurait sufB d'estamper, de photographier, et de 
faire graver aussi exactement que possible, pour répondre aux 
besoins de la science. On comprend parfaitement que l'on 
emporte de Ninive des bas-reliefs que l'exposition à l'air au- 
rait bientôt détruits , et que les paysans n'auraient pas manqué 
de convertir en chaux , comme ils avaient fait de tout ce qu'ils 
ont trouvé avant les fouilles de M. Botta. De même, rien 
n'est plus louable que le soin qu'a eu M. Newton de recueillir 
et de transporter à Londres tous les restes sculptés du mau- 
solée d'Halicarnassequ'ila pu retirer d'un monceau de ruines; 
mais qu'on se permette de détruire un monument parfaite- 
ment solide et que rien ne menace, pour pouvoir scier une 
inscription , est un acte de barbarie qu'on ne saurait assez 
dénoncer au monde civilisé. — J. M. 



JOURNAL ASIATIQUE, 

NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



TABLE DES MATIERES 



QUATRIÈME ET CINQUIÈME SÉRIES. 



Nota. Pour faire suite aui deux ftéries procëdentes , qui ëuient Jësignëes dans la 
Table drs matières par les lettres A et B , on a désigné ici par le lettre G U quatrième 
série et par la lettre D la cinquième. Le cliifTre romain indique le volume, et le chiffre 
arabe la page. 



Abbadides (L'Histoire des) est pu- 
bliée par M. Dozy . C , VIII ,21. 

Abbadie (M. Antoine d'). Lettres 
sur les langues éthiopiennes. 
C, II, 102. — rapporte en 
France de nombreux ouvrages 
sur la littérature des Abyssins. 
C, XII, 127. — Lettre à 
M. Mohl sur ses travaux en 
Ethiopie. Ihid. 3'jo. — Note 
Huria numismatique ibérienne 
deM. Bouchard. D, IX, 463. 
— Travaux récents sur la lan- 
gue basque. D, XIII, 88. — 
donne le catalogue des manus- 
crits éthiopiens. Notice. D, 
XIV, 5o. — publie une édition 
du Poiteurd'Hermas.D. XVIII, 



Abbadie (M. Antoine d'). Notice 
sur les vocabulaires de TAfri- 
que centrale de H. Barth. D, 

XIX, 419. 

Abbassides (Monnaies des kha- 
lifes). D, XX, 189. 

Abd-el-Hamid-Bet (Hadji) de- 
mande des instructions à la So- 
ciété asiatique de Paris. C,. 
XIII, 553. 

Abd-el-Kader (L'Émir), auteur 
d*un traité sur les sciences. D, 
XII, 4o. 

Abd-el-Latif-Mirza , prince ti- 
mouride. Son histoire. D , XX , 
278. 

Abdery ( El-) , auteur d'un voyage 
dans l'Afrique septentrionale. 
D,IV, i44. 

2G 



394 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



Abod-DjÀpar-Ahmed , auteur d*un 
traité de médecine en arabe. 
0,1,289. 

Abod-Hafss - Omar , gouverneur 
de Tunis. C, XX, 2 23. 

ÀBOtJ-KHODJA. Le texte de son 
Précis de jurisprudence musul- 
mane est donné , par M. Keij- 
zer, àLeyde. D, XVIII, 42. 
^ Aboc'l-féda. Observations sur 
deux passages de sa Chronique. 
C, I, 379. — Ms. arabe ren- 
fermant la continuation de son 
histoire. C , VIII , 5 1 o. — Le 
tome I" de sa Géographie est 
traduit. C,X, 263. C, XII, 
108. 

Aboc^l-Mahasin. Sa chronique 
de rÉgypte est publiée par 
M.JuynbolLD, VIII,32. 

Aboo'l-Wafâ. Son traité des cons- 
tructions géométriques ana- 
lysé. D, V, 218. — Sa vie et 
ses écrits. Ibid. ai 3. — Ré- 
daction de son traité de géo- 

. métrie. 76i(2. 309. — (Sur un 
calcul d').D, XV, 281. 

Abou-Mansour (de Hérat). Le 
texte de son traité de médecine 
est donné par M. Seligmann à 
Vienne. D,XVI1I, 90. 

Abod-Moslem, célèbre généré! 
musulman. — (Détails histo- 
riques sur). D, XX, 81. — 
Roman dont il est le héros. 
Ihid. 9 1 . 



Abou-Nowas, poète arabe. Le 
texte de son Divan sera donné 
parM.Ahlwardt.D,XVIII, 4o.' 

Abou-Saïd, sultan mongol. C, 
XVII, i52. 

Abod-Saïd-Mirza , sultan timou- 
ride. Histoire de son règne. D , 
XX , 3o/i . 

Abod-Yahia, — Zakaria. — 
Abou-Bekr , princes hafssides. 
Leur histoire. C, XVII, 63. 

Abod-Yézid-Mokhalled ( Docu- 
ments sur), traduits. C, XX , 
470. 

Abod-Youssodf, célèbre juris- 
consulte musulman. C , XX , 

4l2. 

Abod-Zakariy A- Yahya .grammai- 
rien hébreu. Voyez Iehodda- 
Hayyoudj. 

Académie des sciences (Une) est 
fondée à Constant! nople. C, 
XX, 25i. 

AçAFiR ( Les chamelles) , dans le 
roman d'Antar. C , XII, 433. 
— (Observations de M. de 
Hammer sur les). C, XVIII, 

98. 
AcHÉMÈNiDES. Voycz Inscriptions 

et Oppert, 
Acte de yente ( Spécimen d*un ) 

en arabe. D,XII, 697. 
Ada ou Aadi , chef des Kurdes 

Hekkari qui habitent dans le 

voisinage de Mossoul. D , VI , 

469. 



TABLE DES MATIÈRES 
Adam (Apocalypse ou testament 
d*), livre gnostique en sy- 
riaque. D, II, 4 s 7. — Combat 
(l*Adam et d'Eve ; titre d'un 
livre éthiopien, traduit par 
M. Diiimann. Ibid. 470. 
Adjectifs (Des) dans la langue 

assyrienne. D, XV, 1 13. 
Administration chinoise. D, III, 
28. — des bureaux. Ibid. 34. 

— des agents subalternes. 
Ibid, 39. — militaire en 
Chine. D, IV, 474. 

Adonîm ben-Tamîm, philologue 
hébreu. C, XVI, 7. — Ses 
écrits. D, XX, 202. 

Adverbes (Des) dans la gram- 
maire assyrienne. D, XV, 376. 

Aédon et Chélidonis , mythe asia- 
tique; son origine. D, VI, 
34o. 

/Elius Gallus (Expédition d') 
enArabie. C. XVI,266. 

Afghane ( Une grammaire) est due 
à M. G. Raverty. D. XII, 78. 

— (Notice des ouvrages du 
major Raverty sur la langue). 
D,XIX,25i. 

Afghanistan (Découvertes dans 
r)par T. Prinsep. C,VI, 43. 

— (Peuplades de 1). D, VII. 
524. 

Afrique centrale (Notice sur les 
vocabulaires des langues de 
r). D, XIX,4i9. 

Afrique septentrionale (Mots 



DES IV ET V SÉRIES. 395 
usités dans ie langage de Y). 

C, XIII, 63. 

Afrique septentrionale. 2' ar- 
ticle. Ibid, 537. — décrite par 
El-Abdery. D, IV, i44. — 
Poésies ai;abes en Afrique. D, 
XV,4i8. 

Afrique septentrionale décrite 
parEl-Bekri. D,XII, 4i2. — 
Suite. Ibid. 497. — Suite. D, 
XIII, 58. — Suite. /6id.3io. 
— Suite. Ibid. 469. — Fin. 

D, XIV, Il 7.— Index. Ibid. 
i3/i. 

Aga, terme mongol qui signiBe 
seigneur; s'est introduit dans 
tout rOrient musulman. D, 
III, 485. 

Age de fer ( Tableau de T ) , tra- 
duit de Tbindoui. C, XIX, 
55i. 

Age D'OR, recherches sur cette 
tradition. D, VI, 5o5. 

Aghmat, ville de r Afrique septen- 
trionale , décrite. D , XIII , 4 1 1 . 

Agriculture (De l') en Chine; 
direction et surveillance; po- 
lice rurale, otc. D, IV, 286. 

Ahlwardt (M. W.) de Greifs- 
wald, fait paraître le poème 
de KhalefelAhnar. D, XVII, 

. 276. — D, XVm, 53. — 
donne une édition du texte 
d'El-Fakhri. D, XVIII. 29.— 
commence la publication d*A- 
bou-Nowas. Ibid. 4o. 

26. 



396 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 

Ahmed, fils d'Abd-Allali (Më- Alfiya (L') d'Ibn-Maiik est pii- 



moire sur). C, VI, 345. 

Ahmed-Baba, auteur d'une com- 
pilation arabe intitulée Tekmi- 
let ed'dibadj . D, I, g 3. 

Ahmed-Ependi. Sa relation turque 
de la prise d'Alger traduite. D , 
XX, 319. 

Ahmed-HAtif (Séyid), poète 
persan. Ses trois odes mys- 
tiques publiées. D , VII , 1 3o. 

Ahmed-Khân, auteur de l'His- 
toire de Dehli. D , VIII, 532. 

— Extrait de ce livre. D, XV, 
5o8. — Suite. D, XVI, 190. 

— Suite. Ibid. 392. — Suite-. 
Ibid. 521. — Fin. D, XVII, 

77- 

Akhdam de l'Yémen, parias de 
l'Arabie méridionale. C , XV, 
376. 

Aksonkor, prince de Moçoul et 
d'Alep au xii' siècle; est as- 
sassiné par les Ismaéliens. D , 
III, 4o8. 

Ala - Eddin - Djodeîni , historien 
persan. — : Extrait. C, XX, 
370. 

Albirodni. Voyez Birouny. 

Alem (El-). L'ensemble des 
êtres créés, le monde univer- 
sel; définition de ce mot par 
un philosophe arabe. D, I, 
262. 

Alemguir-Nameh. Histoire d'Au- 
rengzeb. Extrait. C, VII, 362. 



bliée à Leipzig. C, XVIll, 
1 4o. — Notice sur une édition 
nouvelle par M. Dicterici. D 
I, 575. 

Algèbre (L') chez les Arabes. 
CXVni, 139.— D,n,323. 

Algébriques (Notations) em- 
ployées par les Arabes. D , I V, 
348. 

Alger (Blxpédition de Mourad- 
Bey contre). C, XVÏII, 36. — 
( Prise d' ) racontée par un Al- 
gérien. D,XX, 319. 

Algérien (Conjugaison arabe 
dans le dialecte). D, IV, 338. 

Ali-Cuîr-Névâii, célèbre poêle 
turc du XV* siècle. — (Notice 
biographique et littéraire sur). 
D,XVn, 175. — Suite. Ibid. 
281. — Ses rapports avec le 
poète Djâmi. Ibid. 3i4. 

Ali-ben Isa, médecin arabe. Son 
ouvrage publié par M. Hille. 
C,X, 149. 

Alkhayyâmi (Omar). Son traité 
d'algèbre est publie. Analyse. 
D, II, 323. — Note sur ses 
rubaijât ou quatrains. D, IX, 
548. 

Allah , Dieu. De l'emploi de ce • 
nom dans la composition des 
noms propres et des titres mu- 
sulmans. D, III, 463. 

Allemagne (Société orientale d'). 
Voyez Leipzig. 



TABLE DES MATIÈRES 

Allemande (Société orientale). 
Ses travaui. C, Vllf, 16. — 

c,x[i,97.— c,xvnr,i2i. 

Allitération (De T) dans la rhé- 
torique musulmane. C, IX , 
286. 

Almérie, ville autrefois célèbre 
pour ses métiers à tisser. D , 
Il[, 168. 

Almohades (Notice sur Thistoire 
(les). C,X,33o. — C, XII, 
io5. — C, XIII, 309. 

Alp Arslan (Règne d*), sultan 
seldjoukide. G, XI, 43 1. 

Alphabets européens (Des) ap- 
pliqués au sanscrit. — Annexe 
aucahierde juin- juillet 1 860. 
— Observations de M. Lance- 
reau sur ce mémoire. D, 
XVII, 97.— Lettre de M. G. 
de D. sur le même sujet. Ibid. 
469. — Notice. D, XVIII, 
57. 

Alphabet harmonique mongol- 
galikh, tibétain et pa'-sse-pa. 
b, XIX, 36. 

Alwis (M. J. de) publie une 
grammaire cingalaise. D, XII, 
90. 

Aman (Définition de Y) ou am- 
nistie dans le droit musulman. 
G, XVII, 568. — G, XVm, 
290. — G, XIX, 619. - — ac- 
cordé par les hétérodoxes mu- 
sulmans. D»I, 39. 

Amari (M. Miche)). Description 



DES IV ET V SÉRIES. 397 
de Païenne traduite d*Ibn- 
Haucal. G, V, 73. 
Amari (M. Michel). Extrait du 
Voyage en Orient de Moham- 
med-ebn-Djobaîr. G, VI, bô'j. 

— Suite. G, VII, 73.— Suite 
et fin. Ibid, 301. (Voyez les 
observations sur ce travail. 
G, IX,35i.) — Questions phi- 
losophiques adressées aux sa- 
vants musulmans par Tem- 
pereur Frédéric II. D, I, 240. 

— fait paraître à Londres la 
traduction du Solwan, D, II, 
1 44 . — Publie , à Florence , le 
tome I" de l'Histoire des mu- 
sulmans en Sicile. D, VI, 47. 

— Sa Bibliotheca arabo-sicula. 
D,XII. 3i. 

Ame (L*). Ses subdivisions, son 
immortalité, etc. dans la phi- 
losophie arabe. D, I, 269. 

Américaine (Société orientale). 
Ses travaux. G, XVHI, 121. 

— D,I[, ii5. — D, VI, 20.. 

— D, VIII, 25. — D, XII, 
22. — D, XIV, 66. — D, 
XVI, 35. — D, XX, 29. 

Amiables (Des nombres) d*après 
une théorie arabe. G, XX, 

Amin (Khalifat d'EL-) d'après le 
Pseudo-Fakhri.G, VII, 327. 

Amour (L') considéré comme 
une maladie du cerveau dans 
la médecine arabe. D, I, 3o6. 



398 



NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 



AmrAn, daus Tancienne Babyio- 
nie. Résultat des fouilles faites 
en cet endroit. D, 1, 492. 

ÂNALECTA SYRIACA (Les) sont pu- 
bliés par M. P. de Lagarde. 
D, XIII, 96. 

Analectes sur l'histoire et la lit- 
térature des Arabes d'Espagne. 
— Plan de cette publication. 
DJV,444. 

An ARIENS (Des peuples) ont existé 
dans Tancienne Médie; leurs 
noms. D, X, 197. 

Ancien Testament (Les préceptes 
de r) traduits de l'arabe. D, 

XIV, 448. — Suite et fin. D, 

XV, 5. — Texte. Ibid. 20. 
Anges, démons et génies, d'après 

les musulmans. D, VII, 147. 

Ani, ancienne capitale de l'Ar- 
ménie (Les ruines d'), par 
M. Brosset. — Notices. D, 
XVII, 465. — D. XIX, 529. 

Annuaire arabe de Gonstantinc. 

. C,X, 259. 

Annuaire de l'empire oltoman, 
pour l'année 1847 (Notice sur 
r). G, X, 177. — Suite. G, 
XI, i. — Suite et fin. Ibid. 
293. — pour l'année i85o- 
i85i.G,XVII, 48i. —pour 
l'année suivante. Notice. G, 
XX, 245. 

Annuaire des établissements fran- 
çais dans l'Inde. G, XVIil, 
99- 



Ansarisou .Ansariens (Notice sur 
les). G, XI, 149. — Décou- 
verte d*un manuscrit qui les 
concerne. G, XÏI, 72. — Ibid. 
485. 

Antar (Episodes du roman d') 
traduits. G, V, 5. — (En 
Perse). G, XII, 433. — 
2' article. G, XIII, 376. — 
Fin. G, XIV, 5i4. — Autre 
extrait (le roi Nomân). D, I, 
5. — Notice sur un manuscrit 
d').D,VII,256. 

Antiquités assyriennes (Lettres 
sur des découvertes d*). G, 
VII, 280. 

Antiquités babyloniennes (Let- 
tres sur les). 1" partie. D, I, 
485. — Seconde et dernière 
partie. D, H, 5. 

Anvari - sUHEÏLi , livre de morale 
en persan ; est publié en An- 
gleterre. D, VI, 68. • 

AouDAGMAST, ville grande et très- 
peuplée dans le Soudan; dé- 
crite. D, XIII, 473. — Ibid. 
494. 

AovAÉ et sa généalogie ( Extrait 
sur). G, IX, 5. 

Apamée en Syrie (La forteresse 
d') tombe au pouvoir des Is- 
maéliens. D, III, 38o. 

Apothicaires (Inspection des) 
par la police musulmane. D, 
XVI, 386. 

Aqueduc de Garthage décrit par 



TABLE DES MATIÈRES 
le voyageur arabe El-Abdery. 
D, IV, i66. 

ÂRABAii, chariot employé par les 
Turcs. C, XVI, 60. — Cha- 
riot de guerre. C, XVII, 462. 

Arabe (État de la liltëraturc) 
chez les populations chré- 
tiennes de la Syrie. D, IX, 
465. — Supplément à cet ar- 
ticle. D, X, 468. — (Remar- 
ques sur la déclinaison). C, 
IV, 209. — (Histoire delà lit- 
térature ) par M. de Hammer. 
Notice. D, II, 117. — (Pro- 
grès de la littérature). C, I, 
497.— C, IV, 19. ~C, VI, 
19. — C, VIII, 17. — C, 
XII, 100. — C, XIV, 18.— 

C, XVIII, 123. — D, II, 
117. — D, VI, 22. — D, 
VIII. 27. — D, XII, 23. — 

D, XVIII, 21. — (Sur les 
formes artificielles de la poé- 
sie). C, XIV, 248. — (Paléo- 
graphie) d'après les inscrip- 
tions du Caucase. D, XX, 98. 

Arabes (L'Histoire des) en Afrique 
est publiée. Notice. C, VIII, 
2 3. — Origine et formation 
de leur dialecte. D, VI, 549- 
— Observations sur ce dia- 
lecte. D, XVm, 357. — (De 
Tari militaire chez les) au 
moyen âge.C, XII, 193. Voyez 
aussi lieinaud. — (Des) avant 
fislamisme. L'Essai sur leur 



DES IV ET V SÉRIES. 399 

histoire est publié par M. Caus- 

sin de Perceval. Notices. C, 

Xn, 101. 

Arabes (Les) avant l'islamisme, 

C, Xm, a65. — C, XIV, 
19. — Lettre sur le même 
ouvrage. C, XVI, 266. — 
(Chevalerie des). C. XHI. 5. 
— D, VI. 282. — (Fem- 
mes) avant et depuis l'isla- 
misme , par M. Perron. Notices 
sur ce livre. D, XIV, 3o, — 

D, XVn. 459. — (Histoire 
naturelle chez les). D, IV, 
21 4. — de Sicile. Leur his- 
toire est publiée par M. Ama- 
ri. Notice. C, VIII. 21. — 
(De la médecine chez les). 
Deux ouvrages sur ce sujet 
sont traduits par M. de Son- 
theimer. C, VI, «6. — Voyez 
aussi Sanguinelti, DuffaL — 
( Voyages des ) dans l'Inde , etc. 
C , VIII, 25. — Études sur ce 
travail. Ibid. i3i. — (Philo- 
sophie des). Voyez Renan, 
ÂmarL — (Travaux sur les 
mathématiques des). Voyez 
Woepcke , SédlUot 

Arachnides, d'après les natura- 
listes arabes. D ,^ IV , 2 1 4 . 

Araméenne (Inscription) trouvée 
à Memphis. D, VII, 407. 

Arbalète chez les musulmans 
au moyen îige. C,^XII, 208. 

ArbÈles (Champ de bataille d') 



400 NOVEMBRE-DE 

reconnu par M. Place. C , XX» 
445. 

Arbèles (Ville moderne d') dé- 
crite. Ihid, 456. 

Arc ( De r ) chei les Arabes. C , 
XU, 207. 

Archipel d'Asie (L') d'après Ibn- 
Batou^a. C» IX , 93.— /6i(Z. 2 1 8. 

Archipel indien (Le journal de 
r) est rédigé par M. Logan. 
D, XVI, 34. 

A ri EL (M.). Extrait concernant 
Aovaé et sa généalogie. C, IX, 
5. — Tchorapantchaçat, pu- 
blié et traduit. C, XI, 469. — 
Sur les Kura] de Tiruvalluvar. 
C, XJI, 4i6. — Suite et fin. C, 

XIX, 38i. — (Notice sur). D, 
VI, i3. — (Legs de). D, VII, 
428. — (Rapport sur les pa- 
piers de). D, X, 201. — D, 
XI, 278. — Ibid. 475; — D, 

XX, 382. 

Aristote (Aphorism€s d') d'a- 
prës les auteurs arabes. D, 
VIII, 34o. 

Arithmétique indienne (Intro- 
duction de r) en Occident, par 
M. Woepcke; notice sur ce 
mémoire. D,XVm, 48. 

Arménie (Études sur les ciiants 
historiques de Tancienne). C, 
XIX, 5. — (Royaume de la 
Petite). Sou organisation poli- 
tique, religieuse et adminis- 
trative. D, XVII, 377. 



CEMBRE 1852. 

Arménie (Royaume de la Petite). 
Suite et Bn.D, XVIII, 289. 

x'^RMÉNiEN (Discours prononcé au 
collège). D, XX, 197. 

Arménienne ( Progrès de la litté- 
rature). C, I. 520. — C, IV, 
49. —C, XVIII, 167. — D, 
VIII, 62. —D, XII, 68. 

Arméniens (Fragments tirés des 
historiens) sur les Mongols. 
D,XI, 192, 462 et 48i. — 
( Monuments) de Pépoque rou- 
pénienne. D, V, 263. 

Armuriers en Orient. D, III, 66. 

Arnaud (M.). Relation de son 
voyage à Mareb (Saba). C, V, 
211. — Suite. Ibid, Sog. — 
Les Akhdam de TYémen, leur 
origine , leurs mœurs. C , XV, 
376. 

Aromates. Diverses manières de 
ies falsifier; surveillance que 
la police musulmane exerce 
sur' ceux qui les débitent. D, 
XVII, 5. 

^rsace (Inscription d'). C,^XIX, 
212. 

Asiatiques ( Sociétés et journaux). 
Voyez Société, 

Asie centrale (Langues de V). 
C, XVI, 283. 

Asie Mineure (Lettre sur les an- 
tiquités deT). D,IV,49. 

Asîla, ville du littoral africain , 
voisine de Tanger ; décrite. D, 
XIII, 32 5. 



TABLE DES MATIERES DES IV ET V SÉRIES. 401 



AssAM (Expédition au pays d'). 
CVII, 36i. 

Ass/issiNS (Documents sur les). 
D, II, 269. Voyez Ismaéliens, 

Associés étrangers (Les) seront 
choisis désormais en dehors 
de la Société. D, XVII, 2 58. 
— Ibid. 457. 

Assyrien (Dieu) nommé Sémi- 
ramis.C, XVII, 465. — (Al- 
phabet) tiré de Tinscription 
de Behistoun. D, III, i55. 

Assyrienne ( Éléments de la gram- 
maire). D, XV, 97. — Fin. 
Ibid. 338. — (Règles géné- 
rales de la syntaxe). /6t(L 
387. 

Assyriennes (Études). Voyez Op- 
pert, de Saulcy, Batla, 

AsTARTE (Inscription phénicienne 
en rhonneur de la déesse). D, 
XX, 376. 

Astronomes arabes. Leur calcul 
sur la mesure de la circon- 
férence du cercle. D, 
281. 

Astronomie indienne (Tn 
surr).D,XVm, ii3MCaI 
culs astronomiqu^faitsàrob- 
servatoire de Demi. D, XVI, 
54i. 

Atabeks de Syrie et de Perse. 
Extrait de Thisloirc de Mir- 
khond. C, XVI, 93. - du 
(laucase. Inscriptions de cette 
dynastie. D, XX, 1 i3. 



cuu* 



AtescHtKedeh ou biographie des 
poètes persans, publiée par 
N. Biand. Notice. C, IV, 3 18. 

AuGAPiTAiNE (Le B"° Henry). 
Origine arabe des marabouts 
dans les tribus kabyles. D, 

XIV, 265. — Origine et his- 
toire des tribus berbères de la 
haute Kabylie. Ibid. 273. 

Auteurs orientaux publiés par 
la Société. CXVU, 601. — 

C, XVIII. 11 3. — (Règlement 
pour Texécution des). C, XIX, 
563. — Ouvrages adoptés. 
/6ic^.564. — C, XX, 21.— 
Progrès de cette publication. 

D, II, 110. — Voyez aussi D, 
IV, 22. — D, VI, i5. — D, 
VIII, 23. — D, XX, 19. 

Auxiliaires (Des) dans les ar- 
mées musulmanes. Lois qui 
les régissent. D, II, 471. 

AvATARAS (Des) de Vischnou 
dans leur opposition au sys- 
tème du Bouddha. D, X, 507. 
VERROÈs (Manuscrit d*). G, 

XV, 390. — A verroès et TAver- 
roîsme par M. E. Renan. Ana- 
lyse de ce livre. D, II, 90. — 
(Travaux sur) par M. J. Mûl- 
ler. Notice. D. XX, 388. 

AvESTA (Delà géographie de V). 
D, XIX, 482. 

Avoir (Le verbe) ne peut être ex- 
primé littéralement en arabe. 
D, X, 455. 



NOVEMBKEDEGEMBRE 1862. 

âyin-Akberi c instituiesd'AkJbai' ». 
Extrait de ce livre sur une 
question de physique. D, XI, 
393. 



402 

Avoir (Le verbe). Son identité 
de rôle avec le verbe arabe 
(jl^lié à un autre verbe. D, 
XIII, 293. 



B 



Baal ou Bel, divinité chana- 
néenne ; observations sur ce 
nom. D, XIII, 261. 

Baba-Saltouk, ville; sa descrip- 
tion. C, XVI, 193. 

Babel est aujourd'hui un tumu- 
lus entre Bagdad et Hillah; 
recherches de ces ruines. D, 

VI, 53e. 

Baber (Mémoires de). Le texte a 
paru à Kazan par les soins de 
M. Ileminski. D, XII, 71. 

Babour-Mirza ( Aboul-Kaçem), 
prince timouride. Détails sur 
son règne. D, XX, 289. 

Babul-Abwab. Voyez Derbend- 
Nameh, 

Babylone (Étude topographique 
sur) par M. Fresnel. D, 1 , 52 
— ; Son emplacement primitil 
D, 11,47. — D, VI, 525 
Son mur d'enceinte. D, II, 7. 

Babylonie (Un mémoire sur la 
littérature ancienne de la) est 
publié par M. Chwolson. No- 
tice. D, XVIII, 63. — (An- 
tiquités et 'inscriptions de la). 
Voyez Frestiel, Oppert, de 
Saulcy, Menant 



Badeghis, district du Khoraçân, 
décrit. D, XVI, 499. 

Badia, grande ville de T Afrique 
septentrionale. Ses monu- 
ments sont décrits par El- 
Bekri.D,XIII,75. 

Baecker (M. Louis de), auteur 
d'une grammaire des langues 
de France comparées au sans- 
crit. D, XV, 280. 

Bagdad (Note sur le nom de). D, 
IX, 447. — Cette ville est 
prise et ruinée par l'armée de 
. Mangou-Khân. D, XI, 486. 

Bagh o Bauab, roman biadou- 
stani. Analyse. C, VII, 386. 

Bahman - Abdeschir , ville. D , 
tVm, 207. 
lie (M. Neil) publie à Lon- 
L deux traités de juri^u- 
d^plmu8ulmane.D, II, i4o. 

Bains en Qûent; règlements de 
police qm les concerne. D, 
XVII, 38. 

Bakhtiechou, fils de Djourdjis, 
célèbre médecin du khalife 
Haroun ar-Rachid. D, VI, 
139. — Voyez aussi /aftAei- 
chou. 




TABLE DES MATIERES DES IV ET V SERIES. 403 
Bakou, ancienne ville du Cau- Barbigr de Metnard (M. C.) 



case (Inscription trouvée à). 
D, XX, 112. 
Balance ( Livre d'Euclidc sur la). 

C. XVIII, 225. 
Ballantyne (M. James). Ses tra- 
vaux sur la grammaire sans- 
crite. D, XIV, 8o. 

Baratayeff (M. le prince) envoie 
un médaiHier géorgien à la 
Société. C, IX, 187. 

Barb (Mw), à Vienne. Sa théorie 
du verbe persan. D , XVIIÏ, 9 2 . 

Barbier de Meynard (M. C). — 
Notice sur Mohammed ben 
Hassan Ech-Cheîbani , juris- 
consulte musulman. €, XX, 
4o6. — Tableau littéraire du 
khorassân et de la Transoxiane, 
etc. traduit de l'arabe. D, I, 
169. — Seconde partie. D, 
III, 291. — Lettre datée de 
Téhéran (sur sa collection de 
livres et de manuscrits per- 
sans). D, VII, 267. — Desi 
cription historique de la 
de Kazvin , traduite du pei 

D, X, 267. — est adjoint à 
M. Derenbourg pour la publi- 
cation des Prairies a or. D , XI , 
280. — D, XII, 17.— Compte 
rendu de la traduction duGu- 
listan par M. Defrémery. Ibid. 
599.* — Notice sur le Lexicon 
(jeo(jrapliicum de M. Juynboll. 
1). XIII, 558. 



l^s- 



— prépare dès extraits du 
grand dibtiôàiBaire de Yakout. 
D, XIV. 28. — Notice sur ce 
travail. D . XVIII , 3î5. — No- 
tice sur l'Histoire de la cam- 
pagne de Mohacz. D, XV, 
438. — Extraits de la chro- 
nique persane d'Hérat , traduits 
et annotés. D , XVI , 46 1 . — 
Suite. D , XVII , 438. — Suite. 
Ibid. 473. — Fin. D, XX. 
268. — rend compte d'un ou- 
vrage persan offert à la Société. 
D. XIX. 5o3. — Ambassade de 
rhistorien turc ^ Vi^-B(fidi|<ti- 
cn Espagne. Ibid. 5o5. '^— 
Coup d'œil sur les monnaies 
musulmanes . d'après Djevdet- 
Efendi. D.XX,i83. 

Barca, ville de l'Afrique septen- 
trionale décrite par El-Bekri. 
D, XII. 422. 

BARGàs (M. labbé). Tradition 
musulmane sur les magiciens 
de Pharaon. C . II . 73. — Actes 
notariés traduits de l'arabe. 
Ib. 2 1 5. — Explication d'une 
épitaphe hébraïque, fbid. 455. 

— Extrait du livre Le don bien- 
faisant. C.VII, 485. — Lettre 
de M. Reinand sur ce travail. 
C , VIII , 221. — Note sur une 
inscription bilingue. C, IX, 
210. — sur un nouveau dic- 
tionnaire arabe. C, XI, 96. 



404 NOVEMBRE-DECEMBRE 1802. 



Baiksès (M. Tabbé). Extrait d'un 
ouvrage intitulé Souvenirs de 
la province d'Oran, etc, C, 
XII, 472. — Notice sur le 
dictionnaire arabe de Farbat. 

C, XIV, 87. — Excursion à 
Sebdou. Ibid. 2 1 3. — Termes 
himyariques rapportés par un 
écrivain arabe. Ihid. 337. — 
Ëxplicatioti relative au même 
écrivain. C, XVI, 247. — pu- 
blie THistoire des Béni*Zeyian. 

D , II , 1 2 8.— Lettre à M. Mohl 
sur un papyrus égypto-ara- 
méen. D, XIX, 4a4. 

Bâbker (M. B.) publie deux 
livres élémentaires pour Té- 
tude du turc; analyse de ces 
ouvrages. D, IV, '2 4 6. — pu- 
blie une histoire de Grimée. 
Notice. D, V, 586. 

Barkiaroc (Sur un dinar de). 
C, VI, 3o6. — (Histoire de). 
G, XII, 269. — (Recherches 
sur le règne de). D, I, 425. 
— Suite et fin. D, II, 217. 

Barmjécides (Note sur les) par^ 

E, Quatremère. D, XVII , io5. 
Baroud, nom arabe de la pou- 
dre ; a pu désigner le salpêtre. 
C, XV, 220. 

Barth (Henry) publie les voca- 
bulaires des langues de l'A- 
frique centrale. Notice. D, 
XIX, 419. 

Barthélémy (M.) trouve en 



Egypte une lettre de Mahomet. 

D, IV, 482. 
Barthélémy Saint-Hilaire (M.). 

Son livre intitulé le Bouddha 

et sa religion. D, XVIII, 1 19. 
Bascumouriqde, ancien dialecte 

parlé dans TEgypte moyenne; 

recherches sur son origine. D, 

XIII, 209. 
Basque (Travaux récents sur la 

langue). D, XIII, 88. — (Un 

traité du verbe) est pi:^blié par 

Tabbé Inchauspe. Notice. D, 

Basra, ville de T Afrique septen- 
trionale. Ses différents noms, 
ha description. D, XIII, 3a2. 

Batayia ( Société orientale de). 
Notices sur ses publications. 
C,XII, 97.— C, XIV, i3. 
— G, XVm, 118.— D,VI, 
20. — D, Xn, 21. 

Bathiniens ou Assassins. Détails 
. sur cette secte. D, II, 269. — 
Leurs forteresses principales. 
Hbid. 274. — Ils sont attaqués 



^Êbià 



Barkiaroc. Ihid, 277. Voye» 
aussi Ismaéliens, 
Bazin aîné (M.). Rapport sur une 
version chinoise des fables 
d'Ésope. G, I, 268. — Mé- 
moire sur les principes géné- 
raux du chinois vulgaire. G, 
V, 346. — Suite. Ihid, 469. 

— Suite et fin. — G, VI, 89. 

— Rapport sur un manuel de 



TABl.E DES MATIERES 
chinois vulgaire. C, VIII, 
356. 
Bazin aîné (M.). Rapport sur une 
chreslonialhie chinoise publiée 
à Ning-po. C, XI, 86. — Le 
siècle des Youên , tableau his- 
torique de la littérature chi- 
noise. C, XV, 5. — 2* article. 
Ibid, 1 o 1 .— 3* article. C , XVI , 
A-iS. — 4* article. C, XVII, 
5. —5' article. Ibiil. i63. — 
6" article. Ibid. 309. — 7* ar- 
ticle. Ibid, 497. — 8* article. 

C, XVIII, 247. —9* article. 
Ibid. 517. — lo' article 
(3™" partie). C, XIX, 435.— 
Recherches sur les institutions 
municipales et administratives 
de la Chine. 1" mémoire. D, 
III, 5. — 2* mémoire. D, IV, 
249. — 3* mémoire. Ibid. 
445. — prépare une gram- 
maire de la langue mandarine. 

D, VIII, 81. — Recherches 
sur l'origine , l'histoire et la 
constitution des ordres reli- 
gieux dans l'empire chinois.' 
Ibid. io5. — Notice sur le 
collège médical de Péking. 
Ibid. 394. — publie une 
grammaire mandarine; note 
sur ce livre. D , IX, 558. — 
Notice sur l'Introduction à l'é- 
tude de la langue japonaise de 
M. L. de Rosny. Ibid. 568. 
— Recherches sur l'Académie 



DES IV ET V SÉRIES. 405 
impériale de Péking. D , XI , 
5. 

Bedouh , «'^O^* Explication de ce 
mot. C, XII. 521. 

Béer (M.). Ses recherches sur 
les inscriptions sinaîtiques. D, 
XIII, — 5. Ibid. 194. 

Beg, seigneur, prince; différents 
emplois de ce titre. D, III, 
484. 

Beharistan, ouvrage persan de 
Djâmi. Extrait. C, VIII, 338. 

Behistodn. Voyez Bisifoun. 

Behrnauer (Le D' Walter) pu- 
blie à Beyrouth le Kilab el- 
raudataîn. D , XV, 4 1 6. — Mé- 
moire sur les institutions de 
police chez les Arabes, les 
Persans et les Turcs. Ibid. 
461. — Suite. D, XVI, ii4. 
— Suite. Ibid. 347. — Fin. 
D, XVII, 5. 

BeÎ3ARS, Soudan d'Egypte. Ses 
démêlés avec les Ismaéliens. 
D, V. 49. 

Beïdh A w Y. Son commentaire sur 
le Coran est publié par M. Flei- 
scher. Notice. C , IV , 52 1 . 

Bekri (Abd Allah el-) , géographe 
arabe. Extrait de son livre sur 
les peuples du Caucase. C, 
XIII , 4 60. — Sa Description 
de l'Afrique septentrionale pa- 
raît à Alger. D, XII, 34. — 
est traduite. Ibid. 4 12. — 
Suite. Ibid. 497. 



406 NOVEMBRE-DE 

Berri (Abd ÂDab ei-). Suite. D, 
XIII, 58. — Suite. /fciJ. 3io. 

— Suite. Ibid, 469. — Firt. 
D , XIV, 117. — Ses princi- 
paux écrits sur la géographie. 
D,XVI,7A. 

Beladori (El-), auteur du Livre 
des Conquêtes. Extrait de cet 
ouvrage , relatif à l'Inde. C , V, 
121. 

Beun (M.). Féloua relatif à la 
condition des Ziramis en pays 
musulmans, etc. C, XVIII, 
417. — Suite et fin. C, XIX, 
97. — Extrait du journal d'un 
voyage de Paris à Erzeroum. 
CXIX, 365. — Extrait d'un 
mémoire sur l'origine et la 
constitution des biens de main- 
morte en pays musulmans. D , 
II , 377. — Notice sur M. Mar- 
cel. D, III, 553. — Lettre à 
M. Reinaud sur un document 
relatif à Mahomel.D, IV. 482. 

— Diplôme de licence (idjâzè) 
pour le professorat. D , V, 548. 

— Notice biographique et lit-* 
téraire sur Mir-Ali-Chîr-Névaïi . _ 
D,XVII, 175. —Suite. 16irf. 
281. — Notice sur M. J. D. 
Delaporte. Ibid. 472. — Étude 
sur la propriété foncière en 
pays musulmans, et notam- 
ment en Turquie. D , XVIII , 
390. — Suite, Ibid. 477. — 
Suite. D. XIX. i56. 



CEMBRE 1862. 

Belin (M.). Fin, D, xtx, 267. — 
Envoie à la Société un exem- 
plaire du nouveau tarif turc. 
Jhid. 5o3. 

Bellal (Le Pandit), auteur du 
roman indien « Bhôdjapraban- 
dha». D, III, i85. — Suite. 
D, IV, 285. 

Belles-lettres (Liste des ou- 
vrages de) en Chine. C, XV, 
i53. 

BÉLODTCHisTAN ( Témoignages 
d'auteurs anciens et d'un voya- 
geur chinois sur le ).* D, XVIII , 
237. 

BÉLDS (ToDR de), aujourd'hui 
Birs-Nimroud. De sa destina- 
tion probable. D, I, 53o. — 
D, II, 56. — Ses différents 
étages. Ibid. 69. 

Benary (M.). Sa lettre relativeà un 
cachet phénicien. C , III , 3 1 o. 

Bénéfices militaires, Levkt cons- 
titution en Turquie. D , XIX , 
192. 

Bewfey ( M. ) , à Gôttingue, fonde 
la revue intitulée Orient und 
Occident. D, XVIII, 20. — 
Traduit le Pantchatuntra. D, 
XVIII, 107. 

Be!II-Hafs8*( Histoire de ia dynas- 
tie des). Traduite de Tarabe. 
CXII, 237. — 2* extrait. C, 
Xm, 269. — 3* extrait. C, 
XVII, 5i. — 4* extrait. C, 
XX, 208. 



TABLE DES MATIÈRES 
Beni-Lemtodna , tribu Berbère; 
ses mœurs, son histoire. D, 
XIII. 485. 
Beni-Midrar , dynastie qui a ré- 
gné dans Sidjilmessa; son 
histoire abrégée. D, XIII 
4o2. 
Brnod-Ziyan (Les) ont régné à 
Tlemçen. Leur histoire tra- 
duite de l'arabe. C, lïl, 378. 

— Suite et fin, Ibid, 4o5. — 
Observations à ce sujet. C . V, 
4o4. — C, XVIII, 585. 

Berbère (Langue). Grammaire 
et dictionnaire abrégés de cette 
langue. C, III, 382. ~ (Die-' 
tionnaire) publié par le gou- 
vernement français. C, VI, 3i. 

— Ihid. 4 12. — (Alphabet) 
usité chez les Touaregs. C , IX , 
455. — ( Noms de plantes dé- 
rivés du). D. XIX, 457. 

Berbères (Histoire des). Voyez 
Ibn-Khaldoan. — (Mœurs et 
stratagèmes des ). D , XIV, 1 2 3. 
(Origine et histoire des) de la 
haute Kabylie. Ibid. 272. — 
(Système primitif de la numé- 
ration chez les). D, XVI, 107. 

— Ibid. 264 . — ( Étude sur les 
migrations) avant Tislamisme. 
D, XX, 34o. — Voyez aussi 
A ucap itaine, de Slane, Hanoieau. 

BÉREGHOUATA , tribu berbère qui 

. a régné dans le Maghreb. D, 

XIII, 373. — Ses mœurs et 



DES IV*' ET V SÉRIES. 407 
ses coutumes religieuses. D, 

XIII, 38 1. 
Bérékeh-Oghoul , sultan mongol 

du Kyptchak ; son histoire. C , 
XVII, 120. 
Berezine (M. E.) fait paraître 
des Recherches sur les dia- 
lectes persans. D , VI , 7 1 . — 
Notice sur cet ouvrage. D, 

XIV, 259. 

Berggren (M.) publie un guide 
français-arabe. C, VI, 28. 

Bertrand (M. l'abbé). Histoire 
des rois de l'Hindoustan après 
les Pandavas, trad. de l'hin- 
doustani. C , III , io4. — Suite, 
Ibid, 229. — Suite et fin, Ibid. 
354. — Analyse d'un mémoire 
sur l'unité des langues. G, 
VII, 292. — Sa traduction des 
Séances de Haïdari analysée. 
G, VII, 377. — Notice sur la 
Grammaire hindoustanie de D. 
Forbes. C, VIII, 377. — Sur 
les Rudiments de la langue 
hindouie, de M. G. de Tassy. 
G, IX, 548. — Notice sur un 
ouvrage de M. Ilolmboé. G , 
IX, 355. — Suite. G, X, 229. 
— Sur plusieurs ouvrages 
hindouis et hindoustanis. G, 
XVI, 253. — Sur trois ou- 
vrages relatifs à la langue con- 
cani. D,XVm, 287. 

Bétâl-Patchîsî , roman hindi 
(Extraits du).G, XVIII, 5. 



/i08 INOVEMBRE-DÉ 

Bétâl-Patchisi. Suite, C, xviii, 
366. — Suite et fin. C, XIX, 
333. 

Beyrouth {Société des sciences 
de). Ses travaux. C, XVIII, 
121. — D, II, ii6. 

Bhagavad-Gita, poème sanscrit 
(Notice sur le). D, V, 58d. 

BiiÔDJA, roi de Malwa (Histoire 
de). D, III, i85. — 2* partie. 
D,IV, 385. — Fin.D,V,7 6 

BiANCHi (M. X. ). Catalogue gé- 
néral des livres arabes, per- 
sans et turcs imprimés à Bou- 
lac.C, II, 2d. — Publie la 
2* édition de son Dictionnaire 
français-turc. C, IX, i85. — 
Notice sur le premier annuaire 
de Tempire ottoman, année 
1847. C,X, 177. — Suite.C, 
XI, 1. — Suite et fin. Ibid. 
293. — Sur Tannuaire de 
1267 (i85o-5i). C, XVII, 
48 1. — 2* édition de son 
Dictionnaire turc-français. Ibid. 
492. — Notice sur qpelques 
ouvrages parus à Constanti- 
nople (bibliographie). G, XX, 
244. — Sur r Académie nou- 
vellement fondée à Constan- 
tinople. Ibid. 25 1. — Notice 
sur M. Du Caurroy. D, II, 
543. — Bibliographie otto- 
mane (1 856- 1860). D,XIII, 
519. — Suite. D, XIV, 287. 
— Suite. D, XVI, 323. 



CEMBRË 1862. 

B1BLIO6RAPHIK CHINOISE. C, X, 

265. 

Bibliographie orientale (Ma- 
nuel de). C, VIII, 63. — (An- 
nonces de) , ou titres des livres 
relatifs à TOrient. Voyez à la 
fin de chaque cahier. 

Bibliographie ottomane. G, XII, 
87. — Suite. Ç, XX, 244. — 
Suite. D, XIII, 519. — Suite. 
D,XIV, 287. — Suite. D, XVI, 
323. 

Bibliothega iNDiCA , publiée par 
la Société de Galcutta. G. XIV, 
i3. — Progrès de cette col- 
lection. D, XVI, 32. — D, 
XX, 25. 

Bibliothega jdbaica , de Fûrst. 
G, XIV, 89. 

Bibliothèque- de la Société. G, 
XI, 464. — Son catalogue «st 
terminé. D, II, 53 1. — ( Rè- 
glement concernant la). Ibid. 
545. — (Rapport sur la). D, 
V, 3oi.— D,XVI.454. 

Bibliothèque impériaib (Détails 
sur le nouveau Gatalogue gé- 
néral de la). D, V, 572. 

B16ANDET (M. Tabbé), mission- 
naire français à Poulô-pinang, 
traduit une Vie du Bouddha. 
D, XIV, 88. 

BiLHANA (Histoire de). G, XI, 
490. 

BiNNiNGs (Robert). Ses voyage^ 
en Perse, etc. D, X, 558. 



TABLE DES MATIÈRES 
Biographiques (Notices) sur les 

auteurs chinois. C, XIX, 

435. 
BiOT (M. Edouard). Note sur 

une carte chinoise. C, I, 279. 

— Mémoire sur le cours infé- 
rieur du fleuve Jaune. G, I, 
452. — Suite. C. II, 84. — 
Recherches sur les mœurs 
des anoiem 'Illinois, d après 
k Chi-kklg. Ibid. 807. — Suite 
éi §tSL Sddi k^. — Mémoire 
sur r^lttiâÉâMni progressive des 
côtes Jotikilale^ de la Chine. 
C, IV, 4o8> -— Note sur deux 
carte» dbîi«Msek. C, V, 5o6. 

— Éftièe ivêt les anciens temps 
de rbistoiiié chinoise. C , VI , 
362. — Suite. C. VII, 161. 
Ihid. 389. -— Son Histoire de 

4ISiîiat|tictibn publique en Chi- 
ne. Ci tX, 186. — Note sur 
un phénomène de mirage. C , 
XII, 5 18. — Examen de faits 
relatifs au climat de la Chine. 
C , XIII ,212; — Mémoire sur 
les colonies militaires et agri- 
coleé des Chinois. C , XV, 338. 
f 2* et dernier article. Ihid. 
Ï9! — (Notice nécrologique 
.C, XVI,* 116.— Sa tra- 
duction du Tcheou-li. CXVIII, 
186. 
Birman (Recueil d*anecdotes en ). 

Notice. D, XI, 107. 
BiROUNY (El-)* auteur d'une his- 



^.îSf^v' 



DES IV ET V SÉRIES. 409 
toire de Tlnde en arabe. C, 
IV, 121. 
BiRouNT (El-). Extrait de son 
livre. Ihid* 221. — (Extrait 
d*un ouvrage de ) sur une ques- 
tion de physique. D, XI , 379. 

— Sa description de l'Inde 
sera publiée par la Société. D, 
XVI,452, 453. — D, XVIII, 
i4. — D.XX.22. 

Birs-Nemroud , nom moderne de 
la tour de Bélus. D, I, 628. 

— Sa construction. D, II, 5. 

— Ihid, 56. 

BisiTOUN (Inscriptions de). C, 
VI.35. — C. XVII. 258. — C. 
XVIII, 56. — /6irf. 32 2.— ifcid. 
553. — (Traduction de l'ins- 
cription assyrienne de). D, 
III , 93. — Lexique de la même 
inscription. D, V, 109. 

BiSKARA, ville de l'Algérie. C, 
XX, 5o8.— Décrite par El- 
Bekri.D, XIII,65. 

BiTHYNiE (Antiquités de la ). D , I V , 
53. — Conjectures sur l'empla- 
cement de Byifymum, Ihid. 57. 

Bitume. S'il était employé dans 
les grands édifices babyloniens. 
D, 11,8. 

Bland (M. N.) public fAtesch- 
Kedeh. C, IV, 3 18. — Extrait 
d'une lettre sur l'auteur du 
Dabistan.C,Vin,37i. — Son 
ouvrage intitulé Persian chess. 
C. XVII, 485. 

27 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



410 

Bland { M. N.) . le Persian chess, — 
C, XVIII, i63. — Son choix 
de poésies persanes. G, XX, 
435. — Lettre sur Mas'oud, 
poète persan et hindoui. D, Il , 
356. 

BcBTTiCHER (M. Paul) publie 
la version copte des Actes des 
Apôtres, D, I, 577. 

BoGTHAK, ^U2Âi, coiffure en 
usage chez les femmes turco- 
mânes, etc. G, XVI, 157. 

BoissOMNET (M.). Extrait d'une 
lettre à M. de Saulcy. C, VI, 
1 64. — Lettre à M. Reinaud , 
sur le château de Ksar-Kerima. 
G, IX, 553. 

BoKHARA (Description de), par 
M. de KhanikolT. Annonce 
de cet ouvrage. C, V, 5io. 

BoLGHAR, ville décrite par Ibn- 
Batoutah.G,XVr, 175. 

Bombay (Journal et travaux de la 
Société asiatique de). C, I, 
494. — G, IV, 17. — G. VI, 

16. — G, vnr, i4. — C. 
XVIII. 119. — D,1I, ii3. 

— D, IV, 19. — D,VI, 18. 

— D,XU, 20. — D, XX, 20. 
Bonaparte (Le prince Louis- 

Lucien). Ses travaux sur la 

langue basque cités. D, XIII , 

88. 
B6ne, décrite par Ei-Bekri. D, 

XIII, 72. 
Bopp (M.). Sa grammaire compa- 



rée est sur le point d'être ter- 
minée. G, XVIII, 176. 

Borak-Kuan, sultan du Turkes- 
tan. Son histoire. G, XIX, 
249. 

Bornou (Langue de). Une gram- 
maire est publiée k Londres 
par M. Norris. D, II, 54i. 

BoRsiPPA (Inscription de). V<^ez 
Oppert. — (Ruines de). D, II , 
64. 

BosTAN (Le) de Saadi est édité 
avec un commentaire. Notice. 
D,XIII, 291. — Antre nojtice. 
Ihid, 453. 

Boston (États-Unis). Une Soeiété 
orientale s^y est formée en 
1842.G, II, 465. — Son jour- 
nal et ses travaux. G, IV, 18. 

Botta (M. P. E.). Lettres sur ses 
découvertes k Ninive ;, i'* lettre. 
G, II, 6i. — 3* lettre. /lu/. 
201. — 3* lettre. G, III, 91. 

— 4* lettre. Ihii. 4a5. — - 
5* lettre. G, IV, 3oi. — Rap- 
port à M. le ministre de Tinté- 
rieur sur le résultat des fimmes 
de Khorsabad. G, V, soi. — 
Mémoire sur récriture cunéi- 
forme assyrienne. G, IX, 378. 

— Suite, Rid. 465. — Suite. 
G, X, 121, 207, 296,444. — 
Suite et fin. G, XI, 343. — 
Son ouvrage : le MûnmmeiU êe 
Ninive. G, XVIII, i46. 

Bouchers. Surveillance ^e 1« 



TABLE DES MÂ^TIÈRES 

police musulmaoe- exerce sur 

eux. D, XVI, 372. 
BouD LB PÉmoDEUTE, écrivain 

a^^aqoe. D, VII, 260. 
Bouddha. Les quarante -deux 

points de son enseignement, 

trad. du mongol. C, XI, 535. 

— ( Une Vie dû) est traduite en 
an^s. D, XIV, 88. --• (Ascen- 
sion du) dans le vide suprême. 
D. X.5o4. 

Bouddhique (Notice sur une 
prière). C, IX, 462. — (Étude 
sor un roman). D, IX, 357. 

— 2* article. D, X, 3o8. — 
( Trigiotte ) , ou Vocabulaire 
sanscrit-tibëtain-mongol. Pré- 
face de ce livre. D, XV, 2 65. 

Bouddhiques (Titres d'ouvrages). 
C, XIV, 353. 

Bouddhisme (Études sur le) , d'a- 
près les Mémoires du voyageur 
chinois Hiouèn-Thsang. D, X , 
ii'jb. -— (Le) en face de l'Inde 
sectaire du temps de Hiouèn- 
Thsang. Ihid. à-jS. — (Écoles 
schismatiques sorties du). D, 
XIV, 327. 

Bouddhiste ( Progrès de la litté - 
rature).C,VI,5A.— C,VIII, 
58. — C, XIV. 61. — C, 
XVIII,i77. — D,II,l9o.— 
D, VI, 93. — D, XII,92. — 
D,XIV,88. — D,XVIIl\ii8. 

BouDROUN , ancien Sagat.assus 
(Ruines de). D, IV, 81. 



DES IV ET V SÉRIES. 411 

Bougie , au vu" siède de i*hégire 
(Galerie des littérateurs de). 
D, VII, 475. 

Bouillie Harisa, iuuyb (Pré- 
paration de la). D, XVI, 38i. 

BouLAC. Livres arabes , persàna^et 
tturcs qui y ont été imprimés. 
C, II, 2 4. — Suite. D, XIII. 
519. — Suite. D. XIV, 287. 
— Suite. D, XVI, 323. 

Boulangers. Surveillance que la 
police musulmane exerce sur 
eux. D, XVI, 368. 

BouTROs (M. F.). Analyse de son 
ouvrage sur Téducation dans 
l'Inde. C, II, 119. 

BowRiNG (SiR John), auteur du 
Kingdom and people ofSiam, D, 
X,253. 

BrahmA. Son rôle dans le boud- 
dhisme du temps de Hiouèn- 
Thsang. D, X,5i4. 

Brahmanisme (Le). Comment il 
provoque ia réaction du boud- 
dhisme. D, X, 492. — Paral- 
lèle entre ces deux religions. 
Ibid. 498. 

Brandis (J.), auteur d'un Mé- 
moire sur les études ' assy- 
riennes, D, VII, 438. 

BRéAL(M. Michel). Notice sur un 
Mémoire de A.Weber concer- 
nant les Nakshatras. D , XIX , 
43o. — De la géographie de 
rAvesta./6i(i.482. — Le brahme 
Tchengrénghâtchah. Ihid, à 97. 
27. 



412 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 

Bredlier (M. Adolphe) lit un Brosset(M.). Son livre intitulé 

rapport sur louvrage intitulé : Les Ruines d'Âni, D, XVII» 

La langue française dans ses 465. — D, XIX, 529. 

rapports avec le sanscrit, D, II , Brown ( M. ) s occupe de la traduc - 

532. tion de Tabari. C , XIII , 179. 

Briàre (M. de) lègue à la Société Buccomancie (De la) chez les 

une quote-part de sa fortune. Persans. C, XIX, 289. 



D, XIX, 417. 

Briques avec inscriptions trou- 
vées sur remplacement de Ba- 
bylone. D, 1 , 5 1 6 . — De quelle 
manière on les fabriquait. D, 
11,10. 

Brogh (J. p.) fait paraître le 
texte du Mofassal. Notice. D, 
XV, 545. 

Brogkhaus (M.), à Leipzig, fait 
paraître le Divan de Hafiz avec 
le commentaire turc de Soudy. 
D, XI, 421. 

Brosselard (M. Ch.). Lettre sur 
son Dictionnaire berbère. C, 
VI,4i2. 

Brosset (M.). Extraits de ses let- 
tres à M. Reinaad. G , II , 447. 
— Voyage en Géorgie. G, IX, 
556. — Deux lettres relatives 
à ce voyage. G , XIII, 180. — 
Rapport sur un voyage litté- 



Bdrnouf (M. Eugène). Études 
sur la langue et sur les textes 
zends. Suite. G, IV, 449- — 
Suite. G , V, 249. — Suite. 
Ibid. 409. — Suite. G, VI, 
i48. — Suite. G, Vn, 5. — 
Suite. Ihid. io5. — Suite. 
Ibid, 244. — Gatalogue des 
ouvrages indiens de la collec- 
tion de M. d'Ochoa. G, XI, 
66. — meurt le. 28 mai i853. 
G, XIX, 566. — Notice sur 
sa vie et ses travaux, par 
M. Mohl (Rapport annuel de 
juillet i852). G, XX, 22. — 
— Le Lotus de la bonne loi est 
publié après sa mort. D, II, 
190. — Recherches sur la 
géc^raphie ancienne de Cey- 
lan. D, IX, 5. — Notice des 
manuscrits zends de Londres 
et d*Oxford. /6td. 249. 



raire en Géorgie. G, XV, 48. Burnouf père (Notice sur M.). 

— G, XVI, 352. — Son His- G, IV, 16. 

toire de la Géorgie. G, XVI, Butih (Du). Ses difiéreutes es- 



96. — Sa Chronique géor- 
gienne. G, XVIII, 167. — No- 
tice nécrologique sur M. Fràhn. 
Ibid. 594. 



pèces. Lois qui régissent cha- 
cune d*elles dans le Gode âun* 
ni te. D, 1 , 67. — ( Partage du ). 
D, XVIII, 4o4. 



TABLE DES MATIÈRES DES IV ET V SÉRIES. 413 



Cabès , ville de l'Afrique septen- 
trionale. Voy. Gabh, 

Caboul (Monnaies des rois de). 
C.V, .92. 

Cafsa , ville de TAfrique septen- 
trionale, décrite. D, XII, 639. 

Cairouan , ville de l'Afrique sep- 
tentrionale, décrite. D, XII, 
468. 

Calcutta (Journal et travaux de 
la Société asiatique de). C, I, 
494.— C, IV, 17. — C. VI, 
i5. — C,XII,95. — CXIV, 
i3. — C, XVIU, 117. — D, 
II, 112. — D, IV, 17. — D, 
VI. 18. — D, Vm, 24. — 
Cette Société interrompt la 
collection des auteurs arabes 
dans la Bibîiotheca indica, D, 
X, 24. — Suite des notices 
sur ses travaux. D, XII, 19. 

— D,XIV, 18.— D, XVI,3i. 

— D,XVin,i8.— D,XX,24. 
Calendrier arabe avant Tisla- 

misme. C, l, 342. — D, XI, 
109. — ottoman. Voyez An- 
nuaire. — Concordance entre 
les calendriers musulman et 
chrétien. C, X, 249. — anté- 
islamique. D, XI, i46. 
Calpa (Ambroise) est l'auteur 
d'un Dictionnaire arménien- 
français. D, XIX, 98. 



Callery (M.) fait paraître le 
texte et la traduction du Li-kL 
D, VIII. 76. 

Çankara , philosophe védantiste. 
D,XIX, 5oi. 

Canton (One promenade dans). 
C, XI, 34. — (Travaux sur le 
dialecte de). D, XII, io3. 

Capitation (Djiriè) sur les tri- 
butaires, d'après le Code mu- 
sulman. D, XVIII, 477. 

Cappadoce. Quelques antiquités 
de cette province décrites. D, 
IV, 110. 

Carie. Description des antiqui- 
tés de cette province. D, IV, 
68. 

Carte chinoise (Note sur une). 

C, I, ar79. — Note sur deux 
cartes chinoises. C, V, 5o6. 

Carthage (Ruines de) décrites 
parEl-Bekri.D, XII, 5 16. 

Castelbranco (M. le chevalier 
de). Notice nécrologique. C, 
XIII, 94. 

Castes dans l'Inde; leur origine. 

D, XV, 227. 

Castren (M. Alexandre). Ses re- 
cherches sur les langues sibé- 

• riennes, citées. D, XVI, 256. 

Catafago (M.). Notice sur les 
Ansériens. C, XI, 149. — 
Lettre sur un manuscrit arabe 



414 



NOVEMBKE-DÉGEMBhË 1862. 



rdatif aux Ânsériens. C , XII , 
72. — Ibid. 485. — Sur les 
traditions des Druzes. D, XVI , 
546. — Anecdote druze. D» 
XVII, 269. 

Catalane (Lettre sur la Chro- 
nique) d'En-Ramon. C, X, 
1 66. — Note sur cette Chro- 
nique. C, XIV, 236. 

Catalogue de la Bibliothèque de 
Pëking (ExtraiU du). C, XV, 
1 3. — Suite. Ibid, 101. — des 
écrivains chinois et mongols 
du siècle des Youén. C , XIX , 
435. — des itianuscrits arabes 
d'un tâleb de Constantine. D , 

IV, 433. — des manuscrits 
hébreux de la Bibliothèque im- 
périale de Vienne. Notice. C , 
XVII, 3 00. — des manuscrits 
orientaux de la Bibliothèque 
impériale de Paris.- C, VII, 
103. — C, VIII, 65. — Plan 
du nouveau Catalogue général. 
Notice. D, V, 572. — des ma- 
nuscrits persans de la Biblio- 
thèque de Gotha, rédigé par 
M. Pertsch. Notice. D, XVIII, 
95. — des manuscrits de l'é- 
glise de Sis, en Arménie. D, 

V, 290. — des ouvrages en 
bengali. Notice. D, VU, 464. 
— des ouvrages indiens, 
arabes, etc. rapportés par 
M. d'Ochoa. C, XI, 66. — 
Supplément. Ibid. 1 99. 



Catalogue de la Bibliothèque de 
Péking (Extraits du). Supplé- 
ment des ouvrages publiés par 
l'académie des Ham-lin, en 
Chine. D, XI, 65. — de la 
Bibliothèque de la Société asia- 
tique de Paris. C, XIV, 289; 

— doit être mis en ordre par 
M. Clément MuUet. D, II, 
53 1. — de la Société asiatique 
de Londres. D, III, 364. 

Catéchisme des Rahmaniens. 

Lettre à ce sujet C, XX, 5i5. 
Catégories (Des). Définitioii de 

ce terme par un phOosophe 

musulman. D, I, 267. 
Catholigos patriarches de la 

Petite Arménie (Liste des). D, 

XVII, 437. 
Caucase (Fragments arabes et 

persans relatifs au). C, XIII, 

457.— Suite. C, XIV, 447. 

— Suite. C, XVI, 5o. — Suite. 
Ibid, i53. — Fin. C, XVII, 
1 o5. — (Mémoire sur les ins- 
criptions musulmanes du ). D, 
XX, 57. 

Catallari (M. Saverio), de Pa- 
ïenne. Lettre à M. Reinaud 
sur la chape de Chioon. D, 
IX, 117. 

Caylus (Inscription du vase du 
comte de). C, XIX, 194. 

Cefalu (en Sicile), décrite par 
Ibn-Djobaïr.C,Vn,73. 

Cëriani (M. le D') prépare la 



TABLE DES MATIÈRES 
publication de documents tirés 
de ia Bibliothèque ambro- 
sienne. D, XVI, 269. 

Cbuta (Sibta), décrite. D, XIÏI, 
190. 

Ceylan (Recherches sur la géo- 
graphie ancienne de). D, IX, 
5. — Anciens noms de cette 
île. Ibid. 10. — Noms mo- 
dernes. Ibid, 83. 

Changeurs (Sarraf). Leurs ruses; 
inspection de la police musul- 
mane sur cette corporation. D, 
XVII, 3o. 

Chape ARABE de Chinon (Rap- 
port sur la). D, VI, 434.— 
(Lettre sur la). D, IX, 117. 

Charencey (M. H. de). Notice 
sur Touvrage intitulé : Versuch 
einer Jenissei'Ostjackischen and 
Kottischen SprachUhre, D, XVI, 
256. 

Chasse et pêche (Sud) d*après 
la loi musulmane. C, XIII, 
i44. — C,XVI,476. 

Chébamcareh, peuplade d*ori- 
gine carde. D, II, 24i. 

Cheîbani (Mohammed ben Has- 
san ) , j urisconsulte musulman . 
Sa vie et ses travaux. C, XX, 
4o6. 

Chenddc (Antiquités de), près 
deMossoul. C,VII, 281. 

Cherbohiieau (M.). Harith et 
Labna , épisode du roman 
d^Anlar. C, V, 5. 



DES IV ET V SÉRIES. 415 
Ghbrbonnbau (M.). Traduction 
de ia xxx* séance de Hariri. 
C, VI, 238. — Extrait de 
Touvrage intitulé : Conduite 
des rois, etc, C, VIÏ, 297. — 
. -2* Extrait (Histoire du khidife 
El-Motassem). G, VIII, 3i6. 

— 3* Extrait (Des khdifea ab- 
bassides El-Ouadq, etc.). C, 
IX , i34. >- Histoire de la dy- 
nastie des Béni-Hafss, trad. de 
Tarabe. C, XII, 237. — Suite. 
€) XIII, 269. — Définition 
lexigraphique de plusieurs 
mots usités dans le langage de 
TAfrique septentrionale. G , 
XIII, 63. ^ 2« Article. Ihid, 
537. ^ Extrait de la Faré- 
siade, traduit et accompagné 
d'un commentaire. Ihid. i85. 

— Suite. G , XVIÏ , 5 1 .— Suite. 
G, XX, 208. — Notice bio- 
graphique sur Si-Mohammed , 
muphti de Gonstantine. G, 
XV, 275. — Lettre au rédac- 
teur du Journal. Ihid, 396. — 
Expédition de Mourad - bey 
contre Gonstantine et Alger. 
G, XVIII, 36. <- Lettre sur 
une inscription arabe. Ihid. 83. 

— Sur Mohammed ct-Tenacî, 
Ihid, 585. — Sur le para- 
digme d*une 8* forme dans 
Tarabe parié. G, XIX^, 379. 

— Documents inédits sur 
rhérétique A bou -Yéwd - Mo - 



410 xNOVËMBRËDÉGEMBRË 1862. 

khailed de Tademket, trad. trouvée à Gonslantine. D^XIl, 



de Tarabe de Ibn-Hammad. G > 
XX, 470. 
Gherbonneau (M.)* Lettre sur le 
catéchisme des Rahmaniens. 
Ibid, 5i5. — Lettre sur Ah- 
med-Baba le Tombouctien. D, 
1, 93. — Extrait du livre 
d^lbn-Elkouthyia sur !a con- 
quête de TArabie par les Mu- 
sulmans. i6ic2. 458. — Docu- 
ments inédits sur Es-Senouci. 
D, m, 175. — Notice et ex- 
traits du voyage d*Ei-Abdery. 
D, [ V, 1 44- — publie un traité 
de la conjugaison arabe dans 
le didecte algérien. D, iV, 
338. — Gatalogne des manus- 
crits d un tâleb de Gonstantine. 
Ibiii 433. — trouve la Ghro- 
nique d'Ibn-Scfaemmâ. D, V, 
399. — Documents inédits sur 
Obeîd-Allah , trad. de Tarabe. 
Ibid, 529. — Histoire de la 
littérature arabe au Soudan. 
D, VI, 391. — Sur Torigine 
et la formation de Tarabe afri- 
cain. Ibid, 549. — Galerie 
des littérateurs do Bougie au 
VII* siècle de l'hégire. D, VU , 
475. — publie Les fourbe- 
ries de Delilah. Analyse. D, 
VIII, 389. — Histoire de la 
conquête de TEspagne par 
les Musulmans. Ibid. à 28. 
— Sur une inscription arabe 



594. 
Gherbonneau (M.). Spécimen 
d*un acte de vente. Ibid. 597. 
— Note bibliographique sur 
El-Karafi. D, XIIJ, 94. ^ 
Lettre surlesmots le etcp.>f. 
D, XIV, 263. — Notice sur Ka- 
laçâdi, mathématicien arabe. 
Ibid. 437. — Lettre sur les 
poésies arabes de TAfrique. D, 
XV, 4 1 8. — Sur qnekpiea trai- 
tés de soufisme. Ibid. 435. — 
Nouvelles observations sur le 
dialecte arabe de 1* Algérie. D, 

xvm,357. 

Ghérifs ou descendants de Ma- 
homet. Leur chef est noomié 
naqyb: détails sur cette di- 
gnité. D, II , 398. 

GllÉRUBINS ET DRAGONS sdon leS 

légendes brahmaniques^ D,VI, 
484. 

Gheyaux arabes (Lettre sur les). 
G, XX, 5io. — Liste des li- 
vres relatifs à rhippiaCriqae. 
Ibid.bi2. 

Ghipfres phéniciens ou ara- 
méens. D, XX, 365. 

Ghimère (Recherehes sur la lé- 
gende de la). D, XV, 216. 

Ghine (Agriculture en). D, IV, 
286. — (Glimat de la). C, 
XIII, 212. — (GontribatioDs 
eu). D, IV, 266. — (Cofps 
municipal en). D, III, 5o. 



TABLE D£â MATIÈRES 
Chine (Documents sur l'impri- 
merie en). C, IX, 5o5. — 
(Recherches sur Tétat actuel 
de, la religion en)^ D, fV, 
292. — (Extension progrès* 
sive des côtes orientales de la). 
G, IV, A08. — (Institutions 
administratives et municipales 
de la). Voy, Bazin, — (Livres 
canoniques de la). G, XV, i3. 

— (Organisation adminiatra- 
tive des districts de la). D, III, 
28. — (Ouvrages dramatiques). 
Voy. Siècle des Youén. — (Pa- 
piers relatifs à la) trouvés à 
Séville. G, IV, 408. — (Po- 
lice en). D, iV, 34i.— (Re- 
lations politiques de la). D, 
XIV, 270. — D, XV, 94. — 
/fciU 278. 

Chinbse (bepository), journal 
publié à Canton. D, III, i83. 

— A résidence amongst the 
Chinese. Notice. D, 254. 

Chinois (Colonies militaires et 
agricoles des). C, XV, 338. — 
Fin. Ibid. 529. — (Corps de 
caractères) envoyés à la So- 
ciété asiatique de Paris. D, XI , 
io5. — ftid. 278. — D,XII, 
493. — (État civil des). D, 
IV, 249. — (Géographes et 
historiens); ^extraits de leurs 
ouvrages. C, VIII, 228. — 
Suite. Ibid, 385. — Suite. C, 
JX, bo, — Fin. Ibid, 189. 



DES IV ET V SÉRIES. 417 

Chinois (Mœurs des) dans Tanti- 
quité. C, II» 307. — (Notices 
biographiques des auteurs). 

C, XIX, 435. — (Ordres reli- 
gieux dans Tempire). D, VIII , 
io5. — (Romans). C,XVI, 
428.— Suite.G,XVlII,5.— 
(Théâtre). G, XVII, i63.— 
Ibid. 309. ^ G, XVIII, î47. 

— Ibid,bl^. 

Chinois vulgaire (Principea gé- 
néraux du). C, V, 346. — 
Suite. Ibid. 469. — Fin. G, 
VI , 89. — (Manuel pratique 
de); rapport sur ce livre. G, 
VIII, 356. 

Chinoise (Bibliographie). Le dic- 
tionnaire Oa'tché'jrun-fou. G, 
m, 417. — (Constitution de 
laramille).D, III, 8.— (His- 
toire); étude sur ses anciens 
temps. C, VI, 362. — Suite. 
G, VII, 161. — Suite. Ibid. 
389. — Progrès de la littéra- 
ture). G, I, 53i. — G, IV, 
58. — G,VI,59. — G,VUI, 
54. — G, XII, 166. — G, 
XIV, 6i.— G, XVIII, 182. 

— D, H, 195. — D, VI, 97. 

— D, VIII, 76.— D, XII, 93, 

— D, XIV, 89. — D, XVIII. 
125. Voy. aussi Bazin, Biot, 
Pavie, Pauthier. — (Société 
asiatique); ses travaux. G, 
XIV, 1 5. — D, II, ii3. — 

D, VIII, 25. —D, XIV, 17. 



418 NOVEMBRË-DÉ 

Chirurgiens (Ordonnances de 
police concernant les) chez 
les Musulmans. D, XVII, 4i. 

Ghirwanguahs (Histoire des), 
d*aprës Khondémir et Mir- 
khond. C , XVII, io5. — Leurs 
inscriptions dans le Caucase. 
D, XX, 67. 

Chitty (M.C), auteur duTainil 
Pfafarcfc.D,XVI,46o. 

Chodzko (M. â.) publie ses 
Études sur le théâtre persan. 
C, VI, 42. — Le déisme des 
Wahhabis, trad. du persan. 

C, XI, 168. — Sa Grammaire 
persane est critiquée. D, II, 
79, et D, III, 82. — Lettre en 
réponse à cette critique. D, 
III, 538. — Études philolo- 
giques sur la langue kurde. 

D, IX, 297. 

Chons (Le dieu); son rôle dans 
laThébaïde. D,Vm,207. 

Chooï-hod-tchoubn , ou rhistoire 
des rivages. C, XVI, 428. — 
Analyse. Ibid. 437. — Extraits 
de ce roman. Ibid, 449^ — 
Suite.C,XVn,5. 

Chrestomathie (Rapport sur 
une) en langue chinoise. C, 
XI, 86. — hindie et hindouie. 

C, XIV, 349. 

Chrétiens de T Arabie; condi- 
tions qui leur sont imposées. 
C, XVIII, 493. — de Saint- 
Jean, nommés aussi Sabiens, 



CËMBKE 1862. 

Mendaîtes, etc. leur influence 
sur le gnosticisme. D, U , 436. 

Christianisme ( Progrès du) chez 
les Arabes avant Mahomet D, 
Xni, 46. 

Chronogrammes, nommés en 
arabe tarikh; usage qa*en font 
les Musulmans dans leurs 
poésies. D, IX, 488. 

Chronologique (Table) des em- 
pereurs chinois. D, III, 5 10. 

Chusites (Les); oonjectores sur 
leur origine et leurs migra- 
tions. D, II, 39. 

Chwolson (ly d.). Son livre sur 
les Sabiens de Harran. D, XII, 
5i. — sur la littérature an- 
cienne de la Bab^^kmie. D, 

xvm,63. 

Chypre (Note sur THistoire de 
Tîle de) sous la maison de Lu- 
signan. D, V, 106. 

CiLiGis ( Histoire de la) sous les 
princes Roupiéniens; D, XVII, 
378. 

C1LICIES (Ruines dans les deux). 
D,IV, ii4. 

C1N6ALAISB (Travaux sur la lan- 
gue). D, XU, 90. 

Circoncision (Noms de) chex les 
Musulmans. D, m, 433. 

CiRCONFÉRENGE DU CBBCLE (Me- 
sure de la) d'après les astre- 
nomes arabes. D, XV, j8i. 

Civette; comment on la faiaifie 
en pays musulmans. D, XVII, 9. 



TÂBLË DSA MâTIÈAES 

Climats (Le livre des) est traduit 
en allemand. G, VIH, 36. 

CoDAMA (Abou'l-Feredj), écri- 
vain arabe du m* siècle de 
rhégire (Notice sur). D,XX, 

Colombo (Société asiatique de). 
Son journal, ses -travaux. D, 
XVm, 20. 

CoMANA, deux villes de l'Asie 
Mineure ainsi nommées^ C, 
XVII, 476. 

CoMMDNAOTÉs EN Chine *, leur éta- 
blissement. D, III , 1 3« 

Comparaison (De la) dans la rhé- 
torique musulmane^ G, IV, 

37.. 

Comte (M. Achille) demande des 
renseignements sur les travaux 
de la Société. G, XVI, 542. 

CoNCANi (la langue) est dérivée 
du sanscrit. D, XVIII, 287. 

CONCOADANGE SINIGO-SAM8ERITE , 

etc. G, XIV, 353. 

Confréries , chez les Turcomans 
de l'Asie Mineure. G, XVI^ôS. 

Conjugaison des verbes sémiti- 
ques. G, XV« 92* 

Conrad de Montferrat, sei- 
gneur de Tyr; est assassiné 
par les Ismaéliens. D, V, 25. 

Conseil de la Société asiatique 
( Travaux du). Voyez lea Rap- 
ports annuels de M. Mobi. 

GoNSTANTiNE (Antiquités de). C, 
XIII,209. — G,XVII,8o. 



DES iV* ET V* ^RIES. 419 
GoNSTANTiNfi ( Ifistoire de) sous 
les Béni-Hafss. C, XVII, 5 1.— 
Expédition de Mourad*-Bey 
contre).G, XVIII, 36. -^(Ins- 
cription arabe trouvée à). D, 
XII, 594. — (Travaux de la 
Société archéologique de ). D , 
XX, 29. 
GoNSTANTiNOPLB. Liste des ou- 
vrages qui' y sont imprimés de 
i84i ài844. C, I, 247. — 
2' liste. G, III, 2 1 1. — 3* lis- 
te. G, Vm, 253. -. Bibliothè- 
ques de). G ,Vn , 1 00.— C , IX , 
83. — Une nouvelle Société 
asiatique y est fondée. D, II, 
116. — (Un journal asiatique 
se publie à). G, XX, 248. 
Constructions géométriques 
(Des). Un traité persan sur ce 
sujet est analysé. D, V, 218. 

— Ihid. 309. 

CooKE (M. Wingrove), correspon- 
dant du Times: son livre sur la 
Chine analysé; D, XV, 95. 

GoPTE-THÉBAiN (Notice sur un 
manuscrit). G, IX, 534. 

GoPTBS (Des inscriptions) se trou- 
vent dans la vallée du Sluaï. 
D, Xm. 200. 

Cor ( m. ) , premier interprète aux 
Afihires étrangères (Notice sur) . 
D.IV, 12. 

Coran (Observations sur un cha- 
pitre inconnu du). G, II, 488. 

— (Commentaire du)^ de Beï- 



420 NOVËMBRË-DE 

dawi , publié par M. Fleischer. 
Notice. C^ VI, 24. 

CoBAN (Les animaux du). D, III> 
182. — (Travaux sur le). D, 
vm,3o. — D,Xn, 3o.— D, 
XVIII ,22. — ( Trois mémoires 
sur ie ) sont présentés à l'Acadé- 
mie des inscriptions et belles- 
lettres. Notice. Ibid. 25. — ( Sur 
des manuscrits coufiques du). 
D, IV, 491. — Coran com- 
posé par Saleh ibn-Tarif pour 
une tribu berbère. D, XIII, 
385. 

CoRiCDS (Grotte de) dans TAsie 
Mineure, décrite. D, IV, i3 1. 

Corps municipal en Chine. Sa 
composition. D, III y 5o. 

CosMOGONiES des Sémites. D, 
XIII, 277. 

Costumes des Chrétiens et des 
Juifs (Ordonnance siu* les). D, 

v.ags. 

CoTELLE (Henri) traduit la con- 
cordance entre les calendriers 
musulman et chrétien. C, X, 
249. — ExjJication d*un mot 
arabeC,XII, 52 1. 

CouFiQUE (Inscription) de Malte. 
C, X, 437. — C, XVIII, 4i3. 

— Inscriptions en caractères 
coufiques trouvées dans le 
Caucase. D, XX, io3 et suiv. 

— (Monnaie). Ibid. i85. 
Coupes de travail assyrien, dé- 
crites. D, VI , 4 1 1 . 



CËMBKE 1862. 

Couronnes ou bandeaux trouvés 
dans des tombeaux babylo- 
niens. D, I, 495. 

Couvents syriens en Egypte. C , 
XII, 53. 

CowELL (M. E. B.) publie une 
grammaire de prakrit. Notice. 
D, m, 180. 

Crâne indien (Un) appartenant 
à la Société asiaticpie est (nrèté 
à la Société d*ethnologie. D, 
XVU, 259. 

Crimée ( Moimaies des khans de). 
D, XX, 196. 

Croisades (Anecdote des). G, 
XVI, 75. 

CsOMA (Notice sur M. A.). G, I, 
49a. 

CuNÉi forme ASSTRiBifins (Mé- 
moire sur récriture). G, IX, 
373. — Suite. Ibid. 465. — 
Suite. C,X, 121. — Rii, ^07. 
— Ibid. 396. — Ibid. 414. — 
Fin. C, XI, 243. — (Lettre de 
M. de Longpérier sur récri- 
ture). C,X, 533. 

Cunéiformes ( Progrès de Tétode 
des inscriptions). G , XII , 1 3 1 . 

— C, xiv,39. — cxvm, 

i46. — D,II,i54.— D,Xn, 
55. — D. XIV, 56. — D, 
XVIII, 76. ~ Voyez ansn Ins- 
cripùons. 
Cunéiformes du STsrisiiB mé- 
DiQUE ( Recherdies sur les ins* 
criptions). C, XIV, 93. 



TABLE DES MATIÈRES DES IV ET V SÉRIES. 42 1 
CuRETON (M. W.). Ses travaux de). C, XV, 898. — Autre ins- 
syriaques. D, XVIII, 67.' cription du même roi à Mour- 

Gyrus (Inscription cunéiforme ghàb, G. XVIII, 56i. 



D 



Dabistan , ouvrage persan ; note 
sur son véritable auteur. C, 
VI , 4 06. — Lettre sur le même 
sujet. C, VIII, 371. 

Daghestan (Inscriptions musul- 
manes trouvées dans le). D, 
XX, r24. 

Damiri, naturaliste arabe. Ex- 
trait de son traité sur le ver à 
soie. D, VII, 5oo. 

Danaîdes (Recherches sur la lé- 
gende des). D, XIV, 5o5. 

Darembbrg(M. le docteur) cité. 
D,I, agi. — /fcid. 320. 

DARFODR(Le Voyage au) est pu- 
blié par M. le docteur Perron. 
C, VI, 422. — (Notice surle). 
C, VII, 522 et C, VIII, 29. 

Darius (Inscription persane de) 
à Bisoutoun. C , XVII ,258.— 

* Suite, [bid. 378. — Suite. C, 
XVIII, 322. — Suite. Ihid. 
553. — A Persépoiis. C, 
XVm,575.-C.XIX,i4o.— 
A Nakcbi-Roustam. Ibid. 1 5o. 

Darius Nothus (Inscriptions cu- 
néiformes de). G, XIX, 197. 

Dar-ul-founoun, collège fondé à 
Téhéran. D, XIX, 455. 

Dar-ul-harb, pays infidèle en 



guerre avec les Musulmans. G, 
XVn, 218. 
Datid-ben-Abraram (Le rabbin ). 
Extrait de son dictionnaire 
hébraïque. D. XVIII, 468. 

— Suite. D, XIX, 47. — 
Suite. Ibid, 127. — Examen 
de son système grammatical. 
Ibid, 189. — Suite. Ibid, 
359. 

Defrémert (M.). Observations 
sur rhistoire des rois d'Akh- 
lath et de Mardin. G, I, 72. 

— Sur deux passages de la 
Chronique d^Aboulféda. G, I, 
379. — Analyse de Touvrage : 
Extracts from soxne ofthe Per- 
sian Poels, G, II, i2 4. — His 
toire des Suhhans ghourides. 
Ibid. 167. Suite et fin. G, III, 
258. — Observations sur une 
inscription funéraire arabe pu- 
bliée par S. de Sacy. Ibid, 355. 

— Mémoire sur la destruction 
de la dynastie des Moza£Fériens. 
G, IV. 93.— Suite et fin.G, V, 
4 37 . — Notice sur VAteêchrKe - 
dek, publié par M. N. Bland. 
Ibid, 3 1 8. — Sur les extraits 
de l'ouvrage persan intitvlé : 



NOVEMBRE DÉCEMBRE 1862. 



422 

MatUi assaadeîn, par M. Qua- 
tremère. G, IV, 5o8. 

Dbfrémebt (M.). Mémoire sur 
Ahmed, fils d*Abd-allab. G, 
VI, 345. — Gritique de la 
grammaire de V^. Jones, re- 
vue par M. Garcin de Tassy. 
G, VI, 4i4. — Gritique d*un 
ouvrage de M. Pavie. G, VII, 
36 1« — Analyse du livre : Du 
feu grégeois s etc. Ibid. 572. — 

— Notice sur le Dictionnaire des 
noms de vêtements, publié par 
M. Doiy. G, VIII, 364. — Re- 
cherches sur trois princes de 
Nicbabour. Ibid. 446. — Nou- 
velles observations sur Tauteur 
de Thistoire du Pseudo-Haçan. 
Ibid, 535. — Recherches sur 
quatre princes d'Hamadan. G , 
EL, i43. — Mémoire sur la 
famille desSa^ides, i"* partie. 
G, IX, 489. a* partie. G, X, 
396. — Noie sur deux pas- 
sages d'Ibn-Batoutah. G, X, 
168. — Sur THistoire des Al- 
mofaades, de M. Dozy. Ibid. 
33o. — Histoire des Seldjou- 
kides, traduite du persan. G, 
XI, 417.— 2* article. G, XII, 
269. — 3* article. Ibid. 334. 

— Fin. G, XIII, i5. — Frag- 
ments arabes et persans iné- 
dits, relatifs au .Gaucase, etc. 
G, XIII, 457. — 2" article. G, 

XIV, 447. 



Defrémeby (M.). 3' article. G, 
XVI, 5o. — 4* article, ihid. 
i53. — Fin. G, XVII, io5. 

— Histoire des khans mon- 
gols du Turkistan et de la 
Transoxiane, d*après Khondé- 
mir. G, XIX, 58.— a'artide. 
Ibid. 316. — 3' et dernier ar- 
ticle. G, XX, 370. — est 
chargé avec M. Sanguinetti de 
la publication des Voyi^^ 
dlbn^toutah. G, XIX, 564. 
— Recherches sur le règne du 
sultan BariLiaroc. D, I, 4s5. 
■— Suite et fin. D, H, 217.— 
Notice de Touvrage : Eedter- 
ches sur le commerce des étofes 
de soie, etc, par M. F. Michel. 
D, III, 162. — Nouvdles re- 
cherches sur les Ismaâiens ou 
Bathiniens de Syrie. Ibid. 373. 
■— Suite et fin. D, V, 5. — 
Ses Mémoires d*histoire orien- 
tale (tome I) andysés. D, VU, 
48. — Trois odes mystûpiea 
d*Ahmed-Hatif. Ibidi iSo. — 
Essai sur Thistoire des Ismaé- 
liens de la Perse. D; VUI, 
353. — Suite, D, XV, i3o. — 
Goup d'osil sur la vie. et les 
écrits de Hafiz. D, XI, 4o6. 

— Traduit le Gnlistan ( Voyei 
le compte rendu. D, XII, 
599). — Notice sur les Mé- 
moires du sire de Joinvitie. D, 
XIII, 82. 



TABLE DES MATIERES DES IV ET V SERIES. 423 
Delilah (Les fourberies de). 



Defrémeby (M.). Notice sur le Bos- 
tan , é4it. de M. Graf. D . XIII , 
452. — Sur le Schéref-Nameh , 
ou histoire àes Kourdes. D, 
XVI, 455.. — Sur Touvrage : 
Les femmes arabes avant et de- 
puis l'islamisme. D, XVII» 4 5 9. 
' — Notice sur un glossaire des 
mots espagnols et portugais 
dérivés de Tarabe. D, XIX, 
82. — Sur The thoasojid and 
one nights, de E. W. Lane. D, 
XX, 385. 

Dehli (Histoire de), par Seyid- 
Ahmed-Khân. Notice sur ce 
livre. D, VIII, 532. — (Des- 
cription des monuments de) 
en >852, D, XV, 5o8. — 
Suite. D, XVI, 190. — Suite. 
/6û2^ 392. — Suite. Ibid, 52 1. 
— Fin. D, XVII, 77. 

Debli (Société orientale de ). D, 

. IV, 18. 

Delaporte père (Notice nécro- 
logique sur M.). D, XVII, 
472. 

Delaporte (M. Philippe). Ex- 
trait d^une lettre adressée de 
Mossoul à M. Reinaud. D, III, 
548. — Deuxième lettre. D, 
V, 385. 

Dblâtre (M. Louis), auteur de 
l'ouvrage : La langue française 
dans ses rapports avec le sans- 
crit. Analyse de ce livre. D, II, 
532. 



Conte arabe , analysée D « VIII , 
389. 

Derbend (Inscriptions musulma- 
nes trouvée&ià). D, XX, 109. 

Derbi^d-N AMÉH ( Fragment du ), 
publié. C,XVII,43o.—^ (No- 
tice sur le). C, XVIII, 4io. 

Derenbodrg (M; J.). Queiques 
remarques sur la dédinaison 
arabe. C, IV, 209. — Quelques 
réflexions sur la conjugaison 
et 1 es pronoms dans les langues 
sémitiques. C-, XV, 86. — Est 
chargé de publier les Prairies 
d'or, de Maçoudi. G, XX ,^1. 
, — Publie une nouvelieiraaon 
des Séances de Hariri,/ayec 
M. Reinaud. D, II, 121. — 
Mémoire sur le sarcophage et 
rinscription d'Esmunasar. D, 
VII, 260. — Notice sur le 
Guide des Egarés, Ibid, 534. — 
Renonce à la publi#tion de 
Maçoudi. D, XIII, 2 jl. 

Des Vergers (M. Noël). Lettre 
sur des diplômes arabes. C , 
VI,3i3. 

Deutsgh (M. Simon). Note sur 
son Catalogue des manuscrits 
delà Bibliothèque palatine, de 
Vienne. G, XVII, 3oo. 

DiiOHEG, bourg près de Mossoul. 
C,VII, 289. 

Dhool-Adhâr , prince Yéménite. 
C, XVI, 266. 



424 



NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 



Dialectes musulman s(Notice sur 
les recherches de M. Bérézîne 
sur les). D, XIV, 269. — per- 
sans , sont publiés par M. Dorn. 
D, XVIII, 94. —Dialectes po- 
pulaires de rinde. D, VI, 88. 

Dictionnaire arabe ( Notice sur 
un nouveau ). C , XI , 96. — C, 
XIV, 87. — De M. Kasimirski, 
1 " volume paru. G , XII , 1 23. 
— Arabe^rsan-anglais , de F. 
Johnson. Notice. D, I, 476. 

Dictionnaires géographiques 
ARABES (Notice sur les). D, 
XVI, 65. 

Dictionnaire hébreu - français , 
de MM. Sander et Trenel (No- 
tice sur le). D, XVIII, 436. 

— de la Bible, édité par W. 
Smith. Notice. Ihid. 439. 

Dictionnaires japonais-chinois 
( Remarques sur quelques ). D , 
XI, 256. 

D1ETERICI (M. F.) publie TAl- 
fyya d'Ibn-Malek. D, I, 576. 

— les poésies de Moténabbi. 
D,XIII, 287. —D, XIV, 34. 

— Un apologue arabe. Ibid» 
4o. — traduit huit chapitres 
d'un traité sur la philosophie 
de la nature. Notices. D, XVII , 
io3. — D, XVIII, 45, 

DiLLMANN (M.). Ses travaux sur 
la langue éthiopienne. D, XII , 
45. — publie le Combat d!Adam 
et d'Eve. Notice. D, II, 470. 



DiosGOfiiDB, médecin grec cité 
par un auteur arabe. D, 1, 325. 

— est traduit en arabe du 
temps des khalifes abbassides. 
D, XIX, 439. 

Diplômes arabes des archives de 
la Sicile. C, VI, 3 1 3. — Di- 
plôme de licence chez les mu- 
sulmans, publié et traduit. D, 
V, 548. 

Divan , tribunal de justice. Son 
organisation en Perse. D, IX, 
45o. 

Djabrîl, célèbre médecin du 
khalife Haroun-ar-Rachîd. Sa 
vie. D, VI, i44. — Enuméra- 
tion de ses richesses. Ibid, 1 83. 

Djafer-Ali (Mirza), ambassadeur 
de Perse à Londres , oflBre deux 
volumes à la Société. D, XVII, 
559. 

Djaghataî-khan, fils de Ijia- 
guiz-khan. Histoire de son 
règne. C, XIX, 76. — C, XX, 

399- 
Djaîns (Légendes des) sur la 

reine Padmani. D, VII, 3i5. 
Djâmi, poète persan (Notice et 

publications sur). D, XIV, 64. 

— ( Notice sur le tombeau de). 
D, XV, 538. — (Notice sur) 
par Ali-Chîr-Nevâïî. D, XVH, 
3oo. 

Djatmal, poète hindou, auteur 
de la légende de Padmanî. D, 
VII, 7. 



TABLE DES MATIÈRES 

DjEM (El-), près de SoQSsa, en 

Afrique. Ses antiquités. G, XX, 

Djério (Bélad El-). Description 
de ce pays. G, XX, 98. 

DjerrIh, général musulman. Son 
expédition contre les Khazars 
deDerbend.C> XVII, 435. 

Djevdet-Éfenoi « historien otto- 
man contemporain. Extraits de 
son ouvrage. D, XIX, 5o5. — 
D, XX, i83. 

DjÉWàRiH. Ge mot désigne dans 
le code musulman les animaux 
dressés pour la chasse. G, XVI , 

498. 

Djihao (Du), guerre des musul- 
mans contre les inGdèles. G , 
XVn,2 28. — Suite. D,I,67. 
(Dispositions légales concer- 
nant le). D, XVm, 4oo. 

Djihan-Gucha!, chronique per- 
sane. Un extrait de ce livre est 
donné. G, XX, 870. 

Djoddji-Khan , fils de Djinguiz- 
Khan (Détails historiques sur). 
G, XVII, 107. 

Djoueîni (Ala-£ddin), auteur 
de la chronique persane inti- 
tulée Djikan-Cachai. G , XX , 
370. 

DoÂN (Vallée de), dans TAra- 
bie méridionale, visitée par 
M. deWrède. G, VI,386. 

DoRN (M.) à Saint-Pétersbourg. 
Son recueil de chroniques 



DES IV ET V SÉRIES. 425 
persanes sur le Ghilân, etc. 
D, XII, 65. 

DoRN (M.) prépare une collec- 
tion des dialectes persans. D , 
XVII, io3,—D, XVIII, 94. 
— ^ Son voyage dans le Mazen- 
• dérân , le Ghilân , etc. D, X|X , 
nà. 

Doua-Khan , sultan du Turkestan . 
G, XIX, 265. 

DouNASCH, philologue |iébreu. 
Voyez Adoniai-hen-Tamûn. 

DozoN (M. Auguste). Étude sur 
le roman malay de Sri-Rama. 
G, VII, 4i5. — Suite. G, 
VIII, 482. 

DozY (M. Reinhart). Histoire 
des Benou-Ziyan de Tlemçen , 
traduite de l'arabe. G, III, 
378.— Suite et fin. ïhid. 4o5. 
— annonce la publication 
prochaine de trois ouvrages 
arabes. G, VII, 197. — s'oc- 
cupe d'une histoire des Abba- 
dides. G, VIII, ai. — est 
nommé membre étranger de la 
Société. G, IX, 370. — Lettre 
sur un chapitre de la Ghro- 
nique catalane d'£a-Ramon. 
Ç , X , 1 ^6. — publie l'Histoire 
des Aimohades. Ibid, 33o. — 
Lettre sur deux mots omis 
dans les dictionnaires arabes. 
G , XI , 1 00. — Notice «ujr un 
mémoire de M. Defrémery. G , 
XII, 499. 

28 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



42() 

DosT (M. Reinbart). Notice sur 
un mémoire de M. Defrémery. 
C, XIV, 2 55. — Extrait dune 
lettre à M. Defrémery. G , XVI, 
544- — Notice sur Touvrage de 
M. E. Retian, De philosophia 
peripatedca, etc. D, II, 85. ■^— 
Sur Averroès et rAverroîsme, 
du même auteur. Ibid, 90. — 
publie le Bayano'l • Mogkrib 
d*ElMarekoschi. /bû2. i34,— 
Critique de son Dictionnaire 
des noms de vêtements. D, VII, 
63. — a terminé THistoire des 
Musulmans d'Espagne. D , 
XVIII, 32. 

Dragon (Le), dans les Védas. D, 
XIV, 524. — Suite. D, XV, 
67. — Sa lutte contre le dieu 
Tritah. Ibid. 71. 

Drosbs (Lettre sur les traditions 
des). D, XVI, 546, —Anec- 
dote druze, citée. D, XVII, 
269. 

DuBEUX (M.). Lettre sur un ar- 
ticle de M. Roré, relatif aux 
inscriptions pehlvies de Kir- 
manschah, traduites par M. S. 
de Sacy. C, I; 28. — Lettre 
sur le sens donné par M. Qua- 
tremère aux mots talmad et 
mischna, C, II, 263. — Note 
sur un passage de la Chronique 
catalane de Muntaner. C, XIV, 
236. — Notice sur le livre in- 
titulé Besearches in philosophi- 



cal and comparative philolo^, 
etc. par M. Rcehrig. C, XVI, 
283. 

Ddbeux(M.). Sur le Catalogue 
des manuscrits hébreux de la 
Bibliothèque de Vienne. G, 
XVII, 3oo. — Note sur l'em- 
ploi du mot y^ dans la lan- 
gue persane. D, III « 90. 

Dubois (Notice sur Tabbë). C, 
XI, 465. 

Do Cadrrot (M.). Législation 
musulmane sunnite, i** ar- 
ticle. C , Xn, 5. -— ' 2* article. 
C , XIll ,120. — 3* article. C, 

XVI, 476. — 4* article. C, 

XVII, 211. — 5* article. C, 

XVIII, 290. — 6* article. C, 

XIX, 519. — 7* article. D, 
I, 39. — 8^ artide^ D, II, 
47 1 . — (Notice nécrologique 
sur). Ibid. 543. 

DuGAT (M. Gustave). Antar en 
Perse , extrait du roman arabe. 
C, XIÏ, 433. — 2* article. Ç, 
XIII, 376.— Fin. C, XIV, 
5i4. — Traduction en vers 
français de Maoojals et d'au- 
tres pièces. G, XVI, 329. 
— Le roi Nomân, etc. Extrait 
du roman d*Aii;tar. D, 1,5. — 
Études sur le traité de méde- 
cine intitulé : Zad/^Moçafir. 
Ibid. 289. — Notice sur f Abré- 
gé de géographie de M. Bdle- 
mare. D, III, 370. 



TABLE DES iMATIÈRES 
Ddgat ( M. GustàVe ). Sur le 
Traité de iâ conjugaison arabe, 
par M. Gherbonneau. D, IV, 
a 36. — Hodba, poète arabe 
du i" siècle de l'hégire. D, V, 
3 60. — Extrait de la corres- 
pondaAce de M. Gherbonneau. 
Ibid. 399. — Observations sur 
les Mémoires iT histoire orien- 
tale, et sur le Dictianimire des 
noms de vêtements. D, Vil, àS. 

— Notice sur un manuscrit 
du roman d'Antar. Ibid. 266. 

— Sur la grammaire française 
de Lhomond, traduite en 
arabe. D , X , d 5& * — traduit un 
traité arabe sur les sciences, 
paf Abd-el-KAder.D, X(I, 4o. 

DiiLAURiER (M. Edouard). Frag- 
ment d*un traité de médecine 
copte. G , 1 , 433. — Liste des 
pays qui relevaient de Tempire 
javanais de Madjaptthit. G, 
VII, 544. — Lettre àur cet 
article. G, VUI, 556. — Let- 
tre surThistoire de Sri-Rama. 
Ibid. 578. — Études sur la 
Relation des voyages faits pai- 
les Aixibes et Us Persans, etc. 
G, VIII, i3i. -^ Description 
de Tarchipel d'Asie, d'après 
Ibn-Bàtoulha. G, IX, 93. — 
2* partie. Ibid, s 1 8. — Notice 
sur le manuscrit oopte-thé- 
bain intitulé La fidèle sagesse. 
G, IX, 534. 



DES IV ET V SERIES. 427 

DuLADRiER (M. Edouard). Lettre 

sur la position de Tanctenne 

viUe de Sumatra. G, XI, 93. 

— Extrait de k Ghronique de 
Michel le Syrieq, traduite de 
l'arménien. G, XII, a8i. — 
Suite et fin. G, XIII, 3i5. — 
Addition à la liste des pays 
qui relevaient de i'eik^ire ja- 
vanais de MadjapahiU G, XIII, 
5a3. — ^ Études sur les chants 
historiques de l'ancienne Ar- 
ménie. G, XIX, 5. — Les 
Mongols d'après les historiens 
arméniens. D, XI, 192. — 
Suite. Ilfid. 426. — Fin. ibid. 
481. — Notice riécrologique 
sur le comte Jean II de La- 
zareff. Ibid. 476. — Autres 
fragments arméniens relatifs 
aux Mongols. D, XVI, 273. — 
Étude ^r l'organisation poli- 
tique, religieuse et adminis- 
trative de la Petite Arménie. 
D, XVJI , 377. — Suite et fin. 
D, XVIII, 289. 

DoMAST (M. G. de), auteur d'un 
nftémoire sur l'unité des lan- 
gues. G, Vn, 293. — Lettre 
sur iâ langue perse. D, I, 275. 

— Sur la vraie prononciation 
du é. chez les Arabes. ï), IX , 
425. — Notice sur son livre : 
Les purs de VInde. D, X, 555. 

— Autre notice; D, XI ï, 
79- 

28. 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



428 

DuMAST (M. G. de). Des alphabets 
européens appliqués au- sans- 
crit. ( Voir Tannexe au cahier 
de juin-juillet 1860.) Cf. les 
observations de M. Lancereau 
sur ce mémoire. D , XVII , 97. 
— Réponse à ces observations. 
Ibid. 469. — Lettre à M. Mobl 
(ponctuation dan» les textes 
orientaux). D, XVIII, 433. 

DuNANT (M. Henry), auteur d^u ne 
notice sur Tunis. D , XI , 479. 



Ddprat (M. Benjamin) est nom- 
mé libraire de la Société. C. 
VI,55o. — C,VII.98. 

Dynastie égyptienne ( Liste de la 
XX*), rétablie par M. de Rou- 
ge. D,Xn.23i. 

Dynasties musulmanes; un ex> 
trait de leur histoire est tra- 
duit. C. VII. 297. 

DziALYNSKA ( M* la comtesse) offre 
à la Société un manuscrit re- 
latif au Japon. C, XX, 25o. 



E 



ëastwigk (E. B.). Son édition du 
Gulistan. C, XV, 596. — D, I, 
574. — du Prem-Sâgar, ou- 
vrage hindi. C, XVII, 490. — 
traduit YAnvari'SaheîU. D, VI , 
68. 

Eau de rose; différentes ma- 
nières de la préparer. D, XVII , 
i3. 

Eaux (De Temploi des) dans le 
Code musulman. C, XIII, 
120. 

Egbatane (Inscription de Darius 
à). C,XVm,563. 

Échecs (Jeu des) en Perse; ou- 
vrage de M. N. Bland, analysé. 
C, XVII, 485. — C, XVIII, 
i63. — Différentes locutions 
proverbiales empruntées à ce 
jeu. D, I, 20 1. 

Kckstein (Le baron d'). De quel- 



ques légendes brahmaniques. 
D, VI, 191. 
EcKSTEiN ( Le baron d*). Suite. 
Ibid. 297. — Fin./6ûL473. — 
Sur les Mémoires de Hiouèn- 
Thsang (t. I). D, X, 475. — 
Sources de la cosmogonie de 
Sanchoniaton. D, XIV, 167. 

— Suite. Ibid. 362. — Suite. 
Ibid, 5oi . — Suite. D, XV, 67. 

— Suite. Ibid, 210. — Fin. 
Ibid, 399. — Notice sur sa vie 
et sur ses travaux. D, XX, i4. 

Éclipse de soleil (Calcul sur 
une). D, XI, 112. 

Écoles musulmanes (Surveil- 
lance de la police dans les). 
D, XVII, 5o. 

Écoles schismatiques qui sont 
sorties du bouddhisme; plu- 
sieurs listes de ces écoles se 



TABLE DES MATIÈRES 

trouvent dans les auteurs chi- 
nois. D,XIV, 3i7* 

Edimbourg. Une chaire de sans- 
crit y sera fondée. D, XIX, 99. 

Edkins {fA.)i missionnaire à 
Shanghaï. Ses travaux sur la 
littérature chinoise. D, VI, 98. 
-D, VIII, 79. 

Egypte (Les annales de T), par 
Aboul-Méhasin , sont publiées 
à Leyde. D, II; i33.— (Lettre 
sur' les écoles et rimprimerie 
en). C, II, 5. — (Lettres sur 
r). C,XII,45. 

Égyptienne (Ancienne langue). 
Voy. Bougé, 

Éléphant. Origine de quelques- 
uns de ses noms. C, II, i33.' 

ëllenborough (Lord). Sa pro- 
clamation au sujet du temple 
de Somnath. C, V, 398. 

Elliot (M.). Son Index biblio- 
graphique des historiens mu- 
sulmans de rinde. G , XIV, 44. 

Elvend ( Inscriptions achémé- 
nides du mont). C, XVIII, 
564. — C, XIX, 187. — 
( Inscriptions médiques du 
mont). Voy. Saalcy. 

Émin (M. J. B.). Sa dissertation 
sur les chants historiques, etc. 
de Tancienne Arménie. C , 
. XIX, 5. 

Émirs al-Oméra (Notice du Mé- 
moire sur les). C, XII , 499. 

EMPHATIQUE (De Tétat) dans la 



DES IV ET V SÉRIES. 429 
Grammaire assyrienne^ D, XV, 
io8. — Ibid. 387. 

Engelmann (M.) fait paraître à 
Leyde le Divan arabe de Ha- 
dirah. D, XIV, 3i. — publie 
un glossaire des mots espa- 
gnols et portugais dérivés de 
l'arabe. D, XIX, 82. 

Énigmes (Des) dans la rhétorique 
musulmane. G, X, 357. * 

Épées (Différentes espèces d*) 
chez les Arabes. D, III, 69. 

Épitaphe hébraïque, expliquée. 

C, II, 455, 

Equations algébriques (Des) et cu- 
biques chez les mathématiciens 
musulmans. Les démonstra- 
tions de Kheyyam sur ce sujet 
sont étudiées par M. Wocpcke. 

D, 11,327. 

Erdmann (M. de). Lettres sur 
quelques médailles musul- 
manes et djaghataiennes. G, 
II, 277. — envoie six de ses 
ouvrages à la Société. G, IV, 
3i5. — Lettre sur Torigine 
des Turcs. G, VI, 268. 

Ères des astronomes indiens , d'a- 
près El-Birouny. G, IV, 277. 

Erskine (M. W.) publie une his- 
toire de rinde sous les Mon- 
gols. Notice. D, V, 4oo.' 

Erzeroum (Extrait d'un voyage 
de Paris à). G, XIX, 365. - 
(Dialecte et inscriptions d'). 
Ibid, 370. 



h'i2 NOVEMBR£>DÉG£MBR£ 185S. 



Turcomans de l'Asie Mineure. 
C, XVI, 68. 

Flèche du Khataï ou fiisée. G , 
XIV. 3i4. 

Fleisciier (M.) publie le Com- 
mentaire arabe du Coran par 
Beîdbawy. C , IV, 621. 

Fleurs de l*Inde, par M. G. de 
Dumast. Notice sur ce recueil. 
D,X,555. 

Flore japonaise et chinoise. C, 
XX. 357. 

Flûgel (M.) prépare une édition 
du Fihrist. D, X, i4. — ter- 
mine la publication du Dic- 
tionnaire de Hadji-Khalfa. D. 
XIV, 43. — Notice sur cet 
ouvrage. Ihid. 24o. — Son 
Mémoire sur les écoles gram- 
maticales arabes. D, XX, 

389. 

For AT. vilie de la Mésopotamie 
(Dissertation sur). D, XVII, 
i54. — D, XVIII,2o8. 

FoRBES (M. Duncan). Son ou- 
vrage intitulé The Bagh o Ba- 
har, C, VII, 386. — Notice 
sur sa Grammaire d'hindou- 
stani.C, VIII, 377. 

Forme dans Tarabe vulgaire ( Pa- 
radigme dVne huitième ]. C , 
XIX, 379. 

FoRSTER (The Rev. Ch.), auteur 

du livre intitulé The one pri- 

meval languaye. G, XVIII, 88. 

- Notice sur If» môme ou- 



vrage et sur les Monuments de 

rÉgypte,T>,l,2SS, 
FoRSTER(TheRev. Ch.). Notice 

sur les monuments de irAa«y- 

rie, etc. D.IV, 243. 
Fortune (Robert) . auteur de : À 

Résidence «mongst the Ckinese, 

D.X,aè4. 
FouCAUX (M. Edouard) publie 

rhistoire de Çakyft'Mouni sur 

une version tibétaine. Notice. 

C, XI, 291. — G. XIV. a52. 

— fait paraître une Gram- 
maire tibétaine. D. XII, 89. 

FOUSGHENDJ ou POUSCHEHG-, di»- 

irict du Rhoraçân. décrit. D, 

XVI. 493. 

Foù-rcHiNG , nom de l'adjoint au 
maire de Péking. Ses fonc- 
tions. D. IV. 469. 

FoD-YiN, ou maire de Péking. 
^ Ses fonctions et attributions 
générales. D. IV, 467. 

Fraehn (M.) Ses indications bi- 
bliographiques. G. XIII, 5^2. 

— (Notice nécrologique sur). 

C, XVIII, 594. 

Frédéric II, roi de Sicile; adresse 
des questions philosophiques 
aux savants musulmans. D, I, 
24o. 

Frères de la Pureté (Associa- 
tion des). D. XIV, 38. — 
M. Dieterici traduit quelques 
chapitres de leur traité. D» 
XVIf. io3. - D. XVIII, 46. 



TABLE DES MATIÈRES 
Frësnel (M. Fulgence). Lettre à 
M. Jomard sur certatins qua- 
drupèdes réputés fabuleux. G , 
III , 1 »9. — Seh remarques 
sur les inscriptions bimyari- 
ques trouvées par M^ Arnaud. 
C, VI, 194. — Notice sur le 
voyage de M. de Wrèdè dans 
ia vallée de Doân, etc. C, VI, 
386. — Inscrijrtions trilin- 
gues trouvées à I^bdab. C, 
VIII, 349. — Voy. aussi la 
lettre de M. Judas sur cet ar- 
ticle. Ihid, 565. ^— Réponse à 
la lettre de M. Judas. G, IX, 
260. — 1" Lettre silr une ins- 
cription coufique conservée à 
Malte. C, X, 437. — Disser- 
tation sur le schari des Égyp- 
tiens et le souf des Hébreux. 
G, XI, 274. — Deux lettres à 
M. Mohl. G, XIII, 55. — 
Lettre à M. Gaussin de Perce- 
val. G, XVI, 265. — 2* Lettre 
sur rinscription coufique de 
Malte.C,XVm,4i3. 



DES IV ET V SÉRIES. 433 

Fresnel ( M. Fulgence ). Sur 
Tarcbitecture des toosquées. 
Ibid, 592. — - Lettre à M. Mohl 
sur les antiquités babylo- 
niennes. D, I, 485. — Se- 
conde parties D, II, 5. — Ex- 
trait dune lettre datée de 
Hillab. D, VI, 525. — (No- 
tice nécrologique sur)* D, 
VIII, 12. 

Freytag (M.) publie le Hanuua. 
G,Xn,ii2. — D,II, 142.—^ 
fait paraître le Fakiket d'Ibn- 
Arabschab^ Ibid* i43. — Ses 
autres travaux. D,X VIII, 52. 
— (Notice nécrologique sur). 
D,XX, i3. 

Furet (Le P.), missionnaire, 
auteur de lettres sur le Japon 
et la Tartarie orientale. D, 
XVI, 55o. 

FûRST (M.). Sa Bibliotheca Ju- 
liaiccG, XIV, 89. 

FosiL ORIENTAL, décrit. D, VII, 
432. 



Garés , ville de la régence de Tu- 
nis, décrite. G, XX, i4o. — 
Autre description de cette ville 
parEl-Bekri. D, XII,455. 

Gabet (M.)> missionnaire. Notice 
sur une prière bouddhique. 
C,LX,462. 



Galaxie (Exploration des monu- 
ments antiques de la). D»IV, 
88. 

Galien, médecin grec; liste de 
ses ouvrages, d*après les au- 
teurs arabes. D, 1 , 320. 

Gallois-Montbron (M.) offre à 



452 



NOV&MBR£-DÉGËMBR£ l&Ôl 



Turcomans de TAsie Mineure. 
C. XVI, 68. 

Flèche du Khataî ou fusée. C , 
XIV, 3 1 4. 

Fleisgher (M.) publie le Com- 
mentaire arabe du Coran par 
Beïdhawy.C,IVi52i. 

Fleurs de lInde, par M. G. de 
Dumast Notice sur ce recueil. 
D,X,555. 

Flore japonaise et chinoise. C , 
XX, 267. 

Flûgel (M.) prépare une édition 
du Fihrist. D, X, i4. — ter- 
mine la publication du Dic- 
tionnaire de Hadji'Khalfa. D, 
XIV, 43. — Notice sur cet 
ouvrage. Ibid, 24o. — Son 
Mémoire sur les écoles gram- 
maticales arabes. D, XX, 
389. 

FoRAT, ville de la Mésopotamie 
(Dissertation sur). D, XVII, 
i54. — D. XVIII, 208. 

Forbes (M. Duncan). Son ou- 
vrage intitulé The Bagh Ba- 
har. C. VII, 386. — Notice 
sur sa Grammaire d'hindou- 
stani.C, VIII. 377. 

Forme dans Tarabe vulgaire ( Pa- 
radigme d*une huitième). C , 
XIX. 379. 

Forster (The Rev. Ch.), auteur 

du livre intitulé The one pri- 

meval languaffe. C, XVIII, 88. 

— Notice sur Je môme ou- 



vrage et sur les Monuments de 

tÉgjrpte,D,I,i8b. 
Forster (The Rev. Ch.). Notice 

sur les' monuments de TAssy- 

rie, etii. D.IV, 243. 
Fortune l Robert) , auteur de : A 

Reiidenife amongst the Ckinese, 

D,X.2k. 
FoucAux (M. Edouard) publie 

riûstoire de Çakya-Motini snt 

une version tibétaine^ Notice. 

C,XI,29i. — C, XIV. a52. 

— fait paraître une Gram- 
maire tibétaine. D. XII. 89^ 

FouscHENDj ou P0USGHEN6, dis- 
trict du Rhoraçân, décrit D, 

XVI, 493. 

Fou-rcHiNG , nom de TadjoÂnt au 
maire de Péking. Ses fonc- 
tions. D. IV. 469. 

Foc-YiN, ou maire de. Péking. 

^ Ses fonctions et attributions 
générales. D, IV, 467. 

Fraehn (M.) Ses indication» bi- 
bliographiques. C. XIII, 5j52. 

— (Notice nécrologique sur). 

C, XVIII, 594. 

Frédéric II, roi de Sicile ; adresse 
des questions phiiosq[>hiques 
aux savants musulmans. D, I, 
240. 

Frères de la Pureté (Assoda- 
tion des). D, XIV, 38. — 
M. Dieterici traduit quelques 
chapitres de leur traité. D^ 
XVII. io3.~D, XVIII, 45. 



TABLE DES MATIÈRES 

Fresnel (M. Fulgence). Lettre à 
M. Jomard ftur ceFtaÂns qua- 
drupèdes réputés fabuleui. C , 
III,. lag. — Se& remarques 
sur les inscriptions htmyari- 
ques trouvées par M^ Arnaud. 
C, VI, igi. — Notice sur le 
voyage de M. de Wrèdé dans 
ia vallée de Doàn, etc. G, VI, 
386. — Inscriptions trilin- 
gues trouvées à Ijcbdah. G, 
VUI, 349. — Voy. aussi la 
lettre de M. Judas sur cet ar- 
ticle. Ihid* 565. — Réponse à 
la lettre de M. Judas. G, IX, 
260. — 1" Lettre silr une ins- 
cription coufiqué conservée à 
Midte. G, X, 437. — Disser- 
tation sur le schari des Egyp- 
tiens et le sottf des Hébraux. 
G, XI, 274. — Deux lettres à 
M. Mohl. G, XIII, 55. — 
Lettre à M. Gaussin de Perce- 
vaL G, XVI, 265. — 2* Lettre 
sur rinscription coufique de 
Malte. G, XVIII, 4 1 3. 



DES IV ET V SÉRIES. 433 

Fresnel (M. Fulgence). Sur 
Tarchitecture des knosquées. 
Ibid, 592. — Lettre à M. Mohl 
sur les antiquités babylo- 
niennes. D, I, 485. — Se- 
conde parties D, II, 5. — Ex- 
trait d*une lettre datée de 
Hîllah. D.VI. 525. — (No- 
tice nécrologique sur)t D, 
VIII. 12. 

Freytag (M.) publie le HaHuua. 
G, XII, 112. — D, II, i42^— 
fait paraître le Faktket d'Ibn- 
Arabschab^ Ihid* i43. — Ses 
autres travaux. D, XVIII, 52. 
— . (Notice nécrologique sur). 
D,XX,i3. 

Furet (Le P.), missionnaire, 
auteur de lettres sur le Japon 
et la Tartarie orientale. D, 
XVI, 55o. 

FÛHST (M.). Sa Bibliotheca Ju- 
(kica.G,XIV, 89. 

Fdsil oriental , décrit D , VII , 
432. 



GabÀs, ville de ia régence de Tu- 
nis , décrite. G , XX , 1 4o. — 
Autre description de cette ville 
parEl-Bekri. D, XII,455. 

Gabet (M.), missionnaire. Notice 
sur une prière bouddhique. 
C, IX, 462. 



Galaxie (Exploration des monu- 
ments antiques de ia). D»IV, 
88. 

Galien, médecin grec; liste de 
ses ouvrages, d après les au- 
teurs arabes. D, I, 3ao. 

Gallois-Montbrun (M.) offre à 



434 NOV£MBRE*D 

la Société an modèle de pa- 
gode. C, XVI, 99. 

Gallois -MoNTBRUN (M.). Ibid. 
a6i. — C.XVII, 100. 

Ganimet (Du) ou butin selon le 
droit musulman. D, I, 67. — 
(Vente et partage du). D, II, 
5i8. 

Gargin de Tassy ( M.). Notice sur 
Saadi, auteur des premières 
poésies hindoustani. G , 1 , 5. — 
Analyse d*un ouvrage de F. 
Boutros sur Téducation dans 
rinde. G , II , 1 1 9. -r- Note sur 
le cluipitre incotum du Goran. 
Ibid, 427. — Note sur les Ins- 
titntiones Ungaœ persica de Vul- 
lers. G,ni.3i7. — La rhé- 
torique des nations musul- 
manes d*après un traité per- 
san. G, IV, 366. — Suite. G, 
VI, 425.— Suite. G, VIII. 
89. — Suite. G, IX, 285.— 
Suite et fin. G, X, 357. — 
Traduction d'une proclama- 
tion en hindoustani relative 
aux portes de Somnath. G, 
V, 398. — Lettre à M. Mohl 
au sujet d'un article sur la 
nouvelle édition de la Gram- 
maire de W. Jones. G, VII, 
93. — Analyse de l'ouvrage 
intitulé The Bagh Bakar. 
Ibid. 386. — a publié des Ru- 
diments de la langue hindoui. 
Notice sur ce livre. G , IX , 548. 



ËGEMERË 1868. 
Garcin de TAasT (M.). Spéci- 
men d'une cfdlection de let- 
trei hindoustani originales. 
G, X, 358. ~ Proeodîe des 
langues de TOrient rniual- 
man. G, XI, io5. — Suite. 
Ibid. 9o5. — Suite et fin. IM. 
333. — Notice sur ie Diction- 
naire hindoostanî de Shake- 
spear. G. XIV, 347. — Notice 
sur rédition du GuUstmti de 
E.R. Eastwick. G, XV, 896. 

— Sur THistoire des Atabeks 
de la Syrie et de la IVcse » pu- 
bliée par W. H. Moriey. G, 
XVI , 93. — Ana}yse-d*im mo- 
ndogue dramatique iodîen. 
Ibid. 3 10. — des Instimtàomes 
U»gum persicm de Vnilen. Md. 
5x1. — Notice sor le roman 
persan : Salamân b ÀbtàL Ihid^ 
538. — Notice sur la disaorta- 
tion intitulée Om protimmên 
relativum, Hc. de M. Holmlioé. 
G , XVU, 94. — Sur Toamige 
de M. W. H. Meriey intîtiilé 
An anafytical Digett, etc, Ibid. 
297. — Sur le Persian chess de 
M. N. Bland. Ibid. 485. G, 
XVIII, i63. -^ Sur l'édiftMW 
du Prem-Sâgar. G, XVII, dgo. 

— Sur trois ouYFageB publiés 
en Angleterre. Ibid. 597. — 
Sur un ouvrage du Rér. Gh. 

• Forster. G, XVIII. 88. — 
Sur les Séances de Hanri, tra- 



TABLE l>i;8 MATIÈRES DBS JV ET V SÉRIES. 435 



duite^poi'T.Pi'estQn. C » xviii , 

Gahqw ^b Tas^y (M.)- Sur te 
DerbenàrNam^ , d& Mirza Ka- 
zem-^beg. /twi. 4 10. — Sur le 
Nouveau Te9tiiinenti.eo ambe. 
C, XIX, 94. — Tablea» du 
KaU^Yug ou de Tâge de fer, 
traduit de Thuidaw* Ibid. 55 1 . 

— NoUce 9ur k GulUtaA de 
Saadi, publié par A. Spren- 
ger. Ç, XX, 43o. — Sur lou- 
vrage intitulé A century of 
persian (fkazals, etc, par N. 
Biftnd. Uid. 435. -^ Sur le 
Amljrùçd àig€$t^ ^tç., de W. 
Morfey. U, I. »84. — Sur 
deux ouvrage» du Rév, C. 
Forst^r. Ihid, 3!35. — Sur le 
Dictionnaire orabe-perftw-an- 
giais de F.. Jobnsen. Ihid. 476. 

— Sur le Gulistan de Saadi , 
publié p«ur M. E, B. Eastwick. 
Ibid, 574. — Observation» à la 
suite d'une letuje de M. N. 
B49ud »ur Ma&oud. D. II, 
369, — Notice »ujr rédttion de 
SacQUfitoU» de Monier Wil- 
liams. D, III. ^9.— Sur le 
ProkritaiPrakQ^ik', publié par 
B. B. Cawell. lh\i, i8o* — 
Sur le Descriptive catalogue, etc, 
de W. Morley. Ibid, 3^4. — 
Méoioire sur le» non» propres 
et sur les titres musulmans. 
Ihid. 42 2. — Notice sur la 



3* partie de Touvrage de Fors- 
ter : The ane primeval laogaeuje. 
D, IV, a43. 
Garcin db Tassv (M.). Sur deux 
livres élémentàkes pour la lan- 
gue lurque- ottomane. Nfid. 
246, 247. — Sur un ouvragé de 
M. Holmboè. Ihid. 553.— Stir 
le Guide de la conversation en 
turc, de Timoni. Ihid* 554. — 
Sur le B^^avod-Gtta» traduit 
par G. Tbomson. D, V, 5S4. 

— Sur le Hishrical aeeownt of 
Cnmeas de W. B. Barker. Ibiil. 
586. — Sur le Cafalo^rne of 
Bet^ttU Works, D, VI, 464. — 
Sur le Baital'Pachisi, publié 
par W. B. Barker. Ihid. 467. 

— Sur THi^ire de Dehii , de 
Seiyd Âhmed-Khân. D, VIII, 
53 a. — Sur le poème Salamân 
end Ahêàl, publié par F. Fal- 
coner. D, IX, s 90. -r- Note 
sur lea Buhatyât, de Omar 
Uaîyàm. Ibid. 548. — Note 
sur deux ouvrages élémentaires 
d'bindoustani. D, XII , 6oi. — 
Description des monumei^ de 
Dehli en i852. D, XV, 5o8. 

— Suile. D. XVI. 190W — 
Suite. /6id. 39». — Suite. 
Ibid, 52 1. -^Fin. D, XVU, 
77. — Notice sur divers ou- 
vrages concernant Tétude de 
la langue afghane. D. XIX, 

25l. 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1S62. 



436 

Garde municipale en Chine. Son 
organisation. D, III, da- 

Garodda (Le), d'après les lé- 
gendes bi^maniques. D , VI , 
366. — Parenté des Garou- 
das avec les Chérubim. Ihid, 
484. 

Gathas, chants religieux attri- 
bués à Zoroastre. — ( Un Traité 
sur les) est dû à M. Hatig. D, 
XVUI. 84* 

Gazette arabe de Beyrout (No- 
tice sur la). Df XII, 309. 

Généalogies arabes ( Travaux 
surles). D. VI. 28. 

Géographie arabe (Abrégé de). 
D,m,370. 

Géographie du moyen âge, par 
J. Lelewel. Notice. C, XVIII. 
5^1. 

Géorgie (Voyage littéraire en). 
C , XV, 48. — (Histoire de la ). 
C, XVI, 96. 

Géorgienne (Chronologie). C, 
XV, 52. — (Paléographie), 
/^id. 73. — (Collection de ma- 
nuscrits et chartes en langue). 
lhid.Si. 

Géorgiens ( Expéditions des ) 
contre les Musulmans. C , 
XIII, 478. 

Gerba (Description et historique 
de l'île de). C, XX, 169. 

Gesenius, mort en 184^1. Notice 
sur ce savant. C , 1 , 489. 

Ghana , nom de deux villes dans 



le Soudan; moDurs de leurs 
habitants. D, XIII, 5o6. 

GhA2an (Sultan). Ses règieniMtlé 
de police. D, XV, 489. 

Ghazzali , philosc^e 'arabe ( Un 
Mémoire de M« Gosche sur), 
parait à Beriin. D, XVUI, 44. 

GnoMAàA (Pays de)« dan» fA- 
frique septentrionale, décrit^ 
par£l-Bekri.D,XUI, i84. 

Ghourides ( Histoire des sultans ), 
extraite de Mirkhond. C, U, 
167. — Suite et fin. C, III., 
258. 

Glossaire des mots français tirés 
de Tarabe « etc. ( Notice sot le ). 

C, IX. 283. — Glossaire ties 
mots espagnols et portugais 
dérivés de l'arabe. D, XIX, 82. 

Gnostiqve (LÂvres d'origine) 
chez les Syriens. D, II, 4a^. 
— (La secte) des Ëldiasaîtes 
est identique avec les Men- 
daîtesou Sabiens. D, VI, 292. 

Gobineau (M. A. de). Entrait 
d'une lettre datée de Téliéran 
sur les populations de rAf- 
ghanistan. D, VII, 524. — 
publie une lecture des teites 
cunéiformes. D, XJII, 291. — 
Imperfection de cet ouvrage. 

D, XIV. 55. 

Goeje (M. J. de). Sa traduction 
d un fragment du traité d*£l- 
Yakoubi. D.XIX,24a. 

GoLDSTÛGKER (M. T.). Scs travaux 



TABLE DES MATIÈRES 

sur la littérature sanscrite. D, 
XVm, 112. —Ibid, 116. 
GoRRESio (M. G.). Notices sur son 
édition du Ramayana. C, II, 

23o. —G, m, 322. — C. 

XVIII, 174* — D, XIV, 7». 

GoscHE (M.) , à Berlin , publie un 
travail sur le philosophe arabe 
Gbaizali. Notice. D, XVIIl, 44. 

GoTTWALDT (M.) publie la Chro- 
nique de Hamzah d'Isfahân. 
C , VI , 19. — Notice d'un ma- 
nuscrit arabe renfermant une 
suite à THistoire d'Aboulféda. 
C,VIII.5io. 

Goût des livres chez les Orien- 
taux (Supplément au Mémoire 
de M. Quatremère sur le). C , 
XI, 187. 

Grap (M.) donne le texte persan 
du Bostan avec un commen- 
taire persan. D, XIII, 291. — 
/6id.452. —D, XIV. 63. 

Grammaire ottomane, par Fuad- 
Éfendi et Djevdet-Éfendi. No- 
tice. C, XX, 244. 

Grammaire mandarine, par M. Ba- 
zin. Notice. D, IX, 558. 

Grammaire tédiqde (Études sur 
la). D. VII . 1 63. —Chapitre II. 
Ihid. 344. — Chap. III. Ibid. 
445. — Chap. ÏV. D; VIII, 
255. — Chap. V* Ibid, 482. 
— Chap. VI. D, IX, 210. — 
Chap. VII, VIII et IX.D.X. 
57. 



DES IV ET V SÉRIES. 437 

Grammaire védique ( Études sur 

la). Chap. X et XI. D, x,374. 

— Chap, XII. Ibid. 46 1. — 
Chap. XIII. D. XI, 289.— 
Chap. XIV. Ibid. 328. — 
Chap. XV. D, XII. 137. — 
Chap. XVI. Ibid. i64. -^ 
Chap. XVII. Ibid. 329. — 
Chap. XVIII. /6id. 364. — 
Index' des passages védiques. 
Ibid. 535. — Index des termes 
techniques. Ibid. 571. — ludex 
des noms propres. Ibid, 586. — 
Table des chapitres. Ibid. 588. 

Grande-Bretagne (Journal et 
travaux de la Société asiatique 
de la). C, I, 495.— C, VI. 
17. — C. XII. 97. — C, XIV. 
16. — C, XVIII, 120. — D. 
II.ii4. — D, IV. 18. — D, 
VI, 17. ~ D, VIII, 24. — 
D, XVI, 35. — D, XX, 27. 

— Cette Société envoie le pro- 
gramme d'un prix fbndé par 
un amateur. D, IX, 293. — 
D.XVU.560. 

Grangeret de Lagrange. Notice 
sur un Glossaire des mots fran- 
çais tirés de l'arabe, etc. de 
M. Khan. C, IX. 283. -^ 
Supplément au catalogue de 
la collection de M. d'Ochoa. 
C, XI. 199. — Notice sur 
l'Essai sur l'histoire des Ara- 
bes avant l'islamisme, de M. 
C. de Perceval. C. XIII, 265, 



438 NOVEMBREDÉCEMBRE 18f>2. 

Grangrret de LAORAMes ( An- Gitédik , concession du droit 



nonce de la mort de). D, XIII, 
502^ — (Notice sur ia vie et 
les travaux de). D, XIV, 12. — 
lègue une rente à la Société. 
iWd. 433. — D,XV,^. 

Grecs ORIENTAUX (Les). Leurs 
rapports avec les peuples de 
TAsie occidentale. D, XIV, 167. 

Grigorief (M» V.). Lettre à ia 
Société asiatique sur récriture 
carrée , dont l'invention est at- 
tiibuée au P€igba4ama, D, 
XVU,52i. • 

Grotefend (M.). Notice nécrolo- 
gique sur ce savant. D, IV, 14. 

Grypbons et des DRAGON» (Mythe 
des) dans les légendes brah- 
maniques. D, VI , 5oo. 



d'exercer un métier. D , XIX , 
264. 
GuÉRlN (Mk V.). Notice sur son 
Voyage arc&éologique dans la 
régence de Tunis. D, XX, 

39'. 
GfJiRAGOs , hisitorien arménien du 
XIII* siècle. Extrait de son livre 
sur rinvasion des Mongols. D, 
XI, 197. — Sttitei Ihid, 426. 

— Fin. ifcid. 48 1. 
GuLiSTAN, publié par Eastwick 

(Notice sur le). C, XV, 696. 

— Autre notioe. D, 1 , 574* — 
traduit par M. Defrémery. 
Analyse j D, XH, 5 99. Voy. 
aussi Saadi, 



H 



Haarbrôckër (M.) publie THis- 
toire des sectes religieuses de 
Scbaristani. C, XVIII. 127. 

Habib us-sier, chronique uni- 
verselle en persan (Notioe sur 
le). D, XV, 429. Voy. aussi 
Khondémir, 

Habillement des Arabes d'E- 
gypte. D, U. 889. 

Ha^an ben Ibrahim (Pseddo), 
historien arabe. C, VIII, 354. — 
(Observations de M. de Ham- 
mersur).C,X,325. 

Haçan, fils de Sabbah, chef des 



Ismaéliens de la Perse. Son 
histoire. D. XV. 169. 

HaçaN , fils de Méhammisd, antre 
chef des Ismaéliens. Ihid, 196. 

Hadis, tractitioiffi musufanaités. 
( Une collectioù de ) est ptdiliée 
àDditi.D,VI,*i. 

HADJî^KttALFA (NbtiCé sur le-'Dic- 
tionnaire bibliographique de). 
IXXIV. 43. — Aid. 240i 

Hafiz, poète lyrique persan. 
Coup fèeil svÈT sa vie et ses 
écrits. D, XI, 4 06. — Son Di- 
van est traduit par M. de Ro- 



TABLE DES MATIERES 
sensweig, à Vienne. D, XVIII, 
88. 

Haïdari (Séances de), trad.de 
rhindousteni. G, VII. 877. 

Hakem (El-), fiis de Hicfaâm. 
Histoire de son rè^e. D, I, 
46o. — Biamrillah, sultan 
d^Ëgypte ; son ordonnance 
relative à la police. D» XV, 

482. 

Halwa , pâte douce ; manière de 
la préparer. D, XVI, 384. 

Hamadan (Recherches sur quatre 
princes d' ). C , IX^ 1 48. 

Hamasa de Freytag (Notice sui- 
te ). C, XII, 86. — /tiii. 112. 

HAMMER-PDRGSTALL(M.de). Liste 
des ouvrages imprimés à Gons- 
tantinople en i84i.C,I, 247- 
— 2* Liste. C, m, 211. — 
3* Liste (années i843*i844)- 
C , VIII . 253. — publie l'His- 
toire des Mongols de la Perse. 
C, III, 323. — Réponse aux 
observations de M. Defrteery 
sur lauteur de l'histoire du 
Pseudo-Haçan, etc. C, X, 
325. — Additions au mémoire 
de M. Quatremère sur le goût 
des livres chez les Orientaux. 

C, XI, 187. — Sur l'usage 
impropre de quelques mots 
dans le Moniteur ottoman, C , 
XII, 494. — Sur la chevalerie 
des Arabes , etc. C , XIII , 5. — 

D, VI , 282. — Sur les formes 



DES IV* ET V" SÉRIES. 439 
artificielies de ia poésie ambc. 

C, XIV, 248. 
H&MMfeR-PoROSTALL (M. dtt). Sur 

le socialisme en Orient. C, 
XVI, 344.^— Sur les chameaux 
afnfir,ete,C, XVIII, 98.— 
Traces de la buceomaocie diez 
les Persans» C, XIX, 289. — 
Sur un paatage furieux de 
Ylhtttket, sur Tart d't«»primer 
chez les Arabes d'Espagne. C , 
XX, 252. -^ Lettre ^ M. Mohi 
sur les ehevaux arabes. Ihid. 
5 10. — Son Histoire de la lit- 
térature des Arabes , analysée. 
D.II( 117. — D, VI, 21.— 
Sur les lames des Orientaux. 

D , m , 66. — Sur les animaux 
du Koran. Ihid. 182. — Ordon- 
nances sur les costumes des 
Chrétiens et des Jnif»^ etc. D, 
V, 393. — Sur les Kourdes. 
D, VI, 4^8, — Lettre à l'oc- 
casion de la mort de M. de 
Hammer, par sa fille M*"* la 
baronne de Trenck. D, IX, 
lasf. — Notice sur sa vie et 
ses travaux. D, X, 17. 

Hamzah d'IsfahAn. Sa <^roniqae 
est puUiée par M. Gottwtldt. 
G, VI, 19. 

HAMÀFirB (Études sur le rite). 
Voy. Du Cawnroy, Belin, — 
M. Flûgel a écrit un Mémoire 
sur les jurisconsultes banë- 
fites. Notice. D, XVIH, 43. 



NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 



440 

Han-lin (Académie des), à Pé- 
king. D, XI,9. 

Uanotead [M. le capitaine). Ses 
travaux sur les dialectes ber- 
bers, cités. D, XVI, 109. — 
D, XVIII, 74. — Lettre sur 
la numération de la langue 
berbère. D, XVI. 364. 

Haraîri (Soliman el-). Sa con- 
cordance entre les calendriers 
musulman et chrétien. G , X , 
2^9. — traduit en arabe la 
Grammaire française de Lho- 
mond. D, X, 454. — publie 
un traité de météorologie, etc. 
en arabe. Notice. D, XIX , 53 1 . 

Harbi (Définition du) d'après la 
loi musulmane. G , XVII ,218. 
— Suite. G. XIX, 524. 

Hariri, célèbre écrivain arabe. 
Traduction de sa x&x' Séance. 
G. VI, 238. — Nouvelle édi- 
tion de ses Séances. G , VIII , 
56i. — D. II, 121. — Ses 
Séances sont traduites par T. 
Preslon. G , XVIII . 96. — Ibid. 
137. — Goup d'œil sur son 
style. D. IX. 472. 

Harith et Labna , épisode du ro- 
man d'Antar, trad. G , V, 5. 

Harith (El-), fils de Galadah, 
médecin arabe , contemporain 
des premiers khalifes. D, V, 
4o3. 

Harmonisation des langues de 
l'Asie centrale. G, XVI, 294. 



Hasdaî, nommé aussi Aboul- 
Fadhl , médecin et poète. No- 
tice. G. XVU, 85. 

Haijg (M. Martin). Ses travaux 
sur les Gothas, cités. D, XVIII , 
84. — sur les Parsis, D, XIX, 
523. 

Haughton ( Sir Graves Cbamiiey). 
Notice nécrologique. G , XVI . 
ii3. — ' Ses ouvragesb Ibid. 
116. 

Hébraïque ( Grammaire ) de 
M. Klein. G. XVI, i5i. — 
d'Ibn-Djanâh. G, XV, 297.— 
G, XVI, 935. — Voyez aussi 
Manks Ntuhauer. — (Notice 
sur la lexicographie). D» XVIII, 
44 1. — Suite. D. XIX, 47. — 
Suite. Ibid. 127. — Suite. 
Ibid, 359. — Fin. D, XX, 
201. 

HÉBREU (Pronondatioa de 1' ) 
chez les juifs d*Oran. G , XII , 
472. 

HÉSREux (Grammairiens). G • XV. 
297. — Suite. G , XVI , 5. — 
Suite. Ibid. 201. — Fin. Ibid. 
353. — (Notes supplémen- 
taires au Mémoire sur les). C , 

xvn.85. 

HÉGIRE (Détermination de T^po- 
que de Y), D, XI, 116. 

Heine (G.), auteur d*un journal 
de voyage au Japon. Notice-. 
D, IX, 292. 

Hérat, capitale du Khoraçàn 



TABLE DES MATIÈRES 
(Plan archéologique de). D, 

XV, 537. 

HÉBAT. ( Extraits de la Chronique 
persane de), traduits et an- 
notés. D, XVI, 461. — Suite. 
D, XVII, 438. — Suite. Ibid. 
473. — Fin. D. XX, 268. 

Hermès (Les Trois). Explication 
qu'en donne un écrivain arabe. 
D, IV, 188. 

HÉRODOTE. Son témoignage sur 
rétendue et la description de 
Babylone, cité. D, II, 47. 

Hervey-Saint-Denis ( M. le baron 
d*) publie des recherches sur 
i agriculture des Chinois. C, 
XVIII, i83. 

HÉTHODMIENS, pHnces de Lam- 
pron (Tableau généalogique 
des). D,XVin, planche 5. 

Heyat-el-Koloub, recueil de 
traditions persanes sur Maho- 
met; est publié à Boston. D, 
II, i3o 

HiA (Dynastie chinoise de). C. 

VII, 389. 

HiLL (Leiy) a publié le Traité 
de médecine d!Aly ben Isa. C , 
X, 149. 

HiMYARiQUEs (Termes), rapportés 
par an écrivain arabe. G , XIV, 
327. — Nouvelles observations 
sur cet idiome. G, XVI, 267. 
. HiMYARiTES (Inscriptions), dé- 
couvertes par M. Arnaud. C, 
V, 208. 



DES IV ET V* SERIES. 441 

HiMYARiTES. Suite, C, V, 309. 
(Pièces relatives aux). C, VI, 
169. — (Les peuples) doivent 
être cherchés parmi les tribus 
actuelles des Akhdam. C, XV, 
38o. 

HiNDODi (Notice sur les Rudi- 
ments de r ) , de M. Garcin de 
Tassy. C.IX, 548. 

HiNDODi et HiNDODSTANi (Histoire 
de la littérature). Notice sur 
cet ouvrage. C, IX, 447. — 
(Notice sur plusieurs ouvrages) 
arrivés de l'Inde. C. XVI. 
253. 

HiNDOUSTAN (Histoire des rois de 
r).G,III, io4.r— Suite. Ibid. 
229. — Fin. Ibid. 354. 

HiNDOCSTANi ( Grammaire d* ) , de 
D. Forbes. Notice sur ce livre. 

C , VIII ,377. — (Dictionnaire) 
par J. Shakespear. G, XIV, 
347. — (Progrès de la littéra- 
ture). Voyez Inde. — (Spéci- 
men de lettres). G, X, 353. 

Hiouèw-THSANG , voyagcur chi- 
nois. G, XVIII, 180. —Son 
histoire est publiée par M. Sta- 
nislas Julien^ D, II, 195. — 
(Mémoires de) sur les contrées 
occidentales , analysés. D , X , 
475. — D, XII, 93. — Gité. 

D, XVIII, 245. 
HiouàN-TSODNG . de la dynastie 

des Thang, fonde l'Acadéinie 
dePéking. D. XI, 6. 



29 



NOVEMBRE-DÉCElfBRË 1863. 



442 

HippiATRiQDE ARABE (Un traité 
d') est traduit de Tarabe. No- 
tice. D . XVIU , 5o. 

HippocRATE , médecin grec. Ou- 
vrages qui lui sont attribués 
par les Arabes. D, I, 3 20. — 
Ses doctrines d'après la médo- 
cine arabe. D, VIII, 178. 

HisBA , intendance de police chez 
les Musulmans. — (Détails sur 
la). D, XVI, i35. — Suite. 
Ibid, 347. —Fin. D. XVII, 
5. 

Histoire naturelle et physique 
des Arabes. Voyez Mullet ( Clé- 
ment). 

Historiographes ( Des ) en Chine. 
D,XI.55. 

Historiques ( Liste des ouvrages) 
en Chine. C, XV, 101. 

Hodba , poète arabe du i*' siècle 
de l'hégire. Notice. D , V, 36o. 

HoDEiLiTES ( Publication des 
poèmes des). Notice. D, VI. 

25. 

Hodgson (M.). Son travail sur les 
aborigènes de Tlnde. C , XIV, 
58. — Lettre sur l'identité 
des langues tartares et de celles 
des aborigènes de l'Inde. D, 
VII, 242. — publie une rela- 
tion sur le Japon. D, XIX, 
533. 

Hoffmann (M. J.). Noms indi- 
gènes d'un choix de plantes du 
Japon et de la Chine (en col- 



kboration avec M. Schultes). 
C, XX. 257. 

Hoffmann ( M. J.). Notice sur les 
fabriques de porcelaine au Ja- 
pon. D, V, 198. 

HoLMBOB (M. A.). Dissertation 
sur le sanscrit et Tancien nor- 
wégien.C,IX,35S. — C, X, 
229. — Sur le verbe de Tan- 
cien norwégien , etc. C , XII . 
78. — Sur le pronom , etc. C , 
XVII, 94. — Son livre Norsk 
oyKeltiâk.B.iy,bb^. 

HoMA (Le dieu), d*aprëa lea tex- 
tes zends. C , IV, ihg. — Suite. 
C, V. 249. — C.VI,37.~- 
Ibid. 1 48. — Suite. C. Vn. 5. 
— Suite. Ibid. io5. — Suite. 
Ibid, 244. 

HoNAÎN , traducteur arabe d'ou- 
vrages de médecine. Ses obser- 
vations citées. D . IV , 1 96. 

H0NO-KON6 (Société de). Voyez 
Chinoise. 

Host»iTALiTi (Del') chei certaines 
tribus de l'Afrique septentrio- 
nale. D , 1 , 1 1 3. 

Hodlagou-Khah, sultan mongol ; 
envahit la Mésopotamie ei la 
Cœlésyrie. D. XI, 497. ~ Sa 
lutte avec BeraketrKhan. AtJ. 
5o3. — Extrait do rbiakmen 
arménien Vartan sur ce con- 
quérant D , XVI , 389. 

Hcc (M.), missionnaire lasa- 
riste. Les quaranle-deua poîots 



TABLE DES MATIÈRES 
d'enseignement, par Bouddha ; 
traduits conjointement avec 
M. Gabet. Notice. C, XI, 535. 

HuçEÎN-BBiiA]>oua , sultan timou- 
ride dans le Kboraçân. D , XX , 
3i4. 

Hdçeîn-Pacha , dernier gouver- 
neur d* Alger. D, XX, 3x0. 

HuçbîiI'Vaîz. Publication de son 
AkhIak'i'MuhsUi. C. XVII. 
598. 

Hdile DR Hbrgan, c'est une 



DES IV ET V SaÉRIES. 443 
production du pays de Sous , 
dans le Soudan. D, XITI, 482. 

Hdmaioon-Nambh » ouvrage de 
morale en tore. Fragments 
publiés. C , XII , 38 1 . — 2" ar- 
ticle. C, XIII, 4 1 5. 

HVdrophobib (De T). Nature de 
cette maladie et son traitement, 
d'après un médédn arabe. D , 
I,3i3. 

Hymne à Parvati ( Notice suri'). 
C, IX. 391. 



I 



Iakhtichou , fils de Djébraîl , cé- 
lèbre médecin arabe. Notice 
sur ce personnage. D, I, 334. 
Voyei aussi Bakhiieekou. 

Ibn-Abdocn, son poème sera pu- 
blié par M. Dozy. C , VII , 1 98. 

IbN'Abt-Ossaïbiah , auteur de 
THistoire des médecins. Voyez 
SaitgmMUL 

iBN-ÀLAtRiB, historien arabe 
(Extraits de). C, XUI, 477. 
— Suite. C, XIV, 447. —Un 
fragment de sa Chronique est 
publié à Upsal.D,U, 123. 

Ibn-al-Kelbi, historien arabe. 
Notice sur ses ouvrages. D. 
XVII, i4i. 

I BN- AthAl , eélèbre médecin arabe 
contemporain du khalife Moa- 
wiah. S»vi«. D,V. 436. 

Ibn-Batodtah, traduction de son 



voyage dans le Soudan. C , 1 , 
181. 

Ibn-Batoutah. Sa description de 
Tarchipel d'Asie. G , IX , 93. — 
2* partie. Ibid. 218. -*-(Sur 
deux passages d' ). C , X , 1 58. 
(Notice sur). C. XIV, 23. — 
(Extrait d*) relatif au Kip- 
tchak et aux pays du Nofd. C . 
XVI, 5 1. — Suite. Ikid. i53. 
— (La publication des Voyages 
d') est adoptée par la Société. 
C, XIX, 564. — Publication 
des deux premiers volumes* D . 
IV, 23.— du 3' volume. D. 
Vm, 34. — (Le t«me IV 
des Voyages d') est livré au 
public. D. XII, 1 5.— (L'in- 
dex d' ) est terminé. D , XIV , 
16. 

Ibn-Beithar. Son Dictionnaire 



29- 



444 NOVEMBRE-DÉ 

des simples a été publié par 
M. de Sontheimcr. 

Fbn-Beithar. Études historiques 
et philologiques sur cet au- 
teur. D, XIX, 433. 

Ibn-Bessam. Son livre sur la litté- 
rature arabe - espagnole. D, 
XVII. 261. 

Ibn-Djanâh (Aboul-Walid-Mcr- 
wan ) , grammairien hébreu. 

c, XV, 297. — c, XVI, 34. 

— Son Dictionnaire hébreu- 
arabe. C , XVII , 90. — D , XX , 
217. 

Ibn-Djobaîr. Extrait de son 
Voyage en Orient, traduit. 
C, VI, 507. — Suite. C, 
VII. 73. — Suite et fin. Ibid. 
201. — sera publié par M. Do- 
zy. Ibid. 198. — Observations 
sur les extraits publiés par 
M. Amarî. C, IX, 35 1. — est 
publié par M. W. Wright. C , 
XIX, 288. 

Ibn-el-Awam. Son livre de l'Agri- 
culture est traduit par M. C. 
MuHet.D,XI,449. 

Ibn-ei^Djazzar , médecin arabe. 
Notice sur sa vie. D, I, 299. 

— Ses ouvrages. Ibid. 3o4. 
Ibn-el-Faredh (Omar), poète 

arabe. Son Divan est publié 
à Marseille. Notice. D, VI. 

39. 
Ibn-el-Konfodd , auteur de la Fa- 
résiade. G, XX, 208. 



GEMBRE 18&2. 

Ibn-el-Kouthyia , auteur d'une 
Histoire de la conquête de l'Es- 
pagne par les Musulmans. D , 
I, 458. — Extrait de cette his- 
toire. D, VIII, 428. 

Ibn-Ezra, écrivain juif, cité. D, 
XX, 247, 25o. 

Ibn-Forât, auteur d'une Chroni- 
que arabe ; son témoignage sur 
les institutions de police , cité. 
D.XVl.i38. 

Ibn-Hatyan . historien arabe^espa- 
gnol (Notice sur). D, XVII, 
259. 

Ibn-Hammad (Lekâdhi), compi- 
lateur arabe. Fragment de son 
ouvrage , publié. C, XX y 470. 

— Autre fragment sur Obeîd- 
AHah. D, V. 529. — Son His- 
toire de Bougie. D, VII, 475. 

Ibn-Haugal. Sa description de 

Palerme, traduite. C, V, 73. 
Ibn-Htscham. Sa Vie de Mahomet 

sera publiée par la Société. C. 

XIX. 564. — (M. Wûstcnfekl 

commence l'édition de). D. 

XII, 2 5. 
Ibn-Ishak. Sa Vie du Prophète 

est publiée à Gœttingue. D . 

XIV, 20. 
Ibn-Khaldoun , historien arabe. 

Son autobiographie. C, III, 5. 

— Ibid. 187. — Ibid. 291. — 
Suite et fin. Ibid. 335. — Ses 
Prolégomènes seront publiés 
par M. Quatremère. C, VI, 33. 



TABLE DES MATIÈRES 
I BN-K HALDOUN ( Extrait de ). G , 
XIV, 5o2. — Son Histoire des 
Berbers est publiée à Alger. C, 
XVIII, i3i. — D. II, 126.— 
D, VI, 42. — Ses œuvres sont 
imprimées à Boulak. D, XIV,, 

2 a- 

Ibn-Koteïba. Son manuel d*bis- 
toire public par M. Vi^ùsten- 
feld.C, XVIII. ia5. 

Ibn-Naqqach , auteur d'un fetoua 
relatif aux chrétiens en pays 
musulmans. G, XVIII, 417. 

Ibn-Roschd. Voyei Averroès. 

Ibn-Sab'in , auteur du livre arabe : 
les Qaestions Siciliennes. D, I, 
24o. — Sa vie, Ibid. 244. — 
Ses ouvrages. Ibid. 253. 

Ibn-Thafthafa. Voyez Fakhri 
(Pseado-), 

Ibn Ya-cîn , chef de secte parmi 
les nègres du Soudan. Son his- 
toire. D, XIII, 488. — Ses 
doctrines. i6ic/. 496. 

Idiotismes du dialecte arabe d'Al- 
ger. D, XVIII, 364. 

Idjâzè, diplôme de licence chez 
les Musulmans. D, V, 548. 

IdjmA, éléments de la jurispru- 
dence musulmane. Ses règles. 
G. XV. 193. 

Idjtihad (D^nition de 1') dans 
le droit musulman. G. XV, 
181. 

Idrîssjdcs (Notice sur les), d'a- 
près El-Bekri.D.XIII. 34o. 



DES IV ET V SÉRIES. 445 
Iehouda BEN KarIsch , grammal* 

rien hébreu. G, XVI, 24. — 

Son Dictionnaire. D , XX » 3o4. 
Iehouda Hayyoddj , grammairien 

hébreu. G . XVI , 28. — D , XX , 

210. 
lÉNA (Médailles orientales de 

l'Université d'). G. VU, 383. 
lÉPHET, commentateur hébreu; 

ses écrits. G , XV, 3 1 o. 
IesghocA , commentateur hébreu. 

de la secte des Karaîtes. Ç, XV, 

3o4. 
Iprîkiya (Description de Y). D, 

Xll,463. 
Iqraz, sauvegarde; sa définition 

d'après le code musulman. D, 

II, 5oi, — Étendue de ses 

droits. Ihid. 5o8. 
Iktaa, ou concession; définition 

de ce mot. G , l , 3o5. 
Iles de l'Asie orientale (Notices 

sur les). D, XVII, 357. 
Ili (Description de la province 

d'). G, VIII, 228. — Suite. 

Ibid, 385. 
Imari, bourg du Japon célèbre 

par sa manufacture de porce- 
laines. D, V, 202. 
Impôt ( Livre de 1' ) , par Godama. 

Extraits de cet ouvrage. D, 

XX , 159. — ( Répartition et 

perception de 1' ) en Ghine. D , 

IV, 266. 
Imprimer (Sur l'art d'), chez les 

Arabes d'Espagne. G, XX, 252. 



446 NOV£MBhE.D£ 

Inchauspe (L'ablië). auteur de 
plusieurs ouvrages sur la lan- 
gue basque. D , XIII , 89 et 
suiv. 
Indk (Extrait d*uu mémoire sur 
r ) , par M. Reinaud. G , VIII , 
28d. — ( Fragments arabes et 
persans relatifs à Y). G, IV, 
11 4- — 8uite. Ibid. 221. — 
Fin. G, V, 121. — (Descrip- 
tion de r), d'après Ma-touan- 
lin , auteur chinois. G, X, 82. 

— (Historiens musulmans de 
r). G, XIV. U. — U publi- 
cation des historiens persans 
de rinde est entreprise à Agra. 
D. XVIII. 96.— (ReUtious de 
voyages dans V). G, X. 266. 

— védique et brahmanique au 
temps du voyageur chinois 
Hiouèn-thsang. D. X. 488. — 
( Progrès des travaux sur la lit- 
térature de r). G, I, 523. — 
G.IV. 5i.-^G.VI.43. — G. 
VIII. 45. — G, XVIII, 169. 

— D. VIII. 70. — D, XII, 
73. — D, XIV. 71. — D. 
XVIII. 102. — Voyez aussi 
Burnouf, Régnier, Pavie, Lan- 
cereau, d'EcksUm, Garcia de 
Tasty. — (Mer des Indes) dé- 
crite. G . VIII , i63. 

Indien (Analyse d*un monologue 
dramatique ). G . XVI . -3 1 o. 

Index des noms de lieux et d'hom- 
mes, dans la description i\v 



GËMBRË 1862. 

TAfrique septentrionale, par 
El-Bekri. D. XIV, i33. 

Indra . dieu du Padthéon indien, 
étudié dans aes rapports avec 
le Bouddhisme. D, X, Ssi. 

Indrapat. nom d'une ancienne 
ville voisine de Delhi. D. XV, 
5ii. 

Insgbiption arabb de Constan- 
tine (Lettre sur une). C, XVIII. 
83. 

Inscriptions dbs Aghémâmides 
(Mémoire sur ies) , par M.Op- 
pert. G. XVn. aSô. — s'ai- 
ticle. Ibiâ, 878. — 3* article. 
Ibid. 534. — d' article. G. 
XVIII, 56. — 5- article. Ibiâ, 
322. — 6* article, ihidu 553. 

Inscriptions HiâiuLTiQUBs« dans 
les sanctuaires de TAsie. D, 
XJV. 182. 

Inscriptions miisouianss recueil- 
lies dans le Cancase. D, XX. 
57. 

Inscriptions phénigibiiiiss. G , X , 
473. — D. VU.sÔo. —Ibid, 
273. — D, XX, 355. 

Inscriptions sinaItiqucs. Leur 
origine chrétienne discutée. D, 
XUI.5.— Fia./àid. 194. 

Imstitdtedrs (Devotn dca) en- 
vers leurs élèves» JD, XVII , 5o. 

Instruction publique (Le Mi- 
nistre de r) accorde une allo- 
cation à la Société. G. X. 535. 
- lind. 536. 



TABLE DES MATIÈRES 
Instruction publique. (Aiioca- 

tions à la Société.) D, V, 3o3. 

— D.VII. 24i.— D, XUI, 

a85. 
Intermédiaires, nom donné par 

ies Arabes à une collection de 

traités astronomiques ; leur 

liste. D, XV, 282. 
loNiE (Exploration scientifique 

en). D, IV, 63. 
louçEF, prince de la dynastie des 

Sadjides. C, IX, 5o8. — C, 

X,396. 
Irac, origine de ce nom. D, 

XVm, 220. 
Iran-tedj, région fabuleuse de 

rAvesU.D,XIX,484. 
Isaurie, province de l'Asie Mi- 



DES IV ET V SÉRIES. 447 
neure. Description de quelques- 
unes de ses mines. D , IV, 10 1 . 
Islamisme (L') est l'expression 
même de l'esprit arabe; pour- 
quoi. D, XIII, 25o. 
IsMi^LiENs de Syrie , connus sous 
le nom d'Assassins (Recher- 
ches sur les). D, III, 373. — 
Suite et &n. D, V, 5. — De la 
Pewe. C, XIII, 26. — D, 
VIII, 353. — Documents sur 
leur histoire. D, XV, i3o. — 
Voyei aussi Bathiniens. 

' IsNAD , filiation et autorités de la 
tradition orale. D, VI, 33. 
Israélites, notes sur leur s^our 
dans la presquile de Sinaî.D, 
XVII, 120. 



J ara (M. A.), consul de Russie à 
Erzeroum. Ballade kurde. D , 
XIV. i53. 

Janissaires, constitution de ce 
corps. C , III , 171. 

Japon (Notice sur le Voyage de 
G. Smith au). D, XX, 390. 

Japonais (Description de l'em- 
pire). D, XVII. 36o. — D. 
XIX, 2 25. — (Notice sur 
l'empire). D, XVIII. 519. 

Japonaise (Progrès de la litté- 
rature). C, XJI, 170. — D, 
XII. io5. — D. XVIIl. 

l32. 



Japonaise (Progrès de la littéra- 
ture). Voyez aussi Aoui^. — 
(Flore).C,XX,i57. — (Une 
Introduction à l'étude de la 
langue) est publiée par M. de 
Rosny. D, IX. 568. — (Note 
sur la nature de la langue), 
par le même. D, XV, 272. 
— (Rapport sur la gram- 
maire) de Donker Curtius, 
par M. Pauthier. D. XVIII. 
272. 

Jadbbrt i(A1. A.). Discours pro- 
noncé à ses funérailles par 
M. Reinaud. C. IX, 80. 



448 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



Jaune (Fleuve) , Mémoire sur son 
cours inférieur. C, 452. — 
Travaux exécutés sur ce fleuve. - 
C.V, 5o6. 

Javanaise (Études sur la littéra- 
ture). D, XII, 271. — Suite. 
Ibid. 394. 

JÉRUSALEM (Une société orientale 
est formée à ) ; ses travaux. C , 
XVIII, 1Î2. — (Fondation 
d'une société littéraire à). D, 
1.286. 

Jeux de mots (Des) chez les 
poètes arabes. D, I, 2 23. 

Job (Poème de), cité. D, XIII, 
427. 

Johnson (M. F.). Notice sur son 
Dictionnaire arabe-persan-an- 
glais. D, I, 476. 

JoiN\iLLB (Le sire de). Ses mé- 
moires , publiés par M. Fran- 
cisque Michel; compte rendu. 
D, XIII, 82. 

Jones (W.). Voyez Persane ( gram- 
maire). 

Jour, QV (De la valeur du mot) 
dans la Bible, C. XIII. i64. 
— Jours de bien et jours de mal, 
d'après les légendes arabes. D, 
I, 10. 

Judas (M.). Note sur Tinscription 
libyque de Tiffech. C, III, 
3i4. — Mémoire sur plu- 
sieurs inscriptions phénicien- 
nes. C, V, 39. — Lettre sur 
les inscriptions phéniciennes 



de M. Fresnel. C, VIU . 
565. 

Judas (M.). Voyez la réponse à sa 
lettre sur les inscriptions phé- 
niciennes. C , IX , 260. — Note 
sur l'alphabet berbère usité 
chez les Touaregs. C , IX , 455. 

Juifs (Monuments) donnés au 
Musée de Paris, décrits. D, 
VI. 429. 

Julien (M. Stanislas). Sa. lettre 
relative au Dictionnaire Ou- 
tché-yun-fou. C, III. 4 17- — 
Notices sur les pays et les peu- 
ples étrangers, etc. C,VIII. 
228. — Suite. Ihid, 385. — 
Suite. C . IX , 5o.— Suite. Ihid, 
1 89. — Suite. C , X , 81. — 
Notice sur Tart d'imprimer en 
Chine, etc. C, IX, 5o5. — 
Renseignements sur les rela- 
tions de voyages dansrinde,eic. 
C. X, 265. — Ck>ncordance 
sinico-sanskrite , etc. C, XIV. 
353. — Son Histoire de la por- 
celaine chinoise. D . VII ^ 44 3. 
— publie un chapitre du 
Voyage de liiouèn-thsang. C , 

xvni, 180. — D. II. 195.— 

(Voyez l'analyse du tome I*' 
de ce Voyage. D , X , 47^ et D, 
XII. 93). — traduit les Ava- 
ddnas. Notice. D. XIV, 76. — 
Listes des noms des dix-huit 
écoles schismatiques sorties du 
bouddhisme. D, XIV, 327. 



TABLE DES MATIÈRES 
Julien (M. Stanislas). Analyse 
de sa méthode pour déchiffrer 
et transcrire les noms sans- 
crits qui se rencontrent dans 
les livres chinois. D, XVII, 
ICI. — D. XVIII. 121. — 
traduit le roman chinois : Les 
deux jeunes filles lettrées. No- 
tice. Ibid, 126. 
Jukispaddencë (Marche et pro- 
grès de la) dans les sectes mu- 
sulmanes. C,XV, i58. 



DES iV* ET V SÉRIES. 449 
JuYNBOLL (M.) père. Ses ouvrages 
sur les Samaritains. C, XII, 
124. — puhlie le Méraçid eU 
luila et la Chronique d'Abou 1- 
Méhasin. Notices sur ces ou- 
vrages. D, VIII, 82. — 
D. XIII, 558. — D, Xyi, 
101. 
JuYNBOLL (M.) fils donne le texte 
du traité d*El-Yacoubi. Notice. 
D, XIX, 242. 



Kacumir (Chronique du). L'édi- 
tion de cet ouvrage est conti- 
nuée aux frais de la Société. C, 
XVI, 124. 

Kaduou (Légende brahmanique 
sur la). D, VI, 191. — Suite. 
Ibid, 297. — Fin. Ihid, 473. 

Kaïrowani (El-), auteur de l'His- 
toire de Tunis. C, VIII, 24. 

Kalaçâdi, mathématicien arabe 
(Noticesur). D.XIV, 437. 

Kalau - Chergat ( Exploration 
faiteà). C,XX,44i. 

Kâlidâsa, poète indien à la cour 
de Bhôdja. D, IV, 385. — Son 
traité de prosodie sanscrite. 
Ibid, 519. 

Kali-Yu6 , ou l'âge de fer, pocmc 
hindoui. C , XIX , 5 5 1 . 

Kanodri (Langue). Voyez Bor- 



Ranwaldah (Étang de lotus), hé- 
roïne d'un drame indien. C , 
XVI, 3ii. 

Karafi (El-), biographe arabe. 
Notice. D, XIII, 94. 

Karral, désigne une espèce de 
cuirasse. C, XV, ^69. 

Karmathes (Secte des). D, VIII, 
357. 

Kasr (El-), ruines de l'ancien 
palais de Nabuchodonosor. D , 
I, 54o. — Son emplacement 
est déterminé. D, II, 28. 

Kavi (Alphabet). D, XII, SgS. 

Kazan-Sultan (Histoire de). C, 
XIX, 275. 

K azem-Beg ( M irzâ - Alexandre ). 
Observations sur le chapitre 
inconnu du Coran , publié par 
M.G.deTassy. C,II,37i.— 
Notice sur la marche et les 



450 NOVEMBRE-DÉ 

progrès de la jurisprudence 
chez les musulmans. C , XV, 
i58. 

Kazem - Beg ( Mina - Alexandre ) 
offre à la Société un exem- 
plaire du Mohammetfyeh, caté- 
chisme musulman* G, XVI, 
97. — Fragment du Derbend- 
Namèh, publié et traduit. C, 
XVII, 43o. Voyet aussi la no- 
tice sur ce livre. C, XVIII, 
4 10. — Extrait dune lettre à 
M. G. de Tassy. Ibid, 585. — 
Lettre sur la grammaire per- 
sane de M. Ghodzko. D, II , 79. 
— Suite. D, III, 82. Voyei la 
réponse à cette lettre. D , III , 
538. — Sur les progrès récents 
de la civilisation en Perse. D , 
IX , 448. — Extrait d*une lettre 
à M. Garcin de Tassy. D, XV, 
269, 

Kâzimibsri de Biberstein (M.) 
publie un Dictionnaire arabe- 
français. C, VI, 28. — Même 
sujet.C,Vm,564.— C.XII, 
123. — D, XVIII, 55.— est 
chargé de publier la Vie de 
Mahomet C , XX ,21. 

Kazvin, ville de Perse; sa des- 
cription diaprés les auteurs 
persans. D, X, 257. — (Note 
de E. Quatremère sur). D, 
XVII, 173. 

Kazvin r. Sa Cosmographie est 
publiée par M. Wûstenfeld. 



CEMBRE 1862. 
Kazviiii. Notices. C, XII, m. 

— C,XIV, 22. 

Kbtama (Pays des), décrit par 
El-Bekri. D,XII.497. 

Khalifes (Histoire des). C, VIIJ, 
17.— C.XI, 201.— C, XVIII. 
i33. — (Rapports des) avec 
leurs sujets chrétiens. Ibid, 
43 1. — (Monnaies des). D, 
XX, 186. 

Khalil (SiDi)« Son précis de ju- 
risprudence traduit Analyse. 
D , II , 1 38. — Le texte sera 
publié aux frais de là Société 
asiatique par M. Richebé. D, 
IV, 432. — Cet ouvrage est 
livré au public. D, X, is. — 
Notice. Ihid. 427. — (Ouvrages 
de). Ihid. 237. 

Khanikopi» ( m. de ) , auteur d'une 
description de Bokhara. C, V, 
5 10. — Lettre à M. Reinaud, 
accompagnée du plan archéo- 
logique de Hérat. D, XV, 537. 

— Notice sur le Voyage de 
M. Dorn dans le Mazendéràn , 
le Ghilân , etc. D, XIX , 2 1 4. ~- 
Mémoire sur les inscriptions' 
musulmanes du Caucase. D, 
XX, 57. 

Khans mongols du Turkistan et 
de la Transoxiane (Histoire 
des) , trad. du persan. G , XIX , 
58. — 2* article. Ibid. 216. — 
3" et dernier article. C , XX , 
370. 



TABLE DES MATIÈRES 

Kharagènb (Royaume de la). 
Voyez Mésène, 

Kharadj , impôt foncier chez les 
musulmans. — Livre de ce 
nom. par Godama. D, XX, 
i58. 

Khatouns (Des), princesses tur- 
ques. C, XVI, i65. 

K.HATTI-HUMAIOON du i8 février 
i856, traduit. D, XIX, 376. 

Khbiam (Omar), mathématicien 
et poète arabe. Voyez Alkkœy- 
yami, 

Khodabekdbu (Mohammed), sul- 
tan mongol. Notice sur ce 
prince. € , XVII , 1 5 s . 

Khorbémir , historien persan ( Ex- 
traits de) sur le Kiptchak et les 
Ghirvanchahs. G, XVII, io5. 
— sur les khans mongols du 
Turkistan et de la Transoxiane. 
C, XIX, 58. — 2« article. 
Ibid, 216. — Sa Ghronique 
est imprimée à Bombay. No- 
tice sur cette édition. D, XV, 
A29. 

Khorassân ( Littérature arabe du ) 
au iT* siècle de Thégire. D, I, 
169. — »• partie. D» III, 291. 

Khorsabad (Fouilles de). Voyez 
Botta. 

Khooâns, confréries religieuses 
deFAlgérie. G,XX,5i5. 

KHOUBiLAÏ>Kiian , empereur mon- 
gol de la Chine. Sa tentative 
pour transcrire la langue Ggu- 



DES IV ET V SERIES. 451 
rative des Ghinois au moyen 
d'une écriture alphabétique. 
D,XIX,5. 

Khoung-tseu (Gonfucius). CvAte 
que lui rendent les Ghinois. D , 
IV, 3 18. 

Khouri ( Kbalil El^), poète arabe 
moderne. D, IX, 483. — 
Fonde une gazette k Beyrouth. 
D,XII, 3iô. 

K1A-TCHÂR6 ou che& de famille 
en Ghine; leurs assemblées. 
D.III,6i. 

KiMiZB, lait de jument aigri. G, 
XVI, 64. 

Kiptchak. Sa description d'après 
Ibn-Batouuh. C, XVI, 53. — 
Son histoire d'après Khondé- 
mir et Mirkhond. G, XVII, 
io5. 

KiRMANSGHAH. Lettre sur les ins- 
criptions pehlvies qui y ont été 
trouvées. G, I, 28. 

ICisGHVER Uyi^) y une des divi- 
sions de la terre chez les 
Parses. D, XIX, 49a. 

KiTAB al-ldma' de Ibn-Iljanâh 
(L'introduction du), traduite. 
G, XVI, 2 25. — Suite- Ihiâ, 
353. — Différentes traductions 
de ce dictionnaire. G, XYII, 90. 

KoRDOFAN(Travels in) annoncés. 
G. VII, 196. 

Klaproth. Extrait de sa traduc- 
tion du Derbend-Namèh. G, 
XVII, /i38. 



/|52 



NOVEMBRË-D£G£MBR£ 1862. 



Klbin (M.). Sa grammaire hé- 
braïque raisonnée. G, XVI, 
i5i. 

KoBAN. Voyez Coran. 

KosTA de Bâibek , célèbre méde- 
cin arabe. Sa vie. D, I, 336. 

KoDAN-HOA, nom de la langue 
vivante en Chine , par opposi- 
tion à la langue ancienne ou 
Kou-wen. D, IX, 563. 

KowALEwsKi (M.) publie un dic- 
tionnaire de la langue mon- 
gole. C, VI. 65. 

K.RAPFT (M.) envoie le catalogue 
oriental de la Bibliothèque de 
Vienne. C» I, 267. — Re- 
marques sur une lettre de 
M. de Sauicy. C, II, 299. — 
(Notice nécrologique sur). C, 
X. 174. 

KaamapAtha, «lecture par re- 



doublement • Sa définition et 
ses règles. D, X, 374. 

KsAR-KERiMA , vieux chàteau dans 
le Sahara. C, IX, 553. 

KuliDE ( Études philologiques sur 
la langue). D, IX. 297. — 
( Étymoiogie ). Ibid. 3oa. — 
(Phraséologie). Ibid. 343. — 
(Poésie). Ibid. 355. — Tra- 
vaux de M. Lerch sur cette 
langue. D, XIV, 66. — D. 
XVIII, 99. — (BaUade) tra- 
duite. D, XIV, i53. 

KuBDES (Sur les), sectateurs de 
ScheiLh Âadi. D, VI, 468. — 
(L'Histoire des) par Scheref 
paraît à Saint-Pétersbourg. No- 
tice. D, XVI, 455. 

KuRT (Histoire de la dynastie 
des) dans le Khoraçân. D, 
XVn, 44o.— Suite. Iftid. 473. 



Labartiie (M. G. de) est nommé 
bibliothécaire adjoint de la 
Société. D. XVI, 255. 

Lagardr (Paul de) (Notice sur 
deux ouvrages de ). D , X , 252. 
— fait paraître les AnaUcta 
5yrioco.D, XIII, 96. 

Lagouat, ville de l'Algérie. G, 
XX, 507. 

Lajard (Félix). Sa vie. ses tra- 
vaux. D , XIV, I G. 



Lames des Orientaux (Sur les). 
D, III, 66. 

Langerbau (M. £.). Analyse des 
Séances de Haidari, publiées 
par M. Tabbé Bertrand. C, 
Vn , 377. — Notice sur l'His- 
toire de la littérature hindooi 
et hindoustani de M. Garcin 
de Tassy. G , IX , 447. — Ana- 
lyse et extraits du Râdj^ntti. 
G.XIII.71. 



TABLE DES MATIÈRES 

Lancerrau (M. E. ) 2" et dernier 
article. C , XIII ,97. — publie 
une Chrestomathie liindie et 
hindouie. C , XIV, 349- — Ex- 
traits du Bétâl-PatchUî, roman 
hindi. C, XVIII. 5.— Suite, 
/ftrf. 366. — Suite^et fin. C , 
XIX, 333. —Traité de pro- 
sodie sanscrite par Kâlidâsa. 
D , IV, 5 1 9. — fait un rapport 
sur l'état des papiers Ariel. D, 
X.25i. — D, XI, 278. — 
f6irf. 475. — D,XX, 382.— 
Critique de la brochure intitu- 
lée : Des alphabets européens 
appliqués au sanscrit. D , XVII , 

97- 

Lane (E. W.). Notice sur sa tra- 
duction des Mille et une nuits 
rééditée par S. Pôle. D, XX, 
385. 

Langlois (M.) , membre du Con- 
seil. Notice sur ses travaux. D, 
VI, 12. 

Langlois (M. Victor). Voyage à 
Sis, capitale de F Arménie au 
moyen âge. D, V, 267. — 
Lettre sur le sabre de Léon VI 
de Lusignan , roi arménien de 
la Cilicie. D, XVI, 259. — 
Notice sur Touvrage intitulé 
Les raines d'Ani , par M. Bros- 
set. D, XVII. 465. — D, XIX, 
529. — sur le Dictionnaire ar- 
ménien-français par A. Calfa. 
D, XIX, 98. 



DES IV ET V SÉRIES. 453 

Laodigée, ville de Syrie citée dans 
les inscriptions phéniciennes. 
D, XX, 358. 

Lao-tseu . célèbre philosophe 
chinois ; coup d*œil sur sa doc- 
trine . comparée à celle des 
djoguis indiens. D. IX, 36o. 

Laques de Canton ( Manufacture 
de). CXI, 34. 

Lassen (M.). Ses travaux sur 
rhistoirc de Tlnde ancienne. 
D, XII, 83. — D, XVIII, 
io4. 

Lasteyrie (M. le comte) donne 
sa démission de vice-président 
de la Société. C . X , 5. — ( No- 
tice nécrologique sur). C, 
XVI, m. 

Layabd (M.). Sa collection des 
inscriptions assyriennes. C , 
XV. 99. 

Lazareff (Notice nécrologique 
sur M. le comte Jean). D, XI, 
476. 

Lebdah (Inscriptions trilingues 
de). C. VIII, 349. — Lettre 
sur ce sujet, llfid. 565. ^— Ré- 
ponse à cette lettre. C. IX, 
260. 

Leclerc (M. le D'). médecin 
major à Constantine. Etudes 
historiques et philologiques 
sur Ebn-Beïthâr. D, XIX . 433. 

Lee (D' Samuel), professeur à 
Cambridge (Notice sur). D, 
IV, i3. 



4ô4 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



Lees ( m.) , à Fort-WUiiam, achète 
une copie des Prairiis d'or 
pour la Société asiatique de 
Paris. D. VII, 4s8. —-donne 
une édition du Coran avec le 
commentaire de Zamakschari. 
D.XVUI,2 2. 

LÉGENDES BRAHMANIQUES qnj Se 

rapportent au berceau de Tes- 
pèce humaine. D , VI , 191. — 
Suite. Ibid. 297. — Fin. Ibid. 
473. 

LÉGISLATION musulmane sun- 
nite. 1" article. C, XII, 5. - 
3* article. C, XIII, lao. — 
3* article. C, XVI, 476. - 
4' article. C. XVII, 211. - 
,V article. C. XVIII. 290. -- 
6« artide. C, XIX. 519. — 
7*article.D, I, 89. — 8* ar- 
ticle. D, II, 471. — Voyez 
aussi Du Caurroy, Belin. 

LÉGISLATION musulmane (Le pré- 
cis de) par Sidi Khalil est pu- 
Uié aux frais de la Société. D, 
IX,424. — D.X,i2. 

Legs faits à la Société asiatique 
dePferis.D, VU, 428. — D. 
XIV,433. — D, XV, 93. — 

D, XIX. 417. 
Lbgdest (M. Tabbé). Ses études 

sur les langues sémitiques. D , 

XII,37. — D, XVIII. 54. 
Leipzig (Société orientale de). 

D,II,ii5. — D, VIII, 25. 

— D,XII.22. — D.XIV, 19. 



Leipzig (Société orientale de). 
D. XVm, 16. — D, XX. 

27- 

Lelewel (Joachimi). Notice sur 
sa Géogr^hie du moyen âge. 
C.XyiI.591. 

Lella - Maghiinia ( Inscriplion 
trouvée à). C, IX, 210. 

Lenormant (M. François). Sur 
l'origine chrétienne des ins- 
criptions sinaîtiques. D , XIII , 
5. — Suite et fin. Ibid. igà- 
— Deux mots sur les inscrip- 
tions du Sinaf. D, XVIII , 263. 

LÉONARD DE PisB. Des recher- 
ches sur ses ouvrages sont 
dues à M. Woepcke. D, XI, 
108.--D.XVUI, 47. 

Lepsius(M.). Son livre des rois 
d'Egypte. D, XII, 266. — co- 
pie les inscriptions de la Val- 
lée écrite. D, XIII, 195. 

Lerch ( M. ) fait paraître des re- 
cherches sur la langue kurde. 
D.XIV. 66. 

Letourneux (M.). Ses recherches 
sur la numération berbère, ci- 
.tées.D,XVI,iio. — /M.364. 

Levaillant de Flomitai. (M.) 
publie l'Histoire d'Armënie de 
Moïse de Khorène. C, IV. 
5a2. 

Lexicographie héiraîqijr. Voyez 
Nâubaaer, 

Lexicon bibliographicdu • par 
'Hadji-Khalfa. D, XIV. 2^0. 



TABLE DES MATIÈRES DES IV ET V SÉRIES. 455 



Lexicon GE06RAPHICDM (nommé 
en arabe Meraçid el-Ittila). Cet 
abrégé est publié à Leyde. No- 
tice. D, XJII. 558. 

Lhomond (Grammaire française 
de) traduite en arabe. Notice. 
D,X.454. 

LiBYQUE (Inscription) trouvée à 
Tiffech. C, m, aa. — trou- 
vée à Lella-Magbrnia. C, IX, 
|io. 

Licorne (La) existe dans le Dar- 
Bargou ou Waday. C , III , 1 3o. 

Life in China (Notice sur), du 
rev. C. Milne. D, XI, 107. 

Li-Ki a le livre de» rites chinois » 
est traduit par M. Callery. No- 
tice. D, VIII. 76. 

Liste des ouvrages publiés dans 
rinde. C, XVII. 3o6. —des 
membres de la Société; se 
trouve à la suite des rapports 
-annuels. — des mot& de Tins- 
cription de Borsippa. D, X, 2 1 9. 

LiTHAM , ^Uj , voile dont les Ara- 
bes du désert se couvrent le 
visage. — Note sur les peuples 
qui le portent. D, XVII, 162. 
Lithographie ( L*art de la) se ré- 
pand en Perse , en Turquie et 
dans rinde. D , II , 1 7 1 . 
Lois phonétiques de la langue 

assyrienne. D , XV, 1 00. 
Londres (Société asiatique de). 

Voyez Grande- Bi-etag ne. 
Londres ( Société;^8iatique de ) . 



Propose un prix pour le meil- 
leur travail sur le système vé- 
dique. D, IX, 293. 

L0NGPÉRIER (M. Adrien de). Tra- 
duction d'une inscription 
arabe trouvée à Marseille. C , 
V, 118. — Lettre sur les mon- 
naies des rois de Caboul. Ibid. 
192. — Note sur un dinar de 
Barkiaroc. C, VI. 3o6. — 
Lettre sur l'écriture cunéi- 
forme assyrienne. C, X, 532. 
- — Notice sur les monuments 
antiques de l'Asie, etc. D. VI , 
407. 

Lou-TcHOD (Le royaume de). 
dans l'archipel japonais, dé- 
crit. D, XVII. 372. 

LusiGNANS . rois de la Petite Ar- 
ménie. — (Tableau des). D, 
XVIII, planche 3. 

Luynes (M. le duc de). Se» tra- 
vaux sur les inscriptions phé- 
niciennes énumérés. D, VIII. 

47. 
LuzzATTO (M. Philoxène). Sur 
l'existence d'un dieu assyrien 
nommé Sémiramis. C . XVII . 

465. 
Lycaonie, province de l'Ajaie Ai&- 
neure. Ses ruines décrites. D , 
rv, 9a. 

Lycie (Description des antiqui- 
tés de la). D, IV, 74. 

Lydie (Restes de monument» an- 
tiques en). D, IV, 62. 



45C 



NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 



M 



Maçoddi, auteur des Prairies 
d*or, rapporte une légende sur 
la coupe d* Alexandre. C , IV, 
175. — (La publication de) 
est adoptée par la Société et 
confiée à M. Derenbourg. C , 
XX, 21. — D, m, 536. — 
D, IV, 24. — (Un manuscrit 
de] est acheté pour la Société 
dans rinde. D, VI, 290. — 
D, VII, 428. — Changement 
de traducteurs. D , XII ,17. — 
D. XJII, 286. — Retards de 
cette publication. D, XVIII, 
1 4. — Le premier volume pa- 
raît. Notice sur cet ouvrage. 
D,XX, 20. 

Mâdian , ville. Sa position déter- 
minée par E. Quatremère. D , 
XVII, 129. 

Madjapahit, ancienne métro- 
pole de Tempire javanais. C, 

VII, 544. — (Lettre sur).C. 

VIII , 555. — Addition au mé- 
moire sur ce sujet. C, XIII, 
523. 

Madras (Journal de la Société 
asiatique de). C, I, 494. — 
CVI, i5. — C,XII,95. — 
C,XlV,i5.—C, XVIII, 119. 
— D,XIV, 19. — D, XVI, 
33. — D, XVIII, 19. — D, 
XX, 26. 



Magiciens de Pharaon (Tradi- 
tion musulmane sur les). C, 
11,73. 

Mahdia (El-) , ville de la régence 
de Tunis. Sa description et 
son histoire, diaprés le Scheikh 
Et-Tidjani. D, 1,357. 

Mahomet. Travaux sur son his- 
toire. C , rV , 2 1 . — Sa mau- 
vaise foi. C, I, 476. — Sa 
Vie , par Ibn-Hischam , sera pu- 
bliée par la Société. C, XIX. 
564. — D. XVIII, 26. — (Do- 
cuments relatifs à). D, IV, 
482. — D, VI, 29. — D, XIV. 
20. — D, XVI, 271. — D, 
XVIII, 23. — (Mémoire sur 
la naissance et Tâge de). D, 
XI , 1 09. — ( Notice sur 
deux biographies de). D, XII, 

23. 

Mahmodd - Efendi , astronome 
égyptien. Mémoire sur le ca- 
lendrier arabe avant Tisla- 
misme, etc. D, XI, 109. — 
Identité du rôle de Avoir et du 
verbe ^k^D, XIII, 293. 

Maïmonide (Moïse). Son Gmde 
des éyarés est en voie de publi- 
cation. D, VI, 54. — Notices 
sur ce livre. D, VII, 534. — 
D, VIII, 36. 

Markari (El-). Son Histoire des 



- TABLE DES MATIERES 

Arabes d'Espagne est sur le 

point de paraître. D, IV, 444. 
Makkari (El-). D. XIV, 26.— 

(Notice sur). D, VI, 44. 
Makrizi. Sa description du Caire 

est imprimée à Boulak. D . VI , 

44. — Un passage de ce livre 

sur la charge de police est cité. 

D,XVI, i35. 
MALAi(Roman). C, VII, 425. 
Malaie ( Progrès de la littérature). 

C,I,53o. — C.IV,58. — C. 

VI, 58.— C, XII, i63. — 

C, XIV, 60. 
Maldives (Iles), nommées en 

arabe Dyhadjat. C, IV, 265. 
Malek (Rite de), étudié par 

M. Vincent. CI, 5o8. 
MALI (Note sur le pays de). D, 

XVII. 169. 
Malik-Mohammed-Djaïci, poète 

hindoustani ; a écrit la légende 

dePadmanî.D, VII, 90. 
Maltaise (Note sur la langue). 

C, VII, 471. 
Malte (Inscription coufique de). 

C, X, 437. — C, XVIII, 4i3. 
Malwa (Histoire d'un roi de). 

D. m. i85. — D, IV. 285. 
— Fin. D, V, 76. 

Mamlodks (Histoire des sultans) 

par Quatremëre. Notice sur cet 

ouvrage. C, VI, 464. 
Mamoun (El-), khalife abbasside. 

Son règne d'après le Pseudo- 

Fakhri. C,Vll,336. 



DES IV ET V SÉRIES. 457 

Mandariniqde^ Culte). Culte des 
génies tutélaires en Chine. D, 
IV, 309. 

Mangod-khAn , souverain mon- 
gol ; fait faire un recensement 
dans l'Arménie et la Géorgie. 
D,XI,46o. 

Manthanam (De la légende du) 
dans les traditions brahma- 
niques. D, VI, 297. 

Maouals ou chants populaires 
des Arabes , traduits. C , XVI , 
329. 

Manuscrits zends de Londres et 
d'Oxford. Notice. D, IX, 248. 

Manuscrits de la Société asia- 
tique (Pn^sition relative aux). 
D, XX, 383. 

Marabouts (Origine des) dans 
les tribus kabyles. D, XIV, 
265. 

Marcel (J. J.). Notice nécrolo- 
gique et littéraire sur ce savant. 
D, III, 553. 

Mardin et Akhlath (Note sur 
l'histoire des rois de). C , 1 , 7 2 . 

Mareb (Digue de). C, V, 239.' 

Maroun , auteur dramatique 
arabe. D. X, 458. 

Marques (M. Jos.).pid>lie une 
géographie en chinois. C , XII , 

379- 
Marseille ( Inscription funéraire 
arabe trouvée àj. C, V, 118. 
— (Inscription phénicienne 
de).C.X,473. 

3o 



458 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 



Maslamah, générai musulman. 
Ses campagnes dans le Cau- 
case. D, XX, 79. 

Mas-Latrie (M. de), auteur 
d'une Histoire de Chypre sous 
le règne des Lusignans. D , V, 
106. 

Mas'odd, poète persan et hin- 
doui. Notice. D, II, 356. 

Mas'oudi. Voyez Maçoadi. 

MassiAth, château fort en Sy- 
rie , est pris par les Ismaéliens. 

D, III, 417. 

Masson (M. Ernest). Notice sur 
les Fleurs de Vlnde de M. G. de 
Dumast. D, X, 555. 

Mathématiques des Arabes 
(Sciences). Voyez SédiUot , 
Woepcke, Cherbonneau.— (No- 
tice sur quelques manuscrits 
arabes relatifs aux). D, XIX, 
101. 

Matla assaadein. Histoire per- 
sane de Chah-Rokh. Notice 
sur les extraits publiés par 

E. Qualremère. C, IV, 5o8. 
Mauritanie (Expédition des Mu- 
sulmans en), d'après Noweïri. 
C, IV. 329. 

Mawerdi. Son Manuel de droit 
public musulman est publié 
à Bonn. D, Vî, 37. — Son té- 
moignage sur les fonctions de 
chef de la police, cité. D, 
XVI, i46. 

Mazdak le Zendik. Sa doctrine, 



d'après l'historien Tabari. C, 
XVI, 345. 

Mazendérân ( Une collection des 
dialectes du) est préparée par 
M. Dom. D,XVII, io3. 

Mecîla (El-), ville de T Afrique 
septeotrionaJe décrite par un 
voyageur arabe. D, XIII , 

97- 
Mecque (La chronique de la), 
par Azraki. Le texte arabe est 
imprimé à Leipzig, t), XIV, 
24. — (Une collection sur 
l'histoire de la) est publiée par 
M.Wûstenfeld.D,XVm,a8. 
— D. XX, 28. — E^fférenlcs 
manières de s^orienter vers ce 
temple dans les prières. D, 

1,25. 

Médailles trouvées dans Tile de 
Java (Rapport sur deux). D, 
XV, 32 1. -^ Voyez aussi Nu- 
mismatique orientale. 

MÉDÉA et la MiTTiDJA décrites 
par El-Bekri. D, Xrir, 11a; 

Médecine arabe (Traité de). 
Études sur cet ouvrage. D , 1 , 
289. Voyez aussi Sanguinetti, 
Duyat. 

Médecine copte , fragment d^uu 
traité sur ce snjet. C , 1 , 433. 

Médecine en Chine. D, \ÎU, 
407. — Règlements de police 
concernant la pratique de la 
médecine chez les Musulmans. 
D, XVII. 45. 



TABLE DES MATIÈRES 

MÉDECINS grecs et arabes (Notice 
sur les), H'après un traité de 
médecine arabe. D, I, Sao. — 
Sur les médecins arabes qui 
vécurent dans les premiers 
temps de Tislamisme. D, V, 
4o3. — syriens, contempo- 
rains des premiers khalifes 
abbassides. D, Vï, i3i. — 
( Notices biographiques de 
quelques). D, IX, 393. 

MÉDIQDE ( Inscriptions cunéi- 
formes du système). C, XIV, 
93.— C, XV, 398. — (Alpha- 
bel). C, XV, 526. 

Mrdzoph (Thomas de) , historien 
arménien (Etude sur). D, VI, 
221. — Sa biographie. Ibid. 
226. — Sa chronique. Ibid. 
242. — Son style. Ibid. 264. 

Mehhen (M. A. F.) (Notice sur 
un ouvrage de). D, XIV, 534. 

— sur la chronique persane 
de Khondémir, imprimée h 
Bombay. D, XV. 429. — 
sur VAbnufassal , édition de 
M. Broch. Ibid. 545. — sur le 
Chalef Elahmar's Qasside de 
W. Ahlwardt. D, XVII. 276. 

— Notice sur l'édition de 
Yakoubi de M. Juynboll fils, 
et sur la traduction de M. de 
Goeje. D, XIX, 242. 

Meïdani (Les Proverbes de) ont 
étépubhéspar M. Freytag. C, 
1.497- 



DES IV ET V SÉRIES. 459 

MÉLÂHiDÉs OU Ismaéliens de la 
Perse. Leur histoire et leur 
doctrine. D, XV, 169. 

Mélic-Chah (Règne de), sultan 
seldjoukide. C, XI, 443.— 
C.Xri.357. 

MENANT (M. J.). juge à Lisieux, 
publie un mémoire sur les po- 
lyphones assyriens. Notice. D, 
XIV, 538. — Ses travaux sur 
les inscriptions cunéiformes. 
D. XVIII, 76. 

Mrng-tseu, philosophe chinois. 
Sonlivre. C, VI,362. 

Menodfiyi (El-). Extrait de son 
livre du Don abondant. C , VII , 
485. 

MÉRAçiD-EL-iTTiLÂ. Dictionnajrc 
de géographie en arabe. D, 
VIII. 32. — D, XVI. 91.— 
D. XVIII. 34. 

MéRiTENS (M. Eugène de). Liste 
alphabétique des Nien-Hao. 
D, III. 5io. 

M^RODACH. dieu des Babylo- 
niens. D. X , 207. - 

Mésène et Kharacène (Sur le 
commencement et la fin du 
royaume de). D, XVIII, 161. 

Mesnévi de I>jélal-ed-din-Roumi. 
C.XVin,i6o. 

MÉSOPOTAMIE ( Antiquités et 
fouilles de la). C.IV. 38.— 
C, VI.33.--C, VIIÏ, 38.~ 
C, XII, 129. — C, XIV, 36. 
— CXVIll. i44. 

3o. 



400 NOVEMBRE-D 

MésoPOTAiiiE ( Antiquités et 
fouilles (le la). D, II, lAg. — 
D.VI,57. — D.Vm.Ag.- 
D.XIV. 53.— D.XVni,76. 
— (La) envahie par Floulagou , 
sultan mongol. D, XI, ^97. 

Messine, décrite par le voyageur 
arabe Ibn-Djobaîr. C, VI, 
536. 

Mesures de longueur, en usage 
en CochinchiDe. G, XII, 65. 
— agraires, en usage chez ies 
Chinois. C,XV, 35i. 

MÉTHODE pour déchiffrer et 
transcrire les noms sanscrits 
qui se rencontrent dans les 
livres chinois (Notices sur la). 
D, XVII, ICI. — D. XVIII, 
121. 

MÉTIER A TISSER (Noticc sur un) 
en Chine. C , IX , 332. 

MÈTRES (Des) dans la prosodie 
musulmane. C, XI, 107. — 
dans la prosodie sanscrite , 
d* après le traité de Kâlidâsa. 
D,IV, 54o. 

MÉTRIQUE des Védas. D, XII, 
166. — Suite. Ihid. 329. 

MÉTRIQUE javanaise. Ihid, 397. 

Michel (M. Francisque). Son li- 
vre : « Recherches sur le com- 
« merce des étoffes de soie, etc. » 
analysé. D, III, 162. 

Michel le Syrien (Extrait de la 
Chronique de). C, XII, 281. 

Michel le Syrien ( Extrait de la 



ECEMBRE 1862. 

Chronicpie de). Suite et fin. C , 

XIII, 3i5. 
Milan (Journal asiatique fondé 

à). D, VI, 17. 
Mirage (Phénomène de), d'après 

les textes chinois. C , XII ,* 

5i8. 
MiRiÉ (Terres), c est-à-dire du 

domaine public. D, XIX, 

298. 
MiRKHONB (Extrait de rhistoirc 

de) sur le Kiptchak et les 

Chirwanchahs. C, XVII, io5. 

— Sa Chronique est lithogra- 



liée en Perse avec des aug- 
mentations. D, XII, 67. 

Miroir magiqdb, dans la ville 
de Kef, Afrique s^tentrio- 
nale. D,XII,498. 

MiTHRA (Le nom du dieu), 
dans les inscriptions achémct 
nienne^. C, XIX, 209. 

MizRAK. Terme d'artillerie chez 
les Musulmans. G, XV, 269. 

Mo'djem el-Bouldan , diction- 
naire géographique en arabe 
(Notice sur le). D, XVI, 85. 

MoDJMEL AL-TEWARiKH. Extraits 
de cet ouvrage. C, I, 385. — 
Autre extrait sur Thistoire des 
« rois de Tlnde. C , I V, 1 3 1 . 

MoFAssAL ( El-) , grammaire arabe 
de Zamakschari. Notice. D , 
XV, 545. 

MoHACz (^Histoire de la cam- 
pagne de) est publiée par 



TABLE DES MATIÈRES 
M. Pavel de Courteille. No- 
lice. D. XV, 438. 

Mqhacz ( L'Histoire de la cam- 
pagne de). D, XVIII, loo. 

Mohammed, fondateur de la reli- 
gion musulmane. Voyez Ma- 
homet. 

Mohammed, sultan seidjoukide. 
CXII. 270. 

Mohammed Barirod, professeur 
(le droit musulman à Tom- 
bouctou. D, VI, 398. 

Mohamm£d-ebn-Harib, grammai- 
rien arabe. C , XVIII , 1 26. 

Mohammed el-Mrmli, mission- 
naire et professeur de droit 
musulman au Soudan. Sa vie. 
D, VI, 391. — Ses ouvrages. 
Ihid. 396. 

Mohammed-Mirza , sultan timou- 
ride. Ses démêlés avec Sultan- 
Babour. D, XX, 293. 

Mohammed (Si), mufti de Cons- 
tantine. C, XV, 275. 

Mohammed Uzber-Khan, sultan 
turc de l'Asie Mineure. C, 
XVI. 161. 

M0HAMMEDIYEH (Le), catéchisme 
historique de la religion mu- 
sulmane. Notice. C, XVI, 97.' 

MoHL (M. Jules). Extraits du 
Modjmel al-tewarikh. Suite. 
C, 1 , 385. — Rapport annuel 
pour 1842-43. Ihid. 488.— 
Rapport annuel pour 1 843-4 4. 
C. IV. 12. 



DES IV' ET V SERIES. 461 
MpHL (M. J. ) rend compte de 
la gravure d'un caractère hi- 
myarite à l'Imprimerie royale. 
C,V. ii5. — C, VI, 32.— 
Rapport annuel pour i844-45. 
C , VI , 11. — rédige une note 
sur la Société asiatique pour 
le Ministre de Tinstruction pu- 
blique. G , VI , 399. — Rap- 
port annuel pour 1 845-46. G, 
VIII, 12. — Rapport annuel 
pour 1847 (des Voyages en 
Orient). — Rapport annuel 
pour 1847-48. G, XII, 94. — 
Rapport annuel pour 18^8-49. 
G, XIV, 11. — Rapport an- 
nuel pour i849-5o. G, XVI, 
111. — présente un rapport 
sur une demande de souscrip- 
tions. G, XVII, 100. — Rap- 
port annuel pour 1 85o-5 1 . G , 
XVIII, m. — lit le règle- 
ment relatif aux auteurs orien- 
taux , que la Société doit pu- 
blier. G. XIX, 564.— Rap- 
port annuel pour i85i-52 
(Notice sur E. Burnouf). G, 
XX, 11. — fait une proposi- 
tion relative à la collection des 
auteurs orientaux. D , 1 , 283. — 
Rapport annuel pour i852- 
53. D, II, io4. — Rapport 
annuel pour i853-54. D, 
fV, 11. (Gonsidérations sur la 
publication des auteurs orien- 
taux.) 



462 NOVEMBRëDE 

MoHL (M. J.). Rapport aiiQuel 

pour 1 854-55. D, VI, lo. — 

publie une lettre de M. Hodg- 

8011 sur les langues tartarcs. 

D. VII, 242. — Note sur le 
premier volume de Vassaf. 
Ibid. 271. — Rapport annuel 
pour i855-i856. D. VIII. 
11. — Notice sur le voyage en 
Arabie de G. Lowth. Ibid.i^'j. 

— sur le voyage de Ferrier. 
Ibid. 1 98. — sur la relation 
de l'expédition américaine au 
Japon. Ibid, 536. — public 
deux mémoires posthumes de 

E. Burnouf. D. IX. 5 et 2 48. 

— Note sur Glimpses oj life in 
Persia. Ibid, 462. — sur Five 
years in Dcunascus. Ibid, 464 . — 
Rapport annuel pour 1856-57. 
(Notice sur M. de liammer. 
Des besoins et du rôle de la lit- 
térature orientale). D, X, 10. 

— Notice sur deux ouvrages de 
Paul de Lagarde. Ibid. 252. 

— sur The Kingdom and people 
of Siam. Ibid. 2 53. — sur 
le Journal de voyage de R. 
Binnings. Ibid. 558. — sur 
un manuel birman de A. 
Mainwaring. D. XI, 107. — 
sur le Lije in China de C. 
Milue. Ibid. — sur louvrage 
intitulé Unité et confusion des 
langues. Ibid, 288. — sur A 
Vocabulary of words used in 



CEMBRE 1862. 

modem armenian, etc. Ibid. 

^79- 
MoHL (M. J.). Sur le voyage dans 
le royaume d'Oude du major 
Sleeman. Ibid. 4 80. — sur les 
Essays on indian nntufaities 
de J. Prinsep. Ibid. b'jà. — 
Rapport annuel pour 1 857-58. 
D, XII, 12. — Notice sur 
Quedahj du Gap. Osbome. ibid. 
496. — sur THistoire des lan- 
gues^ sémitiques de M. Renan. 
Ibid, 606. — sur The Citiês of 
Gujarashtra.D, XIII, 289. — 
sur An essay on the temples of 
Kashmir. Ibid, 290. — Le 
Bonstan de Saadi , par U. Graf. 
Ibid. 291. — Rapport annuel 
pour 1858-59. D, XIV, 10. — 
sur r Histoire des relations po- 
litiques de la Ghine. Ibid, 270. 

— sur le Japon , de M. Pages. 
Ibid. 271. — sur la oorres- 
poudance de lord Elgîn en. 
Ghine. D, XV, 94. — Corres- 
pondance du Times sur les 
affaires de Ghine. Ibid. 95. 

— sur Narratioe of the Earl 
of Elyin's mission to China 
and Jupon. Ibid. 378. — Rap- 
port annuel pour 1859-1860. 
D, XVI, 10. ( De la position 
des lettres orientales dans la 
science moderne. ) — The 
tamil Plutarch. Ibid. 46o. — 
sur le Taîsou-hio, traité 



TABLE DES MATIÈRES 
d'algèbre en chinois. D» xvi, 
548. 
MoHL (J. M.). Notice sur Die 
trad. Lit. derParsen, Ibid.Sàg- 
— Die Nataranschaang undNa- 
larphilosophie der Araber. D, 

XVII, io3. — Beitràge z. K. d. 
iranischen Sprachen. Ibid, — 
fait une proposition relative aux 
associés étrangers. Ibid. 258, 
457. — Noti ce sur Twelveycars 
in China. Ibid. 471. — Rapport 
annuel pour 1860-61. D, 

XVIII, 10. — Notice sur le 
Dictionnaire de la Bible de 
W. Smith. Ibid. 439. — sur 
le Dictionnaire turc- arabe - 
persan de M. Zenker. D, XIX , 
2 56. — sur le traité arabe de 
météorologie , etc. de M. Soli- 
man El-Haraïri. Ibid. 53 1. — 
sur une relation de voyage de 
M. P. Hodgson. Ibid. 532. — 
sur Isu collection des classiques 
chinois du docteur Legge. Ibid. 
533. — Rapport annuel pour 
1861-62. D, XX. 10. (Du 
rôle et de la responsabilité de 
l'Europe dans ses rapports 
avec l'Asie.) — Notice sur 
l'ouvrage de M. J. Muller, re- 
latif à Averroès. Ibid. 388. — 
sur les grammairiens arabes 
de M. Flûgel. Ibid. 389. — 
sur Ten weeks in Japan de 
G. Smith. Ibid. 390. 



DES IV ET V SÉRIES. 463 
iSAouL ( J. M. ), Note sur le Voyage 
archéologique de M. Guérin 
dans la régence de Tunis. 
Ihid. 391. 
Mois (Noms des) chei les Arabes 
païens. D, XI, 159. — chez 
les Babyloniens. D, IX, 520. 

— des mois et des jours chez 
les Javanais. D, XII, 4o3. 

Moïse de Khorène , historien ar- 
ménien. G, IV, 52 2. — cite 
dans ses annales des chants et 
des traditions populaires. G, 
XIX, 5. 

MoLOCH (Sacrifices enFhonneur 
de). G,X,528. 

Mongole (Écriture carrée). D, 
XV,327.— D, XVII, 522.— 
(Travaux sur la littérature). 
G, VI, 65. 

Mongols de la Perse. M. de 
Hammer publie leur histoire. 
G, III, 323. — Les Mongols, 
d'après les historiens armé- 
niens. D, XI, 192. — Suite. 
Ibid. 426. — Suite. Ibid. 48 1. 

— Suite. D, XVI. 273. 
Mongols' (Liste de mots). D, 

XI,25i. 

Moniteur ottoman ( Termes im- 
propres dans le). G, XII, 
494. • 

Monnaies (Des) dans l'empire 
ottoman. G, XI, 293. — 
d'échange dans l'archipel de 
Soulou, Malaisie. G, XII, 56. 



464 iNOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 

MoTÉNABBi ( Notice sur ). D , 



Monnaies musulmanes ( Coup 
(l'œil sur les ). D , XX , 1 83. 

Monologue dramatique indien , 
analysé. C, XVI, 3io. 

Monothéisme des peuples sémi- 
tiques. D, Xfll, 2 1 4. — Ibid. 
417. 

Monuments antiques de l'Asie 
nouvellement entrés au Lou- 
vre. D, VI, 407. 

Mordtmann (M.) donne une tra- 
duction du livre arabe des 
Climats. C, VIII, 27. 

Morley { W.H.). Son histoire des 
Atabeks de Syrie et de Perse. 
C, XVI, 93. — C, XVIII, 162. 
— Analyse de son Analytical 
Diyest, çtc. C, XVII, 297. 

MosBLECH (M.). Notice sur la 
langue de l'Océanie orientale. 
C, III, 439. — Lettre sur un 
ouvrage de M. C. Diétricb. C , 
VI.401. 

Moscutarek, petit dictionnaire 
de géographie par Yakout. C , 
VIII, 29. — D, XVI, 89. 

Mosquée-cathédrale (Djami'), à 
Dehli. D,XVI,445. 

Mosquées (Architecture des). C, 
XVIII. 592. 

MoTASSEM (El-), khalife abbas- 
side. Son histoire, d*après le 
Pseudo-Fakhri. C, VIII, 3 16. 

MoTÉNABBi. Ses poésies sont pu- 
bliées avec un commentaire 
parM. Dieterici.D.XlII, 287. 



XIV, 34. 

MouRAD -■ Bey. Son expédition 
•contre Gonstantine et Alger, 
traduite de Tarabe. G , XVIII , 
36. 

MouRGHÂB (Inscriptions de). C , 
XV,398. — C,XVIII,56i. 

MouYiN ED-DiN , historien persan. 
Voy. HéraJ. 

MowAHEDDiNs. Voy. Almohuàts. 

MozAFFERiENS (Dynastie des) 
dans rirac Persique et le Pars. 
C . IV, 93, — Suite et fin. G , 
V,437. 

MuDJAHiD, musulmans qui font 
le djihad ou guerre sainte ; leur 
condition dans le droit musul- 
man. D, II, 471. 

MuDJTÉHiD, terme de droit mu- 
sulman. Voy. îdjdhad. 

Muezzin, nom de celui qui an- 
nonce la prière chei les mu- 
sulmans; conditions requises 
pour cet emploi. D, XVII, 
68. 

Muuammedyeu , catéchisme mu- 
sulman offert à la Société. C , 
XVI. 97. 

MuHTAsiB, titre du chef de la 
police chez les Arabes; nature 
de ses fonctions. D , XVI » 11 8. 
' — Ibid, i46. — Autres détails 
sur cette charge, par Nabrawi. 
Ibid. 347. 

MuiR (M.) fait paraître une Vie 



TABLE DES MATIÈRES 
(le Mahomet, à Agra. D, XII, 
24. 

MuiR (M.). Ses travaux sur les 
textes sanscrits. D , XVIII , 
109. — fonde une chaire de 
sanscrit à Edimbourg. D , 
XIX, 99. 

MuLK, propriété privée; lois qui 
la régissent. D, XIX, 292. 

Mlller (M. Joseph). Ses travaux 
sur Averroès. Notice. D, XX, 
388. 

MCller (M. Max.). Prospectus 
de son édition du Rigvéda, C , 
IX, 67. — publie le premier 
volume. C, XVIII, 170. — le 
deuxième volume. D, VI, 73. 

— le troisième volume. D, 
XII, 74. — publie une Histoire 
de la littérature sanscrite. D, 
XVIII, 102. 

MuLLET (M. Clément). Discus- 
sion sur la valeur du moi jour 
dans la Bible. G, XIII, i64. 

— rédige le catalogue de la 
bibliothèque de la Société. D , 
II, 53 1. — Recherches sur 
rhistoire naturelle des Arabes. 
(Arachnides). D, IV, 21 4. — 
Le ver à soie. D, VII, 436. — 
Pesanteur spécifique de diver- 
ses substances minérales. D, 
XI ,379. — prépare la traduc- 
tion de Ibn-el-Awam. D, XV, 
449. 

Municipaux en Chine ( Klec- 



DES IV ET V SÉRIES. 465 
tion des magistrats). D, III, 

59. 

Municipaux en Chine (Conseils); 
leurs attributions. Ibid. 64. 

MuNK (M.) découvre à la Biblio- 
thèque royale la description de 
rinde d'El-Birouny. C , 1 , 384. 

— Lecture de Tinscription 
phénicienne de Marseille. C , 
X, 473. — Notice sur Ibn- 
Djanâh et sur quelques autres 
grammairiens hébreux , etc. 
C, XV, 297. — 2* article. C, 

XVI. 5. — y article. Ibid, 
201. — Fin. Ibid, 353. — 
Notes supplémentaires. C , 

XVII, 85. — Notice sur 
la grammaire hébraïque de 
M. Klein. C, XVI, i5i. — 
prépare la publication du 
Guide des égarés. D, VI, 56. 

— Essai sur Tinscription 
phénicienne du sarcophage 
d'Eschmoun-'Ezer. D , VII , 
274. — Notice sur ses Mé- 
langes de philosophie juive et 
arabe. D, XIV, 4 1. 

Mdnzinger (Wemer), voyageur 
en Abyssinie. D, X, 553, — 
Esquisse de sa relation. D, 

XII. 326. 

Musée Britannique (Manuscrits 
syriaques du). C , XIX, 293. 

MusTÉMEN, étranger admis au 
bénéûce de VAmân. C, XVII, 
2i5. — C, XIX , 1 18. 



450 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862 

Mdstôfi (Hamd Allah], écrivain 

persan. Extrait de son Histoire 

choisie. D, X, 257. 



Musulmane ( Loi ). C , 1 , 48o. 
Mysie (Exploration scientifique 
delà). D, IV, 61. 



N 



Nabrawi (El-). Extraits de son 
livre sur la charge de lieute- 
nant de police. D, XVI, 347- 
— Suite. D. XVII. 5. 

Naçi , mois intercalaire chez les 
anciens Arabes. C, I, 348. — 
D,XI.3. 

Narchi-Rodstam (Tombeau de 

- Darius à). Inscriptions cunéi- 
formes qu'on y a trouvées. C , 
XV,426. — C,XIX,i5o. 

Nakshatras ou Mansions lunaires 
( Travaux de M. Weber sur les). 
D,XIX,43o. 

Nallane (Histoire du roi). C, 
VU, 189. 

Nancy (Résolution prise par 
l'Académie de). D, II, 628. 

Naphte (Emploi du) comme 
projectile de guerre chez les 
Arabes. C , XV, 2 1 7. 

Nasifi-el-Yazidji , écrivain arabe 
moderne. Notice sur ses Séan- 
ces, D, IX, 472. 

Navigation des peuples céphènes 
ou éthiopiens ( Recherches sur 
la). D, XIV. 417. — Ibid. 
5oi. 

Nawawi (El-), compilateur arabe. 
C.XVni, 127. 



Nebo, dieu de l'intelligence. D, 
X, 175. 

Nedmou , catéchismes arabes. G , 
X, 259. 

NÉGATION vsâk (Emploi de ïa) 
dans la langue persane. D, III, 
90. 

Nemrod, conjectures sur son 
origine. D, I, 537. 

NÉOLOGisMES du dialecte arabe de 
rAIgéricD, XVIII, 369. 

NÉPAL (Un ambassadeur du) vi- 
site Paris. C, XVI, 263. 

NÉRiosENGH (Version sanscrite 
de). Voy. Zend. 

Neskhi (Caractère). Forme par- 
ticulière de récriture arabe. 
D. XX, 101. 

Nesnâs, monstres semblables à 
des êtres humains. C, XVI, 
270. 

Netsgher (M.) , à Batavia , envoie 
lefac'simile des médailles trou- 
vées à Sourabaya. D , XII , 493. 
— /6id.593. — D.XV, 32 1. 

Nedbader (M. A.). Notice sur un 
dictionnaire hébreu -français. 
D. XVIII, 436. — sur la lexi- 
cographie hébraïque , avec des 
remarques sur quelques gram- 



TABLE DES MATIÈRES 
inairiens postérieurs à Ibn- 
Djanâ'b. D, .wiii, 4âi. 

Neobauer (M. A. ). Lexicc^. hé- 
braïque. Suite. D , XIX ,47. — 
Suite. Ibid. 127. — Suite. Ibid. 
359. — Fin. D , XX ,201. 

NevAii, poète musulman du 
xv* siècle. Voyez ÀU-Chir. 

NÈVE (M. Félix). Étude sur Tbo- 
mcs de Medzoph. D, VI, 
221. — donne un exposé des 
guerres de Tamerian et de 
Scbah-Rokh , dans l'Asie occi- 
dentale. Notice. D, XVIII, 
73. 

Newbold (T. J.). Lettre à M. G. 
de Tassy sur sa notice : Saadi, 
dateur de poésies hindoustanies. 
C,II,36i. 

NiciiABODR (Rechercbes sur trois 
princes de). C, VIII, 446. 

Nicolas (M. A.), capitaine d'ar- 
tillerie. Note sur l'enseigne- 
ment en Perse. D, XIX, 472. 

Nien-Hao (Liste alphabétique 
des). D,III, 5 10. 

Nil (Description du), d'après 
El-Menoufiyi. C, VII, 485.— 
Lettre de M. Reinaud sur cet 
ouvrage. C , VIII ,221. 

NiMROUD (Fouilles de). C, XII, 
129. 

NiNiVE (Découvertes à). Voyez 
Botta, Place. 

Nippon, nom indigène de l'em 
pire japonais. D, XVII. 36o. 



DES IV ET V SÉRIES. 467 

Nippon, litre d'une publication 

de M. de Siebold. D . XVIII , 

519. 

NizAMi, poète persan. Son Kki- 
rcd'Nameh publié à Calcutta. 
D, VI, 66. 

Noël (Notice nécrologique sur 
M. Vincent). C. VII. 590. 

Noël (Nuit de) chez les Ansaris. 
CXI, i56. 

Noirs ( Notice du pays des ) , 
d'après El-Bekri. D. XIII, 
5oi. 

NoKOUR (Description du terri- 
toire de). D, XIII, 164. — 
Ville de ce nom , décrite. Ihid. 
168. 

NoMÂN ( Le roi ), extrait du roman 
d'Antar, Irad. par M. G. Dugat. 
D.I.5. 

Noms propres (>JU) chez les 
Musulmans. D, III, 423.—^ 
Leur signification monothéiste 
chez les peuples sémitiques. 
D, XIII, 238. — chez les 
Ghananéens , les Araméens et 
les Babyloniens. Ihid, 355. 

N0RWÉ6IEN (L'ancien). C, IX, 
355. — Suite. €, X, 229. — 
(Du verbe) comparé au sans- 
crit, etc. C, XII, 78. — Du 
pronom relatif dans cette lan- 
gue. C, XVII. 94. 

Notes sur divers sujets orien- 
taux , par E. Quatremère. D , 
XVII. io5. 



4G8 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862. 

NoDRODz (Fête du ), ou équinoxe Ndits ( Mille et une]. Traduction 
du printemps chez les Ansaris. anglaise de ces contes. D , XX, 



CXI, 161. 

NowKiRi (El-), historien arabe. 
Critique de son récit des expé- 
ditions musulmanes en Mauri- 
tanie. C, IV, 329. — Extrait 
de sa Chronique sur les cos- 
tumes des chrétiens et des 
juifs au commencement du 
XIV* siècle. D , V, SgS. 

Ndits (Mille et une). M. Fleis- 
cher achève l'édition com- 
mencée par Habicht. C, III, 
323. — C, V, 247. —(Ver- 
sion turque des) , publiée h 
Constantinople. C, XX, 244. 



385. 

Numération (De la) chez les 
Berber8.D,XVI, 107. — Ibid. 
264. — chez les peuples 
orientaux , ouvrage de M. Pi- 
han. Notice. D , XVIII ,101. 

Numérique (Notation) des Arabes. 
D, XV, 319. 

Numismatique (Lettres sur la) 
orientale . C , VI , 1 a 9. — (Ou- 
vrages sur la). C, VIII, 43; 
D, VIII, 38. — (Coup d'œil 
sur la) musulmane. D, XX, 
i83. 







Oasis, décrites par El-Bekri. D, 

XII. 449. 

Obeïd-Allaii , fondateur de la 
dynastie fatimite. D, V, 629. 

Obélisque de Nabuchodonosor, 
faussement attribué à Sémi- 
ramis. D , II , 33. — Recherche 
de ce monument. Ibid, 35. 

Observatoire de Dehli, décrit. 
D, XVI, 537. 

Ogéanie orientale (Langues de 
r). Notice. C, III, 439. 

OciiOA (M. Ch. d'). Catalogue des 
ouvrages rapportés de l'Inde 
par ce voyageur. C, XI, OC). 
— Ihid. 199. 



Odes mystiques ( Trois ) trad. du 
persan. D, VII, i3o. 

Œuf (L'), considéré comme 
principe générateur dans les 
légendes de Tlnde. D, VI, 

347. 
Oîgours (Relation d*un voyage 

dans le pays des). G, IX, 5o. 

— Suite. Ibid* 189. 
Oliphant (Notice sur un ouvrage 

deM.).D,XV, 278. 
Olougii-Beg. Ses Prolégomènes 

sont traduits par M. bédillot. 

Notice. D, VI. 5o. — (Détails 

historiques sur). D, XX, 380. 
Olshausen (M.) publie un livre 



TABLE DES MATIÈRES 

sur les médailles pehlvies des 
Sassanides. G, III, 32 4. 

Omar , (ils d'Ël-Kbattâb. Sa lettre 
à Abou Mouça. C, XIX, 97. 

Oméyades ( Khalifes ). Leurs mon- 
naies. D,XX, 186. 

Offert (M. Jules). Mémoire sur 
les inscriptions des Achémé- 
nides. C, XVII, 255. — 2' ar- 
ticle. Ibid. 378. — 3* article. 
Ib'uL 534. — 4* article. C, 
XVIII, 56. — 5« article. ftiJ. 
322.— 6* article. /6id. 553. 
7* et dernier article. C, XIX, 
i4o. — Extrait d'une. lettre 
datée de Beyrouth. C, XX, 
2 55. — Note sur un mémoire 
de J. Brandis. D, VII, 438. 

— Inscription de Borsippa, 
relative à la restauration de la 
tour des langues par Nabu- 
chodonosor. D, IX, i2 5. — 
Suite. Ibid. 490. — Fin. D. 
X, 168. — Son ouvrage inti- 
tulé Expédition scientifique en 
Mésopotamie. D, XII, 56. — 
Éléments de la grammaire as- 
syrienne. D, XV ^ 97. — Fin. 
Ibid. 338. — Lettre sur l'ins- 
cription de Borsippa. Ibid. 443. 

— Notices sur l'ouvrage inti- 
tulé The cuneiform Inscrip- 
tions of western Asia de Sir H. 
Rawlinson. D, XIX, 97. — 
sur l'ouvrage de M. Haug inti- 
tulé Essays on the sacred lan- 



DES IV ET V SERIES. 469 
gucuje, etc, of the Parsees. D , 
XIX, 523. 

Oran. Sa description par El-Be- 
kri. D,XIII, 121. 

Ordoubad, district dans le Cau- 
case (Inscriptions trouvées à). 
D,XX, i46. 

Orfèvres. Règlements de police 
qui les concernent, en pays 
musulmans. D, XVII, 32. 

Orientales (Études). Encoura- 
gements qui leur sont accordés 
en Europe. C, IV, 63. — Des 
besoins et du rôle de ces études. 
D, X, 26. 

Ormek, drap de poils de cha- 
meau. C, XI, 557. 

Oryx (L'), animal du genre ga- 
zelle , nommé par les Nubiens 
ArielCin, i54. 

OsBORNE (M. le capitaine She- 
rare), auteur d'une relation 
sur la principauté de Quedah 
en Malaisie. D, XII, 496. 

Osiris-Apis (Nom d' ) , trouvé sur 
une inscription de Memphis. 
D, VII,4i4. 

OsTYAKS de r Yénisseï ( Langues 
des). D, XVI, 256. 

Otby. Son Histoire de Mahmoud 
est publiée par M. A. Spren- 
ger. C, XVIII, 129. — La 
version persane de ce livre est 
traduite en anglais. D, XIV, 59. 

Ottomans ( Monnaies des sultans). 
D, XX, 192. 



470 NOVEMBRE-DE 

Ottomans ( Langue et littérature 
des ). Voyez Turque, Hanumr, 
Biaiichi, Pavet de Courteille, 
— (De la police chez les). D, 
XVI, ii4. 

OuAQPS, biens de mainmorte. 
Voyez Waqfs. 

OuDE ( Le royaume d' ) est visité 
et décrit par le général W. 



CEMBRË 1862. 

H. Sleeman. Notice. D, XI, 
48o. 

Odseley (Sir William), mort 
en 1 84 1 . Notice. G , 1 , 490. 

Oxford. La bibliothèque Bod- 
léienne de cette ville renferme 
une collection de manuscrits 
zends dont une notice est don- 
née par Buroouf. D, IX, 249. 



Padmanî, reine de Tchitor (La 
légende de). D, VII, 5. — 
2* article. Ihid. 89. — 3* ar- 
ticle. Fin. /6i(i. 3 1 5. 

Pagba-Lama. Voyez Pa-sse-pa. 

Pages (M. Léon) offre sa démis- 
sion de bibliothécaire de la 
Société. C, I, 472. — Son 
mémoire sur le Japon. D, 
XIV, 271. — Ses travaux sur 
la littérature japonaise. D, 
XVm, i33. 

Pagode (Modèle d'une) offert à 
la Société. C, XVI, 99. — 
Ibid. 261. — C, XVII, 100. 

Paix (De la) entre les Musulmans 
et les inOdèles. C, XVII, 568. 

Paîzès, tablettes mongoles. Dé- 
crites. D, XVII, 554. 

Paléographie arabe d'après les 
inscriptions du Caucase. D, 
XX, 98. 

Palerme (Description de) d'après 
Ibn-Haucal. C , V, 73. —d'a- 



près Ibn-Djobaîr. C, VII, 

79- 
Pallegoix (Monseigneur de). Sa 
grammaire siamoise annoncée. 
C, XVIII, 179. — Analyse de 
cet ouvrage. D, II, 874 « — 
publie une nouvelle carte du 
royaume de Siam. D, V, 3o5. 
— un dictionnaire siamois. D , 

VI, 95. 

Pallme (Ignatius). Voyage dans 
leKordofan. CVII, 196. 

Pamphylie (Ruines de la), dé- 
crites. D, IV, 84. 

Pandits (Les) à la cour du roi 
Bhôdja.D, V, 76. 

Panèas , forteresse de Syrie , nom- 
mée aussi Banias; elle tombe 
au pouvoir des Ismaéliens. D , 
III, 4o5. 

Pantchatantra (Le), recuëi) de 
fables indiennes; est traduit 
par M. Benfey. Notice. D, 
XVIII, 107. 



TABLE DES MATIÈRES 

Paphlagonie et Pont, provinces 
de l'Asie Mineure; quelques- 
unes de leurs antiquités dé- 
crites. D, IV, 102. 

Papyrus égypto-araméen (Lettre 
sur un). D, XIX, 424. 

Paradis. Ce mot est originaire 
de la Perse. D, XIX, ^194. 

Parsis (La littérature tradition- 
nelle des) esl étudiée par 
M. Spiegel. Notice. D, XVIII. 
86. — (Notice sur les études 
de M. Haug relatives aux). D, 
XIX, 523. 

Parvati ( La déesse ). C , IX , 39 1 . 

Pasargade (Inscription cunéi- 
forme de). C, XV, 398. — C. 
XVIII, 56 1. 

Pa-sse-pa (Alphabet mongol de). 
D, XV, 327. — (Lettre sur 
Torigine et les monuments de 
l'écriture). D, XVII, 52 2, — 
(Mémoire sur l'alpbabet de). 
D,XIX,5. — Note de M. A. 
Wylie sur une inscription en 
caractères ). Ibid. 46 1 . 

Pautiiier (M. G.). Son Histoire 
des relations politiques de la 
Chine. D, XIV, 270. — Rap- 
port sur deux médailles trou- 
vées dans l'île de Java. D, W, 
32 1. — Ses travaux sur la lit- 
térature chinoise. D, XVIII, 
1 3o. — Rapport sur l'essai de 
grammaire japonaise de D. 
Curtius. Ibid. 272. 



DES IV ET V SERIES. 471 
Pauthier (M. G.) De l'alphabet 
de Pa-sse-pa et de la tentative 
faite par Khoubilaî-Kban pour 
transcrire la langue figurative 
des Chinois au moyen d'une 
écriture alphabétique. D, XIX, 
5. — Lettre à M. Reinaud. 
Ibid, 254. 
Pavet de Courteille (M. A.). 
Notice sur VAlfyya d*Ibn-Ma- 
lek , publiée par F. Dieterici. 
D, I, 576. — est adjoint à la 
publication de JMaçoudi en 
remplacement de M. Deren- 
bourg. D, XIII, 286. — pu- 
blie THistoire de la campagne 
de Mohacz. Notices. D, XV, 
/i38. — D, XVIII, 100. 
Pavie (M. Théodore) publie la 
traduction du San-kooè-tchi. C, 
VI, 64. — C, XVIII, i84.— 
est autorisé à faire un cours de 
sanscrit. C , VII , 98. — tra- 
duit l'histoire de Mir-Djumleh. 
Ibid. 36 1 . — prépare la publi- 
cation de l'histoire de Krichna, 
tirée du Ehâgavata-pourâna. C, 
X , 538. —Histoire de Bhôdja 
roi de Malwa et des pandits de 
son temps, impartie. D, III, 
i85. — Suite. D, IV. 385. — 
Fin. D, V. 76. — Observa- 
tions sur le mythe du serpent 
chez les Hindous. Ibid. 469. — 
La légende de Padmani , reine 
deTchitor.D,VII,5. 



472 NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 

Pavie (M. Théodore). Légende Perron (M. A.). Son livre: Les 



de Padmani , 2* article. D , vu , 
89. — 3* article. Fin. Ibid. 
3i5. — Étude sur un roman 
bouddhique chinois. D, IX, 
357. — 2* article. D, X, 3o8. 

— Note sur la grammaire man- 
darine de M. Bazin. Ihid. 558. 

Pehlties (Médailles). Publica- 
tion de M. Olshausen sur ce 
sujet, cm, 324. 

PÉ1LIN6, capitale de la Chine 
(Organisation administrative 
de). D, IV, 445. — Fonctions 
du maire. Ibid. 457. — Admi- 
nistration militaire. Ibid, 474- 

— (Notice sur le collège mé- 
dical de). D, VIII, 393. — 
(Académie de). Son histoire, 
son organisation , ses travaux. 
D,XI,5. 

Pergetal (M. Caussin de). Mé- 
moire sur le calendrier arabe 
avant Tislamisme. C, I, 342. 

— publie son Essai sur Vhis- 
toire des Arabes, etc. Notices. 
C,XII,ioi.—C, XIII, 265. 
Voyez aussi la lettre de M. Fres- 
nel. C,XVI,265. 

Périple de la mer Erythrée. Cité. 
D, XVIII, 225. 

Perron (M. A.). Lettre sur les 
écoles et l'imprimerie du pa- 
cha d'Egypte. C, II, 5. — di- 
rige l'impression du Kamous. 

C.VI.ÏQ. 



femmes arabes. D , XIV, 3o. — 
Voyez la notice sur ce livre. D, 
XVII ,459. — traduit un traité 
d'hippiatrique arabe. D, X VIII, 
5i. 

Persan (La théorie du verbe) 
est publiée par M. Barb. No- 
tice. D, XVUI, 92. 

Persane (Grammaire) de W. 
Jones, revue par M. G. de 
Tassy. Observations sur cet 
ouvrage. C , VI , 4 1 4. — Lettre 
en réponse aux observations 
précédentes. C, VII, gS. — 
Granmiaire de J. A. Vullers, 
analysée. C , XVI , 520. —-(Ob- 
servations sur la grammaire). 
D, II, 79.— Suite. D, III, 
82. — Fin. /6irf. 538. 

Persane ancienne (Littérature). 
C,I,5ii. — C,IV, 4i. — 
C,VI,37. — D.XU,58.— 
D,XIV,58.— D,XVIII,84. 

Persane moderne (Littérature). 
C,I,5i5. — C, IV, 43. — 

C, VI, 39. — C, VIII, 4o. 
— C, XII. i38. — C, XIV, 
42. — C, XVIII, 159. —D. 
II, 162. — D, VI, 65. — D, 
VIII, 54. — D, XII, 61.— 

D, XIV, 54. — D, XVIII, 88. 
Voyez aussi Mohl, Defrèmery, 
Barbier de Meynard. 

Perse (Livres et manuscrits re- 
cueillis en). D. VU, 267. 



TABLE DES MATIÈRES 
Perse (Des fonctions de police en). 
D.XV, 488. — (Note sur l'en- 
seignement en ). D , XIX ,472. 

— (Progrès récents de la civi- 
lisation en). D, IX, 448. 

Persépolis (Inscription de Da- 
rius à). C, XVIII. 575. — C, 

XIX, i4o. — C,XV, 4oo. 
Pesanteur spécifique des subs- 
tances minérales d'après les 
auteurs arabes. D, XI , 879. 

Pétersbourg. (Journal de la sec- 
tion orientale de la Société 
archéologique de Saint-). D, 
XVI, 36. 

Peuplier (Les feuilles de) sont 
employées comme couronne 
par les anciens Babyloniens. 
D,I, 495. 

Pharaonique ( Liste de la XX* dy- 
nastie). D, XII, 282. 

Phénicien fLettre sur un ca- 
chet). C, III, 3io. 

Phénicienne (Inscription) de 
Marseille , déchiffrée. C , X , 
473. — d'Esmunazar. D, VII, 
260. — Ibid. 273. — Trois 
inscriptions phéniciennes trou- 
vées à Ounun-el'Awamid, D, 

XX, 355. 

Phéniciennes (Mémoire sur plu- 
sieurs inscriptions). C, V, 39. 

— (Progrès des études). C, 
XII, 125. — D, XII, 49.— 
D, XVIII. 72. 

Phoenix de TEgyple (Du). Ca- 



DES IV ET V SÉRIES. 473 
ractère de ce mythe comparé 
à d'autres mythes analogues 
chez différents peuples. D, 

VI, 473. 

Phrygie (Exploration des anti- 
quités de la). D, IV, 76. 

Physique (Un traité de) est tra- 
duit en arabe par Soliman el- 
Haraîri. D, XIX, 53 1. — des 
Arabes. Voyez Mullet. 

PiCTET (M. Ad.), professeur à 
Genève. Lettre sur les origines 
de quelques noms de l'élé- 
phant. C , II , 1 33. — Son essai 
de paléontologie. Notice. D, 
XIV. 68. 

Pièces de théâtre en arabe. D , 
X. /i58. 

Pietraszewski (Ignace) publie 
une édition des livres de Zo- 
roastre accompagnée d'une 
traduction en trois langues. 
Notice. D. IX. 291. 

PiHAN (M^). Notice sur son Glos- 
saire des mots français tirés 
de l'arabe , etc. C . IX . 283. — 
publie une Grammaire de l'a- 
rabe d'Alger. C , XVII , 493. — 
C , XVIII , 1 4 1 . — publie une 
Notice sur les divers genres 
d'écriture des Arabes , etc. D , 
VIII , 387. — Note sur la nou- 
velle méthode du rev. Fer- 
rette concernant la typogra- 
phie arabe. D. XV, 456. — 
fait paraître un Exposé des 

3i 



474 NOVEMBRE-DÉ 

signes de la oumération chez 
les peuples orientaux. Notice. 
D, XVIII, loi. 

PiJNAPPEL (M.). Sa lettre sur 
Tempire de Madjapahit. C, 
VIII, 555. 

PiQUERÉ (M.). Notice nécrolo- 
gique sur M. Krafit. G, X, 
174. 

Place ( Lettre de M.) à M. Mohl 
sur une expédition faite à Ar- 
bèles. G,XX, 44 1. 

Plages fortes qui couvrent le 
littoral de Tlemçen , décrites. 
D, XIII, 139. 

Plagiats (Des), d'après la rhé- 
torique des nations musul- 
manes. C, X, 388. 

Platon (Sentences de) d'après 
les médecins arabes. D , VIII , 
33o. 

Pluti. Allongement des voyelles 
dans la grammaire védique. 

— (Règles delà). D,X, 57. 
Poésies arabes de l'Afrique 

(Lettre sur les). D, XV, 4 18. 

Poids et mesures (Système des) 

chez les Arabes. D, XI, 386. 

— (Inspection des). D, XVI, 
362. 

Points voyelles (Méthode pour 
imprimer l'arabe avec les). D, 
XIV. 298. —D, XV, 456. 

Police (Institutions de) chez les 
Arabes, les Persans ot les 
Turcs. D, XV. 46i. 



CEMBRË 186â. 

Police (Institutions de). Suite. 
D, XVI, ii4. -- Suite. IhU. 
347. — Fin. D,XVII, 5. — 
chez les Chinois. D , IV, 34 1 • 

Ponctuation dans les éditions 
d'auieurs orientaux. D, XVIII , 
433. 

Porcelaine au Japon (Notice sur 
la fabrication de la). D, V, 
198. — chinoise; histoire et 
fabrication. D, VII, 443. 

Porte (Conseils de la Sublime). 
C,X, i83. 

Ports de l'Afrique septentrionale 
(Notice sur plusieurs). D, 
XIII. i44. 

Postes (Des) dans l'empire otto- 
man. C, XI, 295. 

Poudre X canon (Origines de la) 
chez les Arabes, etc. C, XIV, 
257. — C, XV, 371. 

Poupée antique trouvée dans \en 
ruines de Babylone. D, II , 75. 

Pouranas (Travaux sur le»). D, 
II, i84. 

Prairies d^or, encyclopédie 
arabe. Voyez Maçoudi. " 

Prakrit , dialectes vulgaires sor- 
tis du sanscrit. — (Une gram- 
maire de) est publiée par 
M. B. CowelL Notice. D. lU. 
180. 

PrAticâkhya du Rig-véda. Voyez 
Grammaire védique et Retour. 

Préfecture chinoise' ( Pian 
d'une). D, III. 48. 



TABLE DES MATIÈRES DES IV ET V SÉRIES. 475 

Pronoms ( Des)dans la grammaire 

assyrienne. D , XV, 117. 
Prononciation (De ia)du £, chez 



Prem sâgar, ouvrage en hindi 
(Notice sur le). C, XVII, 490. 

Preston (Théodore) traduit les 
Séances de Hariri. Notices. C , 
WllU Qli. — Ibid. 137. 

Prinsep (M. H. T.). Son ouvrage 
sur l'Afghanistan. C, V, 248. 

— C, VI, 43. — Ses Essays 
on indian antiquities. D, XI, 
574. — D, XII, 84. 

Prix proposé par la Société asia- 
tique de Londres. D , IX, 293. 

— Nouvelle annonce sur ce 
sujet. D. XVII, 56o. 

ProghNé et Philomèle. Origine 
de ce mythe grec d'après les 
légendes brahmaniques. D, 
VI,32G. 

Prolégomènes d'Ibn-Khaldoun 
(Le texte des) paraît. D, XII, 
33. — Un passage de ce livre 
relatif à la charge de chef de 
la police est cité. D , XV, 467. 

— D,XVI, i4o. 
Pronoms (Des) dans les langues 

sémitiques. C, XV, 86. 



les Arabes. D, IX, 424. 

Propriété territoriale dans les 
pays musulmans. (Études sur 
la) CI, 126. — /ftit/. 285.— 
CXII, ^.—D, XVIII, 390. 
—Jbid. 477.— D, XIX, i5a 
— Ihid. 257.' 

Prosodie des langues de l'Orient 
musulman. C, XI, io5. — 
Suite. Ibid. 2o5. — Suite et 
fin. Ibid. 333. 

Prosodie sanscrite de Kâltdâsa. 
D. IV, 619. 

Puissances célestes. Leurs de- 
grés et leurs fonctions d'après 
les apocryphes syriaques. D , 
II, 458. 

Purifications (Préceptes sur les). 
D, XIV, 465. 

Pythagore (Sentences de), d'a- 
près Ibn-Aby-Ossaibiyah. D 
VIII. 188. 



Q 



Qawaridj, musulmans sortis de 
l'obéissance due au khalife lé- 
gitime. D, I, 4o. 

QiBLA , orientation vers le temple 
de la Mecque. D, I, 25. 

QuATREMÉRE (£.). Remarques sur 
le feu grégeois. C, XV, 2 1 4. 



QuATR£MàHE ( E. ) Ibid. 37 1 . — 
Notes sur divers sujets orien- 
taux. D.XVII, io5. — (An- 
nonce de la mort de). D, XII , 
18. 

QuEDAH (Principauté de) dans la 
Malaisie , décrite par un voya- 

3i. 



476 NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 

geur anglais. Notice. D, XII, sées aux savants musuimaBs 
496. par Tempereur FrMéric II. D, 

Questions philosophiques adres- 1 , 2 4 o. 



R 



Rabbi-IonA, grammairien hé- 
breu. Voyez Ibn-Djanâk. 

Rabbiniques (Exposé des tra- 
vaux). D, XII, 43. 

Racines sémitiques (Des éludes 
sur les) sont ducs à Tabbé Le- 
guest. Notices. D, XII, Sy. — 
D, XVIII, 54. 

Rades , décrite par le Scheikb Et- 
Tidjani.CXX, 64. 

RÂDJ-NÎTi , OU Politique des 
rois (Analyse et extraits du). 

C, XIII, 71. — Fin. Ibid. 

97- 
Rahmania , catéchisme soufi. C , 

XX, 5i5. 

Raïas (Condition des) d'après la 
loi musulmane. C, XIX, 620. 
— Ils peuvent combattre avec 
les musulmans comme auxi- 
liaires. D, II, 487. 

Raîhan EL-ALBAB (Extrait du). 

D, 1.548. 

Ramayana , poëme indien publié 
par G. Gorresio. Analyse. C , 
II,23o. — C,III,322. — C, 
XVIII, 174. 

Rapports annuels sur les tra- 
vaux du Conseil, \oyei Mohl. 

Raverty (The Capt.). Ses tra- 



vaux sur la langue des Af- 
ghans. D, XIX, 261. 

Rawlinson (Sir H.). Ses travaux 
sur les inscriptions assyrien- 
nes. D , XVIII , 83. — D , XIX, 
97. — Sa traduction de ins- 
cription de Borsippa , citée. D, 
XV, 445. 

Redhouse (M. W. ) , auteur d'une 
grammaire raisonnée de la 
langue ottomane. C, X, 344. 

Régnier (M.). Études sur la 
grammaire védique. Chap. V\ 
D, VII, i63. — Chapitre II. 
Ibid. 344. — Chapitre III. 
/fcid. 445. — Chapitre ly.D, 

VIII, 255. — Chapitre V. 
Ibid. 482. — Chapitre VI. D, 

IX, 210. — Chapitres VII, 
VIIIetIX.D,X, 57. — Cha- 
pitres X et XI. Ibid. 374. — 
Chapitre XU. Ibid. 46 1. — 
Chapitre XIII. D, XI, 289. — 
Chapitre XIV. Ibid. 328. — 
Chapitre XV. D,Xn, 137.- 
Chapitre XVI. Ibid. i64. — 
Chapitre XVII. Ibid. 329. — 
Chapitre XVIII. Ibid. 364. -r- 
Itidex et tables. Ibid. 535 à 
588. 



TABLE DES MATIÈRES 

Reinaud (M. ). Fragmenls arabes 
et persans relatifs à Vlnde. C , 
IV, 11 4. — Suite. Ibid. 221. 

— Suite et Gn. C, V, 121.— 
Traduction d'une pièce de vers 
arabes sur Paris. C, V, 116. 

— Analyse d'un ouvrage de 
M. G. Wenrich. C, VII, 38 1. 

— d'un ouvrage de M. G. Stic- 
kel sur la numismatique orien- 
tale. Ibid. 383. — Sa Relation 
des voyages faits par les Arabes 
et les Persans , etc. C , VIII , 
24. — Études sur cet ou- 
vrage. Ibid. i3i. — Lettre sur 
un ouvrage arabe relatif au 
Mil , traduit par M. l'abbé Bar- 
ges. C, VIII, 221. — Extrait 
d'un mémoire géographique, 
etc. sur rinde. Ikid. 284. — 
Discours prononcé aux funé- 
railles de M. Jaubert. C , IX , 
80. — annonce le voyage en 
Géorgie de M. Brosset. Ibid. 
556. — Catalogue des manus- 
crits arabes de la collection de 
M.d'0choa.C,XI,8i.— De 
l'art militaire chez les Arabes 
au moyen âge. C, XJI, 193. 

— fait paraître son Mémoire 
surTInde. C, XIII, 453. — 
C, XIV, 2 5. — Mémoire sur 
le feu grégeois , etc. (en collabo- 
ration avec M. Favé). Ibid. 257. 
— Nouvelles observations sur le 
feu grégeois , etc. (1 , XV, 37 1 . 



DES IV ET V SÉRIES. 477 
Reinaud (M.). Notice sur le ca- 
talogue des manuscrits orien- 
taux de la Bibliothèque impé- 
riale. D, V, 572. — Rapport 
sur la chape arabe de Chinon. 
D, VI, 434. (Cf. D, IX, 117.) 
— Description d'un fusilorien- 
tal.D,VII, 432. — Sur la No- 
tice des divers genres d'écri- 
ture, etc. de M. Pihan. D, 
VIII, 387. — De la littérature 
chez les populations chrétien- 
nes arabes de la Syrie. D , IX, 
464. — Supplément à cet ar- 
ticle. D. X. 458. — Notice 
sur la gazette arabe de Bey- 
routh. D , XII , 309. — sur 
les poésies deMoténabbi, édit. 
. de M. Dieterici. D, XIII, 287. 

\ — sur le dictionnaire de Ha- 

j dji-Khalfa . édit. de M. Flûgel. 

; D, XIV, 2 4o. — sur les dia- 
lectes musulmans de M. Be- 
rezine. Ibid, 259. — sur un 
ouvrage de M. Mehren relatif 
à la géographie. Ibid. 535. — 
Notice sur les dictionnaires 
géographiques arabes. D , XVI, 
65. — sur le système primitif 
de la numération chez les Ber- 
bers. Ibid. 107. — sur un 
ouvrage que prépare M. Ce- 
riani, attaché à la Bibliothè- 
que Arobrosienne de Milan. 
Ibid. 269. — Mémoire sur le 
royaume de la Mésènc et de 



NOVEMBRE. DÉCEMBRE 1862. 



478 

\a Kharacène. D, XVIII. 
]6i. 

Rbinaud. (M.). Discours pro- 
noncé à la distribution des 
prix du collège arménien.^ D , 
XX, 197. 

Relation ( Surnoms de) ou noms 
ethniques. Leur emploi chez 
les Musulmans. D, III, ^69. 

Rknan (M. Ernest). Lettre à 
M. Reiuaud sur les manuscrits 
syriaques ^u Vatican. C , XV, 
'290. — 2' lettre. Ibid. 387. 
— sur quelques manuscrits sy- 
riaques du Musée britannique. 

C, XIX, 293. — Notices de 
M. Dozy sur ses deux ouvrages : 
De philosophiaperipatelica apud 
Sfyros, et sur Averroh et l'Aver- 
roîsme. D, II, 85. — îhià, 90. — 
Fragments du livre gnôstique 
intitulé : Apocalypse d'Adam, 
etc. Ibid. 427. — Identité de 
la secte gnôstique des Elcha- 
saîtes avec les Mendaîtes. D , 
VI, 292. — publie l'Histoire 
des langues sémitiques. No- 
tice. Ibid, 294. — 2° édition. 

D, XII, 606. — Observations 
sur le nom de Sanchoniaton. 
D, VII, 85. — sur l'écrivain 
syriaque appelé Boud le Pério- 
deate. Ibid. 2 5o. — Observa- 
tions sur une inscription du 
Sérapéiim de Memphis. Thid. 
407. 



Renan (M. Ernest). Nouvelles 
considérations sur le caractère 
général des peuples sémitiques 
et leur tendance au monothé- 
isme. D, XIII , 2 1 4. — Suite et 
fin. Ibid, 417. — est nommé 
secrétaire-adjoint de la Société. 
D , XV, 417. — Sur trois ins- 
criptions phéniciennes trou- 
vées à Oumm'eUAwamid. D, 
XX, 355. 

Revenus de l'empire musulman 
au IIP siècle de Thégiré. D, 
XX, i63. 

Rby ( M. Arist.). Lettres sur 
l'Egypte. C, XII, 4&. 

Reti«olds (M.) traduit lA version 
persane de l'histoire d*Otbi. D , 
XIV, 59. 

Rhétorique (La) des nations 
musulmanes d'après un traité 
persan. C, IV, 366. — Suite. 
C,VI, 425. — Suite.G,VIIL 
89. — Suite. C, IX, 285. — 
Suite et Gn. C, X,.357. 

RiCH. Fragment de s6n mémoire 
sur Babylone. Cité. D, I» 542. 

RiCHEBÉ (M. Gustatc) est chargé 
de publier le texte arabe du 
traité de Sidi-Khalil. D, IV. 
432.— D, VI, 17. 

R166S (M. E. ) , auteur d'un voca- 
bulaire arménien. D , XI , 479. 

RiG-YÉDA (Études sur le) par 
M. Nève. Analyse de cet ou- 
vrage. C, I, 82. 



TABLE DES MATIÈRES 

UiG-vÉDA (Édition du) par M. 
Max. Mûller; prospectus. C, 
IX, 67. — Le premier volume 
est publié. C, XVIII, 170. — 
Voyez aussi Màller, fVUson. — 
(Grammaire du). Voyez Ré- 
gnier. 

Rime i^U (De la) dans la pro- 
sodie musulmane. C , XI , SgS. 

Rite hanéfi. Voyez Législation 
musulmane. 

RiTTER (C.) (Notice sur). D, 
XVI, 11. 

Riza-Haçan-KrAn , savant mu- 
sulman de Cdcutta. C, XV, 
295. 

Robert (M. le D'). Sa lettre à 
M. G. de Tassy. C . V, 5o3. 

RocHET ( Louis) , auteur d'un ma-^ 
nuel pratique de la langue 
chinoise. C , VII , io4. — Rap- 
port sur cet ouvrage. C , VIII , 
356. 

RoDET (M. Léon). Études sur la 
littérature javanaise. D, XII, 
271. — Suite. Ihid. Sg^. 

RcEHRiG (M.). Son livre: Bêcher- 
elles de philologie comparée, etc. 
analysé. C, XVI, 284. 

Romans chinois (Notices sur 
quelques ).C. XVI, daS. 

RoNDOT (M. Natalis). Notice sur 
un métier à tisser. C , IX , 
332. — Une promena(le dans 
Ganton. C, XI, 34. — Note 
sur rOrmek. Ihid. bb'j. 



DES IV* ET V SÉRIES. 470 

RoNOOT (M. Natalis). Monnaies 
ou moyens d'échange en usage 
dans Tarchipel de Soulou. C, 
XII ,56. — Mesures de lon- 
gueur en usage en Gochin- 
chine. Ibid, 65. — Lettre sur 
la composition de la poudre 
chez les Ghinois. G, XVI, 
100. 

RooRDA VAN Etsinga. Étude sur 
sa traduction d'un roman ma- 
lay.G,VII.425. 

RosENSWEiG (M. de), à Vienne, 
publie et traduit les odes de 
Haûz.D, XVIII, 88. 

RosNY (M. Léon de). Gompte 
rendu de la Grammatica Un- 
gaœ îhai, par M. Pailegoix. D, 
II, 374. — Note sur le Chi- 
nese repository, D , III , i83. — 
Notice sur la littérature des 
("Siamois. Ihid. 55o. — Extrait 
d'un rapport sur une Nouvelle 
carte du royaume de Siam, D , 
V, 3o5. — Observations sur 
la langue thai. D, VI, 45 1. 
— publie une Introduction à 
l'étude de la langue japonaise. 
Note sur cet ouvrage. D, IX, 
568. — D, XII, 106. — Re- 
marques sur quelques diction- 
naires japonais-chinois. D , XI, 
2 56. — Note sur la nature de 
la langue japonaise. D, XV, 
272. — Notices -sur les îles 
(le l'Asie orientale, extraites 



480 NOVEMBRE-DÉ 

d'ouvrages chinois et japonais. 
D, XVII, 357. 

RosNY (M. Léon de) fait paraître 
un Manuel de lecture japo- 
naise. D, XVIII, i35. — L'em- 
pire japonais et les archives 
de M. de Siehold. Notice. Ihid. 
619. ^ Suite. D, XIX, 225. 

RoTAÎLE (Phalangium), espèce 
d'araignée. Décrite. D, IV, 224. 

RoTH (M. Rudolphe). Extrait 
d'une collection de contes 
sanscrits. C , VI , 278. 

RÔTISSEURS. Surveillance que la 
police musulmane exerce sur 
eux. D, XVI, 375. 

Rouet (M.). Lettres sur ses dé- 
couvertes d'anticpités assy- 
riennes. C, VII, 280. 

Rouge (Mer). Son nom chez les 
Egyptiens et les Hébreux. C , 
XI, 274. 

RouGÊ (M. le V^* E. de). Étude 
sur une stèle égyptienne. D, 
VIII, 20 1. 



GEMBRE 1862. 

RouGÉ (M. le V**E. de) Suite. D, 
X, 112. — Suite. D, XI, Sog. 
— Fin. D, XII, 221. 

RouPÊN (Liste chronologique des 
princes de la dynastie de). D , 
XVII, 383. —Offices et di- 
gnités sous leur règne. D, 
XVIII i 289. 

Rousseau ( M. Alphonse). Voyage 
du scheikh £t-Tidjani dans la 
régence de Tunis. G, XX , 67. 
— Suite. D, I, 101. — Fin. 
Ibid. 354. — Extrait de l'his- 
toire des Béni-Haffs, tr^d. de 
l'arabe. G, XIII, 269. 

RoYER (M. Adrien). Fragments 
du Humaîoun-Nameh. C,XII , 
38 1 . — 2* fragment. G , XIII. 
4i5. 

RuBAYi ou quatrain ( Formes du ). 
G, XI, 384. — Les quatrains 
d'Omar Kheîyam. D , IX , 548. 

Russie méridionale (Fragments 
inédits relatifs à la). G, XIII, 
457. 



Saadi, poète persan, auteur des Saadi. Son Boston, par M. Grraf. 

premières poésies en hindou- Notice. D, XIV, 63. 

stani. G, I, 5. — Lettre de SaadiaGaon, célèbre grammai- 

M. Newbold sur le même su- rien hébreu. G, XV, 336. — 

jet. G,II,36i. ~ Son GuU- G, XVI, 6. — Saadia Ibn- 

«(dn est publié par M. A. Spren- DanAn. lexicographe hébreu. 

ger. Notice. C. XX, 43o. D, XX, 256. 



TABLE DES MATIÈRES 

Saba (Reine de). C, XVI, 279. 

— Saba et Dedâri. Ces deux 

noms réunis désignent les 

pays nommés aujourd'hui Yé- 

men et Hédjaz. D, II , 43. 

Sabiens (Les); leur identité avec 

les Elchasaïtes. D, VI, 292. — 

et le Sabéisme, ouvrage de 

M. Cbwolson. Notice. D, XII, 

Si. — Leur influence sur le 

gnosticismc. D, II, 436. 

Sabra, ville d'Afrique. C, XX, 

479- 

Sabratha, ancienne ville de 
TAfrique du nord. Son empla- 
cement probable. D, I, 124. 

Sabre de Léon VI, roi de Cili- 
cie (Lettre sur le). D, XVI, 269. 

Sacodntala, drame indien. No- 
tice de rédition de Monler 
Williams. D, III, 89. 

Sadjides (Recherches sur la fa- 
mille des). Impartie. C, IX, 
409. — 2* partie. C, X, 396. 

Sapady ( Khalil Es-), auteur 
d'un dictionnaire biographi- 
que arabe. Extrait de ce livre. 
D, IX, 392. — Autre extrait. 
D, X, 227. — cité. D, XV, 
478. 

Sagalassus, ancienne ville de 
l'Asie Mineure. Ses ruines. D , 
IV, 81. 

Sages (Les) sont en Chine l'ob- 
jet d'un culte spécial. D, IV, 
357. 



DES IV ET V SÉRIES. 481 

Saho. Lettre sur cette langue, 
parlée en Ethiopie. C, II, io8. 

Saïd (Si) ben Bakhterzi, tâleb 
de Constant! ne. Catalogue des 
manuscrits arabes de sa bi- 
bliothèque. D, IV, 433. — Si- 
Saîd, nom de deux médecins 
arabes. Notice. D , IX , 4 1 1 et 
suiv. 

Saint-Hilaire (M. Barthélémy). 
Son livre du Bouddhisme. D, 
VI, 9i. 

Saint Louis, roi de France. No- 
tice sur sa Chronique publiée 
par M. F. Michel. D, XIII, 83. 

Sakya-Mouni (Histoire du Boud- 
dha). Notice. CXIV, 252. 

SalamAn o Absâl, roman de 
Djâmi , publié par F. Falconer. 
Notices. C, XVI, 538. — C, 
XVIII, 161. — Autre notice. 
D, IX, 290. 

Salisbdry (M. E.) professe l'a- 
rabe et le sanscrit à New-Haven 
(Connecticut). Son discours 
d'ouverture. C, III, 227. 

Samanides (Dynastie des). Litté- 
rateurs arabes contemporains 
de cette famille. D, I, 172. — 
D, III, 291. 

Samuel ha-Léyi , savant talmu- 
diste. Savie. Ci XVI, 2o3. 

Saïichoniaton ( Observations sur 
le nom de). D. VII, 85. — 
(Sur les sources de la cosmo- 
gonie de). D, XIV, 167. 



482 NOVEMBRE-DE 

Sanchoniaton. Suite. D, XIV, 
362. — Suite. Ibid, 5oi. — 
Suite. D. XV, 67. — Suite. 
Ibid. 210. — Fin. Ibid. 899. 

Sandhi , terme d astronomie chez 
les Indiens. C, IV, 297. 

Sanguinetti (M. le D') est chargé 
avec M. Defrémery de la pu- 
blication des Voyages d'Ibn- 
Batoutah. C, XIX. 564. — 
Satire coptre les principales 
tribus arabes, extraite du Ral- 
hm el-Albab. D, I. 548. — 
1*' Extrait de l'ouvrage de Ibn- 
Aby-Ossaïbi'ah sur Thistoire 
des médecins. D, III, 280. — 
2* extrait. D, IV, 177. — 
3' extrait. D, V, 4oi. — 4' ex- 
trait. — D, VI. 1 29. — 5' ex- 
trait. D, VIII. 175. — fait un 
rapport sur la bibliothèque de 
la Société. D, V, 3oi. — No- 
tices biographiques de quel- 
ques médecins, trad. de Tn- 
rabe d'Assafady. .D, IX, 392. 
— Notice sur Khalll , fils de 
Caîcaldy, trad. de Tarabe d'As- 
safady. D, X, 227. — rédige 
l'Index d'Ibn-Batoatah. D, 

XIII, 81. — D, XIV, 16. — 
Les préceptes de l'Ancien Tes- 
tament, trad. de l'arabe. D, 

XIV, 449. — Suite et fin. D, 

XV, 5. 

San-KouÈ-tchi , roman chinois- 
mandchou, (i, VI, 64. 



CEMBRË 1862. 

San-Kouè-tchi. C, XVIIl. i84. 

Sanscrit et l'ancien norwégien 
(Le). Dissertation par G. A. 
Ho]mboë.G,IX, 355. 

Sanscrite (Progrès de la littéra- 
ture). C. XII. i46. — C, • 
XJV, 52. — C. XVIII, 169. 

— D, II, 175. — D, VI, 73. 

— D, XIV, 79. — Voy. aussi 
Régnier, Pavie, Lancereatu — 
(Traité de prosodie). D, IV, 

519. 

Sanscrits (Des mots) qui se 
trouvent dans le chinois. C, 
X,82. 

Santarem (M. le vicomte de). 
Son Essai sur T histoire de la 
cosmographie, etc. C, XIV, 
254. 

Sardanapale (Tombeau de) à 
Tarsous, en Asie Mineure, dé- 
crit. D, IV, i38. 

Satire coutre les principales tri- 
bus arabes. D, I, 548. 

Sadlcy (M. de). Lettre sur l'ins- 
cription bilingue de Thougga. 
C , 1 , 83. — Note sur une ins- 
cription punique découverte 
au cap Garthage. Ibid, 975. — 
Lettres sur quelques points de 
la numismatique orientale. G , 
VI, 129. — Observations sur 
l'alphabet Tifinag. C, XIII, 
247. — Recherches sur les 
inscriptions cunéiformes du 
système médique. C , XIV, 93. 



TABLE DES MATIÈRES 

Saulcy (M. de), a* mémoire sur 
les inscr. médiques. C, XV, 
397. — Traduction de l'inscrip- 
tion assyrienne de Behistoun. 
D, III ,93. — Lexique de cette 
inscription. D, V, 109. 

ScARTH (M.), à Shanghaï , auteur 
de Twelve years in China. •D , 
^ XVII, 470. 

ScHADELY ( Mohammed El-), cadi 
de Constantine. Ses vers sur 
Paris, traduits G, V, 116. 

Schah-Nameh , poème persan de 
Ferdoussy. Extrait d'un cha- 
pitre relatif aux rois de l'Inde. 
C, IV, 184. — (Publication 
du) par M. Mohl. D, VI, 65. 

ScHAH-RoKii, fils tle Tamerlan. 
Détails sur son règne. D, XX , 
1169. 

ScHAMMAR (Béni), tribu arabe 
près de Mossoul. D, V, 887. * 

ScHAMYL ( L'imam ) , ancien chef 
du Daghestan. D, XV, 270. 

ScHARi, mot égyptien, expliqué. 
C, XI, 27a. 

ScHARiSTANi. Son histoire des 
sectes religieuses. C, XVIII, 
127. — est traduite à Halle. 
D,II, i35. 

ScHBFER (M. Charles). Extrait 
de deux lettres à M. Defrémery. 
C, XVII, 102. — C, XVIli, 
591— Lettre à M. Dugat. D, 
V, 397. — communique une 
cxccllent(î copie de la Ocscrip- 



DES IV ET V* SÉRIES. 483 
tion de l'Inde , d'Albirouny. D, 
XX, 24. 

Schéref-Nameh , histoire des 
Kourdes (Notice sur le). D, 
XVI, A55. 

Schérik, iÀjyd (Presqu'île de), 
décrite. C, XX, 79. 

ScHERiRA, rabbin célèbre. C, 
XVI, 396. 

ScHiEFNER (M. Antoine). Préface 
de son vocabulaire sanscrit- 
tibétain -mongol , intitulé 
Triglotte bouddhique. D, XV. 
265. 

ScHisMATiQUEs (Écolcs) sorties 
du bouddhisme. D, XIV, 327. 

SCHLEGHTA-V^SSEHBD (M. lobarOU 

de) donne un extrait de sa tra- 
duction du Beharistân. C , VIII , 
338. — La prise d'Alger, ra- 
contée par un Algérien. D , XX, 
319. 

ScHLEGEL (Guillaume). Ses tra- 
vaux, sa mort. C, VI, i4* 

ScHMOELDBRS (M. A.) publie un 
essai sur El-Ghazzali. C, I, 
5o2. 

Sghdltes ( H. ). Noms indigènes 
d'un choix de plantes du Ja- 
pon et de la Chine ( en colla- 
boration avec M. J. Hoiïmann). 
C, XX, 257. 

Sciences et arts en Chine (Liste 
des ouvrages de). C, XV, 
126. 

Scott (M"'*) donne à la Société 



484 



NOVEMBRE-DECEMBRE 1863. 



une collection de médailles 
orientales. D, VIII, 637. 

Scott (M"*). /6id. 629. 

Scythes (Les) d'après l'inscrip- 
tion de Nakhchi-Roustam. C, 
XIX, i58. 

Sebdou (Excursion à), sur la 
frontière du Maroc. C, XIV, 
21 3. 

Sectes dans l'islamisme (Des 
quatre principales). C, XV, 
168. 

SÉDiLLOT (M.). Son livre sur l'his- 
toire des mathématiques des 
Arabes. C, VI, 25. — Notice 
sur l'Histoire des sultans Mam- 
louks, de E. Quatremère. Ibid. 
464. — sur le Voyage au Dar- 
four du scheîkh Et-Tounsy. C , 
VII, 52 2. — Son Manuel de 
Chronologie universelle. C , 
XVII ,99. — Notice sur la géo- 
graphie du moyen âge de J. 
Leiewel. Ibid. 591. — Ses 
Matériaux pour servira l'histoire 
comparée des mathémaiiques. 
C, XVIII, 139. — De l'al- 
. gèbre chez les Arabes. D, 
II, 323, — Traduit les Pro- 
légomènes d'Olough-Beg. D, 
VI, 5o. 

Sefer-Harikma , grammaire hé- 
braïque (Note sur le). D, VII , 
265. 

SÉKAKi (Abou-Yacoub), écrivain 
musulman. C, XIX, 85. 



Seldjodudes (Histoire des). C, 
XI,4i7. — 2* article. C, XII, 
259. — 3* article. Ihid, 334. 
— Fin. C, Xni, i5. — ^i- 
sode de l'histoire de cette dy- 
nastie. D, I, 428. 

Seledcia, ancienne ville de la 
Cilicie; ses ruines décrites. D , 
IV, 119. 

Seligmann (M.) , à Vienne, donne 
le texte d*un traité persan 
sur la médecine. D, XVUI, 
90. 

Semaines. U y en a de trois sortes 
que les Javanais emploient si- 
multanément. D, XII, 4o8. 

SÉMiRAMis (Sur l'existence d'un 
dieu assyrien nommé). G, 
XVII, 465. — Reine de Ni- 
nive; n'est qu'un personnage 
mythique qui se confond avec 
Vénus. D, II, 34. 

SÉMITES NOMADES; quels étaient 
les cultes qui existaient chez 
eux.D, XIII, 232. 

SÉMITIQUES (Conjugaison et pro- 
noms dans les langues). C, 
XV, 86. — (Étades sur les ra- 
cines). Notice. D, XII, 37. — 
(Peuples); leur caractère gé- 
néral et leur tendance au mo- 
nothéisme. D, XIII, 21 4. — 
Fin. Ihid. 417. — (Anciennes 
religions). îbid. 276. 

Senodci (Es-), savant écrivain 
deTlemçen.D,III, 175. 



TABLE DES MATIÈRES 

SERA OU Serai « capitale des Uz- 
beks.CXVI, 197. 

SÉRAPÉDM DE Memphis (Inscrip- 
tion araméenne du). D» VII, 
407. 

SERi»ENT chez les Hindous (Sur 
le mythe du). D, V, 469. — 
Symbole de la terre. Ibid. 472. 
Symbole de la longévité. Ibid 
486. — Symbole de la race 
maudite. Ibid. 5oo. — Serpent- 
dragon. Ibid. 5i5. — Serpent 
boa, adoré par des tribus du 
Soudan. D, XIII, 5o4. 

Sewad , partie cultivée de l'Irak , 
ou Mésopotamie (Contributions 
fournies par le). D, XX, i63. 

Sfaks, ville de la côte est de Tu- 
nis, décrite. C, XX, 127. 

Shakespear (John). Son Intro- 
duction à rhindoustani. C » VI , 
167. — Notice sur son Dic- 
tionnaire hindoustani , etc. C , 

XIV, 347. 

Shangaï (Société orientale de). 
D,XII,22. — D,XIV, 17.— 
D, XVI, 34. 

Shiva , dieu de Tlnde. Son carac- 
tère et son culte du temps du 
voyageur chinois Hiouèn- 
thsang. D, X, 619. — (Sectes 
consacrées à). Ibid. 549. 

Siamoise (Progrès de la littéra- 
ture ).C, IV, 56. — C. XVIII, 
178. —D, VI, 95. — (Notice 
sur la littérature). D, III, 55o. 



DES IV ET V SÉRIES. 485 

Siamoise (Littérature). Observa- 
tions sur la langue thai. D, VI , 
45 1. -^ Voyez aussi Pallegoix. 

SiGHEL (M. le docteur). Notice 
sur Âlii Ben Isa, oculiste arabe. 
C,X,i48. 

Sicile (Histoire des Arabes de ), 
publiée par M. Âmari ; notice. 
D,VI,47. 

Siciliennes ( Les Questions ) , 
titre d'un traité philosophique 
arabe de Ibn-Sabin. D, I, 24o. 

SiDJiLMESsa (Description de). D, 
Xm, 4oo. 

SiDON (Inscription de). Voyez 
Esmunazar. 

SiEROLD (M. de). Ses archives 
pour la description du Japon. 
D, XVm, 519. — D, XIX. 

225. 

SiGDS ( Ruines de) , en Algérie. C , 
XV, 286. 

SiNAÏ (Inscriptions du). D,XIII, 
5. — Suite et fin. Ibid. 194. 
— sont copiées par M. Lep- 
sius. Ibid. 195. — (Notice sur 
les ). D , XIV, 52. — ( Séjour des 
Hébreux dans la presqu'île du.) 
D, XVII, 120. — Deux mots 
sur ces inscriptions. D, XVIII , 
263. 

SiN&N, fils de Suleîmân, chef des 
Ismaéliens de Syrie; son his- 
toire. D,V, 5. 

SiND (Conquête du), d'après Be- 
ladori.CV, i56. 



486 NOVEMBRE-DE 

SiND (Histoire des Arabes dans 
le), est publiée par M. Eiliot. 
Notice. D, VI, 35. 

SiNDJAR, sultan seldjoukide. C, 
XII, 334. 

Si-NR AN-FOU (Inscription de). D, 
XII, 99. 

Singe (Le) représente l'être créé 
intelligent dans les supersti- 
tions populaires de la Chine. 
D, IX, 375. 

Sinus (Calculs des Arabes sur la 
valeur approchée des). D, II, 
333. 

Sirops et boissobw rafraîchis- 
santes. Manière de les prépa- 
rer ; surveillance de la police 
musulmane sur ceux qui les 
vendent. D, XVII, 16. 

Sis , capitale de l'Arménie (Voyage 
à). D, V, 257. — (Château 
de). Ibid, 263. — (Couvents 
de). Ibid. 273. — (Patriarche 
de). Ibid. 297. 

Si-YU , contrées à l'est et au nord 
de ia Chine. C, X, 365. 

Slamb (M. le baron Mac Guckin 
de). Traduction d'un voyage 
fait dans le Soudan par Ibn- 
Batoutah. C , 1 , 1 8 1 .— Lettre à 
M. Reinaud , relative à cet ou- 
vrage. Ihid. 24 1. —Autobio- 
graphie d'Ibn-Khaldoun, tra- 
duite de l'arabe. C , III , 5. — 
Ibid, 187. — Ibid. 291. — Fin. 
Ibid. 325. 



CEMBRE 18ââ. 

Slane (M. le baron Mac Guckin 
de). Lettre sur les expédi- 
tions des Musulmans en Mau- 
ritanie, d'après En-Noweiri. 
C, IV, 329. — a une mis- 
sion scientifique en Turquie. 
C,VI, 22. — Lettre sur les 
bibliothèques -d'Alger et de 
Constantine. C, VI, 162. — 
Lettres (Extraits de) sur les 
bibliothèques de Constanti- 
nople. C, VII, 100. — Suite. 
/6iVi.587. — Suite.C,IX,83. 

— Note sur la langue maltaise. 
Ibid. 471. — Siu" la grammflirti 
de Redhouse. C, X, 344. — 
publie à Alger VHistoire des 
Berbers, par Ibn-Khaldoun. C, 
XVIII, i3i.— D,II, 116.— 
Extrait d'une lettre à M. Rei- 
naud. D, VI, 471. — ft»t pa- 
raître le texte d'El-Bekri. D, 

XII, 34. — Description de 
l'Afrique septentrionale', par 
El-Bekri. D. XU, 4i2. — 
Suite. Ibid. 497. —Suite. D, 

XIII, 58. — Suite. Ibii. 3 10. 

— Suite. Ibid. 469. — Fiit. D, 

XIV, 117. — est chargé de 
publier la Description de l'Inde 
d'Aibirouny. D, XVI. 452, 
453. — Note sur l«s historiens 
arabes - espagnols Ibn • Hayan 
et Ibn-Bessam. D, XVII, 259. 

— Notice sur Codama et ses 
écrits. D. XX. i55. 



TABLE DES MATIÈRES 

Slater ( Le Rev. S. ) publie une 

grammaire de urdù à Calcutta. 

C, XVI. 254. 

Smith (G.) , évêque de Victoria , 
en Chine , auteur de Ten weeks 
in Japan. D, XX, Sgo. 

Smith (M. W.) fait paraître un 
Dictionnaire des antiquités de 
la Bible. Notice. D,XVIII,d39. 

Socialisme en Orient (Sur le). 
C,XVI,3dA. 

Société asiatique (Règlement 
de la). C, X, 63. — (Consi- 
dérations sur la). C , XVI, 126. 
— décide la publication des 
Classiques orientaux. C , XVIÏ , 
601. — C, XVIII. ii3. — 
(Travaux et journal de la). 
Voyez les rapports annuels de 
M. Mohl. — (de Constanti- 
nople). C, XX, 248. 

Société orientale de Paris (Tra- 
vaux delà). C, I, 495. 

Sograte (Sentences de), d'après 
les médecins arabes. D, VIIÏ, 
3i6. 

Soïouthi , compilateur arabe. L) n 
extrait de son Histoire de TÉ- 
gypte est donné. D, IV, 499. 

Soleïman. Voyez Haraîri. 

SoLEÏMANiÉ (Dialecte kurde de). 

D, IX, 297. 

Sort ou Sirt, grande ville de 
l'Afrique septentrionale, dé- 
crite par El-Bekri. D, XII, 
426. 



DES IV ET V" SÉRIES. 487 
Soudan , description de ce pays , 

par Ibn-Batoutah. C, I, i85. 

— par El-Bekri. D , XIII , 5ô 1 . 

— (De la littérature arabe au ). 

D, VI, 391. 
SouDY, son commentaire turc des 

poésies de Hafiz. D , XI , 4 2 2 . — 

Ce commentaire est suivi par 

M. de Rosensweig. D , XVIII , 

89. 

SouF, mol hébreu expliqué. C. 

XI, 274. 
SoUFis, ou religieux spiritualistes ; 

titres qui leur sont particuliers. 

D, III, 473. 
Soufisme (Du) chez les Arabes 

d'Afrique. C, XX, 5i5. — 

(Lettres sur quelques traités 

de). D, XV, 435. 
SouLOU (Archipel de) dans la 

Malaisie. CXII, 56. 
Soumenat, ville de l'Inde, décrite. 

C, IV, 253.— (Pierre de). 

Ibid. 254.— (Portes de). C, 

V, 398. 
Sous (Description du), par El- 
Bekri. D, XIII, 478. 
Souscriptions (Des) ne peuvent 

être accordées par la Société. 

CXVII, 100. 
SoussA , ville sur la côte de Tu- 
nis, décrite. C, XX, io3. 
Spiegel (M.). Ses travaux sur 

l'ancienne littérature perse. D, 

XVIII, 85. 
Sprengrr (M. A.). Sa lettre À 



488 



NOVEMBKE-DÉCEMBRE I8Ô2. 



M. Garciii de Tassy. G, VI, 
547. 
Spiven6£R (M. A.) publie le Gu- 
lislân, (le Saadi. G, XX, 43o. 

— la Vie des compagnons de 
Mahomet. D, VI, 82. — Ses 
autres travaux. D, XVIII, 49. 
^- publie une édition de Otby. 
G. XVIII, 129. 

Sri-Rama, roman malay (Étude 
sur le). G, VII, 425. — Suite. 
G, VIII, 482. — Observations 
sur cette étude. G, VII, 
578. 

Sroutabodha , traité de prosodie 
sanscrite. D, IV, 619. 

Stèle égyptienne (Étude sur 
une). D, VIII, 202. — Suite. 
D, X, 112. — Suite. D,XI, 
509. — Fin. D, XII, 221. 

Stèles et colonnes à inscrip- 
tions hiératiques. D,XIV, 182. 

— Dieux des stèles. Ibid, 362. 

— D, XV, 247. 

Stigkel (M. Gustave). Son ou- 
vrage sur la numismatique 
orientale , analysé. G, VII, 383. 

Sdbhi-Bey-Efendi. Sa collection 
de médailles musulmanes. D , 
XX, i85. 

Substantifs (Des) dans la langue 
assyrienne. D, XV, io5. 

Suez f Inscription cunéiforme de). 
G, XIX. 202. 

vSumatra (Ancien nom de). G, 
XI, 92. — (Description de). 



par Ibn-Baloutah, voyageur 
arabe. G, IX, 106. 

Sumner (G.) trouve à Séville des 
documents sur la Ghine. G, 
IV, 446. 

SuNNET, recueil des traditions 
musulmanes. G, XV, 193. 

Sunnite (Législation). Voyez Du 
Caurroy, Belin, 

Supplices (Note sur deux) usités 
en Orient. G, III, 124. 

SuRiYA SiDDHANTA, ouvrage sur 
l'astronomie indienne. G , 
XVIII, 175. — D, XIV, 78. 

Surnoms jUi^ chez les musul- 
mans. D, III, 439. 

Syntaxe (Règles générales de la) 
dans la langue assyrienne. D , 
XV, 387. 

Syntipas (Rédaction syriaque du 
roman de ). Notice. D , XVIII , 
70. 

Syriaque ( Progrès de la littéra- 
ture). G,IV, 34. — G, XII, 
127. — D, VIII, 42. —D, 
XIV, 46. — D, XVIII, 66. 

Syriaques (Manuscrits) du Vati- 
can. G, XII, 290. — du Mu- 
sée britannique. G , XIX, 293. 
— (État des études). D, XII, 

47. 
Syrie (De la littérature arabe 

en). D, IX, 465. 
Syriens (Les) ont transmis aux 

Arabes leurs connaissances 

philosophiques. D, II, 87. 



TABLE DES MATIÈRES DES IV ET V SÉRIES. 489 



Syro-É6YPTienne (Une Société) 
est fondée à Londres. C , VI , 

Si - YÉOU - TCHIN - T8URN , FOman 



bouddhique chinois ( Étude 
surle). D,IX,357. 
Sï-YÉOD-TCHiN-TSUEN» 2* article. 
D,X,3o8. 



Tabari. Sa Chronique est publiée 
par M. Kosegarten. D , II , 1 35 . 
— (Nqte sur), d*après Ibn-el- 
Athir.D.XVII, i36. 

Tableau littéraire du Khoras- 
sân et de la Transoxiane , tra- 
duit de Tarabe. D, I, 169. — 
2' partie. D, III, 291. 

Tabletterie en Chïne (Atelier 
de). CXI, 34. 

Tademket, ville habitée par les 
Berbers. C, XX, 5o2. 

Tadmekka (Description de), par 
El-Bekri. D, XIV, 118. 

Taïfodr (^«ÂAt), plat creux et 
profond, décrit. G, XI, 100. 

Taï-soc-hio , traité d*adgèbre tra- 
duit en chinois. Notice. D, 
XVI, 548. 

Ta&lid, juJUj. Sa définition et 
ses différents degrés dans le 
droit musulman. C, XV, 
206. 

Talmud , pris dans le sens de yé- 
mare. C , II. 265. — ( Une édi- 
tion complète du ) sera publiée 
par M. Pinner. C, IV, 32. 

Tamodl (Analyse d*un manus- 
crit). C, VU, 189. 



Tamodl (Fragments traduits du). 
C,XII,4i6. — C,XlX,38i. 
— The tamil Plutarch, par 
M.C.Chitty. Notice. D, XVI, 
460. 

Tanger , sa description , par £1 - 
Bekri. D, Xni,3io. 

Tantavi (Le scheikh Mohammed 
El-). Observations sur le voyage 
d'Ibn-Djobaîr, par M. Amari. 
C.IX, 35i. 

TanzimAt (Nouveau droit intro- 
duit en Turquie par le). D, 
XIX, 274. 

Tao-sse (Religion des). D, VIII, 
118. 

Tapou , titre établissant le droit 
de possession en Turquie. D, 

XIX, 299. 

Tarabi (Récit de la révolte de), 
d'après un historien persan. C, 

XX, 390. 

TarifAt (Livre des définitions); 
est publié par M. Pldgel. No- 
tice. C, VII, 197. — Autre 
notice. C, VIII, 3i. 

Tarikhi-Gdzideh , histoire per- 
sane. Extrait relatif aux Sel- 
djoukides. C , XI , 4 1 7 . 

32 



/|90 



NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 



Tarikhi-Gdzideii. 2* article. C, 
XII, 259. — 3' article. /6id. 
334. — Fin. CXIII, i5. — 
Autre extrait sur l'histoire de 
Kazvin. D, X, 267. 

Tarsous, ville de l'Asie Mineure. 
D, IV, i38. 

Tartares (Langues); leur iden- 
tité^ avec la langue des abori- 
gènes de l'Inde. D, VII, 3A2. 
- (Travaux sur les). D, VIIÏ , 
() 7 . — ( Invasion des peuples ) , 
racontée par Guiragos, histo- 
rien arménien. D, XI, 197. — 
Causes de leur invasion en Ar- 
ménie et en Géorgie. Ibid. 2 1 o. 
— (Portrait des races), des- 
cription abrégée. Ibid. 248. 

Tartaro-finnoises (Tableau des 
langues), d'après M. Rœhrig. 
C, XVI, 286. 

Tauxier (M. Henri). Étude sur 
les migrations des nations ber- 
bères avant Tislamisme. D, 
XX,34o. 

Taxes frappées sur la propriété 
foncière dans la législation mu- 
sulmane. D , XVIII , 4 1 2. 

Tay ( BÉNI- ) , tribu arabe dans le 
voisinage de Mossoul.D,V, 3 87. 

TciiAO, papier monnaie chez les 
. Mongols. C, [I, 293. 

TciiENiïRéNGiiÂTCiiAii (Le brah- 
me); c'est le nom du philo- 
sophe védantistp Çaukara. D , 
XTX, 497. 



TCHEOU-Li , ou rite des Tcheou ; 
livre chinois publié par E. Biot. 

C, XVIII, 186. 
Tgherkesses (Note sur les tribus). 

CXVII, i3o. 

TcuiHATCHEF (M. de). Lettre sur 
les antiquités de l'Asie Mi- 
neure. D, IV, 49. — commu- 
nique une ballade kurde , tra- 
duite par M. Jaba. D, XIV, 1 53. 

TcHORA (Les cinquante couplets 
de). CXI, 490. 

Teinture des étoffes ; ses procé- 
dés divers. D, XVII, 28. 

Tekmilet ed-dibadj, compila- 
tion arabe (Notice sur le). D, 
1,93. 

Tekrodr (Note sur le pays de). 

D, XVII, 166. 

Tenagyi (Mohammed Et-). Ex- 
trait de son livre. C , XIV, 827. 
— C, XVI, 247. 

TÉNÈBRES ( Description de la terre 
des). C, XVI, 177. 

TÉNÈs décrite par El-Bekri. D, 
XIII, 102. 

Termini, ville de Sicile, décrite 
par Ibn-Bjobaïr. C, VII, 74. 

Terres mortes {mevât) (Légis- 
lation concernant les). D, XIX, 

Tf^miÈ , invocation sur le gibier 
tué (dans le code musulman). 
C,XVI,/i82. 

Testament (Le Non>oau) en 
langue arabe. C, XfX, 9^. 



492 



NOVEMBRE-DECEMBRE 1862. 



Titres honorifiques oAJ chez 
les Musulmans. D. III, 449. 
— militaires dans Tlnde. Ibid^ 
49g. — Poétiques ou tehhallus. 
Ibià. 607. 

Tlemçen (Extrait d'un voyage à). 
C, XII, 472. — Autre extrait. 

C, XrV, 21 3. — La descrip- 
tion de cette ville , par El-Bekri. 

D, XIII, i35. 

ToBNA (Château de), décrit. D, 
XIII, 62. 

Tombeaux des sultans, à Delhi, 
décrits. D, XVI, 392. 

T0RNBER6 (M.) publie, à (Jpsal, 
un fragment de la Chronique 
d'Ibn-el-Athir. D, II, 122. 

ToRTODSCHi (El-), auteur du 
Siradj-el-Molouk; sa vie et ses 
écrits. D, XVII, 147. 

ToDAREGS (Alphabet berbère des). 
C, IX, 455. — (Une gram- 
maire de la langue des) est pu- 
bliée par M. Hanoteau. Notice. 

D,xvm,74. 

TODNSY (Le Scheikh Et-). Son 
voyage au Darfour. Notice. C , 
VII, 522. — Voyez aussi une 
lettre de M. Fresnel. C, XIII, 

59. 

Tour des langues (La). Voyez 
Borsippa» 

TouzER , capitale du Djérid , dé- 
crite. C,XX, 199. — capitale 
du pays de Castiliya, dans 
TAfrique septentrionale, dé- 



crite par El-Bekri. D, XII, 
53i. 

Traductions de textes orientaux. 
L'Allemagne les néglige trop 
souvent. D, XVIII, 27. 

Transcription des caractères 
orientaux. D, XIV, 82. — des 
alphabets de TOrient; difficul- 
tés qu'elle présente. D , XVIII , 

57- 

Trapani, ville en Sicile; décrite 
par Ibn- Djobaïr. C , VII, 84- 

Trenck de Tonder (M"* la ba- 
ronne de) , née Hanmier Purg- 
stall. Lettre à l'occasion de la 
mort de son père. D, IX, 122. 

Tribus adabes (Satire dirigée 
contre les principsdes). D/ I, 
548. 

Tripoli de Barbarie , décrite par 
le scheikh Et-Tidjani. D, I, 
i35. — par El-Bekri. D, XII , 
434. — Son histoire. D, 1, 
i4i. 

Tritah , dieu cité dans les Védas ; 
est l'adversaire du Dragon. D, 
XV, 71. 

Troade (Antiquités de la). D, IV, 
58. 

Trope (Du) dans la rhétorique 
des Musulmans. C, VI, 425. 

Troyer(M. a.). Analyse de l'édi- 
tion du RamayajUL publiée par 
M. Gorresio. C, II, 23o. — 
Note sur le véritable auteur 
du Dabistân. C, VI, 4o6. 



TABLE DES MATIÈRES 

Troyer (M. A.). Notice sur deux 
manuscrits de l*hymne à Par- 
vati. C, IX, 391. — Son His- 
toire du Kaschmir est publiée 
aux frais de la Société. G, XI, 
463. — Notice sur THistoire du 
Bouddha Çakya-Mouni, de 
M. Foucaux. C,XIV, 262. 

Toc H (M.). Ses recherches sur les 
inscriptions sinaïtiques. D , 
XIII, 5. — /6it/. 194. 

Tdnis. Son histoire est écrite par 
El-Kaîrowani. C, VIIl, 24. — 
sous la dynastie des Béni-Hafss. 
C, XIII, 269. — est décrit 
par le scheikh Et-Tidjani. C , 
XX, 57. — Suite. D, I, 101. 
— Fin. Ihid. 354. — Décrit par 
El-Abdery.D,IV, i63. 



DES IV ET V SÉRIES. 493 
Tunis décrit par EI-Bekri. D, 

XII, 5o5. 
Turcs (Lettre sur Torigine des). 

C, VI, 268. 
Torque (Progrès de la littéra- 
ture). C, I, 519. — C, IV, 
49.— C, VIII. 43.— C, XII, 
i42. — C, XIV, 48. — C, 
XVIIf, i64. — D, VIII, 64. 
— D, XII, 70. — D,xvm, 

99. Voyez aussi Ottomans. 
Turquie (De Tétat militaire en). 

C, III. 169. — (De la pro- 
priété foncière en); sa légis- 
lation. D , XVIII , 38o. — /5iU 
477. 

Typographie arabe (Nouvelle 
méthode de). D, XIV, 298. — 

D, XV. 456. 



u 



Unité des langues (Mémoire 
sur r). C, VU, 292. — 
Unité et confusion des lan- 
ijaes, titre d'un ouvrage de 



F. Michalowski. Notice. D, 
XI, 288. 
UsKUB, en Asie Mineure (Ruines 
de). D. IV. 53. 



Vaçif-Efendi , historien ottoman. 

Relation de son ambassade en 

Espagne. D. XIX, 5o5. 
Vaïsse (M. Léon) offre à la So- 
' ciété asiatique son Histoire de 

la philologie orientale en 

France. C, III, ^ok. 



VaH (Inscriptions cunéiformes 

de) déchiffrées. C, XV, 5i5. 

— CXIX, 188. 
Vaqoufs, biens de mainmorte. 

Voyez Waqjs. 
Varsy de Marseille (M.). Anecdote 

des croisarles. C, XVI, 75. 



494 NOVEMBRE-DÉ 

Vartak, historien arménien (Fjl- 
trait de) relatif aux Mongols. 
D, XVI. 273. 

Vassaf, historien persan. Le 
1*' volume de son Histoire des 
Mongols est publié à Vienne. 
D, VII, 271. — D. VIII, 
54. 

Vattemare (M. Alexandre) don- 
ne à la Société une collection 
de livres. CXVIII, 101. 

Vayssière (M. A.). Les Akhdam 
de rVémen, etc. C, XV. 376. 

VÉDANTA (Prix pn^posé sur la phi- 
losophie). D, IX, 293. — D, 
XVil, 56o. 

VéDAS (Des travaux sur les). C, 
I, 523. _C.VI,43. — C, 
VIII,45. — C,Xn, i46. — 
C, XIV, 52. — CXVIII, 169. 
D,n, 175. — D,VI,73. — 
D,XII,73.— D,XVjII,ioi. 

Vélïamikof-Zernof, de l'Acadé- 
mie des sciences de Saint- 
Pétersbourg, publie l'histoire 
des Kurdes. Notices. D, XVI , 
455. — D, XVIII, 97. 

Vendidad. Voyez Zendnvesla. — 
( Le texte du ) sera publié par 
M. J.Thonnelier. D, XI. 282. 

Venise (Inscription cunéiforme 
de). C. XIX. 195. 

Venture de Paradis est auteur 
d'une grammaire et d'un dic- 
tionnaire de la langue berbère. 
r.,lll, 322. 



CEMBKE 1862. 

Ver a soie (Le) , d'après les natu- 
ralistes arabes. D, VII, 496. 

Verbes (Des) dans la grammaire 
assyrienne. D, XV. 338. — 
quadrilitères dans le langage 
arabe d* Afrique. D, VI, 553. 

Vêtements arabes (Dictionnaire 
des noms de). Notice sur ce 
livre de M. Dozy.C . VIII, 364. 

V1KRAMA-CHARITRAM, collection 
de contes sanscrits. Extrait. C . 
VI. 278. 

ViKRAMORVASi , drame indien . 
publié par £. B. Cowell. C. 
XVII. 597. 

Ville de la magie, surnom don- 
né à Téhouda, dans l'Afrique 
du nord. Détails historiques. 
D.XIII, J27. 

ViNAYA Sdtra (Le manuscrit du ) 
est prêté par la Société à 
M. Schiefner, à Saint-Péters- 
bourg. D, XVil, 457. — Res- 
titué à la Société. D, XX, 
38o. 

Vincent (M. B.). Ses études sur 
la loi musulmane. G.I. 48o. 
— Observations au sujet d'une 
note de M. Dozy. C, V, 4o4. 

ViVAHA (Le), poème javanais, 
analysé. D . XII ,271. — Suite. 
Ibid. 394. 

Vocabulaire sanscrit - tibétain- 
mongol ( Préface d'un ). D , XV , 
265. 

Voyage scikntifiqde de M. Dorn 



TABLE DES MATIÈRES 
dans le Mazendérân, le Ghi- 
lân , etc. Notice. D, XIX, 2 1 4. 
Voyages (Relation des) faits par les 
Arabes et les Persans. Ouvrage 
de M. Reinaud, étudié par 
M. Dulaurier. C , VIII , 1 3 1 . — 
Des voyages en Orient, leur im- 
portance ; combien il est néces- 
saire de les organiser. C , X, 18. 



DES IV ET V SÉRIES. 495 
Vulgarisation de la langue et 
de la littérature de l'Inde. An- 
nexe au cahier de juin -juillet 
1860 et D, XVII. 97. 
VoLLERS (M.) publie une gram- 
maire persane comparée. Ana- 
lyse de ce livre. G , III , 3 1 7. — 
CXVI, 320. 



w 



Waday (Description du). C, Vil, 
52 2. — (Souverains du). G, 
XIII, 56. 

Wade ( m. F.) , à Hong-Kong, au- 
teur d'un manuel du dialecte 
de Péking.D, XVIII, i32. 

Wadi-er-Remel (Rivière du sa- 
ble), nom d'une large rivière 
dans le voisinage de Tripoli de 
Barbarie. D, I, 162. 

Wahhabis (Le déisme des). G, 
XI, 168. 

Wakjdi (Mohammed El-). Son 
Histoire des compagnons du 
Prophète. D, XII, 29. 

Waqfs, biens de mainmorte; 
leur origine et leur constitu- 
tion. D , H , 377. — D, XVIH , 
5o5. — Législation des waqfs 
civils et religieux. D, XIX, 
i56. 

Wassiljew (M.), à Saint-Péters- 
bourg. Ses travaux sur \e boud- 
dhisme. D, XVIII, 120. 



Weber (M.). Son édition des Vé- 
das. G,XVm, 172. 

Weil (M. J.), Lettre sur la mau- 
vaise foi de Mahomet. G, I, 
476. — publie une Histoire 
des Khalifes. C, VIH, 17.— 
G, XI, 201. — G, XII, 102. 
— G,XVn,599. — G.XVIIl, 

123. 

Wenrich (M. Georges). Son ou- 
vrage : De poeseos hehraicœ at- 
qae arabicœ indole, etc. G, III, 
127. — Ses autres publica- 
tions. Ibid, 128. — Son livre 
de Rerum ab Arahibas, etc. G, 
VII, 38 1. — écrit l'histoire 
des Arabes en Sicile. G , VIH , 
21. 

West (M.). Ses travaux sur les 
inscriptions de Kanheri , dans 
l'île de Salcette. D,XX,26. 

Wetzstein (M.) a publié le Dic- 
tionnaire de Zamakhschari. G, 
XVIII, i43. 



49Ô 



NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1802. 



Wetzstein (M.) fait paraître un 
voyage dans le Hauran. D« 
XVIII, 288. 

WiLSON (M. H. H.). Son Histoire 
de rinde anglaise. C, VU, 
196. — publie le tome II de 
la traduction du Rig-véda. D , 
VI, 76. — ( Notice sur la vie 
et les travaux de). D,XVI, 

13. 

WiscHND-DÂs, auteur du poème 
hindoui «< Tâge de fer. » C, XIX, 
55i. 

WoEPCKE (M.) publie VÀlgëbre 
d'Omar AlKheyyami.C, XVUI, 
iSg. — Notice sur des traduc- 
tions arabes de deux ouvrages 
perdus d'Euclide. Ibid, 217. 

— Sur une théorie ajoutée par 
Thâbit ben Korrah à l'arithmé- 
tique spéculative des Grecs. C, 
XX, 420. — Son ouvrage, 
VAlyèbre d'Omar AUKhayyami 
analysé. D, II, 323. — Re- 
cherches sur l'histoire des 
sciences mathématiques chez 
les Orientaux. D, IV, 348. — 
Suite. D. V, 218. — Suite. 
Ibid. 309. — Suite. D, XV, 
281. — Notices sur ses Recher- 
ches sur plusieurs ouvrages de 
Léonard de Pise. D , XI , 1 08. 

— D , XVIII , 47. — Ses autres 
ouvrages. D, XIV, 42. — D, 
XVI II, l\S. — est chargé par 



la Société de publier la Des- 
cription de l'Inde d* Albirouay. 
D, XVI, 452, 453. 

Woepcke(M.) Notice sur quel- 
ques manuscrits arabes relatifs 
aux mathématiques , et récem- 
ment acquis par la Biblio- 
thèque impériale. D, XIX, 
101. 

WoRMs (M. le ly). Recherches 
sur la constitution de la pro- 
priété territoriale dans les pays 
musulmans. G, I, ia6. — 
Ibid. a85. — C, III, 61. — 
Suite et fin. Ibid, 160. 

Wrède (M. de) voyage dans i'Âra- 
hie méridionale. G, VI, 386. 

Wright (M. W.) publie ritiné- 
raire d'Ibn Djobaîr. G, XIX, 
288. — Ses autres travaux. D, 
XIV, 32. 

Wûstenfeld (M.) prépare ia pu- 
blication da Moscktar^, G, 
VIII, 28. — G,XU, 109.— 
publie ia Gosmographie de 
Kazvini. Ibid. 1 1 1. — G, XIV, 
22. — Ses autres publications. 
G, XVIII, ia5,— D, XIV, ao. 
D, XVUI, 26. 

Wtlie (M.) , à Shanghai. Ses tra- 
vaux sur les mathématiques. 
D, XVI, 548. — D, XVm, 
128. — Note sur une inscrip- 
tion mongole en caractères 
pa-sse-pa. D, XIX, 46 1. 



TABLE DES MATIÈRES DES IV ET V* SÉRIES. 497 



XerxÈs ( Inscriptions cunéifor- 
mes de). C, XV, 5oo. 



XERxàs (Inscriptions cunéifor- 
mes de). C, XIX, 172. 



Yacodb (Ahmed ben AJbi). Son 
Traité de géographie arabe pa- 
raît à Leyde. D, XVIII, 38. — 
Notice sur cette édition. D, 
XIX, 242. 

Yacoot (Géographe arabe). Son 
Moschtarek est publié par M. 
Wùstenfeld. C, VIII, 29. — 
Notice. C , XII , 1 09. — auteur 
du grand dictionnaire Mo'djem 
el-hoaldan. D, XIV. 27. — Sa 
vie , se» ouvrages. D, XVI ,82. 
— Des extraits du Mo'djem 
sont publiés par C. Barbier de 
Meynard.D, XVIII, 36. 

YÉMEN (Caste particulière d'Ara- 
bes dans le). D, XV, 376. 



YÉso ( Description de Tîle ), dans 
Tarchipel japonais. D , XVII , 
369. 

YonÉN (Le siècle des), tableau 
histpricpe de la littérature chi- 
noise. C, XV, 5. — 2* article. 
Ibid. 101. — 3* article. C, 
XVÏ, 428. — 4' article. C, 
XVII, 5. — 5* article. /tiV. 
i63. — 6* article. Ibid. 309. 
— 7* article. Ibid. 497. — 
8* article. C, XVIII, 247.— 
9* article. Ibid, 617. — lo* ar- 
ticle. C, XIX, 435. — (His- 
toire de récriture sous les). D, 
XIX, 7. 



Zab ( Le ) , afiQucnt du Tigre ; dé- 
crit. C, XX, 449. 

Zad-el-Moçapir, traité de mé- 
decine en arabe. D, I, 289. 
— Table des matières conte- 
nues dans cet ouvrage. Ibid. 
34o. 



Zamakhschari. Son Dictionnaire 
est publié à Leipzig. G, XVIII, 
1 43. — sa grammaire arabe 
intitulée Mofassal. D, XV, 
545. — son Dictionnaire géo- 
graphique a paru à Leyde. D , 
XVI, 79.